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DELANEY Joseph – Le pacte de Sliter, tome 11

12/02/2019 3 commentaires

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Couverture du roman "Le pacte de Sliter" de Joseph Delaney, le onzième tome de la série L'épouvanteur publiée aux éditions Bayard JeunesseTitre : Le pacte de Sliter (L’Épouvanteur, tome 11)
Auteur : Joseph Delaney
Plaisir de lectureetoile 4 Livre à découvrir
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Tome 1, tome 2, tome 3, tome 4, tome 5, tome 6, tome 7, tome 8, tome 9, tome 10recueil sur les sorcières

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En tant que mage Kobalos, Sliter supervise son domaine Haizda près du cercle Arctique. Sur son territoire, il exploite des humains pour se nourrir de leur sang. À la mort du fermier Rowler, Sliter se souvient du pacte passé ensemble : il doit emmener en lieu sûr les filles cadette et benjamine pour que l’aînée lui appartienne. Afin d’honorer sa part du marché, ils prennent la direction du foyer avunculaire de la fratrie. Un long voyage semé d’embûches s’ouvre alors à eux.

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Sliter est un Kobalos : bien qu’il marche sur deux pieds et parle comme un être humain, il ressemble à un loup. Il possède une queue qui lui permet de donner des informations sur ce qui se passe autour de lui (comme une antenne). Une méfiance nait à son encontre mais ce protagoniste va surprendre plusieurs fois au cours du récit.
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Rebelote : pour ce tome, Joseph Delaney change de narrateur. J’avoue que j’étais sceptique en découvrant les premières pages. Après un premier changement avec Grimalkin au neuvième tome, c’est la deuxième fois que l’on se retrouve de côté de l’obscur. En réalité, deux personnages se partageront la narration : Sliter et Nessa, la fille aînée de feu le fermier Rowler.

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Je suis partagée concernant ma lecture :
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J’ai aimé découvrir une légende des pays scandinaves revisitée grâce à un personnage issu du Comté. J’ai trouvé le clin d’œil satisfaisant du duo au conte La Belle et la Bête. Joseph Delaney nous raconte les jeux de pouvoir, la condition de Sliter, les informations concernant son peuple et les us & coutumes. Le décalage par rapport à l’intrigue principale est bienvenu.
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Mais je suis aussi un poil agacée car c’est une façon un peu grossière de la part de l’auteur d’intégrer maintenant des Kobalos pour nous faire comprendre que Tom War n’a pas fini d’en découdre avec eux dans les prochains tomes. L’intrigue générale n’avance pas… alors qu’il y a toujours le Malin à tuer ! Le voyage est assez linéaire, avec quelques accidents et retournements de situation bien placés. Ceci dit, l’histoire n’intègre pas de temps mort et verra l’arrivée d’un personnage déjà connu des lecteurs à mi-course.

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Couverture anglaise du roman Le pacte de Sliter écrit par Joseph Delaney Illustration d'un Kobalos, issue du roman Le pacte de Sliter écrit par Joseph Delaney

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Dans le chaudron :
Des univers fantasy estampillés jeunesse
¤ Harry Potter de J.K. Rowling
¤ Rose de Holly Webb
¤ Narnia de C.S. Lewis
¤ A la croisée des mondes de Philip Pullman
¤ Eragon de Christopher Paolini
¤ Cœur d’encre de Cornelia Funke

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Les escapades culturelles de FrankieMargaud LiseuseSyl. (Thé, lectures et Macarons) ont aussi apprécié Sliter plus qu’elles ne le pensaient en commençant le livre.
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llustrations : #01 Couverture anglaise ; #02 Illustration d’un Kobalos extraite du livre

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PRATCHETT Terry – Disque-monde – Les tribulations d’un mage en Aurient

29/01/2019 15 commentaires

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Couverture du roman "Les tribulations d'un mage en Aurient" de Terry Pratchett. Il s'agit du tome 17 de la série "Les annales du Disque-monde" paru aux éditions L'AtalanteTitre : Les tribulations d’un mage en Aurient (Les annales du Disque-monde, tome 17)
Auteur : Terry Pratchett
Plaisir de lecturenote : 4 Livre à découvrir
La série
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L’empereur de la Cité interdite a envoyé un message à l’Université de l’Invisible d’Ankh-Morpork « Envoyez-nous tout de suite le grand maje. ». Rincevent, vite identifié, est envoyé illico presto par télétransportation faire un tour en Aurient.
Il faut qu’il règle la zizanie qui vient de naître dans le milieu prolétaire avec la parution d’un petit livre rouge « Ce que j’ai fait pendant mes vacances ». Dans ce dernier, il est écrit qu’on peut insulter les gardes sans perdre la tête et manger des saucisses dans une des rues de la plus grande ville du premier continent. Et c’est sans compter la participation de légendaires héros menés par un barbare de moins d’un mètre cinquante, qui s’apprêtent à un coup d’éclat.

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— Pourquoi on les invite pas à dîner pour les massacrer quand ils seront soûls ?
— T’as entendu ce qu’il a dit. Y en a sept cent mille.
— Ah ? Alors faut prévoir un menu pas compliqué avec des nouilles. 

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Rincevent est téléporté d’une retraite dans une île paradisiaque à la Cité interdite où il doit passer incognito. On retrouve Cohen le barbare et ses combattants grabataires nommés la Horde d’Argent ; moyenne d’âge : 80 ans. DeuxFleurs est de la partie, toujours aussi candide mais qui révèlera quelques surprises. Le bagage traîne également ses guêtres dans cet épisode. Autant dire que c’est un régal de revoir et de découvrir des personnages hauts en couleurs et en verbe.

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Rincevent est au sommet de son art… avec sa poisse légendaire. Les combattants doivent appréhender l’apprentissage du monde civilisé et des bonnes manières. C’est un véritable concept pour les barbares que celui de payer pour obtenir quelque chose, de ne pas incendier une boutique en partant ou de tout simplement commencer une conversation en disant bonjour.
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Il y a évidemment beaucoup d’humour au programme avec des personnages de gaudriole. Ces derniers tournés au ridicule, les caricatures font mouche. Il y a de l’absurde… et des caisses et des caisses d’absurde ; on se demande jusqu’où l’auteur va aller.
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L’intrigue est sans temps mort et quelques scènes paraissent un peu confuses dues à un excédent d’extravagance. J’ai été prise par l’envie que la fameuse bataille épique tant attendue ait tout simplement lieu.
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La désinformation pour faire peur à l’ennemi est le maître mot de l’histoire. Les critiques sur les différentes formes de totalitarismes que Terry Pratchett offre sont savoureuses. Elles sont complétées par des moments plus philosophiques. À saluer, le travail de traduction de Patrick Couton.

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Quand ceux qui savent lire et écrire se mettent à lutter pour le compte de ceux qui ne savent pas, on tombe dans un autre genre d’aberration. Si vous voulez les aider, bâtissez par exemple une grande bibliothèque quelque part et laissez la porte ouverte.

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Selon le philosophe Ly Tin Wheedle, on trouve le chaos en plus grande abondance partout où l’on recherche l’ordre. Le chaos l’emporte toujours sur l’ordre parce qu’il est mieux organisé.

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Il se passait des tas de choses à l’Université de l’Invisible et, malheureusement, l’enseignement en faisait forcément partie.

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« Comment je vais revenir ? demanda-t-il.
— Comme vous êtes parti. On va vous trouver et vous ramener. Avec une précision chirurgicale. »
Rincevent gémit. Il savait ce qu’on entendait à Ankh-Morpork par « précision chirurgicale ». On entendait « à trois ou quatre centimètres près, dans un concert de hurlements, puis on verse du goudron chaud à la place qu’occupait la jambe ».

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— On va pas mourir, exact ?
— Exact.
— J’veux dire, cent mille chances contre une… hah. La différence, c’est seulement une tripotée de zéros, exact ?
— Exact.

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« Quedonc ?
— Je disais : TU LEUR EN FOUS UN BON COUP, Hamish. »
Hamish agita un bras qui n’était que de la peau sur des os et paraissait bien trop menu pour soulever la hache qu’il brandissait quand même.
« Parfaitement ! En plein dans les croquignoles ! »
Monsieur Cervelas poussa Caleb du coude.
« Il faudrait que je note ça, dit-il. Où se trouvent les croquignoles, exactement ?
— C’est une petite chaîne de montagnes près du Moyeu.
— Fascinant. »

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Illustration de Marc Simonetti représentant la Horde d'Argent du roman "Les tribulations d'un mage en Aurient" écrit par Terry Pratchett Illustration de Story Sabatino représentant Gengis Cohen, personnage du Disque-monde de Terry Pratchett

Illustration de Marc Simonetti représentant Cohen et Rincevent, du roman "Les tribulations d'un mage en Aurient" écrit par Terry Pratchett Illustration de Marc Simonetti représentant Cohen, Rincevent et DeuxFleurs, personnages du roman "Les tribulations d'un mage en Aurient" écrit par Terry Pratchett

Illustration de couverture réalisée par Josh Kirby, du roman "Les tribulations d'un mage en Aurient" écrit par Terry Prachett

Mise en scène du roman "Les tribulations d'un mage en Aurient" de Terry Pratchett : bagage, cartes représentant Rincevent et Terry Pratchett, chapeau de Rincevent où il est marqué "maje" et livre à la couverture rouge

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Logo défi Valériacr0Commencer l’année avec Prachett, c’est démarrer fort ! C’est grâce à ma codétenue Valériane pour notre défi Valériacr0 que je me suis enfin replongée dans la série de Terry Pratchett.
.Logo du défi Fin de Série Livrement

Je lis les tomes dans l’ordre de parution – sans véritable argument si ce n’est celui qui me fait plaisir et de me balader dans les sous-cycles – et me voilà rendue aux portes à la couverture dix-huitième tome. J’ai commencé la série en 2008 : positivons, je progresse 😉

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Illustrations : #01 #03 #04 Illustrations de Marc Simonetti ; #02 Illustration de Story Sabatino ; #05 Illustration de la couverture par Josh Kirby

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HOBB Robin – L’assassin royal ~ Serments et deuils, tome 10

27/12/2018 18 commentaires

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Couverture du roman "Serments et deuils" de Robin Hobb. Il s'agit du dixième tome de la série de l'assassin royal. Publié aux éditions J'ai luTitre : Serments et deuils (L’assassin royal, tome 10)
Autrice : Robin Hobb
Plaisir de lecture Livre avec entrée au Panthéon
Tomes 12345, 6, 7, 8, 9

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La Narcheska est prête à accepter la demande en mariage de Devoir s’il relève le défi qu’elle lui lance : il doit rapporter la tête coupée d’un dragon enterré sous le glacier de l’île d’Aslevjal. Contre toute attente, Fitz devient le professeur d’Art du prince et se doit de former un clan pour le soutenir. Alors que les menaces extrémistes des Pie pèsent sur les têtes couronnées, une délégation du Lignage décide de répondre positivement à l’invitation de la Reine Kettricken.

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Robin Hobb présente encore et toujours des personnages profonds.

Son protagoniste, FitzChevalerie oscille entre deux extrêmes dans ce tome-ci : il connaît des périodes apaisées lui permettant de poser un regard plus mâture ses relations avec les autres ; et en même temps, il sera tant en danger que tout le monde semble l’abandonner. Il reste l’assassin dont la vie est littéralement dédiée aux Loinvoyant. Il est pressé de tous les côtés, mis à l’écart de certaines informations capitales alors qu’il s’avère indispensable à tout le monde. Il doit prendre toutes les responsabilités sur ses épaules mais en assumer seul les conséquences négatives.
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Bien qu’il puisse être vu comme un Caliméro – malchanceux au comportement urticant – par certains lecteurs, je trouve ses aventures réalistes au vu des émotions traversées. Il m’est rare de croiser chez des héros de papier une telle intensité autour des ressentis. La bisbille entre le Fou et Fitz donne naissance à des scènes poignantes. Et que j’ai eu mal au cœur, quant au summum de sa souffrance physique, il demande via l’Art à Œil-de-Nuit de monter la garde !

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Il est étrange de se rendre compte qu’une émotion qu’on croyait au rancart depuis longtemps continue en réalité à bouillonner sous la surface.

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Les autres personnages ne sont pas en reste : la véritable identité de Tom Blaireau est révélée à Devoir. On récolte quelques détails concernant le Fou, on apprend à détester son comportement à l’égard de Fitz ; mais aussi sur Umbre qui nous apparaît sous un nouveau jour : il semble perdre la tête, dévoiler des détails aux mauvais interlocuteurs. Kettricken arrive à se désengager des conseils d’Umbre pour prendre seule des décisions. La tension est palpable quand, au détour d’un couloir, l’on rencontre Burrich venu au château. L’arrivée de Leste pourrait apporter aussi un lot de surprises dans la communauté habitant au château.
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Du côté des « magies » : il intéressant de recueillir un autre point de vue que celui des vifiers extrémistes grâce à la délégation du Lignage. À propos de l’Art, quelques informations nous sont données : l’attirance du flot ininterrompu par Umbre, le don fort et naturel de Lourd, l’apprentissage basique de la « communication » par Devoir, la singularité des rêves d’Art de la-petite-fille-qui-pleure et l’étrange voix entendue uniquement par Fitz qui scande « Je te vois ».

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Puis, telle une trompe lointaine, une grande voix intervint :
Je te connais à présent. Je te vois.

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C’est véritablement un tome en montagnes russes pour Fitz ; les complots à tout-va risquent d’avoir sa peau. C’est un bonheur pour le lecteur de visualiser les interconnexions avec tous les personnages précédemment croisés, dans le premier cycle de l’assassin royal ainsi que dans Les aventuriers de la mer.
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La finesse d’écriture, l’émerveillement quant à la richesse de son imagination et l’entrain du déroulement de l’intrigue sont autant d’incroyables qualités de l’œuvre de Robin Hobb que j’aurai pu presque oublier de les citer tant ils semblent être fusionnés avec l’expression « plume » lorsqu’on parle de cette autrice.
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Le tome 9 « Les secrets de Castelcerf » et « Serments et deuils » forment le tome originel « The Golden Fool ». Après lecture de ce volume, on n’a qu’une envie : se jeter sur la suite !

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Un seul homme armé du mot juste peut accomplir ce qui sera impossible à une légion de soldats.
Proverbe montagnard

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Mise en scène du roman "Serments et Deuils" de Robin Hobb : le livre est posé sur un livre de cuisine, une recette pour l'enchantement "comment s'approprier un garde du corps" ?

Fan art de Sire Doré, extrait du roman "Serments et deuils" de Robin Hobb  Portrait d'Umbre Tombétoile, personnage de L'assassin royal écrit par Robin Hobb

Fan art "au chevet", scène issue du roman "Serments et Deuils" de Robin Hobb

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Logo défi Valériacr0Cette lecture a été entièrement sponsorisée par le challenge de lecture qui unit Valériane et moi depuis de longues années, « le défi Valériacr0« .

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Lectures trollesques (Ptitetrolle), Les escapades culturelles de Frankie se demandent aussi quelle est la réalité du « Fou ».

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Illustrations : #01 Portrait de Sire Doré par Stéphanie Noverraz, #02 Portrait d’Umbre Tombétoile par Stuart, #03 La scène du chevet croquée par Alicja.

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VAN WILDER Cindy – Terre de Brume ~ Le Sanctuaire des Dieux, tome 1

27/11/2018 19 commentaires

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Couverture du roman "Le sanctuaire des dieux" de Cindy Van Wilder, tome 1 de Terre de BrumeTitre : Le Sanctuaire des Dieux (Terre de Brume, tome 1)
Autrice : Cindy Van Wilder
Plaisir de lecturenote : 4 Livre à découvrir

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Le Monde de Mirar vient de subir un cataclysme que les habitants nomment le Bouleversement. Une Brume toxique s’abat sur l’ensemble des territoires : seuls les sommets de montagnes sont épargnés. Les rares survivants se sont retranchés dans des sanctuaires. Intissar, une Sœur de Feu brave l’avis de sa supérieure pour prévenir la ville de Taho du terrible danger qui se profile. Elle est accueillie par Héra au Sanctuaire des Prêtres de l’eau. Une vague de Brume peuplée de créatures déferle et attaque l’aqueduc qui alimente les communautés en eau, ressource déjà rare.

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Le prologue reste mystérieux : il se déroule une semaine après que la Brume envahisse tout. Puis, l’histoire s’enchaine avec une ellipse de dix-sept années. On suit l’une des deux protagonistes Héra, bébé récupérée par Pylos, un marin.

Terres et mers ont été englouties par la Brume mortelle : les pêcheurs sont devenus des Passeurs de Sanctuaire en Sanctuaire, déposant passagers et courrier, car leur embarcation flotte sur ladite Brume.

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La jeune femme le remercia d’un sourire avant de s’éloigner vers le modeste réduit que Pylos avait aménagé. Un luxe inédit pour ce type d’embarcations, dont de nombreux autre marins s’étaient moqués à l’époque.
— Et à quoi cela va te servir, hein ? Quand tu y auras remisé tes voiles, il ne te restera plus de place pour y suspendre ton hamac !
Pylos sentit son cœur se serrer à ce souvenir.
Si on lui avait dit un jour qu’il se retrouverait dans un monde sans aucune brise pour faire avancer son bateau, où les voiles ne servaient plus à rien, sinon à se tailler des vêtements… Jamais il ne l’aurait cru. Un monde où le vent avait purement et simplement disparu. Une des nombreuses conséquences du Bouleversement.

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Mirar est une société clivée : les clans ne se mélangent pas. Si l’Académie existe, il est réputé que l’entente est peu cordiale entre les Prêtres de l’Eau et les Frères & Sœurs du Feu.

On apprend que les corporations se sont formées autour des quatre éléments : pour l’Eau, les fidèles peuvent devenir guerrier ou guérisseur. Concernant le Feu, les Sœurs et les Frères sont capables de projeter des flammes sur une longue distance (entre autres). Pour le Vent, les membres sont appelés les Souffleurs et pourraient modifier les conditions climatiques. Vis-à-vis de la Terre, la mission des Semeurs nous reste encore complètement inconnue.

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Pour la création de cet univers, j’ai aimé les clins d’œil de Cindy Van Wilder à la mythologie grecque avec les lieux, la consonance des prénoms (Laël, Tyel, Tybalt, Maïlyne, Amani, Dédale, Mégare,…).

Question contexte, l’eau est devenue une denrée rare et la nourriture ne se trouve pas à profusion. La magie possède une contrepartie polluante : quand la magie est utilisée, elle produit un déchet… la Brume. D’ailleurs, l’olympite est le seule matériau qui peut résister à son effet corrosif.

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[Pylos] n’avait jamais vu un Vecteur d’aussi près de toute sa vie. Bien entendu, il connaissait le principe – deux capsules de verre l’une sur l’autre, formant un sablier, sauf qu’elles ne contenaient aucun grain de sable. Au contraire, celle du dessus était emplie d’une eau claire, translucide, qui émettait une faible lueur turquoise. L’eau consacrée par les prêtes et source de magie.
Et, en dessous, une capsule vide destinées à recevoir la Brume.
Il était impossible d’utiliser la magie sans produire de Brume en retour.
Une Brume toxique, que les prêtres prenaient soin de stocker dans un immense réservoir au sein de l’Académie. Une Brume qui avait brutalement échappé à leur contrôle le jour du Bouleversement, si les rumeurs disaient vrai.

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Ce récit est raconté en alternance des points de vue d’Intissar et d’Héra. La complémentarité des caractères de ce duo féminin fonctionne et est source d’intérêt pour le lecteur. Elles restent toutes deux, adolescentes plus ou moins perdues : elles se retrouvent coincées entre les mœurs de leur communauté et qui croient en leurs valeurs qu’elles sont prêtes à défendre.
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L’écriture entrainante permet de profiter pleinement du foisonnement de l’imagination de l’autrice. J’ai été agréablement surprise de découvrir la base de cet univers mais j’avoue que j’aurais apprécié de m’y balader davantage alors que l’enchaînement des actions ne le permettait pas. Le dénouement se termine avec un point en suspens et c’est expressément voulu, diantre ! (‘point en suspens’ expression francophone pour remplacer ‘cliffhanger’).
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« Le Sanctuaire des Dieux » part sur les thèmes des secrets enfouis, des enjeux politiques et de la préservation de l’environnement. Il s’avère le premier volet du diptyque « Terre de Brume » dont le second devrait être publié en mai 2019.
OUF ! L’attente sera courte, j’ai plié ce premier tome en deux heures (pauvre de moi).

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Aux Aventuriales, la couverture du livre m’a attirée et je brandissais un exemplaire à mon amoureux en lui stipulant « Voilà une couverture réussie ! Tout : l’illustration, la police utilisée, le titre, l’impression sur fer à dorer. Bam, tu vois, tu achètes. Simple et efficace. Un packaging au top ». Et cela va sans dire que j’ai évidemment commencé par un bonjour à Cindy (je suis une personne polie) (et gentille). Elle a su me « vendre » cette série par le seul argument de la forme diptyque dont je tenais le premier volume entre les mains et le second était presque finalisé. Et vous savez que j’arrive maintenant à résister aux livres, pour des achats plus raisonnés.

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Lecture conseillée à partir de 12 ans

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Mise en scène du roman "Terre de Brume" de Cindy Van Wilder

Mise en scène de Terre de Brume dans un décor automnal Dédicace de Terre de Brume par Cindy Van Wilder
Dédicace aux Aventuriales

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Alice Neverland, Encres & Calames (Sia), Livrement vôtre (Gilwen)Plumes de lune (Kin) ont aussi affronté la Brume sur une embarcation de fortune.

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DELANEY Joseph – Le sang de l’Épouvanteur, tome 10

11/11/2018 15 commentaires

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Couverture du roman Le sang de l'épouvanteur de Joseph Delaney, dixième tome de la série l'épouvanteurTitre : Le sang de l’Épouvanteur (L’Épouvanteur, tome 10)
Auteur : Joseph Delaney
Plaisir de lectureetoile 4 Livre à découvrir
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Tome 1, tome 2, tome 3, tome 4, tome 5, tome 6, tome 7, tome 8, tome 9, recueil sur les sorcières

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Après l’incendie qui a ravagé la maison de l’Épouvanteur et surtout sa précieuse bibliothèque, John Gregory et Tom Ward accusent toujours le coup. Le message envoyé par Dame Cosmina Fresque tombe à pic : elle leur propose de lui racheter quelques livres de son immense bibliothèque personnelle. Ils se mettent donc en route.
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Pour ce tome, la quête principale concernant la lutte contre le Malin passe au second plan puisque l’Épouvanteur et Tom Ward ont d’autres chats créatures à fouetter museler.
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On rencontre Judd Brinscall, un ancien apprenti de John Gregory et l’ami de Dame Fresque. Les créatures au service de l’Obscur continuent de se rassembler ; Grimalkin et son sac au contenu mystérieux est aussi de la partie.
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Tom Ward reste un personnage réaliste avec cette peur qui parfois l’empêche d’aller combattre telle ou telle créature. L’Épouvanteur est en bien mauvaise posture (voire pire) et tous deux sont aux prises d’excellentes – et effrayantes – illusions. L’auteur en profite pour nous présenter sa version des vampires roumains. On connaîtra aussi le nom de Siscoï, Seigneur de sang et Buveur d’âmes mais il restera un personnage mineur.

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L’intrigue majeure avance peu, mais en même temps, vaincre le Malin n’est pas une tâche aisée. Le fil rouge pour se débarrasser de ce dernier est peu déroulé dans ce tome.
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Certaines alliances sont à nouer, et une demande de sacrifice cruelle a été formulée. Ce que je peux affirmer c’est que les personnages ne sont pas figés. Le roman est un concentré d’actions. On sent que la fin approche car John Gregory diminue et l’on sent le passage du flambeau proche.
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La lecture de la série est conseillée à partir de 12 ans.

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Livre "Le sang de l'épouvanteur" de Joseph Delaney mis en scène sous la pluie

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Dans le chaudron :
Des univers fantasy estampillés jeunesse
¤ Harry Potter de J.K. Rowling
¤ Rose de Holly Webb
¤ Narnia de C.S. Lewis
¤ A la croisée des mondes de Philip Pullman
¤ Eragon de Christopher Paolini
¤ Cœur d’encre de Cornelia Funke

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Logo challenge Halloween 2018.Logo défi Valériacr0
Voilà ma dernière participation pour le challenge Halloween ; c’est un doublé avec le défi Valériacr0 puisque c’est aussi ma lecture de ce mois de novembre 2018.

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Les escapades culturelles de FrankieMargaud Liseuse ont aussi trouvé ce sacrifice prochain à en tordre le cœur.

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DELANEY Joseph – Grimalkin et l’Épouvanteur, tome 9

06/11/2018 5 commentaires

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Couverture du roman "Grimalkin et l'épouvanteur" écrit par Joseph DelaneyTitre : Grimalkin et l’Épouvanteur (L’Épouvanteur, tome 9)
Auteur : Joseph Delaney
Plaisir de lectureetoile 4 Livre à découvrir
Tome 1, tome 2, tome 3, tome 4, tome 5, tome 6, tome 7, tome 9, tome 10recueil sur les sorcières

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La réputation de Grimalkin la précède : c’est une dangereuse sorcière, la Tueuse du clan Malkin. Alors qu’elle chasse ses ennemis, c’est à son tour d’être traquée. Elle fuit les sorcières des autres clans, les monstres et les créatures de l’Obscur lancés à sa poursuite. Un Kretch sera même invoqué par les servantes du Malin pour récupérer le précieux bien que Grimalkin transporte : il ressemble à un énorme loup, de la taille d’un cheval et possède un grand pouvoir de régénération. Devra-t-elle passer une alliance avec Tom Ward et l’Épouvanteur ?

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Redis-toi chaque matin que tu es la meilleure,
la plus forte, la plus redoutable.
Tu finiras par en être persuadée.
Un jour, cela sera vrai. Ça s’est révélé vrai pour moi.
Je suis Grimalkin.

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À l’ouverture de ce neuvième tome de la série « L’Épouvanteur », l’auteur m’enjoignait de découvrir d’abord le recueil de nouvelles « Les sorcières de l’Épouvanteur », ce que je fis, avec un succès mitigé. Période pré-Halloween oblige, je me suis maintenant plongée dans ce tome avec délice.
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Quelle surprise fut de découvrir que Grimalkin est devenue narratrice pour ce volume et non plus l’apprenti Tom Ward ! La rencontre de Grimalkin remonte au quatrième volet où elle désire simplement assassiner l’apprenti de l’Épouvanteur (spoil : elle n’a pas réussi) (ce n’en est pas un, si elle l’avait assassiné, je ne tiendrai pas son histoire entre mes mains).

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Pourquoi tuer le faible quand tu peux combattre le fort ?
Pourquoi mentir quand tu peux dire la vérité ?
Une tueuse doit vivre dans l’honneur et toujours tenir parole.

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Grimalkin est la Tueuse du clan Malkin – et la plus redoutable des sorcières – autant dire qu’elle ne laisse aucune chance de survie à sa proie. Son arme de prédilection reste une paire de ciseaux, mais elle peut jeter son dévolu sur toute autre lame affûtée. Elle est également connue pour couper les pouces de ses victimes afin d’accroitre sa puissance.
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Elle est déterminée, du genre tête froide et pourtant l’on découvre qu’elle est aussi douée de sentiments. Le nouvel éclairage apporté sur ce personnage si curieux fait même naitre de la part du lecteur, de l’empathie à son encontre.
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Joseph Delaney dévoile ses secrets et notamment son passé. On découvre également son ascension et pour quelles raisons sa haine envers le Malin est si forte. Elle décide de se battre seule contre l’Obscur (et rien que pour ça, on peut féliciter son courage sa folie).

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Portant la main à mon collier, je touchai un à un, de gauche à droite, les os de pouces qui le composaient. Tels les doigts d’un moine sur les grains de son chapelet, les miens couraient sur les ossements, absorbaient leur pouvoir, tandis qu’en guise de prière je marmonnais les formules rituelles. Chacun de ces os était une relique prise sur le corps d’un ennemi vaincu.

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La narration plus nerveuse correspond bien au personnage. Ce tome se révèle très sombre, cruel et effrayant. Le roman contient des descriptions d’actes parfois sauvages.
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L’écriture générale reste toujours fluide pour une série qui happe ses lecteurs. L’auteur nous rappelle qu’il n’existe pas de version dichotomique : tout n’est pas blanc ou noir. Et qu’à plusieurs, on est toujours plus forts.
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Ceux qui auront lu le recueil concernant les sorcières y retrouveront des répétitions nombreuses issues de la nouvelle sur Grimalkin. La fin est également bâclée, tant elle est rapide. Je dirai que ce livre n’est pas un tome décisif mais qu’il est truculent de faire la connaissance directe avec cette sorcière.
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La lecture de la série est conseillée à partir de 12 ans.

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Le seul mal véritable est de se refuser ce que l’on désire. En ce sens, je ne commets jamais le mal, car j’impose toujours ma volonté. Ce que je veux, je le prends.

 

 

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La marque représentant une paire de Ciseaux que la sorcière Grimalkin met sur les arbres

Illustration de Grimalkin tachée de sang et portant ses ciseaux Illustration en pied de Grimalkin, la sorcière tueuse imaginée par Joseph Delaney pour sa série littéraire L'apprenti épouvanteur

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Dans le chaudron :
Des univers fantasy estampillés jeunesse
¤ Harry Potter de J.K. Rowling
¤ Rose de Holly Webb
¤ Narnia de C.S. Lewis
¤ A la croisée des mondes de Philip Pullman
¤ Eragon de Christopher Paolini
¤ Cœur d’encre de Cornelia Funke

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Logo challenge Halloween 2018.
Il était temps de lire un tome de la série de l’Épouvanteur pour le challenge Halloween ! Sinon, cette lecture aurait manqué, comme un ingrédient dans une potion.

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La Croisée des Chemins (Tesrathilde), Les escapades culturelles de FrankieMargaud Liseuse savent aussi ce que contient le sac que transporte et protège Grimalkin.

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Illustrations : #01 La marque « Ciseaux » de Grimalkin ; #02 par Aude de Carpentier ; #03 par Anna Kand.

 

KAY Guy Gavriel – Enfants de la Terre et du Ciel

20/09/2018 16 commentaires

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Couverture du roman "Les enfants de la terre et du ciel" de Guy Gavriel Kay paru aux éditions L'atalanteTitre : Enfants de la Terre et du Ciel
Auteur : Guy Gavriel Kay
Plaisir de lecturenote : 4 Livre à découvrir

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Ils font voile vers Dubrava, un peu tendus. Pero Villani est dépêché pour réaliser le portrait du Grand Calife alors que Leonora sort de sa réclusion pour une mission d’espionnage et c’est Marin qui est mandaté pour les escorter tous deux. Danica Gradek de la cité pirate se joint à eux après de malheureuses péripéties concernant l’assassinat du médecin qui servait de couverture à la jeune fille reniée par sa famille et la tentative de meurtre du cadet de la famille marchande Djivo. C’est par le hasard qu’ils se retrouvent coude à coude sur la mer séressinienne pour voguer vers des flots encore plus tumultueux.

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Guy Gavriel Kay présente une fantasy sociale en plaçant l’être humain dans un monde instable. Nous découvrons avant tout des histoires personnelles ; de personnes impliquées dans des changements monumentaux. Le tout est non choisi : destins qui se dessinent, certains qui deviennent des héros anonymes, d’autres qui connaissent une fin de vie rapide. On pourrait les qualifier ainsi : des gens ordinaires aux desseins extraordinaires.
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Par ce roman polyphonique, nous rencontrons des marchands, dirigeants, commandants, conseillers, fermiers, brigands, capitaines maritimes, espion, archère, prêtresses. Les personnages féminins se révèlent réussis : les femmes sont fortes et puissantes. L’ensemble des personnages est non factice. Ils tentent de survivre en négociant sur les terrains politiques et sociaux.

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Les personnages sont élégamment articulés, l’auteur y prend soin. Il est aussi un maître d’angles de vue : certains passages sont vus parfois par plusieurs personnages et relatés en tant que tels. Si ces multiples perspectives peuvent paraitre comme un peu ennuyantes, il faut laisser se dessiner ces destinées interconnectées pour mieux appréhender la dimension qu’elles offrent. Le tout enrichit non seulement l’intrigue générale mais en nourrit des secondaires.

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Les enfants de la Terre et du Ciel se déroule vingt-cinq années après l’histoire de La mosaïque de Sarance. Les clins d’œil envers ce récit et celui des Lions d’Al Rassan sont présents mais toutefois discrets ; il n’est pas nécessaire d’avoir lu ces romans pour comprendre celui-ci tant les connexions sont subtiles. Ce territoire est tombé et est devenu Asharias. Les conflits politiques s’étendent entre Senjan et Séresse et plusieurs peuples s’affrontent alors : Asharites (musulmans), Jaddites (chrétiens) et Kindaths (juifs).
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L’aspect historique de cette histoire prend naissance dans la situation géopolitique des Balkans au XVe siècle après la chute de Constantinople ; c’est dans ce cadre méditerranéen que se campe le récit. Guy Gavriel Kay s’approprie une époque et inclut une pointe de fantastique comme souvent.
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Je me suis peu attachée aux personnages : mon empathie pour eux a moins vibré car j’ai semblé – en tant que lectrice – manquer de temps avec chacun d’entre eux. Les multiples points de vue narratifs m’ont donné une impression discontinue, avec une intrigue plus morcelée. Il faut dire que ce roman souffre de la comparaison avec l’excellent Tigane que j’ai dévoré en mars dernier. Comparé à l’ensemble de la bibliographie de l’auteur, ce roman n’est pas mon préféré. Je reste objective : l’histoire se révèle remarquable en tant que telle.

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Guy Gavriel Kay prouve encore une fois ses talents de conteur, en proposant une belle prose mais aussi des moments doux amers. Il tisse d’anciennes histoires où se mêlent l’aventure, les amours, le danger et les guerres. C’est une réflexion tantôt profonde tantôt ironique qui nous amène sur les thématiques de l’héroïsme et de l’honneur, du chagrin et de l’amour.
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L’intrigue, ponctuée de beaux instants, démarre lentement pour devenir poignante. Un cinquième du contenu est consacré à la présentation des personnages. L’ensemble se trouve être non étouffant et se lit rapidement. Quelques actions me sont apparues un peu étrangères à l’ensemble, conséquence d’une approche inhabituelle – et forte intéressante – de la part de l’auteur.
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L’univers est luxuriant de détails, offre une profondeur que l’on sait nourrie par des recherches poussées et soignées. Les situations de réflexion demeurent le point central du récit et donnent un caractère réel à ces personnages.

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Le monde est un plateau de jeu, avait déclaré un poète d’Espéragne dans des vers encore admirés des siècles plus tard. Les joueurs déplacent les pièces, qui n’ont aucune maîtrise de leurs mouvements. Alignées face à face ou côte à côte, elles sont alliées ou ennemies, de rang inférieur ou supérieur. Elles meurent ou survivent. Un joueur l’emporte, puis on prépare le plateau pour une nouvelle partie.

Quoiqu’il en soit, l’essor et la chute des empires, des royaumes, des républiques, des religions belligérantes, des hommes et des femmes – leurs chagrins, leurs deuils, leurs amours, leur fureur éternelle, leur plaisir et leur émerveillement, leur souffrance, leur naissance et leur mort –, tout cela est intensément réel à leurs yeux, bien plus que de simples images poétiques, si talentueux pût être leur auteur.

Les morts (à de très rares exceptions près) sont séparés de nous. Ils sont enterrés avec les honneurs, incinérés, jetés en mer, abandonnés sur des gibets ou dans les champs à la merci des charognards à poils et à plumes. Il faudrait les observer de très loin ou d’un œil bien froid pour ne voir dans ces tourbillons, ces malheurs, cette agitation, que les mouvements de pièces sur un plateau de jeu.

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Mise en scène du livre "Enfants de la terre et du ciel" de Guy Gavriel Kay

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Le Bibliocosme (Boudicca), Les singes de l’espace (LineTje) ont aussi rencontré Gurçu le Ravageur.

Logo du challenge littéraire "pavé de l'été" 2018 représentant un pavé (pierre) dans un hamac de plage.

Nous sommes à la fin de l’été – l’automne est le 23 septembre – me voici donc à vous présenter mon dernier pavé de 640 pages lu dans le cadre du challenge « Pavé de l’été » de Brize.

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