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HEINE Colin – La Forêt des araignées tristes

20/03/2019 9 commentaires

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Couverture du roman "La forêt des araignées tristes" de Colin Heine publié aux éditions ActuSFTitre : La Forêt des araignées tristes
Auteur : Colin Heine
Plaisir de lecture Livre sympa
Lire les premières pages

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L’événement qui va changer la société vient de démarrer : une machine volante télécommandée va prendre son envol. Elle est destinée dans un futur proche à remplacer les gargouilles et tous autres moyens de locomotion. Bastien, curieux de nature, est venu pour le premier essai lors de l’Omniexposition. Alors que l’appareil largue les amarres avec succès, elle est désaxée et tombe à l’eau, occasionnant de multiples morts. Accident ou préméditation ? Qui a commandité cette machine ? Qui l’a construite ? N’aurait-elle pas d’autres buts que de véhiculer humains et marchandises ?

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Plongée dans la Belle Époque, l’histoire prend pied dans un univers steampunk par son ambiance et son vocabulaire : la description des vêtements, l’existence de sociétés secrètes, l’exposition des avancées technologiques et un récit mâtiné d’aventure.

Nous nous retrouvons en Gallande dont Gale est la capitale, dont la Germanie est un pays voisin. Il existe une multitude de gargouilleries : leiux où l’on trouve des gargouilles, servant de montures, d’attelage pour les transports et qui veillent sur les maisons. Notons que les gargouilles semblent dotées d’une conscience propre.
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C’est par touches que Colin Heine nous plonge dans cette histoire steampunkée : on découvre l’existence chantier transvapien, le gigantique (qui reprend la construction d’un paquebot bien connu).
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L’aspect « boulons & ballons » se nourrit aussi de l’existence de la vape : un brouillard né de la pollution d’un ancien monde. Cette dernière masque une partie du monde : les humains ont construit des piliers sur lesquels vivre : les riches se trouvent bien au-dessus de la vape alors que les pauvres doivent la côtoyer de près.

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Les personnages sont des gens « standards » : sans grand pouvoir ni même capacité spécifique. Bastien a tendance à s’empêtrer dans ses explications et n’établit pas de procédure méthodique pour enquêter alors qu’il est paléontologue et doté d’un esprit cartésien. Le lecteur sera davantage attiré par Agathe, une femme bien campée ou encore Ernest par le biais duquel on voyagera.
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J’ai trouvé que les personnages annexes passaient beaucoup de temps sur le devant de la scène. Alors que cela aurait pu se comprendre pour dérouler une série à venir, l’effet a eu tendance à m’embrouiller.
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Il y a beaucoup de personnages et le lecteur demeure le possesseur de toutes les cartes. La mise en place m’est apparue un peu superficielle dans la représentation sociétale : la politique, les rapports entre les classes et même la ville.

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Le titre poétique m’a autant attirée que la couverture dessinée par Dogan Oztel.

Mon immersion dans l’univers fut simple et réussie. La plume est fluide et sert l’imagination de l’auteur. Bien que je sois réceptive aux longues descriptions – comme celles particulièrement connues des romans d’Anne Rice – j’ai trouvé ici qu’elles étaient trop nombreuses car elles n’apportaient pas de jus ni à l’ambiance, ni au récit. J’ai aussi été surprise de l’usage du présent.
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Un agent, des secrets, des mystères pour emberlificoter le lecteur… et pourtant, l’enquête est assez facile à percer. Je pense que deux intrigues auraient pu être développées chacune dans un roman distinct. Je pense que ce qu’il m’a manqué, c’est l’exploration des Vaineterres, ce territoire recouvert de vape et symbole de tous les mystères (et de créatures). La frustration nait car l’on y fait un tour pour que l’auteur puisse donner un élément au lecteur et on repart immédiatement pour rester confiné.e.s en ville.
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C’est un goût de trop peu que je ressens : chaque arc narratif n’a pas été exploré à sa juste valeur. Il n’y a pas d’expédition en terre inconnue ; je dirais même que cette histoire est plus une excursion qu’une aventure alors que le cadre était prometteur.

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Mise en scène du roman "La forêt des araignées tristes" de Colin Heine : mousse, boulons et écrous, motifs victoriens

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Dans le chaudron : si vous êtes curieux du poids de la vape comme élément toxique, vous pourriez être intéressés par la brume de « Terre de Brume » de Cindy Van Wilder. Si vous êtes intéressés par les habitations « verticales », vous pouvez découvrir « Rhizome » de Nadia Coste. Ces deux romans placent l’écologie au centre de leur histoire. Et si vous aimez le steampunk, j’ai étiqueté mes chroniques d’autres romans de ce « genre » littéraire.

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Blog-o-livre (BlackWolf)Inspirer et Partager (Erine), L’ours inculte, OmbreBones, The Books Howl (May)Un papillon dans la Lune, ont aussi sorti leurs lunettes en cuivre.

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JAWORSKI Jean-Philippe – Même pas mort, tome 1

01/03/2019 18 commentaires

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Couverture du roman "Même pas mort" de Jean-Philippe Jaworski, éditions Folio SF. Premier tome de la série "Rois du monde".

Titre : Même pas mort (Rois du monde, tome 1)
Auteur : Jean-Philippe Jaworski
Plaisir de lecturenote : 4 Livre à découvrir

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Bellovèse se retrouve jeté en pâture dans la guerre. Au premier assaut, Il reçoit un sévère coup de lance : il est considéré comme perdu et pourtant il n’est pas mort. Chez les Celtes, un tel homme revenu d’entre les morts est un monstre puni des Dieux. Pour lever l’interdit, il doit se rendre auprès des Gallicènes, sur l’île des Vieilles.

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C’est un vieil homme que l’on découvre à la première page : Bellovèse revient sur son existence et conte son parcours depuis l’enfance.

Il est élevé, avec son frère Segovèse, par une mère consciente de son rang. Bellovèse est un prince banni par son oncle, le haut roi Ambigat. Devenu guerrier celte, il reçoit un mauvais coup et n’en meurt pas. Le Grand Druide lui imposera une épreuve pour lever l’interdit qui pèse sur lui. C’est ainsi qu’on le retrouve en compagnie de Sumarios et Albios qui attesteront de la réussite du challenge.
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Bellovesos et Segovesos sont considérés comme légendaires : ils doivent trouver de nouveaux territoires pour leur oncle, le roi Ambigatos qui règne sur les Bituriges. Ils sont mentionnés dans l’histoire romaine rapportée par l’auteur Tite-Live de « Ab Urbe condita libre » écrit au VIe siècle avant J.C. , traduit par « Histoire de Rome depuis sa fondation », se révèle à l’origine être un recueil de 142 livres dont seuls 35 volumes ont traversé les années.
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Les personnages sont bourrins : empli de bravoure mais aussi avec une certaine arrogance qui les rend parfois inconscients dans leurs actes, sous caution de prouver leur virilité.

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Pas de tombe pour moi. Pas de fin paisible au milieu des miens. Pas de grandes cérémonies royales, pas de sacrifices, pas de bûchers rouges ni de banquet funèbre. Pas de trésor abandonné dans la nuit d’une chambre funéraire. J’irai chercher ma mort sur le champ de bataille. Je me détacherai des rangs de mes guerriers pour la défier. Une lame longue de cavalier dans la main droite, une lame courte de fantassin dans la gauche, je lui offrirai une danse des épées. C’est une vieille ennemie, et ce fut parfois une alliée de circonstance. Je connais bien ses ruses, ses lâchetés, ses trahisons. Je lui cracherai toutes ses bassesses, je lui tirerai la langue, je me rirai de sa puissance, je lui affronterai le masque peint du guerrier.

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Bellovèse fait part aux lecteurs de son cheminement spirituel, avec des retours en arrière sur son enfance et ses premières batailles. Son monde est constitué de vengeance, d’ambitions, d’un lot de rancune et bordé de croyances païennes. C’est un monde violent avec des scènes d’assauts, de lutte et de combat.
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L’univers est ancré dans le concret et empli de personnages fantastiques. L’aspect onirique nait des liens qui se construisent entre réel et surnaturel. La forêt est un lieu habité par de nombreuses créatures invisibles. La magie est plus élémentaire car sauvage, elle est attachée à différents éléments : la forêt que je viens de citer, la foudre, le froid et la rivière entre autres.
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Le folklore a une grande influence sur les Celtes : les rites, les présages et même les lieux sont empreints de fantastique. Les Dieux et autres puissances sont présents de manière permanente dans les pensées et les gestes des hommes. Plus qu’une guidance, leur traitement influe sur tous les aspects de la vie des humains. D’ailleurs, certains comportements peuvent s’expliquer par ce lien constant, mais souvent une digression apparait : la réalité se mêle à la magie et au rêve en formant des frontières floues.
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L’importance des druides se repose sur leur unique symbole d’être le trait d’union entre humains et dieux. Ainsi, ils possèdent un fort pouvoir de persuasion par le verbe et la prédiction. Rites de réconciliation, exorcisme sont autant d’éléments qui façonnent le quotidien des Celtes.

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Je suis riche de passé comme d’avenir, et parce que je vacille au bord du monde, l’abîme tonne que je ne suis qu’une chrysalide, que la vraie grandeur reste à construire.

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Beaucoup d’avis élogieux ont été émis sur la série. À la parution du premier tome, j’ai attendu ; au point que la sortie poche ait lieu. C’est dans ce format que l’on me l’a offert en 2016. J’ai encore décidé d’attendre que la série soit plus avancée. On peut noter une Patience de Haut Niveau (ou une Force Intense pour relever mon défi Fin de Série). Et puis, en janvier dernier, on m’a offert les tomes 2 et 3 au format poche… qui a eu lieu en même temps que l’annonce de la clôture prochaine de la série. C’était donc le bon moment pour enfin la commencer ; avec un petit coup de pouce de Valériane pour dévorer le premier volume en février.
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Jean-Philippe Jaworski a pour envie de faire vivre une société disparue, l’âge de fer européen. Loin des clichés des barbares, le contexte historique s’appuie sur des recherches documentées.
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Notre arrivée se fait sous la pluie et dans la peur : le bateau où se trouve Bellovèse est malmené par la houle. Le récit initiatique démarre. Les (més)aventures se succèdent et les frissons dans le dos arrivent. On se retrouve à la croisée du roman historique, de l’épopée héroïque et de la fantasy mythique.
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Avec les premières pages, on suit le déroulé de journées celtes. Cela donne un aspect assez informatif à l’intrigue et j’avais l’impression davantage de lire un documentaire sur un peuple plus que d’entrer dans une histoire. C’est le temps de s’imprégner d’un monde étranger aux accents celtes et d’un environnement que l’on croise peu souvent comme contexte (le Moyen Âge est plus répandu).
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Le réalisme est poussé : ce roman est exigeant et va demander une concentration dans sa lecture. La langue est recherchée mais le style d’écriture reste fluide. Ce dernier demandera juste un calibrage pour le lecteur en début de livre.
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Pourtant, j’ai été déstabilisée par le récit non linéaire. Le mode de narration s’appuie sur une construction emboîtée : un souvenir en appelle un autre. Bellovèse revient sur sa vie de manière non chronologique. J’ai trouvé cette construction temporelle un brin confuse et l’immersion n’a pas été aisée pour moi. Je m’attendais à plonger immédiatement et totalement comme les autres lecteurs. Sensation qui s’est dissipée après quelques pages.
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L’enchevêtrement des histoires repose sur un rythme de progression que je juge plutôt lent. Le cadre doit être mis en place, aussi bien pour l’environnement que pour l’aspect géopolitique (lutte de pouvoirs). Le roman demande à être dégusté pour mieux assimiler l’enfance et l’adolescence des deux frères, frangées de passages plus oniriques.

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Livre "Même pas mort" de Jaworski mis en scène avec des éléments de décoration de la nature : mousse, feuille sechées, pommes de pin

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Logo du défi Fin de Série LivrementVoilà une nouvelle série à mon compteur du défi Fin de Série. Il serait de bon ton que je la lise au fil des mois pour « mieux » profiter de l’histoire et de ne pas la laisser plus prendre la poussière.

Logo défi Valériacr0

Ma lecture était donc la sélection de février par mon binômette de choc Valériane dans le cadre de notre défi Valériacr0.

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233°C (Baroona)Lectures trollesquesLe monde d’Elhyandra, Les histoires de Lullaby, Les lectures de XapurLorhkanMes Imaginaires (Sandrine), NeVertwhere, The Library at Hurtfew (Perlesvaus), Un papillon dans la Lune ont aussi observé la forêt en ayant mille questions en tête.

 

LACKEY Mercedes – Les Hérauts de Valdemar

21/02/2019 14 commentaires

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Couverture du roman "Les flèches de la reine" de Mercedes Lackey, tome 1 des Hérauts de Valdemar, publié aux éditions MiladyCouverture du roman titré "La chute de la Flèche" de Mercedes Lackey, tome 3 des Hérauts de ValdemarTitres : Les Flèches de la reine, L’envol de la Flèche, La chute de la Flèche (nommée les Hérauts de Valdemar ou la Trilogie des Flèches)

Autrice : Mercedes Lackey
Plaisir de lecture Livres sympa

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À l’aube de ses treize ans, Talia doit se préparer à devenir une épouse docile comme toutes les femmes de sa famille. Sidérée, elle fuit la tâche ménagère qui vient de lui être donnée pour se terrer dans ses pensées. C’est à ce moment précis que Rolan, un Compagnon, vient la chercher pour l’emmener au Collegium, une école pour former les Hérauts de demain.

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Talia est une jeune femme qui ne veut qu’une chose : réussir à sortir du carcan de son éducation. Elle vient du canton des Hold, une famille aux valeurs puritaines. Par l’entremise d’un Compagnon, la jeune fille austère va quitter sa vie étriquée pour découvrir la vie de Héraut. Cette protagoniste est plutôt niaise même si elle se manifeste aussi forte, droite et honnête.
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La trilogie des Flèches – aussi nommée trilogie des Hérauts de Valdemar – est l’une des séries du cycle des Hérauts de Valdemar, l’œuvre majeure de Mercedes Lackey. Il est conseillé de découvrir cette grande saga dans l’ordre chronologique et non de parution. Quant à moi, j’ai commencé tout simplement par les livres que je possédais, un coffret que l’on m’a offert en 2010. Cette trilogie s’avère être la première écrite par l’autrice et s’étale sur trois années de vie à Valdemar.

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Valdemar est un royaume où seuls vivent les Hérauts, des soldats voués aux têtes régnantes. Les Hérauts proviennent de toutes les couches de la population et possèdent au moins une capacité spécifique appelée « Don » – parfois en dormance – comme la télépathie, la télékinésie, la vue à distance, la précognition, le boutefeu, la lecture par le toucher, l’empathie.
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Ces Hérauts sont choisis par des Compagnons : ils ressemblent physiquement à des chevaux mais n’en sont pas. Ce sont des Hérauts qui se sont réincarnés en équidés, car par définition, un cheval passe inaperçu. Ils sont tous identiques : une robe blanche avec des yeux bleus ; ils possèdent les aptitudes intellectuelles des humains. Chaque Compagnon élit son Héraut avec qui il formera un duo spécial, en relation profonde. Les discussions entre Compagnons et humains ne peuvent être que mentales.
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En moyenne, la préparation demande aux élèves cinq années d’apprentissage pour devenir Héraut et enfiler l’uniforme blanc qui les caractérise. Il existe le titre de Héraut Personnel du/de la roi/reine pour une seule personne en qui il/elle placera toute sa confiance.

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À l’entrée de Talia à Valdemar, 53 élèves se trouvent au Collegium des Hérauts. C’est la reine Selenay qui officie et sa fille, Elspeth est la prétendante au titre d’Héritière. Très vite, elle souhaite promouvoir Talia comme Héraut Personnel de la Reine ; elle lui assigne dès à présent la mission de veiller sur les études de la princesse.
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C’est par Talia que l’on découvre cet univers. On y suit son apprentissage avec les cours et ses difficultés, le contact avec les autres et surtout son avancée psychologique. Elle se frotte aux autres étudiants qui la prendront en grippe ; et d’un niveau autre qu’à lui faire des croche-pieds : ils vont l’anéantir. C’est très basique : les élèves sont habillés en bleu, les méchants sont habillés en bleu, les méchants sont donc les élèves.
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L’autrice prône la tolérance, par les cultures, les religions et les amours. Pour emballer son intrigue, nous trouverons de l’action, des complots, des rebondissements et une touche d’humour aussi.
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La narration suit le point de vue de Talia à la troisième personne du singulier. Pourtant, l’autrice organisera des changements de point de vue qui seront subis comme des sauts très bancals qui n’apporteront pas grand-chose à l’intrigue si ce n’est de décoincer la situation (notamment quand Talia est inconsciente). La traduction française est aussi inégale dans la tournure des phrases et la concordance des temps.
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L’univers est particulièrement manichéen avec des méchants basiques et peu brillants. Le récit reste gentillet : tout se résout parfaitement car à une problématique donnée, l’arrivée d’un élément/personnage/idée pourra la solutionner.
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Cette fantasy écrite en 1987 accumule les clichés mais elle trace le cheminement d’un être humain catapulté de sa zone de confort. En plus de s’épancher sur des épreuves intérieures, l’intrigue est un brin féministe : elle propose une protagoniste indépendante et maîtresse de son destin.

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Illustration du Compagnon Valera, issue de l'histoire "Les hérauts de Valdemar" écrite par Mercedes Lackey

Couvertures anglaises de la trilogie "Les hérauts de Valdemar" de Mercedes Lackey

Mise en scène cocooning - plaid et fleurs de coton - de la trilogie des Hérauts de Valdemar de Mercedes Lackey

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Logo du défi Fin de Série Livrement.

C’est un triplet gagnant pour mon défi Fin de série ! Aussitôt commencée, aussitôt lue (et aussitôt archivée)
Cette trilogie est aussi une relique de ma Pile à Lire car elle a été acquise en 2010.

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Vert et Phooka (tome 1, tome 2, tome 3) attendent aussi qu’un Compagnon les choisisse.

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Illustrations : #01 Compagnon Valera par Sara Kate Sams Otero ; #02 Couvertures anglaises des brochés.

 

DELANEY Joseph – Le pacte de Sliter, tome 11

12/02/2019 14 commentaires

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Couverture du roman "Le pacte de Sliter" de Joseph Delaney, le onzième tome de la série L'épouvanteur publiée aux éditions Bayard JeunesseTitre : Le pacte de Sliter (L’Épouvanteur, tome 11)
Auteur : Joseph Delaney
Plaisir de lectureetoile 4 Livre à découvrir
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Tome 1, tome 2, tome 3, tome 4, tome 5, tome 6, tome 7, tome 8, tome 9, tome 10recueil sur les sorcières

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En tant que mage Kobalos, Sliter supervise son domaine Haizda près du cercle Arctique. Sur son territoire, il exploite des humains pour se nourrir de leur sang. À la mort du fermier Rowler, Sliter se souvient du pacte passé ensemble : il doit emmener en lieu sûr les filles cadette et benjamine pour que l’aînée lui appartienne. Afin d’honorer sa part du marché, ils prennent la direction du foyer avunculaire de la fratrie. Un long voyage semé d’embûches s’ouvre alors à eux.

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Sliter est un Kobalos : bien qu’il marche sur deux pieds et parle comme un être humain, il ressemble à un loup. Il possède une queue qui lui permet de donner des informations sur ce qui se passe autour de lui (comme une antenne). Une méfiance nait à son encontre mais ce protagoniste va surprendre plusieurs fois au cours du récit.
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Rebelote : pour ce tome, Joseph Delaney change de narrateur. J’avoue que j’étais sceptique en découvrant les premières pages. Après un premier changement avec Grimalkin au neuvième tome, c’est la deuxième fois que l’on se retrouve de côté de l’obscur. En réalité, deux personnages se partageront la narration : Sliter et Nessa, la fille aînée de feu le fermier Rowler.

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Je suis partagée concernant ma lecture :
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J’ai aimé découvrir une légende des pays scandinaves revisitée grâce à un personnage issu du Comté. J’ai trouvé le clin d’œil satisfaisant du duo au conte La Belle et la Bête. Joseph Delaney nous raconte les jeux de pouvoir, la condition de Sliter, les informations concernant son peuple et les us & coutumes. Le décalage par rapport à l’intrigue principale est bienvenu.
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Mais je suis aussi un poil agacée car c’est une façon un peu grossière de la part de l’auteur d’intégrer maintenant des Kobalos pour nous faire comprendre que Tom Ward n’a pas fini d’en découdre avec eux dans les prochains tomes. L’intrigue générale n’avance pas… alors qu’il y a toujours le Malin à tuer ! Le voyage est assez linéaire, avec quelques accidents et retournements de situation bien placés. Ceci dit, l’histoire n’intègre pas de temps mort et verra l’arrivée d’un personnage déjà connu des lecteurs à mi-course.

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Couverture anglaise du roman Le pacte de Sliter écrit par Joseph Delaney Illustration d'un Kobalos, issue du roman Le pacte de Sliter écrit par Joseph Delaney

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Dans le chaudron :
Des univers fantasy estampillés jeunesse
¤ Harry Potter de J.K. Rowling
¤ Rose de Holly Webb
¤ Narnia de C.S. Lewis
¤ A la croisée des mondes de Philip Pullman
¤ Eragon de Christopher Paolini
¤ Cœur d’encre de Cornelia Funke

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Les escapades culturelles de FrankieMargaud LiseuseSyl. (Thé, lectures et Macarons) ont aussi apprécié Sliter plus qu’elles ne le pensaient en commençant le livre.
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llustrations : #01 Couverture anglaise ; #02 Illustration d’un Kobalos extraite du livre

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PRATCHETT Terry – Disque-monde – Les tribulations d’un mage en Aurient

29/01/2019 15 commentaires

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Couverture du roman "Les tribulations d'un mage en Aurient" de Terry Pratchett. Il s'agit du tome 17 de la série "Les annales du Disque-monde" paru aux éditions L'AtalanteTitre : Les tribulations d’un mage en Aurient (Les annales du Disque-monde, tome 17)
Auteur : Terry Pratchett
Plaisir de lecturenote : 4 Livre à découvrir
La série
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L’empereur de la Cité interdite a envoyé un message à l’Université de l’Invisible d’Ankh-Morpork « Envoyez-nous tout de suite le grand maje. ». Rincevent, vite identifié, est envoyé illico presto par télétransportation faire un tour en Aurient.
Il faut qu’il règle la zizanie qui vient de naître dans le milieu prolétaire avec la parution d’un petit livre rouge « Ce que j’ai fait pendant mes vacances ». Dans ce dernier, il est écrit qu’on peut insulter les gardes sans perdre la tête et manger des saucisses dans une des rues de la plus grande ville du premier continent. Et c’est sans compter la participation de légendaires héros menés par un barbare de moins d’un mètre cinquante, qui s’apprêtent à un coup d’éclat.

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— Pourquoi on les invite pas à dîner pour les massacrer quand ils seront soûls ?
— T’as entendu ce qu’il a dit. Y en a sept cent mille.
— Ah ? Alors faut prévoir un menu pas compliqué avec des nouilles. 

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Rincevent est téléporté d’une retraite dans une île paradisiaque à la Cité interdite où il doit passer incognito. On retrouve Cohen le barbare et ses combattants grabataires nommés la Horde d’Argent ; moyenne d’âge : 80 ans. DeuxFleurs est de la partie, toujours aussi candide mais qui révèlera quelques surprises. Le bagage traîne également ses guêtres dans cet épisode. Autant dire que c’est un régal de revoir et de découvrir des personnages hauts en couleurs et en verbe.

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Rincevent est au sommet de son art… avec sa poisse légendaire. Les combattants doivent appréhender l’apprentissage du monde civilisé et des bonnes manières. C’est un véritable concept pour les barbares que celui de payer pour obtenir quelque chose, de ne pas incendier une boutique en partant ou de tout simplement commencer une conversation en disant bonjour.
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Il y a évidemment beaucoup d’humour au programme avec des personnages de gaudriole. Ces derniers tournés au ridicule, les caricatures font mouche. Il y a de l’absurde… et des caisses et des caisses d’absurde ; on se demande jusqu’où l’auteur va aller.
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L’intrigue est sans temps mort et quelques scènes paraissent un peu confuses dues à un excédent d’extravagance. J’ai été prise par l’envie que la fameuse bataille épique tant attendue ait tout simplement lieu.
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La désinformation pour faire peur à l’ennemi est le maître mot de l’histoire. Les critiques sur les différentes formes de totalitarismes que Terry Pratchett offre sont savoureuses. Elles sont complétées par des moments plus philosophiques. À saluer, le travail de traduction de Patrick Couton.

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Quand ceux qui savent lire et écrire se mettent à lutter pour le compte de ceux qui ne savent pas, on tombe dans un autre genre d’aberration. Si vous voulez les aider, bâtissez par exemple une grande bibliothèque quelque part et laissez la porte ouverte.

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Selon le philosophe Ly Tin Wheedle, on trouve le chaos en plus grande abondance partout où l’on recherche l’ordre. Le chaos l’emporte toujours sur l’ordre parce qu’il est mieux organisé.

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Il se passait des tas de choses à l’Université de l’Invisible et, malheureusement, l’enseignement en faisait forcément partie.

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« Comment je vais revenir ? demanda-t-il.
— Comme vous êtes parti. On va vous trouver et vous ramener. Avec une précision chirurgicale. »
Rincevent gémit. Il savait ce qu’on entendait à Ankh-Morpork par « précision chirurgicale ». On entendait « à trois ou quatre centimètres près, dans un concert de hurlements, puis on verse du goudron chaud à la place qu’occupait la jambe ».

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— On va pas mourir, exact ?
— Exact.
— J’veux dire, cent mille chances contre une… hah. La différence, c’est seulement une tripotée de zéros, exact ?
— Exact.

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« Quedonc ?
— Je disais : TU LEUR EN FOUS UN BON COUP, Hamish. »
Hamish agita un bras qui n’était que de la peau sur des os et paraissait bien trop menu pour soulever la hache qu’il brandissait quand même.
« Parfaitement ! En plein dans les croquignoles ! »
Monsieur Cervelas poussa Caleb du coude.
« Il faudrait que je note ça, dit-il. Où se trouvent les croquignoles, exactement ?
— C’est une petite chaîne de montagnes près du Moyeu.
— Fascinant. »

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Illustration de Marc Simonetti représentant la Horde d'Argent du roman "Les tribulations d'un mage en Aurient" écrit par Terry Pratchett Illustration de Story Sabatino représentant Gengis Cohen, personnage du Disque-monde de Terry Pratchett

Illustration de Marc Simonetti représentant Cohen et Rincevent, du roman "Les tribulations d'un mage en Aurient" écrit par Terry Pratchett Illustration de Marc Simonetti représentant Cohen, Rincevent et DeuxFleurs, personnages du roman "Les tribulations d'un mage en Aurient" écrit par Terry Pratchett

Illustration de couverture réalisée par Josh Kirby, du roman "Les tribulations d'un mage en Aurient" écrit par Terry Prachett

Mise en scène du roman "Les tribulations d'un mage en Aurient" de Terry Pratchett : bagage, cartes représentant Rincevent et Terry Pratchett, chapeau de Rincevent où il est marqué "maje" et livre à la couverture rouge

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Logo défi Valériacr0Commencer l’année avec Prachett, c’est démarrer fort ! C’est grâce à ma codétenue Valériane pour notre défi Valériacr0 que je me suis enfin replongée dans la série de Terry Pratchett.
.Logo du défi Fin de Série Livrement

Je lis les tomes dans l’ordre de parution – sans véritable argument si ce n’est celui qui me fait plaisir et de me balader dans les sous-cycles – et me voilà rendue aux portes à la couverture dix-huitième tome. J’ai commencé la série en 2008 : positivons, je progresse 😉

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Illustrations : #01 #03 #04 Illustrations de Marc Simonetti ; #02 Illustration de Story Sabatino ; #05 Illustration de la couverture par Josh Kirby

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HOBB Robin – L’assassin royal ~ Serments et deuils, tome 10

27/12/2018 18 commentaires

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Couverture du roman "Serments et deuils" de Robin Hobb. Il s'agit du dixième tome de la série de l'assassin royal. Publié aux éditions J'ai luTitre : Serments et deuils (L’assassin royal, tome 10)
Autrice : Robin Hobb
Plaisir de lecture Livre avec entrée au Panthéon
Tomes 12345, 6, 7, 8, 9

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La Narcheska est prête à accepter la demande en mariage de Devoir s’il relève le défi qu’elle lui lance : il doit rapporter la tête coupée d’un dragon enterré sous le glacier de l’île d’Aslevjal. Contre toute attente, Fitz devient le professeur d’Art du prince et se doit de former un clan pour le soutenir. Alors que les menaces extrémistes des Pie pèsent sur les têtes couronnées, une délégation du Lignage décide de répondre positivement à l’invitation de la Reine Kettricken.

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Robin Hobb présente encore et toujours des personnages profonds.

Son protagoniste, FitzChevalerie oscille entre deux extrêmes dans ce tome-ci : il connaît des périodes apaisées lui permettant de poser un regard plus mâture ses relations avec les autres ; et en même temps, il sera tant en danger que tout le monde semble l’abandonner. Il reste l’assassin dont la vie est littéralement dédiée aux Loinvoyant. Il est pressé de tous les côtés, mis à l’écart de certaines informations capitales alors qu’il s’avère indispensable à tout le monde. Il doit prendre toutes les responsabilités sur ses épaules mais en assumer seul les conséquences négatives.
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Bien qu’il puisse être vu comme un Caliméro – malchanceux au comportement urticant – par certains lecteurs, je trouve ses aventures réalistes au vu des émotions traversées. Il m’est rare de croiser chez des héros de papier une telle intensité autour des ressentis. La bisbille entre le Fou et Fitz donne naissance à des scènes poignantes. Et que j’ai eu mal au cœur, quant au summum de sa souffrance physique, il demande via l’Art à Œil-de-Nuit de monter la garde !

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Il est étrange de se rendre compte qu’une émotion qu’on croyait au rancart depuis longtemps continue en réalité à bouillonner sous la surface.

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Les autres personnages ne sont pas en reste : la véritable identité de Tom Blaireau est révélée à Devoir. On récolte quelques détails concernant le Fou, on apprend à détester son comportement à l’égard de Fitz ; mais aussi sur Umbre qui nous apparaît sous un nouveau jour : il semble perdre la tête, dévoiler des détails aux mauvais interlocuteurs. Kettricken arrive à se désengager des conseils d’Umbre pour prendre seule des décisions. La tension est palpable quand, au détour d’un couloir, l’on rencontre Burrich venu au château. L’arrivée de Leste pourrait apporter aussi un lot de surprises dans la communauté habitant au château.
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Du côté des « magies » : il intéressant de recueillir un autre point de vue que celui des vifiers extrémistes grâce à la délégation du Lignage. À propos de l’Art, quelques informations nous sont données : l’attirance du flot ininterrompu par Umbre, le don fort et naturel de Lourd, l’apprentissage basique de la « communication » par Devoir, la singularité des rêves d’Art de la-petite-fille-qui-pleure et l’étrange voix entendue uniquement par Fitz qui scande « Je te vois ».

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Puis, telle une trompe lointaine, une grande voix intervint :
Je te connais à présent. Je te vois.

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C’est véritablement un tome en montagnes russes pour Fitz ; les complots à tout-va risquent d’avoir sa peau. C’est un bonheur pour le lecteur de visualiser les interconnexions avec tous les personnages précédemment croisés, dans le premier cycle de l’assassin royal ainsi que dans Les aventuriers de la mer.
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La finesse d’écriture, l’émerveillement quant à la richesse de son imagination et l’entrain du déroulement de l’intrigue sont autant d’incroyables qualités de l’œuvre de Robin Hobb que j’aurai pu presque oublier de les citer tant ils semblent être fusionnés avec l’expression « plume » lorsqu’on parle de cette autrice.
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Le tome 9 « Les secrets de Castelcerf » et « Serments et deuils » forment le tome originel « The Golden Fool ». Après lecture de ce volume, on n’a qu’une envie : se jeter sur la suite !

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Un seul homme armé du mot juste peut accomplir ce qui sera impossible à une légion de soldats.
Proverbe montagnard

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Mise en scène du roman "Serments et Deuils" de Robin Hobb : le livre est posé sur un livre de cuisine, une recette pour l'enchantement "comment s'approprier un garde du corps" ?

Fan art de Sire Doré, extrait du roman "Serments et deuils" de Robin Hobb  Portrait d'Umbre Tombétoile, personnage de L'assassin royal écrit par Robin Hobb

Fan art "au chevet", scène issue du roman "Serments et Deuils" de Robin Hobb

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Logo défi Valériacr0Cette lecture a été entièrement sponsorisée par le challenge de lecture qui unit Valériane et moi depuis de longues années, « le défi Valériacr0« .

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Lectures trollesques (Ptitetrolle), Les escapades culturelles de Frankie se demandent aussi quelle est la réalité du « Fou ».

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Illustrations : #01 Portrait de Sire Doré par Stéphanie Noverraz, #02 Portrait d’Umbre Tombétoile par Stuart, #03 La scène du chevet croquée par Alicja.

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VAN WILDER Cindy – Terre de Brume ~ Le Sanctuaire des Dieux, tome 1

27/11/2018 19 commentaires

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Couverture du roman "Le sanctuaire des dieux" de Cindy Van Wilder, tome 1 de Terre de BrumeTitre : Le Sanctuaire des Dieux (Terre de Brume, tome 1)
Autrice : Cindy Van Wilder
Plaisir de lecturenote : 4 Livre à découvrir

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Le Monde de Mirar vient de subir un cataclysme que les habitants nomment le Bouleversement. Une Brume toxique s’abat sur l’ensemble des territoires : seuls les sommets de montagnes sont épargnés. Les rares survivants se sont retranchés dans des sanctuaires. Intissar, une Sœur de Feu brave l’avis de sa supérieure pour prévenir la ville de Taho du terrible danger qui se profile. Elle est accueillie par Héra au Sanctuaire des Prêtres de l’eau. Une vague de Brume peuplée de créatures déferle et attaque l’aqueduc qui alimente les communautés en eau, ressource déjà rare.

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Le prologue reste mystérieux : il se déroule une semaine après que la Brume envahisse tout. Puis, l’histoire s’enchaine avec une ellipse de dix-sept années. On suit l’une des deux protagonistes Héra, bébé récupérée par Pylos, un marin.

Terres et mers ont été englouties par la Brume mortelle : les pêcheurs sont devenus des Passeurs de Sanctuaire en Sanctuaire, déposant passagers et courrier, car leur embarcation flotte sur ladite Brume.

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La jeune femme le remercia d’un sourire avant de s’éloigner vers le modeste réduit que Pylos avait aménagé. Un luxe inédit pour ce type d’embarcations, dont de nombreux autre marins s’étaient moqués à l’époque.
— Et à quoi cela va te servir, hein ? Quand tu y auras remisé tes voiles, il ne te restera plus de place pour y suspendre ton hamac !
Pylos sentit son cœur se serrer à ce souvenir.
Si on lui avait dit un jour qu’il se retrouverait dans un monde sans aucune brise pour faire avancer son bateau, où les voiles ne servaient plus à rien, sinon à se tailler des vêtements… Jamais il ne l’aurait cru. Un monde où le vent avait purement et simplement disparu. Une des nombreuses conséquences du Bouleversement.

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Mirar est une société clivée : les clans ne se mélangent pas. Si l’Académie existe, il est réputé que l’entente est peu cordiale entre les Prêtres de l’Eau et les Frères & Sœurs du Feu.

On apprend que les corporations se sont formées autour des quatre éléments : pour l’Eau, les fidèles peuvent devenir guerrier ou guérisseur. Concernant le Feu, les Sœurs et les Frères sont capables de projeter des flammes sur une longue distance (entre autres). Pour le Vent, les membres sont appelés les Souffleurs et pourraient modifier les conditions climatiques. Vis-à-vis de la Terre, la mission des Semeurs nous reste encore complètement inconnue.

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Pour la création de cet univers, j’ai aimé les clins d’œil de Cindy Van Wilder à la mythologie grecque avec les lieux, la consonance des prénoms (Laël, Tyel, Tybalt, Maïlyne, Amani, Dédale, Mégare,…).

Question contexte, l’eau est devenue une denrée rare et la nourriture ne se trouve pas à profusion. La magie possède une contrepartie polluante : quand la magie est utilisée, elle produit un déchet… la Brume. D’ailleurs, l’olympite est le seule matériau qui peut résister à son effet corrosif.

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[Pylos] n’avait jamais vu un Vecteur d’aussi près de toute sa vie. Bien entendu, il connaissait le principe – deux capsules de verre l’une sur l’autre, formant un sablier, sauf qu’elles ne contenaient aucun grain de sable. Au contraire, celle du dessus était emplie d’une eau claire, translucide, qui émettait une faible lueur turquoise. L’eau consacrée par les prêtes et source de magie.
Et, en dessous, une capsule vide destinées à recevoir la Brume.
Il était impossible d’utiliser la magie sans produire de Brume en retour.
Une Brume toxique, que les prêtres prenaient soin de stocker dans un immense réservoir au sein de l’Académie. Une Brume qui avait brutalement échappé à leur contrôle le jour du Bouleversement, si les rumeurs disaient vrai.

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Ce récit est raconté en alternance des points de vue d’Intissar et d’Héra. La complémentarité des caractères de ce duo féminin fonctionne et est source d’intérêt pour le lecteur. Elles restent toutes deux, adolescentes plus ou moins perdues : elles se retrouvent coincées entre les mœurs de leur communauté et qui croient en leurs valeurs qu’elles sont prêtes à défendre.
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L’écriture entrainante permet de profiter pleinement du foisonnement de l’imagination de l’autrice. J’ai été agréablement surprise de découvrir la base de cet univers mais j’avoue que j’aurais apprécié de m’y balader davantage alors que l’enchaînement des actions ne le permettait pas. Le dénouement se termine avec un point en suspens et c’est expressément voulu, diantre ! (‘point en suspens’ expression francophone pour remplacer ‘cliffhanger’).
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« Le Sanctuaire des Dieux » part sur les thèmes des secrets enfouis, des enjeux politiques et de la préservation de l’environnement. Il s’avère le premier volet du diptyque « Terre de Brume » dont le second devrait être publié en mai 2019.
OUF ! L’attente sera courte, j’ai plié ce premier tome en deux heures (pauvre de moi).

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Aux Aventuriales, la couverture du livre m’a attirée et je brandissais un exemplaire à mon amoureux en lui stipulant « Voilà une couverture réussie ! Tout : l’illustration, la police utilisée, le titre, l’impression sur fer à dorer. Bam, tu vois, tu achètes. Simple et efficace. Un packaging au top ». Et cela va sans dire que j’ai évidemment commencé par un bonjour à Cindy (je suis une personne polie) (et gentille). Elle a su me « vendre » cette série par le seul argument de la forme diptyque dont je tenais le premier volume entre les mains et le second était presque finalisé. Et vous savez que j’arrive maintenant à résister aux livres, pour des achats plus raisonnés.

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Lecture conseillée à partir de 12 ans

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Mise en scène du roman "Terre de Brume" de Cindy Van Wilder

Mise en scène de Terre de Brume dans un décor automnal Dédicace de Terre de Brume par Cindy Van Wilder
Dédicace aux Aventuriales

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Alice Neverland, Encres & Calames (Sia), Livrement vôtre (Gilwen)Plumes de lune (Kin) ont aussi affronté la Brume sur une embarcation de fortune.

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