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NIOGRET Justine – Cœurs de rouille

22 septembre 2013 46 commentaires

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Coeurs de rouille Justine NiogretTitre : Cœurs de rouille
Auteur : Justine NIOGRET
Plaisir de lectureetoile 5 Livre fantas… tique

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Saxe s’est enfui de sa vie bien rangée à l’usine de réparation pour trouver la paix. Il se dirige vers l’ancien quartier des artistes… et tombe nez-à-nez avec Dresde. Bien que les golems aient été anéantis, il rencontre une vraie, en vie et en rouages bien huilés. Tous deux partent en quête de la liberté mais ils arrivent à une porte donnant sur un étage inférieur de la cité, complètement abandonné. Leurs mésaventures seraient supportables s’ils n’étaient pas traqués par Pue-la-Viande.

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Justine Niogret nous sert un univers consistant mais qu’on ne maitrise pas. Au même titre que Saxe & Dresde, nous avançons à tâtons ; ce qui renforce d’autant plus l’impression de découverte à notre lecture. On se sent parfois mal quant à l’environnement dépeint. La première scène à laquelle nous assistons, décrit les faits et gestes de Pue-la-Viande par rapport à une proix ; elle se révèle assez violente. Même si le style s’avère un peu déstabilisant, on devient vite avides : on veut en savoir plus au fil des découvertes. Le suspense est bien tenu.

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J’ai trouvé que les descriptions étaient vraiment bien étudiées. Par un vocabulaire choisi, l’auteur nous conte de manière très juste les sensations ressenties comme l’odeur de la terre remuée du bout du pied, celle de l’eau stagnante avec la mousse créée contre la vide, la poussière filtrée par la lumière ou le toucher froid et pourtant doux de la céramique.  Ce monde de peur, de tristesse, d’espoirs et surtout de surprises est violent mais poétique à la fois. C’est sans doute par cette dualité qu’on se sent parfois un peu mal à l’aise, aussi.

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Coeurs de rouille extrait 03

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On se sent à l’étroit, on bouge durant notre lecture. Justine Niogret nous présente de façon assez brutale les choses où souffle un vent violent avec un espoir très maigre. Nous sommes aussi déboussolés par le fait qu’il n’y ait aucun repère temporel. L’univers est un peu cauchemardesque, sans légèreté aucune. Les actions s’enchainent et on ne peut s’empêcher d’apprécier ce livre comme un bonbon qui pique la langue.

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Notons que le méchant est vraiment méchant. J’ai eu des frissons quand il raconte la magie des êtres vivants qui l’amène à se recouvrir d’une peau de chien écorché vivant. Le steampunk officie ici de manière un peu atypique avec ces automates. Ceux « actuels » sont les plus sobres, les plus insignifiants, appelés agolems pour cette bonne raison. Avant, les golems étaient… différents ; et c’est pourquoi ils ont été anéantis. Tous sont lisses, composés de céramique, de rouages et d’engrenages.

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Coeurs de rouille extrait 01

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Coeurs de rouilleConcernant le public ciblé, j’avoue avoir un peu de mal. Je ne dirai pas qu’il est pour le plus jeune public, ça non. Mais alors pourquoi ce texte est-il qualifié de « Young adult » ? Nous trouvons une typographie en grands caractères, un double interligne, quid ? Ceci dit, si on se fie à la description de la collection « Pandore » données par les éditions Le pré aux clercs, on se dit que « Cœurs de rouille » y a tout à fait sa place : « Quête, romance, combats, sensualité, humour et suspense, la boîte de Pandore contient bien des charmes. Vous êtes maintenant devant la boîte. Il ne vous reste plus qu’à l’ouvrir… »

La couverture est très intrigante et j’avoue l’avoir longuement regardée (plus qu’étudiée). Je me suis rendue compte que lorsqu’on mettait le visage face à nous, seules les lèvres ne semblent pas aussi lisses que le reste, qu’elles paraissent presque humaines. J’ai aimé le parallèle de la plume tenue par Dresde – je suppose – et de la constitution même de la golem ; ainsi que les yeux qui sont si… vivants. (Photo David&Myrtille, couverture dpcom.fr)

Je vous invite très très très fortement à ne pas lire le quatrième de couverture qui spoile – à mon sens – un gros élément de l’intrigue.

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« Cœurs de rouille » est surprenant. Violent et poétique à la fois, ce récit déstabilise le lecteur. Il entraine ce dernier à la course poursuite de Saxe, Dresde et Pue-la-Viande pour s’enfoncer dans les affres d’une cité quelque peu malveillante. Justine Niogret affute sa plume, et nous révèle des éléments comme on se retrouve sur le seuil du vide en ouvrant une porte. Voici un livre sans repère temporel où le steampunk s’invite de manière particulière. Un récit qui se lit comme une grande bouffée d’air inspirée. (et rien que pour le titre, il vaut la peine d’être lu)

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Pour lire un extrait, c’est par ici.

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Coeurs de rouille extrait 02

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Coeurs de rouille dedicace

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Souvenir de lecture : tomber encore plus bas. La traque.

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Dans le chaudron : Chien du Heaume

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Challenge Jeunesse YAMy summer of (SFFF) love Logo Lecture Equitable

Ce livre est la dernière entrée pour mon challenge jeunesse-young adult. Il s’avère aussi parfait pour mon challenge My summer of (SFFF) love car il y a dans Cœurs de Rouille des amours platoniques et fortes.

Ce livre est également une lecture équitable avec les éditions Le Pré aux clercs « petites mais costaudes ».

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Blog-o-livre (Blackwolf), Book en Stock (Phooka), Clair obscur (Endea), Les lectures de Mylène, Mes imaginaires (Sandrine) Un papillon dans la Lune ont aussi entendu les susurrements de Pue-la-Viande à leurs oreilles.

CITRIQ

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Cette lecture a été réalisée en partenariat avec les éditions Le Pré aux Clercs.

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Pic : The Doll part ElenaHelfrecht. .

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Rond de Sorcière #17

18 décembre 2011 44 commentaires

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Le Rond de Sorcière est une nouvelle forme d’avis sur mes lectures : mensuellement, je vous ferai découvrir toutes les livres lus. Je me suis rendue compte qu’il m’était impossible de tout chroniquer et j’avais une frustration certaine de ne pas vous parler des petits trésors que je découvre. Un Rond de Sorcière, c’est une sorte de compromis entre ma bonne conscience livresque et moi.

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Cette fois, c’est le mois de novembre 2011 qui entre en piste. Tadadadidadoumdoum. Une bien belle brochette ; dont un qui m’a tiré les larmes à sa page 556.

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SFFF
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Expéron – Hélène CRUCIANI
Plaisir de lectureetoile 3 Livre sympa peu s’en faut
Les personnages sont tous attachants, et pas seulement les protagonistes. L’image de cette société possible est intéressante ; au cours de notre lecture, on a très envie de connaitre la suite des événements. Petit défaut, certaines interactions entre les personnages ne paraissent pas assez crédibles et les orientations personnelles de quelques uns d’entre eux, non plus. Il n’empêche qu’on passe un très bon moment ; notamment grâce à Ange, cet enfant qui ne parle pas mais qui intellectuellement ne présente aucun retard. Il nous hypnotise.

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Le secret de l’épouvanteur (L’apprenti de l’épouvanteur, tome 3) – Joseph DELANEY
Plaisir de lecture Livre fantas… tique
La chronique complète est à lire ICI
Tome 1, tome 2.
Voici un tome plein de surprises. Nous partons à Anglezarke pour la période de l’hiver, accompagner Tom & Gregory dans leur bataille pour vaincre l’obscur Golgoth qui prend toute sa puissance en cette saison. Les révélations sur le personnage de Gregory sont multiples et on ne peut s’empêcher des « haaan » tellement on adore ça. Ils reçoivent aussi des menaces de Morgan, l’ex-apprenti de Gregory. La pression monte petit à petit : il suffit de se laisser porter par l’intrigue et l’action. Quelques mystères restent entiers, mais un grand pan a été dévoilé. J’aime ce côté épouvanteurs & créatures sombres, la difficulté d’un apprentissage hors du commun. Les personnages prennent du poids, je les apprécie de plus en plus. Hormis les aventures pour chaque tome, une véritable trame de fond se tisse. Livre englouti très vite de mon côté, soyez prévenus.

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Le donjon rouge (Le trône de fer, tome 2) – G.R.R. MARTIN
Plaisir de lecture : etoile 3 Livre sympa peu s’en faut
La chronique complète est à lire ICI.
Cycle Le trône de fer.
Martin nous propose une myriade de personnages réalistes, pointilleux dans la construction de leur personnalité, leurs réactions et leurs interactions. L’univers médiéval ne cesse de me rendre admirative par sa crédibilité finement brossée. Ce livre de fantasy pourra plaire à tout lecteur, même ceux réticents au genre. G.R.R. Martin sort des sentiers battus, c’est une grande source de surprise… et de curiosité frénétique ; on ne cesse d’être ébloui par les magnifiques rouages.

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Chien du heaume – Justine NIOGRET
Plaisir de lecture Livre à découvrir
L’histoire présentée par Niogret est sans drame, sans fioriture particuliers : grâce à une plume moderne et à un vocabulaire moyenâgeux, elle nous sert une histoire médiévale crédible. L’avancée rapide dans le temps est peut-être le plus difficile à appréhender mais elle sert les voyages de Chien du heaume et sa quête ; Les saisons marquées nous y aident au mieux. L’action n’est pas le critière primordial de cette histoire mais davantage la rencontre entre nos personnages et ce qui se lit à demi-mots. L’intrigue est simple mais nous tient en haleine durant la lecture de ce court livre. Certains événements sont justement emmenés par une écriture relevée et fera trembler dans les chaumières.
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Albums SFFF
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Le grand voyage de Mademoiselle Prudence – Charlotte GASTAUT
Plaisir de lecture Livre fantas… tique
Mademoiselle Prudence nous emmène pour un voyage onirique dans son imaginaire… et pas n’importe lequel. Les grandes dimensions de cet album servent 25 pages hautes en couleurs. L’escapade d’une petite fille qui rit, court, saute, plonge et vole est sans limite et le monde qui nous est offert, aussi. Les jeux de découpages et de transparence sont un véritable plaisir à l’œil grâce au papier calque, à du papier mat ; on notera aussi ces quelques pointes de rouge turbo – comme un fil rouge ? La légèreté nous envahit et on se surprend à rêver. Un album avec de la vitalité à fond les ballons.
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La Bête sans visage (Eco, tome 2) – Guillaume BIANCO & Jérémie ALMANZA
Plaisir de lecture Livre avec entrée au Panthéon
La chronique complète est à découvrir ICI.
Le combo Bianco/Almanza – respectivement auteur et illustrateur – s’est bien trouvé. Pour ce deuxième volet, on assiste encore plus à la métamorphose physique et psychologique d’Eco grâce à des métaphores. Les interrogations sur l’amour, la sexualité et la chair englobent la deuxième étape fondamentale d’une femme : l’adolescence. C’est un véritable hommage à nos contes d’enfant. Les illustrations claires-obscures peignent au mieux le texte qu’elles accompagnent. Ce côté aigre-doux est d’autant plus prenant. Mais songez que ce livre illustré reste du domaine des adultes.

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Roman
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La voleuse de livres – Markus ZUSAK
Plaisir de lecture Livre avec entrée au Panthéon
La mort est la narratrice de ce livre, et assez étonnant : elle laisse transparaitre bon nombre de sentiments. Le style sert cette histoire, plus que celle de Liesel, celle d’un quartier entier. Tous les personnages sont attachants, on vit ces quelques moments, ces tranches de vie : parfois sont-ils dans une bulle, parfois les raids aériens les rattrapent-ils si facilement. La mise en page, les petits encarts, les notes de la Mort et ses apartés : tout est soigneusement étudié et nous embarque assurément. Le fait que la narratrice fracasse nos certitudes et nous livre l’heure de la mort de chacun peut paraitre stressant, source d’une pression plus importante ; mais en réalité, elle permet aussi d’épargner un peu le lecteur, le préparant à ces moments un peu douloureux. L’histoire est mordante mais aussi douce ; elle est ironique tout comme elle se trouve bouleversante. A la page 555, j’avais juste les yeux tout brillants, à la page 556, j’ai A PEINE pleuré. Un coup de cœur… pour le pouvoir des mots.

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Bande-dessinée
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Marzi – Marzena SOWA & Sylvain SAVOIA
Petite carpe, volume 1
Sur la terre comme au ciel, volume 2
Rezystor, volume 3
Le bruit des villes, volume 4
Pas de liberté sans solidarité, volume 5
Plaisir de lecture Livre fantas… tique
Cette bande dessinée est autobiographique, mais comme le dit l’auteur, ce n’est pas que son histoire, mais celle de toute une génération. Dans un contexte social et politique plus que tendu, il nous est conté en voix off l’enfance de Marzi. La Pologne communiste est vue au travers les yeux d’un enfant ; les événements sont souvent rapportés à sa petite personne mais les préoccupations sont enfantines. Ce quotidien véhicule des valeurs pourtant universelles. On y retrouve beaucoup d’humanité dans le récit, des preuves d’amitié, de solidarité et de solitude parfois. Le dessin de Sylvain Savoia illustre parfaitement les propos ramenés par Marzena ; les émotions sont traduites au plus juste.

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