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CLAVEL Fabien – L’évangile cannibale

24/07/2018 6 commentaires

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Couverture du livre "L'évangile cannibale" de Fabien Clavel, publié aux éditions ActuSFTitre : L’évangile cannibale
Auteur : Fabien Clavel
Plaisir de lecture Livre avec regrets
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Cela fait maintenant quarante jours que les pensionnaires de la maison de retraite des Mûriers sont cloitrés. Maglia, la doyenne, rêve qu’un fléau s’abat sur le monde. Malgré cette prédiction, Mat et les autres décident de sortir coûte que coûte, quitte à se mouvoir dans un Paris dévasté en déambulateur, en fauteuil roulant ou à l’aide d’une canne tripode.

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C’est la rébellion à l’hospice ! Mat, protagoniste de 90 ans, est aussi le narrateur à la première personne de cette histoire. Antipathique, il est autant sauveur des autres que salaud à leur égard. Coincé dans ses délires sénilo-paranoïaques, il assure aussi la survie d’un groupe de fossiles dans la capitale.
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Ce roman de moins de 300 pages inclut une introduction pour planter le décor avant que les zombies n’envahissent les lignes. Ce court livre se veut une transcription écrite de bandes audio enregistrées par Mat. Ce qui entraine un langage très parlé en plus d’être un exercice de style. Les références religieuses sont bien intégrées, s’ajoutent quelques clins d’œil cinématographiques et littéraires. L’absence de majuscule pour tout nom propre – nom des personnages, villes, lieux – est assez étrange ; et voulue pour dé-personnifier l’ensemble.
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L’idée est innovante : partant∙e pour un match petit vieux VS zombies ?

L’auteur se concentre sur la psychologie des humains et particulièrement sur la vieillesse, le désir d’immortalité et l’impératif basique de repeupler la planète. Ici, la méthode de zombification est liée à un médicament et à sa mauvaise formulation chimique.
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Les vieillards sont une grande source de scènes cocasses et le récit tourne en farce. Si je n’ai pas ressenti une tension palpable, on remarque rapidement que le groupe diminue progressivement. Pourtant, l’intrigue se teinte de violence et quelques scènes sont glauques. Comme d’autres lecteurs, j’ai eu du mal avec le passage qui se déroule dans les jardins du Luxembourg : par la volonté de repeupler la Terre, une jeune fille de 14 ans est en ligne de mire des petits vieux. J’ai trouvé ça non seulement de mauvais goût, mais aussi superficielle car elle n’apporte rien au récit. La scène reste crue même si l’effet est recherché.
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Bien que j’aime l’aspect décapant des titres issus de la littérature Z, j’ai décroché à partir de cette scène et le devenir de ce petit groupe n’a pas réussir à maintenir mon attention.
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À noter, la postface qui se présente sous la forme d’une interview dans laquelle Fabien Clavel revient sur l’écriture de ce roman.

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Dans le chaudronMétro Z, un autre livre de l’auteur avec des zombies !

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Blog-O-Livre (Blackwolf)La Croisée des Chemins (Tesrathilde), La lectrice hérétique (Olivia Lanchois)La Prophétie des ânes (Cornwall), Le Bibliocosme (Boudicca et Dionysos), My zombie culture (Squeletor), Sorcelleries (Sita)Un papillon dans la Lune ont aussi réflechi à leur mode d’attaque zombiesque quand ils seront vieux.

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MITCHELL David – L’âme des horloges

20/06/2018 10 commentaires

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Couverture du livre "L'âme des horloges" de David MitchellTitre : L’âme des horloges
Auteur : David Mitchell
Plaisir de lecture Livre fantas… tique

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Holly Sykes, en pleine période de rébellion décide de quitter de sa famille dont elle a soupé. Après une dispute, l’adolescente s’enfuit et son échappée prend des allures effrayantes. Les mystères autour d’elle s’épaississent.

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Avant de commencer « L’âme des horloges », j’avais un a priori positif. Pour ce roman tout comme pour « Cartographie des nuages », c’est Vert et son enthousiasme qui m’ont donné envie de m’y plonger. À défaut d’avoir réussi un jour à chroniquer Cloud Atlas, me voilà pour ce second titre.

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Quand un proche meurt, c’est tout une armoire à classeurs de détails fascinant qui se volatilisent. Jamais je n’aurais imaginé un jour avoir autant envie d’aller regarder son contenu.

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Nous rencontrons cinq narrateurs qui possèdent un dénominateur commun. Chaque personnage apporte une pierre à l’édifice. Nous découvrons ainsi des instantanés de la vie des personnages ; avec des expériences plus ou moins heureuses. L’auteur semble se glisser dans chacun des personnages tant leur animation est criante de vérité. Parmi ces portraits, j’ai aimé Holly Sykes, ce personnage féminin fort, ancré, réaliste et courageux.
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L’histoire se déroule entre 1984 et 2043, adolescence et vieillesse d’Holly. Le récit est ancré dans les époques par divers éléments : les objets, la musique, les marques, les événements politiques, les mœurs sociétales et le vocabulaire utilisé. On assiste au déclin de l’humanité et l’on s’interroge aussi sur ces réalités.

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L’impossible est négociable. Le possible est malléable.

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L’histoire est fascinante, elle m’a littéralement captivée. J’y ai retrouvé un peu d’essence de « Cartographie des nuages » dans ce récit. L’imbrication des intrigues est si intelligente. Si parfaite aussi quand on évalue le dosage de l’auteur pour ne pas compromettre les rebondissements ou dévoiler trop rapidement les intrigues. En repensant à ma lecture, je me prends une houle puissante de souvenirs et de sensations.
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J’ai parfois eu le sentiment d’être un peu perdue et tout à la fois soutenue par le récit comme un maillage. Le cerveau, lui, l’analyse très bien sans pouvoir mettre le doigt sur des composants précis, qu’il emmagasine telles des pierres précieuses pour démêler plus tard des bouts d’intrigue.
Il faut accepter de ne pas tout comprendre immédiatement pour que s’anime le théâtre. On se balade dans l’espace et dans le temps, on reçoit un mélange de présent et de passé. Puis les lignes temporelles s’éclaircissent.
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C’est un peu de ce genre de rêve où l’on jongle entre personnages et histoires et où parfois l’on disparait dans la chronologie de l’histoire, comme dans un labyrinthe onirique. Et pourtant, l’aspect fantastique s’invite par chuchotements, c’est nouveau donc très frais. Ce sont davantage des petites touches de surnaturel qui n’interviennent que tard dans l’intrigue.
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La trame qui se déploie repose sur une construction brillante. Les nœuds construits sont défaits grâce à notre participation : le résultat est aussi étonnant qu’ébouriffant. La cinquième partie éclaire les faits et ne laisse plus de doute en suspens.

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Illustration de Sachin Teng Couverture de "L'âme des horloges" de David Mitchell aux éditions Sceptre

Illustration de Sachin Teng | Première couverture aux éditions Sceptre

Couverture du livre "L'âme des horloges" de David Mitchell aux éditions Renaud Bray Couverture du roman "L'âme des horloges" de David Mitchell aux éditions Points

Couvertures : éditions Renaud Bray | éditions Points

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Les lectures du Maki, Lorhkan et les mauvais genres, NeVertwhere, Quoi de neuf sur ma pile ? (Gromovar), Reflet de mes lectures (Cédric) se sont aussi baladés et ont rencontré plusieurs fois Holly.

 

GREGORY Daryl – L’éducation de Stony Mayhall

11/06/2018 23 commentaires

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Couverture du roman "L'éducation de Stony Mayhall" écrit par Daryl Gregory et publié aux éditions PocketTitre : L’éducation de Stony Mayhall
Auteur : Daryl Gregory
Plaisir de lecture Livre fantas… tique

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Alors que Wanda effectue un trajet en voiture remplie de ses trois filles, Alice, Chelsea et Junie, elle est obligée de s’arrêter à un passage enneigé car un cadavre l’empêche de passer. Alors qu’elle le dégage, elle découvre serré contre le corps, un bébé qui remue. Ramené à la ferme, Wanda l’adopte et l’on suit alors dans sa vie, cet être surnommé Stony.

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Comment ? Je n’avais pas encore lu ce magnifique titre, dites-vous ?

Il est vrai que je l’avais repéré à sa sortie. Et puis j’ai attendu au point d’assister à la parution au format poche. Et puis j’ai décidé de patienter encore avant que Valériane ne me l’offre pour mon anniversaire en janvier dernier. Je savais qu’il s’agissait d’un indispensable (un must have… ou un must-read) et je pense que cela me réconfortait d’avoir une telle pièce dans ma liste d’envies. Quitte à faire différemment, j’ai aussi lu en ordre antéchronologique la bibliographie de l’auteur : « Nous allons tous très bien, merci » et « Afterparty ».

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Dans la littérature zombie, accéder au point de vue du zombie est un type de narration plusieurs fois abordé. Ceux que j’ai lus : Melanie (Celle qui a tous les dons), Andy (Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère… et retrouvé l’amour), Maddy (Zombies don’t cry), R. (Vivants) et Johannes van der Linden (Zombie Nostalgie).

De mes lectures, je pense que c’est Stony le plus convaincant car on le suit dès les premiers instants et sur une longue période. De plus, l’atypisme se focalise sur l’aspect plus psychologique des zombies.

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Le livre se compose de plusieurs parties, en commençant par celle où il va évoluer au sein de sa famille monoparentale composée de trois sœurs mais aussi avec son voisin du même âge, Kwang. On poursuit avec la deuxième partie où Stony est « poussé » de sa vie reculée à cause d’un drame pour rencontrer une communauté où il y sert ses valeurs. La tonalité s’assombrit au fil des parties.
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Stony grandit avec tous les affres et les petits bonheurs de la vie ; il est choyé par une famille aimante. Son enfance peut être qualifiée heureuse dans cette ferme isolée. La galerie présentent des personnages féminins forts ; d’autres personnes incapables d’accepter les différences ; des MV (mort-vivant) comme ils se surnomment et des souffleux comme ils surnomment les humains qui respirent.
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Le postulat de départ présente un nouveau-né zombie avec la particularité qu’il va grandir physiquement. C’est la première fois que ce phénomène est observé dans cette société. L’humanisation du zombie est réussie car ils sont capables de sentiments et d’interactions élaborées. Les zombies réfléchissent, argumentent, défendent leurs opinions politiques, leurs conditions de « non vie » et leur possible évolution au sein de la société. Les zombies sont morts mais ils restent encore des humains.

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C’est par un angle habile et éclairé que Daryl Gregory propose une histoire sensible, humaine, politique, physique et philosophique. Tout un panel de thèmes s’y trouve : amitié, amour et tendresse, solidarité & entraide, trahison, peur et déception. Sous le point d’orgue de l’altérité (avec presque un A majuscule), l’auteur traite du poids de la religion et de la foi, de l’acception des autres, de la tolérance. En traduction, c’est un condensé de l’oppression humaine et des événements qui marquent notre Histoire.
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Daryl Gregory a déjà montré un intérêt pour les « freaks », ces personnes considérées comme des monstres par la majorité de la société ; alors qu’ils sont en réalité, bien plus apaisés que ceux qui les pointent du doigt. À travers des enjeux colossaux, le récit tend vers l’importance du poids d’un individu standard grâce à sa force et ses victoires.
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L’auteur créé une proximité entre son héros aux chairs mortes et le lecteur ; notre empathie vibre tout au long du récit. C’est une histoire humaine remarquable. La narration se construit tantôt à la première tantôt à la troisième personne du singulier.

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« L’éducation de Stony Mayhall » est différent des stéréotypes habituels et on remarquera que l’auteur s’amuse des codes qu’il maîtrise ; je dirai même que le roman fait un clin d’œil aux amateurs du genre (si l’on considère qu’un roman peut cligner des yeux, bien entendu). L’hémoglobine est bien présente dans le récit mais loin d’être dégoulinante ou servant des scènes gores.

Le récit ne tombe pas dans le ridicule et ne frôle pas non plus le deus ex machina. L’intrigue se révèle aussi fascinante que complexe. Elle est teintée par l’ironie et l’humour, bien évidemment.

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Aurélien Police a reçu le prix Wojtek Siudmak du graphisme au Grand Prix de l’Imaginaire 2015 pour l’ensemble de ses couvertures réalisées en 2014 et notamment celle de « L’éducation de Stony Mayhall », paru originellement aux éditions Le Bélial’.

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Couverture illustrée par Aurélien Police du roman L'éducation de Stony Mayhall par l'auteur Daryl Gregory

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Blog-O-Livre (Blackwolf), CunéipageLa Prophéties des ânes (Cornwall), Le dragon galactique (Tigger Lilly), LupaUn papillon dans la Lune, Welcome to Nebalia ont aussi tracé autour d’eux, des cercles de protection avec de la farine.

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CAUSSARIEU Morgane – Rouge Toxic

09/04/2018 11 commentaires

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Couverture du livre "Rouge toxic" de Morgane Caussarieu, publié aux éditions actuSFTitre : Rouge Toxic
Autrice : Morgane Caussarieu
Plaisir de lecture Livre sympa
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Faruk est un buveur de sang, drogué. Une mission lui a été assignée et il lui est vital d’obtenir la récompense promise. Barbara, Barbie de son surnom, a des priorités tout aussi importantes mais bien différentes, comme faire profil bas au lycée.

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La personnalité des deux protagonistes repose sur deux archétypes lycéens. En plus, ils sont tous deux soumis au poids de la figure paternelle et vont devoir rapidement s’émanciper. Ils possèdent un passé et n’arrivent donc pas tels des coquilles vides dans cette histoire.
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Survivre au lycée est tout aussi difficile que de survivre dans les mauvais quartiers en Louisiane. En attendant, l’histoire prend les siens – de quartiers – en Nouvelle-Orléans. Une part du folklore s’éveille, notamment la magie vaudou avec Maman Gédé, le Baron Samedi et le mythe vampirique. D’ailleurs ma lecture m’a amené à m’informer car je confondais souvent Baron Samedi et Papa Legba.

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La plume est toujours mordante. Morgane Caussarieu est moins trash que dans ses précédents romans car elle a adapté son écriture au lectorat ciblé. Alors que ses écrits étaient d’une violence insoutenable pour certains lecteurs, « Rouge Toxic » permet d’être captivé·e par un récit plus modéré. Il s’agit d’un roman de vampire, donc avec un lot d’hémoglobine et quelques goths qui trainent dans les parages et qui se réunissent dans les toilettes (Ah, cela vous intrigue, hein ?)

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Le récit se construit en point de vue alternés entre Barbie et Faruk. L’histoire a été prévisible pour moi. Et s’il ne me restait qu’à dérouler la pelote, j’ai su remarquer la qualité de la laine (métaphore décalée, bonjour). Ma lecture relève plutôt du divertissement que de l’exaltation.
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Morgane Caussarieu maîtrise les codes de la créature légendaire : elle s’amuse des clichés, fournit des clins d’œil à des références et écrit quelques contre-pieds aussi. Le roman qualifié pour « jeune adulte » (young adult) est très rythmé. Concernant les sentiments, on est davantage sur de la séduction que sur de la romance à proprement parlé (donc tout à fait acceptable si vous avez le même profil de lectrice que moi). L’autrice n’oublie pas non plus d’inclure une touche humoristique et conclut avec une fin ouverte.
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La couverture attirante a été réalisée par Alexandra V. Bach.

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Allisonline, Blog-O-Livre (BlackWolf)Hilde (Le livroblog) Les lectures de MarieJuliet, ont aussi traîné leurs guêtres au Mission High School.

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LOVECRAFT H.P. & BARANGER François – L’appel de Cthulhu illustré

04/04/2018 16 commentaires

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Couverture du livre illustré par François Baranger : L'appel de Cthulhu de LovecraftTitre : L’appel de Cthulhu illustré
Auteur : H.P. Lovecraft
Illustrateur : François Baranger
Plaisir de lecture Livre fantas… tique

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Cthulhu imprègne fortement nos imaginaires : tout le monde connaît son physique, sa présence ; d’ailleurs il existe pléthore de références à ce Grand Ancien. Howard Phillips Lovecraft est bien souvent reconnu comme un maître de l’horreur.
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Ces « dieux » de H.P. Lovecraft initient l’apocalypse sans la moindre once d’espoir d’une terre nouvelle, lavée de tout humain et prête à un renouveau (comme c’est souvent le cas).
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Le récit est divisé en trois parties :
* On suit Francis Wayland Thurston qui hérite des biens de son grand-oncle parmi lesquels figure une statuette d’argile mésopotamienne ; il la met en relation avec les œuvres d’Henry Wilcox, jeune artiste moderne.
* On découvre le témoignage d’un policier ayant géré des événements de violence dans les bayous de Louisiane ; pour certains, il ne s’agit que d’élucubrations de personnes hallucinées.
* On assiste, après que Francis soit entré en possession du journal du capitaine d’un bateau, à l’affrontement entre l’équipée et des renégats en plein milieu de l’océan pacifique. Une île à la structure cyclopéenne surgie des flots, une gigantesque créature apparait alors.

Je ne me pencherai pas sur la traduction – réalisée en 2012 – de Maxime Le Dain, ne connaissant pas le texte originel et n’ayant pas de connaissances ni même d’avis sur les différents travaux de traduction et sur leur finesse. Ce traducteur reste pour moi celui attitré à Lovecraft par les éditions Sans-Détour, spécialisées dans la publication des jeux de rôles pour le marché francophone.

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Ce grand format – 35,8*27,2 cm, 64 pages – est un écrin qui renferme récit et illustrations. Ce gabarit démesuré permet de dévoiler toute la puissance des dessins de François Baranger ; qui s’avèrent pertinents de par leur fidélité au texte.
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La mise en page du texte est équilibrée afin que la lecture garde un rythme continu et adapté à la progression des images (à aucun moment le lecteur ne se retrouve obligé de tourner la page pour terminer sa phrase ou le passage qui est illustré pour revenir en arrière et observer à loisir l’illustration). Le travail de pagination est tout aussi soigné : la répartition du texte s’incruste parfois dans l’illustration, la deuxième englobant le premier. Certains passages de l’histoire ont été intégrés en caractère plus grand que le reste du texte.

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Les dessins ne sont pas là pour soutenir le récit, ils lui apportent une nouvelle dimension. Les illustrations donnent le change à cet univers inquiétant et fascinant à la fois. À chaque double page son illustration, d’une véritable beauté et dans laquelle on se perd vite, on en mange les détails et on regarde chaque trait.
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J’ai apprécié la représentation de Cthulhu qui ne suit pas l’idée que s’en conçoit le lecteur (c’est à modérer) mais par un procédé de distanciation, c’est à travers le récit des personnages que l’illustrateur l’a croqué : anthropomorphe et colossal ; on peut la qualifier de « représentation canonique ». François Baranger semble avoir pris beaucoup de plaisir à choisir des angles de vue singuliers avec tout un jeu de perspectives savamment additionné à la place et l’importance des ombres.
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L’atmosphère de tension est bien rendue. J’ai été époustouflée par les décisions de l’illustrateur qui se devait de représenter des géométries peu logiques, comme des traits qui se veulent concaves et convexes à la fois.

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Ce livre aux illustrations saisissantes est constitué de papier glacé, possède une belle jaquette et aussi une préface de John Howe (à lire en guise de postface si vous souhaitez découvrir par vous-même le travail de François Baranger). C’est un travail magnifique qui peut faire l’objet d’un cadeau (d’ailleurs, je l’ai offert à mon Amoureux pour Noël, que je suis une personne de bon goût, hinhin).

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Vous pouvez visionner des vidéos tournées lors des sessions de peinture
Sachez que la version illustrée par François Baranger des « Les montagnes hallucinées » est en cours. Au vu de la longueur du texte, le récit sera décomposé en deux tomes, publiés à un an d’intervalle. Le premier sortira en français dans le courant du second semestre 2019.

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Photographie du livre L'appel de Cthulhu de Lovecraft, illustré par Baranger : illustration de Francis Wayland Thurston

Photographie du livre L'appel de Cthulhu de Lovecraft, illustré par Baranger : illustration de la statuette de Cthulhu

Photographie du livre L'appel de Cthulhu de Lovecraft, illustré par Baranger : illustration de l'atelier d'Henri Wilcox

Photographie du livre L'appel de Cthulhu de Lovecraft, illustré par Baranger : illustration de l'île démesurée de Cthulhu

Photographie du livre L'appel de Cthulhu de Lovecraft, illustré par Baranger : couverture et jaquette

Photographie du livre L'appel de Cthulhu de Lovecraft, illustré par Baranger : illustration en filigrane de Cthulhu

 

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Logo défi Valériacr0

Sélectionné par Valériane pour le mois de mars, il était le dernier des livres ajoutés en 2017 à ma Pile à Lire qu’il me restait à découvrir !

 

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Les lectures de Xapur, Lorhkan et les mauvais genres ont aussi succombé à ce magnifique livre.

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MARCASTEL Jean-Luc – L’Auberge entre les Mondes, embrouilles au menu !

13/03/2018 13 commentaires

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Couverture du livre "Embrouilles au menu !" de Jean-Luc Marcastel. Il s'agit du tome 2 de la série "L'auberge entre les mondes"

Titre : Embrouilles au menu ! (L’Auberge entre les Mondes, tome 2)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Plaisir de lecture : note : 4 Livre à découvrir
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Tome 1 « Péril en cuisine ! »

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L’Auberge entre les Mondes accueillent la reine myrmicéenne et l’empereur vespalien afin d’arriver à une entente ultime. Ce repas est leur dernier recours cordial pour ces deux peuples. Seulement la disparition de la princesse héritière de Terra Myrmicea et le vol du diadème royal déclenchent les hostilités. Nathan va devoir agir pour éviter que l’équilibre de multivers ne soit touché et devienne encore plus menaçant pour tous.

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L’Auberge entre les Mondes est reconnue comme territoire neutre et bienveillant qui prône la diplomatie… grâce à la gastronomie. Il est dit qu’un délicieux repas peut adoucir les mœurs.
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Pourtant l’établissement de réputation intersidérale va bien avoir du mal à rétablir le chaos qui se répand dans la salle. Nathan va devoir agir illico presto. Le protagoniste a grandi et est devenu plus mature depuis le premier tome « Péril en cuisine ! ». Il est toujours accompagné de Félix, Mademoiselle Fan, les jumeaux Kolkrabbi et Bleksprutt ; et bien évidemment, le familier de Nathan : Pickman, le gargouilleux.

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Cette histoire se lit très vite grâce au rythme insufflé par l’auteur. Il émaille le récit de détails sur son univers, sur l’auberge mais aussi sur les personnages. Nous avons des bribes d’informations concernant Félix, sa personnalité et son passé.
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Les multiples rebondissements donnent beaucoup de relief à ce roman fantastique. L’immersion du lecteur est réussie. Le péril réveillé dans le livre risque de mettre la vie de l’équipe en danger.

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Le récit est court et adapté aux plus jeunes lecteurs, dès 9 ans. Trois recettes en fin de livre allient cuisine et surnaturel – et humour ! – grâce aux frères poulpes. L’ensemble de la couverture est illustré par Lucas Durkheim. Les deuxième et troisième de couverture offre les illustrations des personnages en couleurs. Couverture glacée, mouture souple du livre, numéro de pages dans un chaudron : le livre est soigné jusqu’aux finitions.

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Galerie des personnages du livre "L'auberge entre les mondes" de Jean-Luc Marcastel : Nathan, Félix, Mademoielle Fan, Kolkrabii et Bleksprutt, le Gargouilleux

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COMBREXELLE Anthony – Presque Minuit

24/01/2018 8 commentaires

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Couverture du livre "Presque minuit" de l'auteur Anthony Yno Combrexelle. Elle représente un cadran d'horloge doré sur un fond sombreTitre : Presque Minuit
Auteur : Anthony « Yno » Combrexelle
Plaisir de lecture Livre sympa
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Moignon, Allumette, Bègue, Morve, Boiteux et Pleurs sont orphelins et devenus gamins des rues. Détrousseurs réguliers, ils dérobent le mauvais objet à la mauvaise personne. À l’ouverture de l’exposition universelle de 1889, il ne fait pas bon de s’attirer les foudres de créatures inconnues. Leur mésaventure va les obliger à traverser tout Paris.

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Les orphelins portent tous des surnoms qui leur correspondent mais parfois je les confondais ; ce qui n’a pas facilité ma compréhension des premières pages. En revanche, j’ai très bien compris l’objet de leur filouterie et j’ai été immergée facilement dans l’univers.
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Anthony Combrexelle nous entraîne dans les rues de Paris en 1889. La Belle Époque invite aisément le steampunk entre ces pages. Il sera aussi question d’éther, de sorcières et d’automates. Ici, je considère le steampunk comme léger puisque le récit ne repose pas sur de grosses machineries rutilantes ni de machines à vapeur boulonnées. Je n’ai pas relevé la présence d’éléments anachroniques si ce n’est l’objet volé (bien qu’il n’existe pas dans notre époque non plus) (enfin, pas à ma connaissance).
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Cet aspect industriel fait de cuivre, de bois et de cuir forge forme un environnement intéressant pour dérouler une (en)quête fantastique et dangereuse. La course-poursuite est parsemée de cambriolage, de fusillade, et de combat au corps à corps. Les orphelins apprennent très vite qu’on ne joue pas impunément avec le temps.
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Ce roman jeunesse repose sur un récit rythmé. Anthony Combrexelle propose une aventure qui se lit d’une traite. Dans un univers qui tient d’aplomb, on profite instantanément de l’écriture d’un auteur qui connait ses classiques et en joue. Cette histoire est chouette et ne repose pas que sur une course contre la montre (hinhin).

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Le logo du livre Presque Minuit d'Anthony Combrexelle est une horloge steampunk dorée

La couverture de Presque minuit, livre d'Anthony Combrexelle brille au soleil La couverture du livre presque minuit écrit par Anthony Combrexelle est en relief

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