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WILDE Oscar – Le portrait de Dorian Gray

5 juin 2012 27 commentaires

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Titre : Le portrait de Dorian Gray
Auteur : Oscar WILDE
Plaisir de lecture Livre à découvrir

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Basil Hallward finalise de quelques coups de pinceau l’œuvre de sa vie, un magnifique tableau représentant le portrait de sa muse. Elle n’est autre que Dorian Gray, ce jeune homme à l’élégance parfaite. Lord Henry Wotton, ami du peintre est également présent lorsque le portrait est achevé. Il charme Dorian Gray sur sa belle jeunesse et ce dernier formule le vœu de la garder éternelle. Son portrait va alors vieillir à sa place et avec son corps fringant, il va connaître Londres et la vie sous toutes ses coutures, des salons privés distingués aux fumeries d’opium des bas fonds.

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)°º•. Nous suivons nos trois dandies même si principalement l’histoire se concentre sur la vie de Dorian Gray. On remarque évidemment que le jeu des apparences prime et que le masque de la beauté est aussi important. Le livre se base sur des amours en triangle et l’indéniable dessein de Wilde est bien de nous montrer l’évolution psychologique de ces personnages. Cependant, je n’ai pas développé d’empathie pour eux et j’en ai été assez détachée.
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Basil Hallward est plus discret dans le roman mais non moins indispensable. Il semble moins perverti que ses homologues, il rétablit un peu l’équilibre de la balance qui penche pourtant du côté de Lord Henry Wotton. Celui-ci est cynique et a une vision particulière de la vie, du statut de la femme, de l’affection (ou non) pour l’entourage familial et de sa conception du mariage incluant l’adultère. Il se fait apprécier par Dorian Gray dès ses premières paroles grâce à un discours louangeur. De plus, il est ravi d’avoir façonné l’âme de Dorian, d’avoir précipité l’éclosion du jouvenceau. Quant à Dorian Gray, il a un tempérament exacerbé, il est non seulement capricieux mais aussi hautement narcissique. Au début du roman, il a 18 ans et tout du long, il représentera la beauté pure alors que son âme est ravagée par l’orgueil et la corruption.

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)°º•. Oscar Wilde propose de nous faire découvrir un Londres victorien, son Londres. On découvre alors la société anglaise avec ses mœurs, ses règles et ses codes. Le tout est fondamentalement basé sur les apparences, que ce soit sur le comportement des dandies ou les discussions dans les salons privés. Il met alors en évidence une ville du XIXe siècle où parfois les gentlemen côtoyaient sa face lugubre ainsi que les beaux quartiers.
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La thématique de la jeunesse éternelle est toujours d’actualité que ce soit le pacte de Faust avec le diable ou le vœu secret de Dorian Gray. On retrouve ici un pacte narcissique pour cette jeunesse après laquelle tout le monde court. On considère également le portrait comme un véritable objet-miroir de l’âme. Le culte de la beauté et de l’esthétisme prend le pas.
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Si le livre était considéré comme immoral à l’époque, c’est bien sur la question de l’homosexualité. Mais si le livre rend curieux bon nombre de lecteurs, comme le précise Jean-Pierre Naugrette dans la préface, c’est l’homotextualité mise en exergue  dans le texte par petites touches comme les papillons batifolant autour de Harry et Dorian, le parfum entêtant du lilas ou les aubépines rougissantes.

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)°º•. Par sa plume cynique, Oscar Wilde nous propose un conte fantastique doublé d’une satire morale. Ce grand classique propose un style corrosif même si l’écriture semble un peu surannée due à sa composition au siècle précédent.
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L’auteur se concentre sur le culte de beauté via Dorian Gray qui prône l’hédonisme sous la coupe de Lord Henry ; la morale anglaise de cette fin de siècle se voit alors bousculée par les écrits de Wilde.  Par ailleurs, nous avons une très bonne visualisation de la décadence de l’être humain, d’un certain désespoir qui se traduit par la visite de quartiers des bas-fonds et leurs activités illicites.
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Le débat sur l’âme humaine, les arts et la beauté est un peu déroutant, notamment avec le chapitre XI qui s’avère laborieux à la lecture ; il y est décrit toutes les nombreuses activités testées par Dorian Gray. Cependant, ce roman entre Art et Vie offre des dialogues bien pesés malgré quelque vocabulaire désuet.
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Si les notes m’ont été fastidieuses à lire quand elles citaient le nom des lieux (clubs, restaurants), elles m’ont été utiles pour montrer les références et les clins d’œil de Wilde à d’autres œuvres. Concernant la traduction, je n’ai rien à redire même si j’ai compris que le mot « picture » était utilisé de façon très précise par Wilde pour parler du tableau et non du portrait ; on peut en convenir que la version française n’est pas aussi pointilleuse et qu’il nous manque un peu de relief.

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Oscar Wilde signe ici un roman d’une pointe fantastique pour mettre en valeur le culte de l’esthétisme pur tout en introduisant un Londres à double tranchant où Dorian Gray va se perdre et découvrir l’immense force de son vœu silencieux. Un classique incontournable.

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)°º•. Oscar Wildé, né en 1854 et mort en 1900 est un écrivain irlandais. Il s’est illustré avec de nombreuses œuvres, tant en poésie qu’en pièces de théâtre sans oublier romans, nouvelles et essais.

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Souvenir de lecture :  La jeunesse éternelle ? Mais pour en faire quoi ?

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La soif de lire d’Ellcrys, Le blog bleu (Céline), Les lectures de Cachou, Le vallon fantastique (Ryû), Mon coin lecture (Karine), Sous le feuillage (Lael) ont aussi découvert l’envers du décor portrait.

CITRIQ

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Cette lecture fait partie du mois irlandais organisé par Cryssilda !

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Pics : Portrait de Dorian Gray par Gerwell – Si ce n’est pas déjà fait, je vous invite à cliquer dessus et à patienter un peu…

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Catégories :WILDE Oscar