SINISALO Johanna – Le Reich de la Lune

25/05/2018 un commentaire

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Couverture du livre "Le reich dans la lune" de Johanna Sinisalo aux éditions Actes SudTitre : Le Reich de la Lune
Autrice : Johanna Sinisalo
Plaisir de lecture Livre avec regrets
Lire les premières pages

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Après la défaite d’Hitler durant la seconde guerre mondiale, les nazis se sont réfugiés dans une base en Antarctique avant de rejoindre par fusée la Lune. Sur place, ils vivent dans un complexe souterrain et planifient leur reconquête du monde. En 2018, une fusée américaine alunit sur leurs sols et emmène avec elle, humains et avancées technologiques. Les nazis envoient une équipe d’espions sur Terre pour récupérer la nouvelle technologie qui permettra de finaliser leurs outils mais la mondialisation a totalement transformé la société.

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Johanna Sinisalo a rédigé – à la demande de son agent et de son éditeur allemand – « Le Reich de la Lune » en s’appuyant sur différentes versions du scénario qu’elle avait écrit pour le film « Iron Sky ». Le livre est une sorte de writer’s cut.

Comme j’ai vu initialement le film en 2012, mon avis est empreint de mes souvenirs « visuels » du long-métrage.
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2047, Renate revient sur ses impressions d’antan et parcourt son journal intime composé en 2017 et 2018 qu’elle a surnommé Kitty. Elle délivre ses souvenirs et en tire une analyse. C’est par ce biais que démarre l’uchronie dont le point de divergence se situe au suicide d’Hitler.
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Les conditions de vie sur la Lune ne sont pas présentées ni même la possibilité de s’y établir durablement. Ne vous méprenez pas, l’objectif est tout autre : proposer une histoire dont l’aspect absurde est très appuyé. En empruntant l’axe de la révolution numérique, l’autrice reviendra superficiellement sur l’évolution de notre société et toutes les dérives et autres abus réalisés au détriment de la santé de notre planète (D’ailleurs, si les nazis sont surpris en découvrant le smartphone d’un des astronautes, ils ne sont guère perturbés par les évolutions technologiques découvertes sur Terre).
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Je n’aurais pas qualifié le roman de « délicieusement barré, joyeusement rocambolesque et délibérément grinçant » comme l’indique le quatrième de couverture. Car je n’ai été ni surprise, ni pliée en deux de rire et que l’intrigue reste très prévisible. C’est divertissant tout au plus. En comparaison, le film est drôle mais pas tout le temps. Et quand il ne l’était pas, les images compensaient.

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Venons au point qui m’a fortement chiffonnée : le roman est censé développer l’idée originelle du film – l’émigration des Nazis sur la Lune – et se terminer où le film commence. Mais que nenni, « Le Reich de la Lune » reprend l’histoire du film dans son intégralité sans apporter de nouveaux éléments (j’ai vérifié, j’ai revisionné le film après lecture).

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Dans le chaudron :
¤ Jésus contre Hitler de Neil Jomunsi : le titre est parlant et vous croiserez d’autres personnalités, aspect absurde et humoristique important
¤ Max de Sarah Cohen-Scali : fiction percutante de la vie d’un enfant aryen, il en est le protagoniste dès sa position in utero
¤ Lebensborn, la fabrique des enfants parfaits de Boris Thiolay : livre documentaire sur les établissements pour créer des enfants répondant aux critères de la pureté raciale « aryenne » ; l’auteur revient avec beaucoup de tact et une écriture concise sur la vie de ces enfants français

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Logo défi Valériacr0

Pour ce mois de mai, Valériane a jeté son dévolu sur un livre-tout-neuf-en-pile-à-lire qui lui fait de l’œil à elle aussi. Alors quoi de mieux que de me le faire lire pour avoir une première impression ?

 

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Anudar (et sa grande bibliothèque) a davantage été séduit que moi par cette « satire mordante » ; il a aussi initialement visionné le film avant de lire le roman.

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KAY Guy Gavriel – Tigane

08/05/2018 8 commentaires

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Couverture du livre Tigane de Guy Gavriel Kay

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Titre : Tigane
Auteur : Guy Gavriel Kay
Plaisir de lecture Livre fantas… tique
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Brandin d’Ygrath et Alberico de Barbadior, deux puissants sorciers, se battent pour les provinces de la Palme. Fou de douleur de la perte de son fils lors d’une bataille, Brandin jette un maléfice sur Tigane : le nom disparait de la mémoire des gens. La résistance nait avec la formation d’un petit groupe de rebelles menés par Alessan. Ils cherchent à libérer la péninsule de ses deux occupants féroces.

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Pour ce récit, on suit les histoires de deux personnages, celle de Devin artiste d’une troupe itinérante et Dianora, membre de la Cour du roi d’Ygrath. Guy Gavriel Kay a la volonté d’intégrer des personnages « à bagages » : ils ont déjà vécu un bout de leur vie avant qu’on ne les rencontre dans le livre ; avec leurs aventures, leurs faiblesses et leurs blessures. Ceux-ci sont justes et non manichéens. Ceci dit, l’archétype du despote aurait mérité un peu de profondeur. Les rebelles sont forts et intelligents, mais cela ne s’avère pas un défaut et n’enlève rien au récit (il faut bien équilibrer les forces face aux oppresseurs).
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Comme pour mes précédentes lectures issues de la bibliographie de l’auteur, l’aspect qui m’intéresse le plus et que je trouve aussi le plus réussi se révèle être la complexité de l’être humain, pour lequel l’investissement se ressent véritablement.
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« Tigane » estampillée fantasy historique se base dans la péninsule italienne à l’époque de la Renaissance, foyer de rayonnement culturel et d’intrigues foisonnantes.
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Cette épopée prend des accents de roman de cape et d’épée. L’approfondissement de l’univers permet au lecteur de mieux s’en imprégner et d’entrer dans le cercle des contestataires. La magie ne sera présente que sous la quantité d’une pincée, davantage comme une métaphore qu’un poncif du genre.
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De par son disparition dans les mémoires, Tigane devient le témoignage de la destruction d’un pays, de l’annihilation d’une culture puis de la reconquête d’un territoire. Cette tragédie a des airs de chant de liberté, avec l’importance du patriotisme, du rôle de la mémoire et de l’art pour une nation. Elle apparait comme la quête de l’identité de tout un peuple.
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Et il ne faut rien de moins qu’une écriture fine, basée sur des recherches poussées et un scénario réfléchi pour une histoire convaincante. À travers les lignes, se dessine une certaine musicalité, qui donne tant de beauté à ce récit épique. J’en ai aimé la souplesse, tachetée par quelques traits mélancolie et qui se termine sur un dénouement fabuleux. Cette narration balaye la pensée unique et j’ai été surprise de repenser régulièrement à Devin et à l’articulation des actions de l’équipe à la recherche d’une grande partie de son identité.

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Mise en scène du livre "Tigane" écrit par Guy Gavriel Kay

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Gaëtan et LineTje (du blog Les Singes de l’Espace) ont aussi tendu l’oreille pour écouter la résonance de Tigane.

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Défi Valériacr0 – mai 2018

06/05/2018 12 commentaires

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Defi valeriacr0

Le défi Valériacr0, c’est le combo de choc (et un poil drogué) que je forme avec ma copine Valériane. Peu de lectures en commun mais la bêtise et l’amour du blablatage futile, si. Et un objectif très sérieux de descente de PAL avec choix imposé chaque mois. Rien que cela !

Pour tout savoir, rendez-vous sur la page.

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Impressions pour le mois d’avril :

De mon côté, j’ai choisi une lecture que j’espérais percutante. La couverture de « Débâcle » de Lize Spit m’obnubile depuis que Valériane l’a partagée sur les réseaux sociaux. Il parait qu’il ne faut pas choisir un livre par sa couverture ? Raté. Elle note « un roman noir impossible à lâcher ! ». Faute de temps, elle n’a pas réussi à chroniquer le livre à temps… Elle inaugure donc l’utilisation des gages ! (good job !)

Ce n’est pas un mais trois romans que Valériane m’a fait lire durant avril ! À vrai dire, elle a sélectionné le premier tome d’une trilogie et je l’ai entièrement lue. Elle a choisi ce titre car la pastille devant le titre était jaune et que cela lui a rappelé les jonquilles. Elle a dépoussiéré une relique et j’ai passé un bon moment avec ces 1215 pages.

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Ma chronique « Les Lames du Cardinal » de Pierre Pevel

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"Les lames du cardinal" de Pierre Pevel, trilogie lue pour le défi Valériacr0 d'avril 2018

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Sélection pour le mois de mai :.

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« L’île des chasseurs d’oiseaux » de Peter May
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Couverture du roman "L'île des chasseurs d'oiseaux" écrit par Peter May

Chère Valériane,

Te voilà prête à partir en vacances et je sais que tu comptes sur tes doigts le nombre de jours avant ton départ en Écosse. De ce fait, je m’en suis inspirée pour la sélection : je souhaitais trouver un livre dans ta pile à lire ayant un rapport – très large – avec « l’eau ». J’ai sélectionné plusieurs titres et l’un m’a tapé dans l’œil (cela ne fait pas très mal, ça va). En lisant la quatrième de couverture, je ne pensais pas tomber si juste. Prépares ta valise littéraire, tu embarques pour le nord, sur l’île de Lewis avec « L’île des chasseurs d’oiseaux » de Peter May.

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Sa réaction :

Yeah!
Super bon choix!
Lire un auteur écossais quand tu pars en Ecosse, ça me botte -est-ce que je remets sur le tapis le fait d’avoir acheté le premier tome de la saga de Diana Gabaldon, en VO, lors de mon dernier voyage là-bas, d’avoir lu 80 pages sur les 800, en partie sur le bateau du retour, et de ne plus l’avoir ouvert depuis plus d’un an et demi?! 🙂
Qui plus est, l’île de Lewis n’est pas loin d’où on va, et je pense sera une de nos prochaines destinations quand on y retournera (c’est français ma phrase là?! :-))
Je me réjouis de découvrir l’auteur, ses personnages et sa série du coup!
Merci!

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Valériane fête la moitié du printemps en choisissant un livre dans ma Pile à Lire qui la tente.

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Categories: Challenges & Défis Tags:

DANIEL Marie-Catherine – Entre troll et ogre

02/05/2018 9 commentaires

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Couverture entre troll et ogre de Marie-Catherine Daniel aux éditions Actu SFTitre : Entre troll et ogre
Autrice : Marie-Catherine Daniel
Plaisir de lecturenote : 4 Livre à découvrir
Lire les premières pages

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Arsouille, 70 ans, traîne son vieux corps dans un quotidien bien rôdé. Pourtant un jour, il reçoit une lettre écrite par son frère qu’il n’a pas vu depuis 50 ans. Sauf qu’il est impossible qu’il ait écrit la lettre car son frère est un ogre ; et les ogres ne connaissent pas les sentiments et ne se préoccupent absolument pas des trolls. Perplexe, il aimerait tirer cette affaire au clair. Il va devoir commencer par réussir à situer sur une carte la ville mentionnée sur la flamme de l’enveloppe.

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Il est rare qu’un roman fasse de son protagoniste un troll ou un vieux… et encore moins un troll vieux. Arsouille a 70 ans et est perclus des douleurs dues à son arthrite. Il est irascible, clairement désabusé et il doit s’occuper de surcroît de sa belle-fille et de son trollinou.
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Trolls et ogres sont les deux races qui peuplent ce récit. Les enfants revêtent la forme d’humains avant de choisir un des deux camps lors de la Grande Poussée Dentaire ; qui correspond à l’adolescence. Il n’existe donc plus d’humains adultes. Les trolls possèdent un groin alors que la caractéristique physique principale des ogres est une face de requin, une bouche pleine de dents. Les ogres sont disciplinés, rationnels et absolument pas affectifs ; là où les trolls sont incultes, bagarreurs et sensibles. Les trolls sont considérés comme les ratés de la société et sont clairement opprimés par les ogres. Cela donne le ton !
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Les descriptions physiques et mentales des races qui tapissent l’histoire est un de ses aspects prenants. Elles participent à l’intrigue et soutiennent aussi l’affection du lecteur pour le protagoniste.

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Arsouille est touchant dans sa façon de se mouvoir, dans sa vision des choses de la vie, dans son ouverture d’esprit à laquelle on assiste. Et si l’on parlait d’une quête initiatique nonobstant son âge ?

Il y a les choses de la vie : quelles valeurs inculquer à un trollinou ? Comment se présenter à l’administration pour un examen ? Quelles connaissances transmettre à des élèves ? Et puis, les préoccupations du quotidien : alcool, sexe, amour, amitié, rigolade. Et enfin les véritables péripéties de voyage, que l’on croise peu en SFFF et qui pourtant sont des questions qui traversent chaque voyageur dans notre réalité : que faire quand on a faim ? Quand on a une envie pressante de faire pipi ? Quand on se fait piquer son savon ?

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Cette histoire est douce et profondément humaine dans les émotions. On sent un univers riche et fouillé auquel sa créatrice tient, tout comme à ses personnages qu’elle nourrit. C’est un roman feel good !
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Bien que je n’aie croisé aucune tasse rouge à pois blancs – mais verte à pois, si ! – dans le roman, la couverture a été réalisée par Ronan Toulhoat. J’ai aimé découvrir les choix de création qu’Audrey Alwett, directrice de la collection Badwolf chez ActuSF, avait publiés en stories sur Instagram.

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Le roman "entre troll et ogre" de Marie-Catherine Daniel est mis en scène sur du papier typé "tapisserie" et du tissu rouge à pois blancs qui reprennent des éléments de la couverture du livre

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Dans le chaudron : Si vous aimez les trolls, je vous invite à rencontrer celui de Jean-Claude Dunaych avec le roman « L’instinct du troll ».

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Le bibliocosme (Boudicca), Le comptoir de l’Écureuil(Estelle) ont aussi apprécié la rencontre avec Arsouille.

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PEVEL Pierre – Les Lames du Cardinal

26/04/2018 11 commentaires

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Couverture "Les lames du cardinal" de Pierre Pevel : tome 1Couverture de la trilogie "Les lames du cardinal" de Pierre Pevel : tome 2 titré l'alchimiste des ombresCouverture de la trilogie "Les lames du cardinal" de Pierre Pevel : tome 3 nommé le dragon des arcanesTitres : Les Lames du Cardinal tome 1, L’alchimiste des ombres tome 2, Le dragon des arcanes tome 3

Auteur : Pierre Pevel
Plaisir de lecture Livres sympa

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1633, Richelieu veille sur le présent et le devenir de la France. Afin de renforcer sa gouvernance, il reforme la compagnie des Lames du Cardinal. Les dragons menacent le royaume et il devient vital de contrecarrer leurs plans.

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Le roman s’ouvre sur le Cardinal Richelieu en train de caresser son dragonnet domestique tout en réglant quelques menues affaires étatiques. De l’équipe des Lames, je n’en détaillerai pas les membres qui la composent pour vous laisser les découvrir. Ces hommes sont des élites, la crème de la crème ; c’est pourquoi ils « reprennent du service ». Pierre Pevel intègre des personnages sans que l’on connaisse leur véritable identité pour mieux brouiller les pistes. Dans l’ensemble, j’ai trouvé qu’ils étaient souvent définis par un seul trait de caractère ; celui qui va servir l’intrigue. J’ai trouvé dommage que la globalité de leur personnalité ne soit pas mieux exploitée.

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C’est l’intégration des dragons qui a suscité tout mon intérêt. Il existe trois types de descendants : ceux qui servent de moyen de transport, ceux qui deviennent des familiers et ceux de forme humaine. Ce sont ces derniers qui cherchent à mettre la main sur toute l’Europe. Entre autres, on apprend que la santé d’un individu dépend de l’équilibre de quatre humeurs : le sang, la bile, la phlegme et l’atrabile. Il en existe une cinquième, l’obâtre, propre à la race des dragons. Est liée le problème de la ranse, une maladie transmise par les dragons ou provoquée par les effets nocifs de leur magie.

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Cette trilogie est un hommage aux romans de cape et d’épée. Le soupçon de magie dans un récit réel entraine un mélange équilibré pour de la fantasy historique qui tient la route.
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Tous les éléments s’y trouvent : complots, trahisons, alliances nouées, désunions, périls, rebondissements, duels, jeux, alcool, traquenards, amours impossibles et héros sauvés in extremis. Le rythme des actions s’enchainent sans forcément avoir la possibilité de les apprécier à leur juste valeur. La lutte entre les clans, noir et blanc fait aussi une place à quelques individus « gris ».
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Ceci dit, j’ai trouvé que la magie impactait bizarrement l’univers ; par exemple, les informations de priorité absolue circulent encore à cheval sous la forme de lettre plutôt qu’à dos de dragon – wyverne – moyen de transport sûr et rapide. Le chapitrage varie d’un livre à l’autre et la longueur des parties est un peu étonnante.

Le récit se lit d’une traite jusqu’à la fin qu’on peut qualifier de grandiloquente. Cependant, j’ai trouvé que le thème des dragons était peu creusé. Et quand bien même j’essaie de dédaigner l’aspect « romans à succès », je pense que j’ai été influencée et m’attendais à un récit qui allait davantage m’entraîner dans un univers où le thème des dragons aurait été plus creusé. La trilogie reste une lecture plaisante.

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Illustration de Loïc Muzy de la trilogie "Les lames du Cardinal" de Pierre Pevel Illustrations de Loïc Musy pour le jeu de rôle "Les Lames du Cardinal" aux éditions Sans détour

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Souvenir de lecture : Livres gagnés lors des deux ans de blogging de Bouch’ (en 2014) (oui, bon…)

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Logo défi Valériacr0Pour le mois d’avril, Valériane souhaitait me faire avancer dans mon défi « Fin de série« … en me faisant commencer (hum ?) une série. On ne peut pas réellement parler de « nouvelle série » puisque je l’ai acquise il y a quelques années. Comme il s’agit d’une trilogie entièrement publiée – depuis plusieurs années, on a compris – j’ai décidé de m’auto-challenger en ne lisant non pas le premier tome comme l’avait choisi ma binômette mais toute la série.

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Lutin82 (Albédo) s’est aussi promenée dans un Paris draconien.

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Illustrations de Loïc Musy pour le jeu de rôle « Les Lames du Cardinal » aux éditions Sans détour

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Rond de Sorcière #93

20/04/2018 14 commentaires

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Logo Rond de Sorcière du blog LivrementLe Rond de Sorcière me permet de vous faire découvrir tous les livres lus durant le mois ; notamment les petits trésors que je découvre sans avoir le temps de leur consacrer une chronique complète.
C’est une sorte de compromis entre ma bonne conscience livresque et moi. Je vous parlerai aussi de ce qui touche de près ou de loin le monde des livres ; comme une parenthèse plus personnelle.

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Mars, c’est :

¤ 5 ans de défi Valériacr0 ! Il y a eu un changement dans le nombre de jokers et dans leur utilisation, Valériane et moi avons introduit des gages pour plus de fun dans le dedans.
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¤ Le lancement des Dimanches de l’Imaginaire ! avec Marie Juliet et Magali. Si les débuts sont chaotiques (par rapport au lieu choisi), cela n’a pas entamé notre motivation. On se retrouve à Toulouse le premier dimanche du mois pour partager un brunch et autour des cultures de l’imaginaire. Il existe un groupe Facebook pour récapituler toutes les informations. Nouvelles et nouveaux bienvenus !
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¤ La troisième édition de L’imagina’livres, salon SFFFH. Toujours en compagnie de Marie et Magali, nous sommes allées écouter la lecture publique de Stefan Platteau, se balader entre les stands et papoter.
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¤ La venue d’Eirilys & Perlesvaus. C’était très chouette de les revoir après une si longue période. Nous avons évidemment fait la tournée des librairies !
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Au visionnage, ce mois-ci, il y a eu « When we first met » pour lequel je n’ai pas été convaincue ; je pensais que la boucle temporelle serait mieux travaillée. « The shape of water » m’a davantage séduite par son esthétique, sa poésie et le choix fabuleux en l’actrice Sally Hawking.

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Nouvelles acquisitions pour la Pile à Lire :
¤ CAUSSARIEU Morgane : Rouge toxic
¤ DIXEN Victor : Phobos, tome 1
¤ LE ROY Philip : S.I.X.
¤ MAURO DE VASCONCELOS José : Mon bel oranger
¤ PETERSEN David : Légendes de la Garde – Baldwin le Brave, hors-série
¤ PLATTEAU Stefan : Les sentiers des astres – Manesh, tome 1
¤ SHUSTERMAN Neal : La Faucheuse – Thunderhead, tome 2

→ “Mon bel oranger” est un prêt d’une amie, je n’ai pas résisté à « Manesh » (dédicacé) qui s’avère le seul livre qu’il me reste encore à lire, je découvre la série Phobos au format audio. Et si jusqu’à présent, c’est Eirilys qui m’offrait les volumes des Légendes de la Garde chaque année pour mon anniversaire, on peut dire que la tradition est maintenue puisque je me suis offert ce hors-série en sa présence.

Résultat : + 7 entrées ; – 8 sorties

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Livres acquis en mars 2018

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Romans SFFF

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Couverture du livre "Rouge toxic" de Morgane Caussarieu, publié aux éditions actuSFRouge Toxic – Morgane Caussarieu
Plaisir de lecture Livre sympa
Chronique complète
Morgane Caussarieu s’investit auprès du public young adult pour proposer un récit vampirique moins macabre que ses précédents écrits mais tout aussi intense. L’autrice maîtrise les codes de la créature légendaire : clins d’œil, références et contre-pieds se mêlent à l’intrigue. Bien que la trame soit assez prévisible, l’écriture est aussi mordante que de bonne qualité.

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Couverture du roman Phobos tome 1 écrit par Victor Dixen, intitulé "Il est trop tard pour regretter"

Il est trop tard pour regretter (Phobos, tome 1) – Victor Dixen
Plaisir de lecture :  Livre sympa
Pour mes découvertes au format audio, je privilégie les œuvres vers lesquelles je ne me serai pas tournée en première intention. Victor Dixen mêle amours, conquête spatiale et télé-réalité. On peut se demander si cela ne serait pas un petit coup d’esbroufe, si l’auteur ne risque pas de dégonfler son intrigue plus tard. Beaucoup d’informations sont données dans les dialogues qui peuvent alors paraitre indigestes mais le procédé est plausible au vu de la construction de l’intrigue. L’écriture est visuelle et la découverte de la série au format audio est agréable grâce à la voix de Maud Rudigoz. Ce premier tome démarre la saga avec beaucoup de vigueur.

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Couverture du livre Tigane de Guy Gavriel KayTigane – Guy Gavriel Kay
Plaisir de lecture Livre fantas… tique
Pour cette fantasy historique, Guy Gavriel Kay plante son intrigue dans une péninsule italienne fictive à l’époque de la Renaissance. La Palme est partagée entre deux tyrans Alberico de Barbadior et Brandin d’Ygrath. Tigane a littéralement disparu des mémoires car son nom a été oblitéré par un sort. C’est la quête d’identité de tout un peuple qui se dessine. L’auteur se focalise sur la grande thématique du patriotisme avec le rôle et le poids de la mémoire et de l’art pour une nation. La grande force de GGK réside dans les personnages : ils sont non manichéens, d’une grande justesse dans leur comportement et leur personnalité. Ils sont perspicaces et la musique apporte beaucoup de finesse et de souplesse à leur quotidien. L’auteur nous sert un récit aux accents de liberté, avec une pincée de magie et une belle épopée. Jeux politiques, convictions et amours émaillent le récit. Y réside une légère mélancolie et l’histoire se termine sur un dénouement fabuleux.

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La tour des anges (À la croisée des mondes, tome 2) – Philip Pullman
Plaisir de lecture Livre avec entrée au Panthéon
Chronique complète
Ah ! La relecture de cette trilogie est un véritable plaisir : j’apprécie de goûter à nouveau tous ces petits détails qui s’étaient envolés et d’apprécier l’intrigue avec un recul global sur l’œuvre. Dans « La tour des anges », Lyra fait la connaissance de Will qui deviendra bien malgré lui et dans une douleur cuisante, le porteur du couteau subtil. J’aime les imbrications et les mouvements stratégiques du récit sans oublier l’humanisme réaliste des personnages de papier.

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Couverture du livre "Thunderhead" de Neal Shusterman, il s'agit du tome 2 de la série La Faucheuse

Thunderhead (La Faucheuse, tome 2) – Neal Shusterman
Plaisir de lecture :  Livre fantas… tique
Tome 1
J’ai été agréablement surprise par le premier tome et je me demandais si cette impression de « soufflé retombé » allait m’arriver comme pour d’autres trilogies young adult. Tout de go : j’ai été clairement rassasiée. Neal Shusterman amène encore beaucoup de détails sur le fonctionnement de cette société. Alors qu’au premier volume, nous avions accès aux journaux des faucheurs, ici ce sont les pensées du Thunderhead qui sont mises en mots. C’est un plaisir de découvrir une vision alternative. L’auteur insère le concept des malpropres avec l’introduction de Grayson et affine la psychologie des personnages déjà connus. Les retournements de situations et autres révélations parsèment le récit, à un rythme attendu dont l’auteur avait donné la cadence dès le premier tome. J’apprécie ce récit non manichéen et cette multiplicité des points de vue qu’il accueille, offre beaucoup de fraicheur.

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Œuvres graphiques SFFF

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Couverture du livre illustré par François Baranger : L'appel de Cthulhu de LovecraftL’appel de Cthulhu illustré – H.P. Lovecraft & François Baranger
Plaisir de lecture :  Livre fantas… tique
Chronique complète
Ce grand format 35,8*27,2cm délivre un récit en trois parties sur 64 pages. La mise en page du volume s’équilibre entre le texte et les dessins pour garder un rythme continu. Les illustrations de François Baranger sont saisissantes et apportent une nouvelle dimension à l’écrit de Lovecraft. La tension est palpable, détails et angles de vue happent le lecteur. Un objet-livre réussi !

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Couverture du livre "Baldwin le brave" de David PetersenBaldwin le Brave (Légendes de la Garde, hors-série) – David Petersen
Plaisir de lecture Livre fantas… tique
Tome 1, tome 2, tome 3
Cet opus se situe entre la préquelle et le spin off. Il renferme six contes représentatifs du folklore de David Petersen, en fantasy animalière. En dix pages, chaque conte offre valeurs et morale ; avec en clé de voûte l’importance de s’unir pour être plus forts. On retrouve nos protagonistes plus jeunes, c’est donc un joli complément pour les fans mais ce hors-série permet aussi de séduire de nouveaux lecteurs. Joli équilibre entre donner de la matière aux précédents volumes et donner envie d’entrer dans l’univers. C’est graphiquement toujours aussi réussi, un vrai régal visuel.

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Roman éclectique

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Couverture du roman "mon bel oranger" de Jose Mauro de VasconcelosMon bel oranger – José Mauro de Vasconcelos
Plaisir de lecture :  Livre sympa
Une amie m’a proposé trois de ses récentes lectures qui pourraient me plaire. J’ai sélectionné et lu dans la foulée ce roman. Zézé a grandi bien trop vite ; avec tout un univers de réflexions et une vision à contre-courant. Dans son quartier et sa famille, il est souvent livré à lui-même, ce qui donne des péripéties hautes en couleurs et parfois une impuissance par les adultes à savoir comment le « gérer ». Zézé a une imagination fertile, mais ce n’est pas une faculté qu’il travaille, c’est naturel. Aux accents autobiographiques, ce récit chatouille l’empathie et les émotions du lecteur.

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Livres lus en mars 2018

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Confectionner encore et encore le dessert aux noix de pécan | Avoir un veilleur pour la lecture nocturne | Fêter les anniversaires de Février & Mars | Bruncher pour la première édition des dimanches de l’imaginaire | Revoir Royal Republic en concert et en prendre plein les esgourdes | Admirer la superbe verrière d’un bâtiment hausmannien | Manger japonais en mode « street food » | Coudre des cotons démaquillants pour ma belle-sœur | Partir en Auvergne | M’émerveiller du programme félin | Envoyer des colis, l’un pastel pour Carole, l’autre thématique pour mon petit frère | M’enthousiasmer pour l’arrivée d’une nouvelle feuille de ma monstera deliciosa | Coudre des gants de toilette spécialement pour mon neveu-presque-tout-neuf | Recevoir Eirilys et son amoureux | Lui confectionner une composition florale | Dîner coréen ensemble après une balade en librairies | Fêter les deux ans du neveu-presque-tout-neuf | Dîner avec un ami dans un cadre Fifties | Aller à l’imagina’livres | Améliorer la recette de brioche | Confectionner des enveloppes printanières | dont un marque-page lapinou tout chou | Pour ma petite maman, Hilde et Delphine | Prendre plus que le temps d’un café pour discuter avec une amie | Déguster un plat fait pour moi par une amie et passer une belle soirée.

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Défi Valériacr0 – avril 2018

17/04/2018 11 commentaires

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Defi valeriacr0

Le défi Valériacr0, c’est le combo de choc (et un poil drogué) que je forme avec ma copine Valériane. Peu de lectures en commun mais la bêtise et l’amour du blablatage futile, si. Et un objectif très sérieux de descente de PAL avec choix imposé chaque mois. Rien que cela !

Pour tout savoir, rendez-vous sur la page.

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Impressions pour le mois de mars :

 

Mars, c’est le début d’une nouvelle année de défi pour nous. Qui dit nouvelle année, dit livre tout frais avec « Je suis ton ombre » de Morgane Caussarieu (elle a acquis le livre en février 2018 lors de la Foire du Livre de Bruxelles). Il ne lui restait plus qu’à en profiter avec l’arrivée des beaux jours (ahem). Elle a pris une grande claque avec ce livre et est restée scotchée. Elle adhère, elle adore.

Pour moi, Valériane a choisi un livre qui lui rappelle le soleil et cette envie de courir dans l’herbe, les petons nus. Dans son esprit, deux neurones se sont alors touchés : car les pétons lui ont fait pensé à des orteils donc à des tentacules. Oui. J’ai donc lu « L’appel de Cthulhu » de H.P. Lovecraft, illustré par François Baranger. Je trouve que les illustrations subliment le récit, elles sont saisissantes !

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Sa chronique « Je suis ton ombre » de Morgane Caussarieu
Ma chronique « L’appel de Cthulhu illustré » de H.P. Lovecraft, par François Baranger

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Photographie du livre L'appel de Cthulhu de Lovecraft, illustré par Baranger : illustration en filigrane de Cthulhu

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Sélection pour le mois d’avril :.

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Débâcle de Lize Spit
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Couverture du roman Débâcle de Lize Spit aux éditions Actes Sud

Chère Valériane,

Pour avril, j’ai envie de te choisir une lecture – qui je l’espère – sera percutante. J’ai repéré un livre qui m’obnubile depuis que je l’ai vu dans ta Pile à Lire. Il faut dire que depuis que tu as partagé sa couverture sur les réseaux sociaux, je ne cesse d’observer la couverture et de trouver ce cliché époustouflant. Cette photographie m’intrigue énormément. Alors, il parait qu’il ne faut pas choisir un roman pour sa couverture. Mais tu sais quoi ? Tant pis ! Peut-être auras-tu déjà trouvé le titre avant d’arriver à ces mots ? Débâcle de Lize Spit.

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Sa réaction :

heeey super bon choix!
J’avais vraiment envie de le lire!
C’est un des derniers arrivés en plus.
Puis pour une fois, je vais lire un livre « d’actualité » (dans le sens où on en parle maintenant).
De fait, la couverture est fascinante.
Et tu as bien fait de te laisser guider par le graphisme, c’est une bonne idée!
Un livre qui vient du plat pays qui est le mien. Un livre qui nous vient du nord. Un livre écrit en flamand et qui a mis du temps à traverser la frontière linguistique.
Un livre qui a soulevé la question de savoir pourquoi il a mis autant de temps pour être découvert par les francophones!
Gogogo met Lize Spit!

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Valériane a fait résonné ensemble avril et printemps. Elle est partie sur une sélection de « renouveau ».

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COSTE Nadia – Papa de papier

13/04/2018 3 commentaires

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Couverture du roman "Papa de papier" écrit par Nadia CosteTitre : Papa de papier
Autrice : Nadia Coste
Plaisir de lecturenote : 4 Livre à découvrir
Lire un extrait
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C’est avec le sourire qu’Ayrton quitte le collège aujourd’hui. Il vient d’obtenir un 18/20 pour son dessin au fusain. Il est impatient de l’annoncer à ses parents. Mais école et foyer sont deux réalités différentes et son père ne semble disposé qu’à réaliser des tâches ménagères. Sa mère rentre à son tour et leur discussion explose alors. Ayrton va se réfugier dans sa chambre. Il entend un miaulement, un chat semble coincé sur son balcon. Après un instant d’étonnement, il trouve que ce félin ressemble trait pour trait à celui réalisé pour son cours d’arts plastiques. Et si son dessin venait de prendre vie ?

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Dès les premiers mots, j’ai apprécié Ayrton. J’ai apprécié son optimisme, son écoute pour autrui. Et puis, l’on comprend très vite qu’il possède deux comportements pour deux vies complètement distinctes.
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Le récit est immersif et frôle le fantastique. L’imagination vient au secours d’une situation réelle difficile. Ayrton a le pouvoir de donner vie à ce qu’il dessine !
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L’écriture de Nadia Coste est toujours aussi fluide. On intègre la vie du protagoniste « à la volée » : au moment de la distribution des notes du DM de Monsieur Edgar, prof’ d’arts plastiques. À la volée, mais avec douceur : focus sur l’exercice à réaliser, puis dé-zoom sur la réaction des copains à la découverte de leur note et enfin sur la bonne humeur d’Ayrton, son attitude, son environnement, son histoire.
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Elle aborde un sujet délicat qu’elle traite avec perspicacité. Elle (d)écrit un mécanisme d’auto-défense, la place des non-dits, la perte de l’innocence, l’estime de soi et sa reconstruction. Elle dépeint une situation fictive qui pourrait être réelle puis expose actions et réactions. Elle détaille sans chercher nullement à provoquer le lecteur mais au contraire, à l’accompagner lors du décodage.
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Cette histoire de 122 pages est rondement menée. Elle est à placer entre toutes les mains à partir de 10 ans.

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Mise en scène du livre Papa de papier de Nadia Coste. Fusains et pattes de chat sont visibles

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Souvenir de lecture : Le chat dessiné par Ayrton pourrait être mon chat, qui est justement gris et possède un nœud à la queue.

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CAUSSARIEU Morgane – Rouge Toxic

09/04/2018 8 commentaires

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Couverture du livre "Rouge toxic" de Morgane Caussarieu, publié aux éditions actuSFTitre : Rouge Toxic
Autrice : Morgane Caussarieu
Plaisir de lecture Livre sympa
Lire les premières pages

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Faruk est un buveur de sang, drogué. Une mission lui a été assignée et il lui est vital d’obtenir la récompense promise. Barbara, Barbie de son surnom, a des priorités tout aussi importantes mais bien différentes, comme faire profil bas au lycée.

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La personnalité des deux protagonistes repose sur deux archétypes lycéens. En plus, ils sont tous deux soumis au poids de la figure paternelle et vont devoir rapidement s’émanciper. Ils possèdent un passé et n’arrivent donc pas tels des coquilles vides dans cette histoire.
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Survivre au lycée est tout aussi difficile que de survivre dans les mauvais quartiers en Louisiane. En attendant, l’histoire prend les siens – de quartiers – en Nouvelle-Orléans. Une part du folklore s’éveille, notamment la magie vaudou avec Maman Gédé, le Baron Samedi et le mythe vampirique. D’ailleurs ma lecture m’a amené à m’informer car je confondais souvent Baron Samedi et Papa Legba.

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La plume est toujours mordante. Morgane Caussarieu est moins trash que dans ses précédents romans car elle a adapté son écriture au lectorat ciblé. Alors que ses écrits étaient d’une violence insoutenable pour certains lecteurs, « Rouge Toxic » permet d’être captivé·e par un récit plus modéré. Il s’agit d’un roman de vampire, donc avec un lot d’hémoglobine et quelques goths qui trainent dans les parages et qui se réunissent dans les toilettes (Ah, cela vous intrigue, hein ?)

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Le récit se construit en point de vue alternés entre Barbie et Faruk. L’histoire a été prévisible pour moi. Et s’il ne me restait qu’à dérouler la pelote, j’ai su remarquer la qualité de la laine (métaphore décalée, bonjour). Ma lecture relève plutôt du divertissement que de l’exaltation.
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Morgane Caussarieu maîtrise les codes de la créature légendaire : elle s’amuse des clichés, fournit des clins d’œil à des références et écrit quelques contre-pieds aussi. Le roman qualifié pour « jeune adulte » (young adult) est très rythmé. Concernant les sentiments, on est davantage sur de la séduction que sur de la romance à proprement parlé (donc tout à fait acceptable si vous avez le même profil de lectrice que moi). L’autrice n’oublie pas non plus d’inclure une touche humoristique et conclut avec une fin ouverte.
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La couverture attirante a été réalisée par Alexandra V. Bach.

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Allisonline, Hilde (Le livroblog) ont aussi traîné leurs guêtres au Mission High School.

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LOVECRAFT H.P. & BARANGER François – L’appel de Cthulhu illustré

04/04/2018 14 commentaires

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Couverture du livre illustré par François Baranger : L'appel de Cthulhu de LovecraftTitre : L’appel de Cthulhu illustré
Auteur : H.P. Lovecraft
Illustrateur : François Baranger
Plaisir de lecture Livre fantas… tique

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Cthulhu imprègne fortement nos imaginaires : tout le monde connaît son physique, sa présence ; d’ailleurs il existe pléthore de références à ce Grand Ancien. Howard Phillips Lovecraft est bien souvent reconnu comme un maître de l’horreur.
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Ces « dieux » de H.P. Lovecraft initient l’apocalypse sans la moindre once d’espoir d’une terre nouvelle, lavée de tout humain et prête à un renouveau (comme c’est souvent le cas).
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Le récit est divisé en trois parties :
* On suit Francis Wayland Thurston qui hérite des biens de son grand-oncle parmi lesquels figure une statuette d’argile mésopotamienne ; il la met en relation avec les œuvres d’Henry Wilcox, jeune artiste moderne.
* On découvre le témoignage d’un policier ayant géré des événements de violence dans les bayous de Louisiane ; pour certains, il ne s’agit que d’élucubrations de personnes hallucinées.
* On assiste, après que Francis soit entré en possession du journal du capitaine d’un bateau, à l’affrontement entre l’équipée et des renégats en plein milieu de l’océan pacifique. Une île à la structure cyclopéenne surgie des flots, une gigantesque créature apparait alors.

Je ne me pencherai pas sur la traduction – réalisée en 2012 – de Maxime Le Dain, ne connaissant pas le texte originel et n’ayant pas de connaissances ni même d’avis sur les différents travaux de traduction et sur leur finesse. Ce traducteur reste pour moi celui attitré à Lovecraft par les éditions Sans-Détour, spécialisées dans la publication des jeux de rôles pour le marché francophone.

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Ce grand format – 35,8*27,2 cm, 64 pages – est un écrin qui renferme récit et illustrations. Ce gabarit démesuré permet de dévoiler toute la puissance des dessins de François Baranger ; qui s’avèrent pertinents de par leur fidélité au texte.
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La mise en page du texte est équilibrée afin que la lecture garde un rythme continu et adapté à la progression des images (à aucun moment le lecteur ne se retrouve obligé de tourner la page pour terminer sa phrase ou le passage qui est illustré pour revenir en arrière et observer à loisir l’illustration). Le travail de pagination est tout aussi soigné : la répartition du texte s’incruste parfois dans l’illustration, la deuxième englobant le premier. Certains passages de l’histoire ont été intégrés en caractère plus grand que le reste du texte.

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Les dessins ne sont pas là pour soutenir le récit, ils lui apportent une nouvelle dimension. Les illustrations donnent le change à cet univers inquiétant et fascinant à la fois. À chaque double page son illustration, d’une véritable beauté et dans laquelle on se perd vite, on en mange les détails et on regarde chaque trait.
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J’ai apprécié la représentation de Cthulhu qui ne suit pas l’idée que s’en conçoit le lecteur (c’est à modérer) mais par un procédé de distanciation, c’est à travers le récit des personnages que l’illustrateur l’a croqué : anthropomorphe et colossal ; on peut la qualifier de « représentation canonique ». François Baranger semble avoir pris beaucoup de plaisir à choisir des angles de vue singuliers avec tout un jeu de perspectives savamment additionné à la place et l’importance des ombres.
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L’atmosphère de tension est bien rendue. J’ai été époustouflée par les décisions de l’illustrateur qui se devait de représenter des géométries peu logiques, comme des traits qui se veulent concaves et convexes à la fois.

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Ce livre aux illustrations saisissantes est constitué de papier glacé, possède une belle jaquette et aussi une préface de John Howe (à lire en guise de postface si vous souhaitez découvrir par vous-même le travail de François Baranger). C’est un travail magnifique qui peut faire l’objet d’un cadeau (d’ailleurs, je l’ai offert à mon Amoureux pour Noël, que je suis une personne de bon goût, hinhin).

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Vous pouvez visionner des vidéos tournées lors des sessions de peinture
Sachez que la version illustrée par François Baranger des « Les montagnes hallucinées » est en cours. Au vu de la longueur du texte, le récit sera décomposé en deux tomes, publiés à un an d’intervalle. Le premier sortira en français dans le courant du second semestre 2019.

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Photographie du livre L'appel de Cthulhu de Lovecraft, illustré par Baranger : illustration de Francis Wayland Thurston

Photographie du livre L'appel de Cthulhu de Lovecraft, illustré par Baranger : illustration de la statuette de Cthulhu

Photographie du livre L'appel de Cthulhu de Lovecraft, illustré par Baranger : illustration de l'atelier d'Henri Wilcox

Photographie du livre L'appel de Cthulhu de Lovecraft, illustré par Baranger : illustration de l'île démesurée de Cthulhu

Photographie du livre L'appel de Cthulhu de Lovecraft, illustré par Baranger : couverture et jaquette

Photographie du livre L'appel de Cthulhu de Lovecraft, illustré par Baranger : illustration en filigrane de Cthulhu

 

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Logo défi Valériacr0

Sélectionné par Valériane pour le mois de mars, il était le dernier des livres ajoutés en 2017 à ma Pile à Lire qu’il me restait à découvrir !

 

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Les lectures de Xapur, Lorhkan et les mauvais genres ont aussi succombé à ce magnifique livre.

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