HAWKINS Scott – La Bibliothèque de Mount Char

12/12/2017 7 commentaires

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Couverture du livre La bibliothèque de Mount Char de Scott Hawkins.
Titre
: La Bibiothèque de Mount Char
Auteur : Scott Hawkins
Plaisir de lecture Livre sympa
Lire les premières pages

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Douze jeunes bibliothécaires ne peuvent plus rejoindre leur fief, dans la ville de Garrison Oaks. Une force surnaturelle semble créer une barrière invisible et impalpable. Sous la tutelle de Père jusqu’alors, ils doivent enquêter pour connaître la raison de sa disparition.

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L’intrigue est bien plus profonde que ce que pourrait laisser supposer le quatrième de couverture (et mon synopsis). On se trouve en présence d’un thriller surnaturel, d’une histoire fantastique avec une dimension mythologique. L’apparence de simplicité est bien trompeuse.
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12 enfants ont été recueillis par l’homme qu’ils nomment Père. Appelés « bibliothécaires », chacun d’entre eux doit se consacrer à son domaine d’études. Les catalogues sont hétérogènes : l’art de la guerre, la médecine, le règne animal, les mathématiques et les langues entre autres. Toute tromperie par un adolescent – intérêt pour un autre domaine que le sien, apprentissage non assidu – entraine de lourdes représailles.
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On rencontre pour la première fois la protagoniste Carolyn : après l’arrêt d’une voiture sur le bas-côté, elle grimpe à toute allure le talus, dans une tenue ensanglantée. Sa présentation est aussi surprenante que les personnes sont hors normes.

Carolyn semble vulnérable, fragile mais aussi énigmatique. Un véritable paradoxe se crée entre ses forces et ses faiblesses et ce qui nous rend très curieux à son égard. Dans l’ensemble, ces jeunes sont devenus des adultes décalés et même sauvages, violents et sans morale.

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Aux premiers mots, j’avais l’impression qu’un monde en upside down se dessinait : un univers connu mais dans une dimension totalement différente ; comme si ces jeunes vivaient à notre époque mais sur un autre fil alternatif. Si le monde ne semblait pas se rendre compte de leur présence, ils semblaient pouvoir circuler d’un espace-temps à l’autre. Ce n’est pas le cas de cette histoire mais c’est pour vous montrer la force de la dissonance pour moi. « Qu’est-ce qui râpe ma compréhension de cet univers ? La construction ? Son fonctionnement ? »

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Autant vous dire que ce livre a été pour moi un coup d’éclat ! Un page turner qui a envoyé de l’adrénaline en abondance à mon cerveau. La tension a très bien fonctionné sur moi.
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L’appréhension du système éducatif a accéléré mon palpitant : le mode opératoire de Père, les règles tacites des adoptés qui doivent apprendre exclusivement leur catalogue, les tests passés sur les apprenants, la vision des non vivants et du monde actuel. Rien que d’y penser, j’ai quelques frissons.
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J’aimerais noter, là, bien en évidence : l’horreur attend au coin des pages. Il y a quelques scènes cruelles et particulièrement glauques. Mais aucune de celles-ci n’est gratuite ni bancale.
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L’auteur maintient le lecteur avec un degré de suspense assez fort et éparpille ses indices. C’est un puzzle : il faut assembler les pièces, mais avant ça, il faut les trouver et surtout appréhender leur forme (un peu comme si vous aviez les yeux bandés).
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L’auteur prend extrêmement soin de tout éclairer au fur et à mesure ; on peut se laisser porter. Ceci dit, le dernier tiers du roman a été trop halluciné pour moi et j’ai décroché (Après la visite au petit cabinet médical pour ceux qui l’ont déjà lu). J’en suis presque agacée, car vraiment, j’aurais voulu l’aimer jusqu’au bout tant il m’a emportée sur une majorité de pages.
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La fin semble télescopée par les seules envies/besoins de l’auteur « Moi, ça me ferait plaisir de mettre cet élément et celui-là ensemble, même s’ils ne vont finalement pas trop bien ensemble ». Le final s’enclenche à la perfection après des scènes qui s’étirent et s’étiolent à mes yeux.
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Ceci dit, le récit maintient une cohérence dans son tort ensemble et j’ai aimé la profondeur du complot vis-à-vis des conséquences pour tous les impliqués.

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Fan art autour du livre La bibliothèque de Mount Char de Scott Hawkins

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BlackWolf (Blog-O-Livre), Gromovar (Quoi de neuf sur ma pile), Le culte d’ApophisLutin82 (Albédo), Olivia Lanchoix (My inner shelf)Sandrine BM (Mes imaginaires), Sylvie (Cunéipage)Un papillon dans la Lune sont aussi aller observer le taureau en bronze poli.

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Illustrations : #01 Covertart par Jian Guo ; #02 par 鲨鱼丹 (SharksDen)

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Et que le cul te PàL ! #01

08/12/2017 19 commentaires

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Logo "et que le cul te PAL" blog Livrement

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Voilà un article dédié à ma pile à lire !

Bien que je résume les entrées et les sorties mensuellement dans mes ronds de sorcière, il me tenait à cœur de vous parler plus longuement de cette montagne de livres non lus que nous possédons tous (plus ou moins, d’accord). De mon côté, tout est consigné en PAL, aussi bien le papier que le numérique, tous formats.
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Ce sont des articles ponctuels que j’aime beaucoup déguster chez les copinautes. Je pense notamment à feu « Un dragon dans ma PàL » de Tigger Lilly (spoil : elle a tué sa PAL) ; « Un TARDIS dans ma PàL » de Vert (Nevertwhere) et « Chani et sa PAL » où Chani raconte la vie de sa PAL en épisodes comme une série télévisée.
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Il y a déjà quelques mois – oui, bon, plus d’un an (procrastination, bonjour !) – que je voulais me lancer dans l’exercice. Me voici avec un article et un titre plein de délicatesse et d’élégance. À l’origine, nous trouvons une expression ariégeoise « Et que le cul te pèle ! », amicale et souvent annoncée de manière tonitruante lors des aurevoirs. « Allez, salut ! » « Salut… et que le cul te pèle ! » (C’était ça ou le tout-pourri « Les livres se ramassent à la PàL »).

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Je vous livre ici un magnifique graphique qui montre avec évidence… une grande stabilité.

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J’ouvre mon blog littéraire le 6 janvier 2009. Et je crois que je ne sais pas où j’ai mis les pieds yeux.

2009 : Je ne tiens pas de PAL et je réalise un bilan sommaire où j’indique les 66 lectures réalisées.

2010 : Bam. Je liste mes livres. Ça y est, ma PAL est née au 1er janvier. Et j’apprends qu’une PAL, cela peut être terriblement sauvage (et une entité indépendante).

2011 : Au cours de l’année, j’ajoute autant de livres que j’en possédais soit 143 (pour un total de 286, cher Watson). Le mois de février est catastrophique : 27 livres arrivent d’un coup.

2012 : Je mets des outils de lutte en place : je participe à plein de lectures communes et c’est l’année aussi où je participe le plus à des challenges. Réponse : cela ne fonctionne pas, trop de livres tentants rejoignent ma PAL.

2013 : Je suis passée symboliquement sous la barre des 100 livres en PAL avant de remonter illico. Belle et vaine tentative. Seulement 56.5% des livres ajoutés au cours de l’année ont été lus, c’est le plus petit taux depuis 2010.

2014 : Ma PAL atteint le seuil ‘ciel’ maximal de 340 livres au cours de l’année. Rien ne va plus. Je fais du tri.

2015 : J’ai ajouté « peu » de livres dans ma pile à lire ; soit 30% de moins que la plus petite année des cinq dernières (cela représente tout de même 89 livres). 100% des livres ajoutés au cours de l’année ont été lus !!! C’est le moment de sabrer un truc.

2016 : Je commence l’année avec une PAL sous la barre des 100 ! (C’est l’élément sur le graphique qui attire l’œil). La réalité est que ma PAL au cours de l’année est toujours au-dessus des 100. Pour peu que je m’approche du seuil, ma PAL remonte immédiatement. C’est l’effet yoyo. J’ai lu 101 livres et surtout j’ai grignoté d’autres millésimes (des livres ajoutés les années précédentes).

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→ Le plus grand frein, comme pour d’autres lecteurs, c’est d’acquérir plus de livres que je ne peux en lire (mais quel esprit perspicace !). En moyenne, 79% des livres ajoutés au cours de l’année ont été lus. Ce qui me laisse 21% résiduels par an que je veux toujours lire. Ces « millésimes » sont les livres les plus durs à dégommer.

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Alors que me les livres non lus étaient rangés avec les livres lus dans mes bibliothèques, je me suis demandé physiquement ce que représentaient mes livres papier non lus regroupés (et qui accessoirement tiennent en hauteur sur un rayonnage de 24 cm donc exit les bandes dessinées et les livres illustrés). Alors, à chaque début de mois en 2016, je me suis prêtée au jeu et ai photographié « la place ».

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Gif animé de la PAL papier en 2016 du blog Livrement

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Categories: Vie de lectrice Tags:

CONEY Michael – Le Chant de la Terre ~ Les Dieux du Grand-Loin, tome 3

05/12/2017 2 commentaires

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Couverture du livre Les Dieux du Grand Loin de Michael ConeyTitre : Les Dieux du Grand-Loin (Le Chant de la Terre, tome 3)
Auteur : Michael Coney
Plaisir de lecture Livre à découvrir
Tome 1, tome 2

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Le Chant de la Terre est un chat épique qui raconte l’histoire de l’humanité. Comme il faudrait plus d’un siècle pour la réciter en entier, nous sont rapportés des extraits, cinq fragments.

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La tétralogie de Michael Coney est un récit vertigineux : les tomes présentent moult intrigues entremêlées, qui donnent d’ailleurs des chroniques bien obscures pour « tenter » de vous en parler (les miennes, tome 1 et tome 2) (mais dans lesquelles, sans spoil, j’avais glissé des indices pour le moi du futur).

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Il existe maintenant cinq espèces différentes d’humains : Vrais Humains, Néonites, Humains Sauvages, Spécialistes et les Vites.

Cinq fragments en cinq tomes. Pourtant, on pourrait presque considérer « Les Dieux du Grand-Loin » comme une conclusion étant donné que l’on assiste à la fin de la quête de la Triade composée de Zozula el Cuidador, Manuel l’Humain Sauvage et la Fille-Sans-Nom. Ils affrontent les Loups du Malheur et sans le savoir, libèrent en passant, le presque dieu Starquin Cinq-en-un qui était jusqu’alors emprisonné. Il faut aussi sauver les Néonites, et cela ne s’avère pas une simple affaire.

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La trame est plus linaire que les deux premiers volumes. Cette fois, l’histoire n’est pas contée par Alain-Nuage-Bleu et l’on suit davantage les Polysitiens, une société aquatique.
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Et puis, nous avons le droit aux aléapistes, ces fils alternatifs de vie (choix et non choix). Ce sont des bifurcations innombrables du temps. Et cela rajoute une dimension au récit. Un peu du genre « Dans 5493 aléapistes, tu meurs d’une fin violente. Dans 1342 aléapistes, tu restes vivant.e mais tu perds la raison, dans 23 aléapistes, tu réussis presque. Alors, tu essaies quand même ? ».

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J’en suis sûre : je vous ai perdus. Mais il est difficile de vous dire ô combien cette série est intrigante, en arrivant sur cette chronique d’un troisième livre sans entrer dans l’histoire (sinon, même pour résumer l’aventure jusque-là, j’aurais alors besoin de 50 000 mots).
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Ce qu’il faut retenir, c’est que Michael Coney a une imagination très fertile et propose des réflexions intéressantes. Il existe une alternance entre récits du passé, des passages issus de la pure tradition classique en fantasy mais aussi un brin de conquête en mode SF. Nom inconnu pour beaucoup, Michael Coney est une plume truculente.

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Couverture du livre Gods of the greataway, version originale du livre "Les dieux du grand loin" de Michael ConeyCouverture de la hardcover
des éditions Houghton Mifflin Harcourt

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Logo du défi Fin de Série Livrement

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Cette lecture entre en ligne de mire de l’un de mes objectifs à atteindre pour la huitième année de mon défi Fin de Série : terminer la plus vieille série jamais commencée.

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Categories: CONEY Michael Tags:

Défi Valériacr0 – décembre 2017

03/12/2017 6 commentaires

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Defi valeriacr0

Le défi Valériacr0, c’est le combo de choc (et un poil drogué) que je forme avec ma copine Valériane. Peu de lectures en commun mais la bêtise et l’amour du blablatage futile, si. Et un objectif très sérieux de descente de PAL avec choix imposé chaque mois. Rien que cela !

Pour tout savoir, rendez-vous sur la page.

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Impressions pour le mois de novembre :

A contrario de Valériane, le mois de novembre est à mes yeux, un passage un peu difficile avec sa monotonie qui s’étire (presque) sans fin. On pourrait même le titrer « Trois jours et une vie ». Cela tombe bien, c’est le roman de Pierre Lemaitre que j’ai choisi pour ma binômette. La lecture a fait froid dans le dos de Valériane ; elle a trouvé le ton glacial.

Novembre est coincé entre l’été indien et le rude hiver rappelle Valériane. Alors s’il est question de glaçon, on pourrait surtout l’associer à ma PAL qui fond comme neige au soleil. Elle est revenue dans une série dont elle m’avait déjà choisi un tome en avril : Les annales du Disque-monde de Terry Pratchett. Cette fois, j’ai dévoré « Accros du roc » et je me suis bien fendue la poire !

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Sa chronique « Trois jours et une vie » de Pierre Lemaitre
Ma chronique « Accros du roc » de Terry Pratchett

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Accros du roc, Livre sélectionné pour le mois de novembre 2017 pour le défi valériacroUn exemplaire d’Accros du roc qui a bien vécu !

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Sélection pour le mois de décembre :.

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Ma balance et moi de Carole-Anne Eschenazi

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Couverture du livre Ma balance et moi de Carole-Anne Eschenazi

.Chère toi,

Nous voilà au dernier mois de 2017 – déjà – et je crois que je ne suis pas prête. J’apprends tout juste à écrire la bonne année pour les dates. Il va sans dire que ce mois, c’est fête en notre cœur. Guère plus que d’habitude, car nous aimons les petits bonheurs du quotidien et qu’on se satisfait de peu. Mais un peu plus quand même, car notre gourmandise commune sera généralement récompensée.

Pour cette dixième édition de la cinquième année, il serait bien de sortir un peu des sentiers battus concernant mes choix. J’ai donc sélectionné quelque chose qui n’a pas un rapport tout-à-fait-direct avec les fêtes de fin d’année, mais un peu quand même ! Il s’agit de « Ma balance et moi » de Carole-Anne Eschenazi. Étant donné que c’est un livre qui squatte depuis 5 ans dans ta PAL, s’il ne te plait pas, je t’aurai au moins aidé à l’en sortir.

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Sa réaction :

Lol bien vu 🙂
Des années que je me dis que je vais le lire pour avancer dans le quota annuel, parce que court… puis parce que je pense que ça doit être un truc intéressant. Enfin le résumé m’avait paru chouette pour arrêter de se prendre la tête.
Un bon choix pour finir et commencer une année!

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Avec ma PAL riquiqui, Valériane se perd dans les mots. Elle m’a parlé d’un argument noëllesque. Genre une sélection avant Noël dans l’optique de Noël puis dans un Noël qui allait peut-être avoir lieu et qui était déjà passé. T’as compris ? Moi non plus. Par contre, sa sélection est claire… et top 😉

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Categories: Challenges & Défis Tags:

PRATCHETT Terry – Disque-monde – Accros du roc

30/11/2017 14 commentaires

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Couverture du livre Accros du roc de Terry PratchettTitre : Accros du roc (Les annales du Disque-monde, tome 16)
Auteur : Terry Pratchett
Plaisir de lecturenote : 4 Livre à découvrir
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Nore Noresson, Kreskenn Kelenn, Magma alias Lias Trapp se retrouvent pour former un groupe : puisque ce dernier frappe sur ses cailloux, ils vont jouer de la musique de roc.

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Il suffit d’un adepte déchainé par son guitare pour obtenir un public en délire. La Guilde des Musiciens veut mettre fin au succès de ce groupe officieux et importun. Mais tout le monde adhère, les femelles lancent leurs sous-vêtements sur scène et même les mages laissent tomber les robes longues.
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« Accros du roc » proposent deux histoires en parallèle. On suivra aussi Suzanne qui va retrouver la trace de sa famille et devoir assumer le rôle qui lui est attribuée. Elle est si discrète que personne ne la voit réellement.

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Le troll souleva un gros sac de cuir posé devant lui. « C’est ça moi je joue », dit-il. Un certain nombre de gros cailloux ronds dégringolèrent par terre. Lias en ramassa un et lui donna une chiquenaude. Bam, fit le caillou.
« De la musique avec des kailloux ? s’étonna Kreskenn. Komment vous l’appelez ?
— On l’appelle Ggrouhauga, répondit Lias. Ça veut dire : musique faite avec du roc. (…)
— K’est-ce ke vous faites avek ?
— Je les cogne ensemble.
— Et après ?
— Comment ça, « et après » ?
— K’est-ce ke vous faites une fois ke vous les avez kognés ensemble ?
— Je les cogne encore », répondit Lias, batteur dans l’âme.

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On croisera donc les mages de l’Université de l’Invisible d’Ankh-Morpork et notamment son archichancelier Mustrum Ridculle. La Mort sera aussi de la partie et Planteur n’aura pas froid aux yeux. Trolls, nains, humain aux allures elfiques ne seront pas en reste.
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Bien que les instruments soient hantés par des esprits de la Musique, le lecteur n’a pas besoin d’être un spécialiste pour y voir un bon nombre de références musicales. Une majorité est dédiée à des groupes rock, exemple : Laide Zibeline, les houes, Au malheur des hommes et I2.

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« Accros du roc » a bien mieux fonctionné sur moi que « Les Zinzins d’Olive-Oued », tome où les personnages étaient accros au cinéma (je m’étais ennuyée avec l’intrigue). Ici, il y a des passages qui se partagent émotions et franches rigolades. C’est une critique sur les thèmes de la vie, de la mort et de l’oubli. Et il faut dire que les jeux de mots de Patrick Couton sont à applaudir des deux mains.

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— Moi, je souffle dans tout ce que je peux me mettre en bouche, assura Nore.
— Ah bon ? fit Kreskenn. Il chercha un compliment poli. Vous devez faire beaucoup d’heureux.

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Il y a les gens du jour et les créatures de la nuit.
Et il importe de se rappeler que les créatures de la nuit ne sont pas simplement les gens du jour qui veillent tard parce qu’ils s’imaginent ainsi davantage dans le coup et plus intéressants. Il faut beaucoup plus qu’une couche épaisse de mascara et un teint pâle pour franchir la ligne de démarcation.
L’hérédité peut arranger les choses, bien entendu.

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Il existait bel et bien une rivière dont, d’après la légende, une seule goutte d’eau privait un individu de sa mémoire.
Beaucoup supposait qu’il s’agissait de l’Ankh dont l’eau se boit, voire se découpe et se mâche. Un verre d’Ankh priverait sûrement son consommateur de sa mémoire, ou du moins lui causerait des désagréments qu’il n’aimerait en aucune façon se rappeler.
À vrai dire, il existait une autre rivière qui avait cette faculté. Bien entendu, il y avait un os. Nul ne savait où elle se trouvait car les voyageurs qui tombaient dessus crevaient toujours de soif.
La Mort porta son attention ailleurs.

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Livre Accros du roc de Terry Pratchett avec l'illustation complète de Josh Kirby

Couverture du livre Accros du roc de Terry Pratchett. A gauche : illustration de la hardcover aux éditions Orion. A droite, illustration de Marc Simonetti pour les éditions Pocket

Illustrations de Paul Kidy : elles représentent la Mort de Terry Pratchett dans le livre "Accros du roc"

Illustration de la Mort et sa guitare par Marc Simonetti en référence au livre "Accros du roc" de Terry Pratchett

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Logo défi Valériacr0Cette lecture a été sélectionnée par Valériane pour le mois de novembre lors de notre défi Valériacr0. Il s’avère que le précédent tome avait aussi été lu grâce à elle en  avril.

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Hilde (Le livroblog) a aussi poussé un cri quand la harpe de Kreskenn Kelenn fut brisée.

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Illustrations : #01 Illustration de Josh Kirby ; #02 Illustration de la ‘hardcover’ de Orion Publishin Group ; #04 et #05 Illustrations de Paul Kidby ; #03 et #06 Illustrations de Marc Simonetti.

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Rond de Sorcière #88

27/11/2017 16 commentaires

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Logo Rond de Sorcière du blog LivrementLe Rond de Sorcière me permet de vous faire découvrir tous les livres lus durant le mois ; notamment les petits trésors que je découvre sans avoir le temps de leur consacrer une chronique complète.
C’est une sorte de compromis entre ma bonne conscience livresque et moi. Je vous parlerai aussi de ce qui touche de près ou de loin le monde des livres ; comme une parenthèse plus personnelle.

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En octobre, j’ai dévoré 3935 pages dont une bande-dessinée de 120. En réalité, je me fiche un peu des chiffres – alors je ne vais plus l’indiquer dorénavant – la seule curiosité de moi pour moi-même est de connaître la proportion de « bulles » dans mes lectures (ce qui m’a fait sourire cet été où je me suis enquillé toute la série Thorgal). Par contre, je peux noter la coïncidence marrante : j’ai lu consécutivement trois romans de 416 pages chacun.

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♠ Ce mois, j’ai fêté la septième année de mon défi Fin de série : 49 séries listées, 98 tomes lus (pas depuis le dernier bilan, hein), 10 séries terminées ou à jour des parutions. Hypothétiquement, il ne me reste plus qu’à découvrir 75 tomes de mon immense liste (sur les 497 répertoriés).

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♠ Traditionnellement, je participe au challenge Halloween. Cette année, j’ai publié huit chroniques sur des livres thématiques. Serial killer, apprenti épouvanteur, chat noir, enfants particuliers, cibopathe, bibliothèque sombre, univers post-apocalyptique… j’ai varié les plaisirs !

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♠ C’est d’ailleurs dans ce cadre et celui de notre défi Valériacr0 que ma « partner in crime » Valériane m’avait proposé de feuilleter « Alice au pays des merveilles » illustré par Benjamin Lacombe.

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♠ Avec grande joie, j’ai revu l’équipe de DEEDR, d’encre et de rêves. J’avais rencontré Morgana et La Luciole pour la première fois en août 2015. Nous avons dégusté… des délicieuses pâtes mais aussi quelques avis sur nos lectures. Nous avons philosophé sur lit de sauce aux cèpes (un délice !).

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♠ Et avec tout ceci, il ne faudrait pas oublier qu’octobre est le « mois de l’imaginaire ». Les Dames Phooka & Dup avaient convié plusieurs blogueurs à venir papoter chez elles, vous trouverez par ici la liste des interviews de lecteurs de l’imaginaire.

 

♠ J’ai aussi été gâtée durant ces dernières semaines, grâce aux colis de Carole et Hilde avec de l’Halloween dedans ! Elles ont d’ailleurs pris soin de ma pile à lire.

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Quelques nouveautés sont venues gonflées ma PAL :
¤ ARLENE Alexandre : Bloody Harry
¤ HAWKINS Scott : La bibliothèque de Mount Char
¤ TARVEL Brice : Pierre-Fendre
¤ WALTON Jo : Les griffes et les crocs

→ Hilde a très bien choisi le titre « Bloody Harry », je lis le blog éponyme d’Alexandre Arlène et je me bidonne à chaque strip. D’ailleurs, je le mets entre toutes les mains des personnes venant chez moi. Carole m’a envoyé dans deux univers différents avec « Les griffes et les Crocs » de Jo Walton ainsi que « La bibliothèque de Mount Char » de Scott Hawkins (le tout en dégustant pleiiin de chocolats). J’ai découvert « Pierre-Fendre » de Brice Tarvel grâce au concours « Rentrée de la fantasy des indés de l’imaginaire » organisé par Xapur.

Passage éclair en PAL puisqu’ils ont tous été lus depuis 😉

Résultat : +4 entrées ; -6 sorties

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Acquisitions livres octobre 2017 du blog Livrement

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Romans SFFF

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Couverture de Les Seigneurs de Bohen d'Estelle FayeLes Seigneurs de Bohen – Estelle Faye
Plaisir de lecture Livre fantas… tique
De ce livre, c’est sans doute la palette des personnages qui m’a le plus ébouriffée. Ce ne sont pas des héros, mais des personnes intrigantes à suivre, à voir évoluer, à prendre vie sous nos yeux ; et qui réservent des surprises ! J’ai aimé l’histoire aussi : les pérégrinations de chacun et la poésie qui transparait entre les lignes. Le roman mérite les échos que vous avez entendus (ou écoutés). Un chouette moment de lecture !

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Couverture L'archipel du rêve de Christopher PriestL’archipel du rêve – Christopher Priest
Plaisir de lecture :  Livre avec regrets
L’histoire, je pense l’avoir bien comprise ; le titre dit tout, en même temps. J’y ai cherché des subtilités sans les trouver. Je ne dis pas qu’elles n’existent pas mais juste qu’elles ne se sont pas montrées à moi. J’ai cherché les ponts entre les personnages voire même les petites passerelles entre les histoires mais rien d’évident ne s’est dessiné. Si la tension sexuelle est le fil conducteur entre les récits, je trouverais ça presque dommage : le sexe et la guerre, alors ? C’est tout ? Je pense que je suis aussi décalée sur cette histoire que les personnages par rapport à leur vie. J’aurais aussi aimé un écho plus sonore en direction de La fontaine pétrifiante.

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Roman Les Griffes et les Crocs de Jo WaltonLes Griffes et les Crocs – Jo Walton
Plaisir de lecture Livre avec regrets
Chronique complète
L’histoire commence au décès du dragon Bon Agornin : ses enfants doivent se partager son corps – comme le veut la tradition – et aussi sa richesse. C’est le départ de disputes entre eux. Sous l’époque victorienne, les dragons doivent agir selon les us et coutumes. Jo Walton ne cache pas son envie de discuter autour des mœurs sociétales. L’anthropomorphisme doit être accepté dès le départ pour voyager dans ce récit. Hormis cette thématique abordée, le récit reste sage, peut-être trop pour ne pas s’y ennuyer. Je considère ma lecture comme tiède.

 

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Œuvres graphiques SFFF

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Couverture du livre Alice au pays des merveilles illustré par Benjamin LacombeAlice au pays des merveilles – Benjamin Lacombe
Plaisir de lecture :  Livre sympa
Chronique complète
S’il y a un mariage qui semblait parfait à mes yeux, c’est le trait de Benjamin Lacombe et les écrits de Lewis Carroll. Il faut dire que le célèbre lapin blanc de l’illustrateur était déjà tout désigné comme « clef » pour entrer dans cet univers. Plusieurs illustrations émaillent le récit, avec une diversité sur les matériaux : Posca, encre de chine, gouache, huiles. L’absurde est bien de mise en avant par Benjamin Lacombe tout en respectant l’univers victorien. Cependant, j’attendais d’être surprise par l’artiste ; j’ai trouvé que ses dessins étaient un peu « dressés » dans le confort et la maîtrise qu’il a acquis ces dernières années.

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Couverture française de Descender tome 1 de Lemire et NguyenÉtoiles de métal (Descender, volume 1) – Jeff Lemire & Dustin Nguyen
Plaisir de lecture :  Livre fantas… tique
Ah, mais AH ! Explosion de la rétine sur les magnifiques aquarelles de Dustin Nguyen. La mise en valeur est juste à tomber ! Le scénario est bien ficelé et les personnages sont truculents. On est très loin d’une impression « d’introduction » avec ce premier tome. L’histoire promet d’être riche et clairement ce premier tome « envoie du bois » (mais de rien pour l’expression pourrie que vous avez lue à l’instant).

 

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Autre livre

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Couverture de Allons voir plus loin, veux-tu ? Livre d'Anny DupereyAllons voir plus loin, veux-tu ? – Anny Duperey
Plaisir de lecture :  Livre à découvrir
J’ai découvert la plume d’Anny Duperey complètement par hasard avec le titre « Le voile noir » (que j’ai relu et qui s’avère toujours une claque pour moi). Son écriture simple nous entraîne dans la vie – beaucoup moins simple – de quatre personnages. On entre littéralement dedans. On suit le point de vue de chacun et leurs pensées sont à serrer le cœur, de tristesse et de bonheur aussi. Ce sont autant d’émotions peintes avec beaucoup de réalisme.  Son style est très accrocheur, clair et fluide.

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La saison des tartes aux pommes est lancée | Offrir à une jeune fille l’intégrale d’une série que j’ai beaucoup aimée | Tester un nouveau bar à jeux et l’apprécier | Ainsi que de nouveaux jeux de société | Vite, vite, coudre un kit de naissance | Dîner de pâtes aux cèpes et de délicieux desserts avec Morgana & La Luciole | Rencontrer Izia | Et profiter du soleil de mi-octobre pour déguster le dessert dehors | Regarder se déployer une nouvelle feuille de mon monstera deliciosa | Dévorer un bibimbap en famille | Faire pousser des chats | Envoyer le cadeau d’anniversaire pour Delphine | Manger coloré comme l’automne | Coudre des lavettes | Recevoir un super colis de la part de Carole | Pâtisser « Halloween » | Préparer sa décoration | Déjeuner plaisir au restaurant | Turtle-sitter | Recevoir un chouette colis de Hilde | Dont un félin profite directement | Réceptionner une superbe carte dessinée par mon amie Lucie | Fêter Halloween en petit comité | Et beaucoup rire.

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Photo d'une tarte à la pomme décorée Dédicace de Hervé Jubert pour l'intégrale MONSTRE

Essai d'un bar à jeux, Blastodice Kit de naissance cousu

Photo d'un tiramisu, dessert pris lors de la rencontre de Deedr Photo d'Izia, jour de sa rencontre

Nouvelle feuille d'un monstera deliciosa Photo d'un plat bibimbap

Chats allongés sur la terre, bac à tomates Scrap d'une carte anniversaire avec ballons

Légumes d'automne, ragoût potiron Couture : lavettes maison

Colis de Carole : livres et chocolats Gateau Zebre pour Halloween

Glaçage fil d'araignée sur gâteau Gâteau au potiron

Carte desinée sur le thème d'Halloween avec des ombres de citrouilles Colis sur le thème d'Halloween : stickers, carte maison et livre Bloody Harry

Chat allongé sur le fauteuil de lecture à coté d'un coussin à message sur l'automne Table décorée pour Halloween

Carte scrapée sur le thème d'Halloween Dessert glacé à la figue

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WALTON Jo – Les Griffes et les Crocs

20/11/2017 18 commentaires

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Roman Les Griffes et les Crocs de Jo WaltonTitre : Les Griffes et les Crocs
Autrice : Jo Walton
Plaisir de lecture Livre avec regrets

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Le dragon Bon Agornin tout juste passé de vie à trépas se fait dévorer par ses enfants comme le veut la tradition. La répartition de la richesse de la famille ne sera pas le seul souci que la fratrie va devoir subir. Dans une époque victorienne guindée, ils vont aussi être soumis à des turbulences personnelles.

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J’étais très curieuse de savoir ce que renfermait le nouvel opus de Jo Walton. Après avoir été tentée par les copinautes, c’est Carole qui me l’a placé entre les mains. Il faut dire que la couverture dessinée par Aurélien Police fonctionne très bien sur moi (je voulais le liiire !).
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Les protagonistes sont des dragons ; ils sont doués d’une conscience. Ils parlent et s’habillent. Ce sont donc des dragons « civilisés » : ils possèdent des us et coutumes ainsi que des comportements propres concernant leur morale. Exemple : leur morale religieuse leur déconseille fortement de voler le premier jour – qu’on associe facilement au dimanche, jour saint – les personnes religieuses telles que les prêtres ne volent pas et ont leurs ailes attachées dans le dos.

Il y a aussi des détails purement liés aux créatures : ils grandissent essentiellement s’ils mangent de la chair de dragon, dorment sur un tas d’or et le vol s’acquiert en grandissant tout comme l’apprentissage parfois du feu.

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Cet anthropomorphisme ne m’a pas dérangée, c’est le contrat que présente l’autrice et que j’ai accepté. Mais je comprends nettement qu’on puisse en être surpris sinon réfractaire.
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On découvre la famille – et ses multiples querelles – à partir du décès de Digne Bon Agornin. On suit ses enfants et leurs problématiques : un fils prêtre qui ne sait quoi faire d’une confession, un fils qui se construit dans les affaires à sa seule force, son aînée qui a eu le luxe de proposer une dot démesurée pour son mariage et les deux benjamines esseulées issues de la même couvée.
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L’histoire est racontée en alternance selon le point de vue des enfants.

La critique de la société n’est absolument pas cachée ni même voilée. Sont exposées les problématiques de l’époque victorienne avec la place de l’aristocratie, la condition de la femme et celle des domestiques. Il faut dire que les dragonnes se doivent de maitriser les mêmes principes : harmoniser les chapeaux à la saison et aux événements, assurer les bals de présentation des débutantes, accepter la présence de chaperons, se hisser sur le marché du mariage et réaliser avec brio son entrée dans le monde.
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Jo Walton se lance sur les questionnements concernant le conservatisme, l’intolérance religieuse, le marquage social et l’importance de la fin de vie et du passage à la mort.

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L’intérêt principal réside dans le fait que les axiomes de cette époque victorienne deviennent réels car ils sont liés aux lois de la biologie. Prenons les mœurs du mariage : si une dragonne rosit (c’est-à-dire que ses écailles tournent au rose), cela signifie qu’elle ressent des émotions pour celui qui les a fait naître. Elle se trouve donc dans l’obligation d’épouser celui qui a fait sa proposition. Elle peut aussi rosir si un prétendant s’approche trop d’elle. La couleur semble se fixer alors de manière irrémédiable avant que les écailles ne commencent à virer dans le rouge par le pacte de mariage pour poursuivre tout au long de sa vie dans le spectre jusqu’aux pourpres.

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Et pourtant, malgré ces remarques sociétales c’est bien une ambiance insouciante qui domine l’ensemble du récit ; récit qu’on pourrait placer dans toutes les mains.
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Même si le thème du fonctionnement de la vie sociale est intéressant, il reste que je me suis ennuyée et que j’en reste dubitative. Cette histoire pour les futurs lecteurs aura un effet quitte ou double.

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Le monde est alléchant et pourtant, j’ai trouvé que ce potentiel était non abordé. La saveur de lecture est assez tiède pour moi et c’est un titre que je ne retiendrai pas. D’autres romans de Jo Walton m’ont littéralement fait vibrer, comme Morwenna et Mes vrais enfants.

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Albédo (Lutin82)Bibliovermis, Book en stock (Dup)Le culte d’Apophis, Les lectures de Bouch’, Les lectures de Mariejuliet ont aussi pris leur envol depuis une corniche de la maison de l’Exalte Benandi.

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Categories: WALTON Jo Tags: ,

Rencontre avec Guy Gavriel Kay ♡

13/11/2017 26 commentaires

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Rencontre avec Guy Gavriel Kay blog Livrement

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Vendredi 10 novembre, j’ai bravé le froid, le vent, la pluie et la nuit – en vélo ! – pour rencontrer Guy Gavriel Kay. Ce n’est qu’en début d’après-midi que j’ai su que l’auteur, accompagné de Jean-Claude Dunyach et Jean-Daniel Brèque venait à la librairie Ombres Blanches quelques heures plus tard.

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Faire découvrir Ombres blanches à Guy Gavriel Kay, lui a fait sortir les yeux comme le loup de Tex Avery.

Jean-Claude Dunyach

 

J’ai énormément apprécié ce rendez-vous car il s’agissait d’une véritable discussion. Il n’y avait pas de déroulement « bateau » et toutes les questions de Jean-Claude Dunyach étaient intéressantes. Guy Gavriel Kay est un très bon orateur – et on voit qu’il a l’habitude – car son élocution est parfaite : rythme lent, prononciation de toutes les lettres et nous pouvions facilement comprendre son trait d’humour… J’en viens aussi à souligner que la traduction de Jean-Daniel Brèque était délicieuse ; et même s’il est traducteur de profession, je suis toujours admirative d’une traduction en live aux tournures intelligentes et compréhensibles.

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Rencontre Guy Gavriel Kay, Jean-Claude Dunyach et Jean-Daniel Brèque
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Le tout s’est déroulé en petit comité, bande de chanceux que nous étions. Les échanges ont duré une heure durant lesquels on a envie de se replonger irrémédiablement dans les livres de l’auteur maintenant qu’il nous a apporté une nouvelle lumière sur ses écrits.
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Ce que j’apprécie dans la plume sont les éléments qui ont de l’importance aux yeux de l’auteur ; comme la recherche intense d’informations, réussir l’immersion dans un univers, et la finesse des détails.
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Il nous a également livrés un secret, mais je ne pourrais le communiquer sous peine d’y passer ont-ils tous trois annoncé. Je vous laisse avec quelques phrases que j’ai retenues :

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Je veux décrire le monde de façon telle que vous, lecteurs, puissiez entrer en immersion autant que je le fais. Les sens – toucher, goût, odorat, etc – doivent être travaillés pour que le lecteur ait l’impression d’y vivre. Ce sont donc des univers fictionnels que l’on a l’impression de connaître pourtant.

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Les recherches prennent un an à un an et demi et c’est la partie la plus passionnante de mon travail. Apprendre, apprendre et apprendre encore.

C’est encore le stade où j’apprends et j’adore ça. Arrive le moment où il faut ressortir tout ce qu’on a appris afin qu’il soit digne des gens et des lieux. C’est là que les choses se corsent.

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Quand on est sérieux dans son art, on se rend compte du fossé entre ce qu’on a appris et ce qu’on arrive à mettre sur papier. Le procédé de l’écriture est de diminuer ce fossé qui sépare l’idéal du réel.

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Je vais faire une confession : je n’ai jamais rédigé un seul résumé de livre de toute ma vie.
Aux éditeurs, je leur dis que j’écris un livre, que je ne peux pas en parler et qu’ils l’auront quand il sera terminé.
Je fais ça pour deux raisons :
1/ J’aime torturer mon éditeur,
2/ Aujourd’hui, il arrive de plus en plus qu’un livre fuite et les gens essaient de deviner ce que l’auteur va écrire. Et parfois, comme il y a des malins, certains vont tomber juste et je ne veux pas que les lecteurs sachent ce que j’écris.

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Guy Gavriel Kay en dédicace, blog Livrement

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Si vous suivez le blog depuis longtemps ou si nous en avons déjà parlé, vous savez que « La tapisserie de Fionavar » est mon œuvre préférée. Alors, je savais déjà que j’emportais le premier tome. C’était émouvant pour moi d’expliquer – enfin de m’exprimer en français et d’avoir autour de moi trois traducteurs pour basculer en anglais – la raison. D’abord, je l’ai remercié pour cette rencontre, puis j’ai signalé avoir apprécié tous ses livres. Mais que j’avais un attachement particulier à la trilogie sus-citée pour deux raisons : les livres étaient des survivants, ils ont résisté à un dégât des eaux puis à un incendie, et c’est l’œuvre que j’ai le plus relue de toute ma vie et qu’il y avait un effet qui ne m’est jamais arrivé avec un autre livre, mon ressenti pour les personnages a évolué. Paul que je détestais est devenu mon préféré de par son vécu et sa personnalité.
Il a été un peu abasourdi, mais je garde sa réponse pour moi. Et après avoir signé mon exemplaire, il m’a fait un clin d’œil (et oui !).

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J’avoue ne pas penser un jour rencontrer l’auteur – sauf si je me décidais à parcourir toute la France pour le voir à un festival (un jour…) – j’ai donc l’impression d’avoir eu la berlue. Ce fut le cas aussi en rencontrant Ted Naifeh.

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→ Quelques informations : au mois de janvier, les éditions L’Atalante republieront « Tigane » et probablement en août 2018, paraîtra la version française de « Children of Earth and Sky » traduit par Mickaël Cabon.

→ N’hésitez pas à découvrir l’interview de l’auteur en septembre 2015 sur le blog Book en Stock.

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Au cœur d’une histoire, il y a toujours un mystère que seul l’auteur connaît.

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Dédicace de Guy Gavriel Kay pour Livrement

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Categories: Vie de lectrice Tags:

DELANEY Joseph – Le destin de l’Épouvanteur, tome 8

09/11/2017 6 commentaires

 

Couverture Le destin de l'épouvanteur de Joseph Delaney.

Titre : Le destin de l’Épouvanteur (L’Épouvanteur, tome 8)
Auteur : Joseph Delaney
Plaisir de lectureetoile 4 Livre à découvrir
Tome 1, tome 2, tome 3, tome 4, tome 5, tome 6, tome 7
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La guerre décime tout : le Comté est touché et la maison de l’Épouvanteur à Chipenden n’existe plus. Il ne reste plus qu’un seul livre, toute la bibliothèque a été détruite, l’ultime héritage pour les prochaines générations. Lizzie l’Osseuse a aussi été libérée.

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Le Comté est toujours en proie à la guerre. L’Épouvanteur, Tom et Alice décident de quitter l’île de Mona pour accoster en Irlande. Des mages malfaisants s’en prennent à eux et ils vont devoir gérer l’arrivée de la Lame du Destin.
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Ô combien il est difficile de parler de chaque tome de cette série sans spoiler !

Mes avis demeurent courts : ils me permettent de fixer mon impression dans ma découverte d’une saga, qui me semble, bien partie pour me plaire dans son entièreté.

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Ce voyage en Irlande qui arrive tout de suite après l’aventure relatée dans « Le cauchemar de l’Épouvanteur » est davantage un prétexte décoratif (et encore…) qu’un réel appui pour développer l’intrigue, ses intervenants ou l’ambiance et c’est bien dommage.
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Dans ce volume, l’Obscur prend toujours davantage de place et de la magie noire va être pratiquée.
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Tom Ward est toujours d’une grande naïveté : si cela peut paraitre touchant qu’il ne voit que le bien en chacune des personnes qu’il croise (ou recroise), c’est un peu étrange de voir qu’il n’a pas encore évolué sur ce point, à deux ans de la fin de son apprentissage.

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« Le destin de l’Épouvanteur » à découvrir car on y rencontre la Morrigan, le dieu Pan arrive dans notre monde, le Malin se rapproche de Tom, Alice va donner de sa personne et John Gregory va dire merci à une sorcière.

Pour cet épisode, la créature nouvelle que l’on découvre est un jaboteur… qui s’avère complètement inconnu par l’équipe. Aucune trace de cet hurluberlu dans aucun Bestiaire.
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Lecture conseillée à partir de 12 ans

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Fan art d'Alice Deane, sorcière de L'épouvanteur de Joseph Delaney

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Dans le chaudron :
Des univers fantasy estampillés jeunesse
¤ Harry Potter de J.K. Rowling
¤ Rose de Holly Webb
¤ Narnia de C.S. Lewis
¤ A la croisée des mondes de Philip Pullman
¤ Eragon de Christopher Paolini
¤ Cœur d’encre de Cornelia Funke

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logo challenge Halloween 2017.

Il était temps de lire un tome de la série de l’Épouvanteur pour le challenge Halloween ! Sinon, cette lecture aurait manqué, comme un ingrédient dans une potion.

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Illustration : fan art d’Alice Deane réalisé par David Galopim.

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MURAKAMI Haruki – L’étrange bibliothèque

07/11/2017 22 commentaires

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Livre L'étrange bibliothèque écrit par Haruki MurakamiTitre : L’étrange bibliothèque
Auteur : Haruki Murakami
Plaisir de lecture Livre fantas… tique

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Un jeune homme rapporte ses prêts à la bibliothèque municipale. À la recherche d’un titre, la femme qui l’accueille lui répond immédiatement :
— Descendez l’escalier, et puis à droite, répondit la femme sans lever la tête. Avancez tout droit jusqu’à la salle 107.

Bien qu’il vienne régulièrement, ce sous-sol est une nouveauté pour lui. Il tombe nez-à-nez avec un vieillard qui le fait enfermer.

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Cette nouvelle très courte – 73 pages réparties équitablement entre texte et illustrations – porte bien son nom. L’atmosphère est étrange, coincée entre rêve et cauchemar.
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Cet opus graphique est servi par des illustrations de Kat Menschik complètement hypnotiques. Les dessins s’affichent en pleine page, dans des tons noirs et gris et quelques pointes orangées.
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C’est un véritable trésor qui se déploie sous nos yeux : chaque illustration possède un film transparent et lorsqu’on bouge le livre pour capter la lumière sur la page. Avec ces détails supplémentaires, cela donne du relief à la « lecture » de l’image.

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« L’étrange bibliothèque » est pour moi le premier livre de l’auteur que je découvre. Le style est fluide et il vaut mieux se laisser entrainer pour une évasion réussie.
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Il y a cette impression de flottement voire d’indécision car l’identité des personnages est imprécise. On peut se demander si l’aventure est réelle. La leçon de vie est instructive bien que glauque.
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L’expérience est intéressante car elle suscite une réaction du lecteur. C’est donc une histoire originale mais son côté noir peut ne pas convenir à tout lecteur. L’angoisse fait partie intégrale des pages ; la fin peut choquer.
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Cette dernière est ouvert et clôt parfaitement le récit mais je peux comprendre que certains y sentiront aussi un goût d’inachevé. Une nouvelle qui se dévore en une heure.
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Le livre est parfait à offrir. Mon exemplaire est un cadeau de Hilde en décembre dernier que j’ai lu aussitôt reçu. Et à mon tour, je l’ai ajouté à la PAL de Valériane pour son anniversaire (enfin son propre exemplaire, j’ai gardé le mien !).

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L'étrange bibliothèque de Murakami, une double page

Illustration de Kat Menschik de L'étrange bibliothèque de Haruki Murakami

Gif animé pour montrer le jeu de la lumière sur une illustration de Kat Menschik pour L'étrange bibliothèque de Murakami

Détails cuivrés de la couverture de l'étrange bibliothèque, livre de Murakami

 

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logo challenge Halloween 2017

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Jeune homme emprisonné dans un sous-sol, homme-mouton et pacte passé donne un avant-goût de cette lecture parfaite pour le challenge Halloween.

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