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Archives pour la catégorie ‘WALTON Jo’

WALTON Jo – Pierre-de-vie

25/07/2019 17 commentaires

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Couverture du roman "Pierre-de-vie" de Jo WaltonTitre : Pierre-de-vie
Autrice : Jo Walton
Plaisir de lectureLivre fantas… tique
Lire les premières pages

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Applekirk est un village rural à l’Est où il fait bon vivre. Le temps est marqué par le calendrier agricole : semis, levées et récoltes. Applekirk est défini par un manoir et son seigneur, le travail des moissons, la douceur de vivre et les mœurs libres.

Ce temps paisible est troublé par l’arrivée de deux voyageurs munis d’une grande curiosité : un érudit de l’Ouest et l’ancienne maîtresse des lieux. Leur arrivée est signe de chamboulement dans la vie tranquille des villageois.

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Pour le fonctionnement de cet univers, il y a deux éléments à prendre en compte :

· la yeya qui est le nom de la magie. Alors point de batailles épiques ailées ou de sorts lancés à bout de bâton, c’est une magie plus douce, celle qui permet surtout une protection : protection des mains pour récupérer un plat brûlant en sortie de four, protection des portes qui avertissent de l’arrivée d’un intrus, protection des enfants à un sommeil réparateur, celle insufflée dans les gris-gris positionnés aux fenêtres pour couper le vent et ses annonces négatives.
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· Ensuite, il y a le temps et son flux. Il ne s’écoule pas de la même manière selon les quantités de yeya disponibles. Ainsi, à l’Est, la magie est forte et le temps s’écoule doucement alors qu’à l’Ouest, il y a peu de magie, des dieux existent et le temps coule plus vite.
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Le début de roman demande un petit temps d’adaptation pour appréhender ces temporalités. Le décalage temporel est une composante novatrice dans la construction du roman et surtout dans l’historique d’Applekirk.

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Lentement, Taveth inspire à fond pour reprendre possession de son corps, puis elle s’approche de la fenêtre et de la yeyana suspendue devant la vitre. Elle est composée d’une pierre bleu et noir autour de laquelle est entortillé un fil d’argent, d’un bouquet d’herbes attachées avec un ruban rose terne, d’une tresse de cheveux, d’une pierre couleur de fumée couverte de signes yeyans, d’une bille de verre bleue sur laquelle est gravé un œil, et d’une toute petite figurine en argent représentant une licorne aux yeux de cristal scintillant. En dessous, sur le rebord, des pierres de tailles et de couleurs différentes ont été disposées avec soin les unes contre les autres.

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Pierre-de-vie est une fantasy par petites touches, une fantasy personnelle et même intimiste. Il y a ce quotidien d’une extrême importance émaillée par différents mouvements et actions : le cycle agricole avec les besognes et les festivités ; l’amour aussi, comprenant les sentiments, les attachements, les relations couples-amants, la famille et les enfants.
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Est souvent utilisée l’expression « domestic fantasy » pour qualifier cette histoire, j’estime que c’est justement par synonyme de « familial ». Oui, l’aspect ménager est assez fort : les descriptions sont nombreuses quant à la préparation des repas, la mise de la table, l’entretien du linge mais c’est logique puisque la tenue du foyer est la pierre de vie de la protagoniste Taveth.

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Concernant les différents personnages, c’est surtout les femmes qui captent l’attention car elles sont fortes et déterminées. Elles sont avant tout elles-mêmes avant d’être un titre ou une fonction « épouse de », « mère de ». La pierre de vie d’une personne est la constance qu’elle maintient en direction de sa destinée.
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Chaque personnage apporte du poids à l’essence de cette famille.

Le schéma familial est singulier, c’est une véritable ode au polyamour qui infuse à travers les pages. Il y est question aussi d’asexualité, d’homosexualité et de bisexualité mais à moindres mesures. Le roman Pierre-de-vie prend ses racines dans l’importance des liens qui unissent les membres de la famille.

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Avec un rythme sans empressement et beaucoup de douceur, Jo Walton nous soumet un éloge à la lenteur. C’est totalement immersif ! C’est finalement une fresque familiale : on entre dans la vie de la maisonnée, on apprécie la structure familiale, dans une société qui nous apparaît comme réelle et fonctionnelle. Jo Walton n’avait plus besoin de le prouver, elle montre encore qu’elle est une véritable autrice caméléon avec ce titre.

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Si vous avez aimé Morwenna et Mes vrais enfants écrits par Jo Walton, alors vous pourriez apprécier Pierre-de-vie.

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Quand Taveth chante une berceuse à ses bébés, elle se sent mère, comme toutes les mères attachées à leurs enfants par les liens puissants du sang et du lait. Quand elle chante une berceuse aux bébés de Chayra, elle se sent comme tous ceux et toutes celles qui ont chanté des berceuses à des bébés qu’ils n’ont pas portés : les grands-parents, les tantes, les concubins et concubines, les nourrices, ils sont innombrables. Il y a autant d’hommes que de femmes qui chantent avec elle dans cette pièce, mais elle ne voit ni Ferrand ni Ranal, qui sont tous les deux de gros dormeurs. Pendant la journée, Ranal adore les bébés ; il emmène souvent Tydsey quand il s’occupe des travaux de la ferme.

Elle déroule sa chanson comme le fil d’un écheveau que Tydsey suit jusqu’au sommeil. Ses yeux se referment d’un coup. Taveth fredonne encore un peu ; c’est certainement l’une des yeyas les plus puissantes qu’elle connaisse, chanter une berceuse à un enfant qui hurle et, par cette simple action, le confier à un sommeil réparateur. Les cils de Tydsey sont toujours humides sur sa peau, mais il s’agit bien d’un bébé qui dort, désormais. Taveth termine sa chanson au cas où, puis s’éloigne à pas de loup parmi toutes ces présences venues du passé et du futur.

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Mise en scène du roman Pierre-de-vie de Jo Walton : fleurs séchées et tissu bleu

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Le bibliocosme (Boudicca), Le dragon galactique (Tigger Lilly), NevertwhereUn papillon dans la Lune ont senti l’odeur du linge propre sécher à côté des herbes aromatiques.

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Rond de Sorcière #108

17/07/2019 18 commentaires

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Logo Rond de Sorcière du blog LivrementLe Rond de Sorcière me permet de vous faire découvrir tous les livres lus durant le mois ; notamment les petits trésors que je découvre sans avoir le temps de leur consacrer une chronique complète.
C’est une sorte de compromis entre ma bonne conscience livresque et moi. Je vous parlerai aussi de ce qui touche de près ou de loin le monde des livres ; comme une parenthèse plus personnelle.

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Juin voit l’été commencer, j’ai établi une pile à lire spéciale ⛱

J’ai préféré mon concentrer sur le soleil alors que quelques jours avant, il a plu chez moi. Ce qui a occasionné un vidage en quatrième vitesse de ma bibliothèque.

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🎯 De manière un peu plus calme, je suis revenue sur l’avancement de mon défi Fin de Série : seulement 3 lectures… mais l’avancée de 3 séries.

Pour le défi Valériacr0, Valériane m’a choisi « Histoires du soir pour fille rebelles ». Histoire de montrer sa rebel-attitude à l’occasion de la Saint-Jean (fête célébrée avec boutage de feu).

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🚀 Les livres, c’est aussi se tourner vers l’extérieur :

Je suis allée à la rencontre entre Alain Damasio et Jean-Claude Dunyach et j’ai aimé leur joute verbale.

J’ai aussi retrouvé mes chers passionnés toulousains au dimanche de l’imaginaire.

Parallèlement à la vente de mes livres, je remplis les boites à lire et libère à nouveau des livres voyageurs en les taguant en mode « bookcrossing ».

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Remplissage de ma Pile à Lire :
¤ CARRIGER Gail : Le pensionnat de Mlle Géraldine – Poisons & Jupons, tome 3
¤ DAMASIO Alain : Les furtifs
¤ HARDINGE Frances : Le chant du coucou
¤ MITCHELL David : Slade House
¤ WALTON Jo : Pierre-de-vie

→ Drapeau de la Raisonnabilité dressé haut, j’ai intégré le troisième tome de Gail Carriger. Je n’ai pas su résister : « Les furtifs », « Slade House » et « Pierre-de-vie » sont les derniers parus de ces auteurs. J’ai gagné « Le chant du coucou » à l’occasion du concours de l’Atalante sur Twitter pour leurs 30 ans (et je suis joie).

Résultats : +5 entrées ; -5 sorties

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Livres acquis en juin 2019, blog Livrement

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Couverture du roman Les furtifs d'Alain DamasioLes furtifs – Alain Damasio
Plaisir de lecturenote : 4 Livre à découvrir
Dans cette société ultra connectée, chaque individu est tracé dans ses moindres faits et gestes. Le capitalisme est hypertrophié, les pouvoirs publics n’assurent plus rien. Il existe des poches de résistance composées d’individus qui défendent des valeurs humanistes. Et malgré toutes les technologies disponibles, personne n’a encore réussi à mettre la main sur un furtif vivant. Ces entités se transforment en céramique dès qu’un regard humain se pose sur eux. Et c’est comme ça qu’on s’approche du « frisson », cette mélodie qui va rythmer un univers captivant. Avec un jeu typographique et des essais grammaticaux, cette œuvre est ambitieuse – qu’on pourrait trouver élitiste aussi – et ne peut donc pas plaire à tout le monde. J’ai accueilli le tout comme un jeu et je m’y suis bien amusée même si certains éléments m’ont davantage intéressée que d’autres.

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Couverture du roman Jupons et Poisons de Gail Carriger, troisième tome de la série Le pensionnat de mademoiselle GéraldineJupons & poisons (Le pensionnat de Mlle Géraldine, tome 3) – Gail Carriger
Plaisir de lecture Livre sympa
Tome 1, tome 2
J’avais arrêté la série en 2015 car je la trouvais beaucoup trop fade par rapport au Protectorat de l’ombrelle. Comme j’avais envie de découvrir le devenir de Sophronia, je l’ai reprise où je l’avais laissée sans aucun souci d’oubli concernant l’intrigue.
Je suis donc contente d’avoir retrouvé la protagoniste et toute sa clique : Dimity, Sidheag, Savon et même Lord Felix Mersey. On observe une évolution des relations – entre les filles, avec Savon – et la scène politique prend du poids car des décisions quant à l’avenir vont devoir être établies. Ces jeunes filles se doivent d’incarner l’élégance en toutes circonstances. Le tome se déroule majoritairement en dehors de l’école, c’est l’occasion pour elles d’appliquer la théorie dans des situations concrètes. Dans un style suranné, Gail Carriger nous propose un univers steampunk. L’intrigue est quelques peu linéaire mais les actions s’enchainent. On retrouve aisément des connexions avec la première saga de l’autrice et le surnaturel reste bien intégré.

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Couverture du livre "Histoires du soir pour filles rebelles" d'Elena Favilli et Francesca CavalloHistoires du soir pour filles rebelles – Elena Favilli & Francesca Cavallo
Plaisir de lecturenote : 4 Livre à découvrir
Chronique complète
Le livre revient sur le destin courageux de cent femmes. Chaque double page présente une figure féminine : une biographie succincte sur la page de gauche et une illustration sur la page de droite. Les portraits sont variés, que ce soit en termes d’époques ou de continents. Les illustrations sont riches par leur variété et constituent un point d’entrée quant à l’intérêt historique. Le livre est à placer entre toutes les mains, féminines et masculines et il peut être feuilleté dès le plus jeune âge. Même si les textes ne peuvent pas être exhaustifs, le livre constitue une ressource parfaite pour éveiller les consciences.

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Couverture du roman Les nuages de Magellan d'Estelle Faye, publié aux éditions ScrinéoLes Nuages de Magellan – Estelle Faye
Plaisir de lecturenote : 4 Livre à découvrir
Les planètes habitées par l’homme sont sous la coupe des Compagnies, des entreprises tentaculaires qui ont remplacé toute forme de gouvernement.
On y retrouve des personnages féminines authentiques et fortes. Dan est une jeune serveuse et chanteuse de blues à ses heures perdues dans le seul bouiboui du paysage qu’elle connait. Mary Reed en est une fidèle cliente. Elle cherche à se faire oublier de tous et cache son identité. Pourtant, elle n’hésitera pas à sortir de l’ombre aider Dan. Cette histoire entremêle piraterie et amitié. Voyage dans l’espace et intelligence artificielle viennent nourrir l’aspect science-fictif (cyborgs, technologie de pointe et rafistolage en mode système D). Cette course-poursuite dans l’espace est un bon cocktail d’aventures : beaucoup d’actions, peu de temps morts, le tout saupoudré par une dose d’humour. L’alternance entre présent et passé permet d’enrichir l’intrigue. Les chapitres courts relancent le rythme. L’histoire tient la route même si elle est racontée en moins de 300 pages. Le roman se lit bien, l’écriture d’Estelle Faye est un délice à lire de par sa fluidité. Le format « excursions » n’est pas celui qui me convient le mieux : si j’ai aimé rencontrer Dan et Mary, je ne sais pas ce qu’il me restera en mémoire de leurs péripéties.

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Couverture du roman "Pierre-de-vie" de Jo WaltonPierre-de-vie – Jo Walton
Plaisir de lecture Livre fantas… tique
Applekirk est une ville rurale : un manoir, un seigneur, un village, le travail des moissons, la douceur de vivre et les mœurs libres. Dans cet univers, le temps ne s’écoule pas de la même manière sur le territoire : l’Est est emplie de magie – appelée yeya – et le temps s’écoule doucement alors qu’à l’Ouest, il y a peu de magie, des dieux sont présents et le temps coule plus vite. En début de roman, l’appréhension de cette temporalité demande un peu de concentration. Alors que la vie était douce, deux étrangers arrivent au manoir : Jankin, un érudit qui veut tout apprendre et Hanethe, l’ancienne maîtresse des lieux.
On peut parler de fantasy personnelle voire intimiste. Jo Walton présente un schéma familial différent où le polyamour est au centre des relations des personnages. Sont aussi abordées en moindres mesures, la bisexualité, l’homosexualité et l’asexualité. Les personnages féminins sont déterminées et sont d’abord elles-mêmes avant d’être « mère de » ou « épouse de ». Les liens qui unissent les membres de la famille ont un caractère primordial dans cette histoire. Et puis il y a aussi les petits liants du quotidien : les amours donc, les sentiments, la famille, les enfants, les semailles, les moissons, la cuisine, les festivités. Le roman est immersif, le rythme plutôt lent. Jo Walton, autrice caméléon nous offre une formidable et tendre fresque familiale.

 

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Livres lus en janvier 2019.
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📺 Du côté des écrans, c’est un petit visionnage ce mois-ci avec uniquement des séries.

La série Santa Clarita Diet est clôturée avec cette troisième saison : c’est la synergie entre les personnages qui reste le point fort de cette série. Les acteurs sont plutôt doués question expressions faciales et les dialogues sont truculents.

J’ai testé Osmosis, la série française. Plaisir de visionnage : nah 🤷🏻‍♀️ Il y avait une direction forte et claire à prendre concernant l’IA et sa réception par des humains bêtatesteurs, la communication et l’éthique. Sauf qu’en huit épisodes, le spectateur est perdu dans de trop nombreuses intrigues secondaires. Une série trop hésitante, parfois sous couvert du « bien-pensant ».

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Après ces séries « pliées », parlons de celles « en cours ».

La saison 5 de Black Mirror est une déception… mais assez anticipée. Depuis le rachat par Netflix, je trouve les épisodes plus édulcorés, davantage passe-partout (ce qui ne fut pas le cas pour les deux premières saisons !). On reste sur la large thémtique de la communication et surtout ses dérives. Il y a quand même quelques éléments qui m’ont plu, malheureusement au moment où l’intrigue pouvait s’élever, elle retombait comme un soufflet. Décembre 2018, je m’étais pourtant bien amusée avec le film interactif « Bandersnatch ».

La série Calls se compose d’enregistrements sonores, issus de différents outils du type boîte noire, magnétophone, standard téléphonique avec les services d’urgence, message vocal laissé sur messagerie téléphonique. Et… c’est tout ! Autant te dire que le script doit être particulièrement léché pour prendre. La saison 2 a autant fonctionné que la première sur moi ! C’est fou comme je suis réceptive.

Ah, jubilation totale ! J’attendais avec grande impatience la saison 2 de Dark. Synopsis ultra court : À Winden, des événements se déroulant tous les 33 ans sont étroitement liés : 1953, 1986, 2019. Hum, je ne suis pas sûre que cela suffise mais c’est trop compliqué pour moi de vous en parler sans m’exalter sur l’intensité de l’intrigue et par rapport à quels éléments. J’ai été totalement satisfaite : aussi bien sur l’intrigue, ses tours et ses détours (on sent la série déjà échafaudée en trois saisons) que sur la qualité esthétique visuelle. Vivement l’ultime saison ! Je suis vraiment curieuse de ce qu’ils vont nous présenter après ce twist.
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Affiche de la série télévisée Santa Clarita Diet saison 3 Affiche de la série télévisée française Osmosis Affiche de la série télévisée black mirror saison 5 Affiche de la série télévisée Calls saison 2 Affiche de la série télévisée Dark saison 2

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Le mois commence toujours très fort avec le dimanche de l’imaginaire : pique-nique dans un parc à la fraîche | Deux jours après, on se rejoint à la rencontre avec Alain Damasio et Jean-Claude Dunyach | C’est l’été : la préparation culinaire se réduit au minimum ; on compose des assiettes froides au jour le jour | Petite carte d’anniversaire pour une amie | Chatminous en mode tranquille (il fait chaud mais ils sont parfois collés l’un à l’autre) | On partage quelques repas avec les copains et parfois on se balade | Tarte aux fraises et à la chantilly au déjeuner et tiramisu à la fraise au dîner | Faits maison pour l’anniversaire de l’amoureux | Oups, dégât des eaux à cause d’une tempête : les livres sont déménagés en quatrième vitesse | Scrap d’une carte de mariage des copains pour les félicitations suivies d’une pour la naissance de leur fils | Body customisé, premier essai de broderie pour moi | Balade à l’Open summer festival : une édition colorée mais plus chiche que les précédentes | J’ai goûté à la glace « chocolatine », bonne mais pas ma préférée de ce glacier | Et terminer le mois avec les siestes électroniques, festival gratuit sur les musiques électroniques.

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Pique-nique du dimanche de l'imaginaire en juin 2019 Rencontre d'Alain Damasio et les furtifs en juin 2019 à Toulouse

Assiette froide pour l'été Mise en scène du roman Rouge Vénom

binôme félin Raspoutine et Moriarty Gâteau au yaourt et bougies dinosaures

Carte d'anniversaire scrapée violet, doré et bleu turquoise Vue sur la Garonne depuis la passerelle Viguerie

Tarte à la fraise et à la chantilly Livre Vox de Christina Dalcher : quand les femmes ne peuvent plus parler

Bibliothèque déménagée en express pour dégât des eaux Livre Histoires du soir pour filles rebelles

Carte scrapée de félicitation mariage en gris et rose Broderie sur body : prénom Clément et petite pieuvre

Open Summer Festival 2019 Ma liseuse pour m'accompagner dans mes lectures estivales (et mes vacances)

Glace chocolatine Aperçu nocturne des siestes électroniques 2019

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WALTON Jo – Les Griffes et les Crocs

20/11/2017 18 commentaires

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Roman Les Griffes et les Crocs de Jo WaltonTitre : Les Griffes et les Crocs
Autrice : Jo Walton
Plaisir de lecture Livre avec regrets

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Le dragon Bon Agornin tout juste passé de vie à trépas se fait dévorer par ses enfants comme le veut la tradition. La répartition de la richesse de la famille ne sera pas le seul souci que la fratrie va devoir subir. Dans une époque victorienne guindée, ils vont aussi être soumis à des turbulences personnelles.

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J’étais très curieuse de savoir ce que renfermait le nouvel opus de Jo Walton. Après avoir été tentée par les copinautes, c’est Carole qui me l’a placé entre les mains. Il faut dire que la couverture dessinée par Aurélien Police fonctionne très bien sur moi (je voulais le liiire !).
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Les protagonistes sont des dragons ; ils sont doués d’une conscience. Ils parlent et s’habillent. Ce sont donc des dragons « civilisés » : ils possèdent des us et coutumes ainsi que des comportements propres concernant leur morale. Exemple : leur morale religieuse leur déconseille fortement de voler le premier jour – qu’on associe facilement au dimanche, jour saint – les personnes religieuses telles que les prêtres ne volent pas et ont leurs ailes attachées dans le dos.

Il y a aussi des détails purement liés aux créatures : ils grandissent essentiellement s’ils mangent de la chair de dragon, dorment sur un tas d’or et le vol s’acquiert en grandissant tout comme l’apprentissage parfois du feu.

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Cet anthropomorphisme ne m’a pas dérangée, c’est le contrat que présente l’autrice et que j’ai accepté. Mais je comprends nettement qu’on puisse en être surpris sinon réfractaire.
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On découvre la famille – et ses multiples querelles – à partir du décès de Digne Bon Agornin. On suit ses enfants et leurs problématiques : un fils prêtre qui ne sait quoi faire d’une confession, un fils qui se construit dans les affaires à sa seule force, son aînée qui a eu le luxe de proposer une dot démesurée pour son mariage et les deux benjamines esseulées issues de la même couvée.
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L’histoire est racontée en alternance selon le point de vue des enfants.

La critique de la société n’est absolument pas cachée ni même voilée. Sont exposées les problématiques de l’époque victorienne avec la place de l’aristocratie, la condition de la femme et celle des domestiques. Il faut dire que les dragonnes se doivent de maitriser les mêmes principes : harmoniser les chapeaux à la saison et aux événements, assurer les bals de présentation des débutantes, accepter la présence de chaperons, se hisser sur le marché du mariage et réaliser avec brio son entrée dans le monde.
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Jo Walton se lance sur les questionnements concernant le conservatisme, l’intolérance religieuse, le marquage social et l’importance de la fin de vie et du passage à la mort.

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L’intérêt principal réside dans le fait que les axiomes de cette époque victorienne deviennent réels car ils sont liés aux lois de la biologie. Prenons les mœurs du mariage : si une dragonne rosit (c’est-à-dire que ses écailles tournent au rose), cela signifie qu’elle ressent des émotions pour celui qui les a fait naître. Elle se trouve donc dans l’obligation d’épouser celui qui a fait sa proposition. Elle peut aussi rosir si un prétendant s’approche trop d’elle. La couleur semble se fixer alors de manière irrémédiable avant que les écailles ne commencent à virer dans le rouge par le pacte de mariage pour poursuivre tout au long de sa vie dans le spectre jusqu’aux pourpres.

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Et pourtant, malgré ces remarques sociétales c’est bien une ambiance insouciante qui domine l’ensemble du récit ; récit qu’on pourrait placer dans toutes les mains.
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Même si le thème du fonctionnement de la vie sociale est intéressant, il reste que je me suis ennuyée et que j’en reste dubitative. Cette histoire pour les futurs lecteurs aura un effet quitte ou double.

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Le monde est alléchant et pourtant, j’ai trouvé que ce potentiel était non abordé. La saveur de lecture est assez tiède pour moi et c’est un titre que je ne retiendrai pas. D’autres romans de Jo Walton m’ont littéralement fait vibrer, comme Morwenna et Mes vrais enfants.

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Albédo (Lutin82)Bibliovermis, Book en stock (Dup)Le culte d’Apophis, Les lectures de Bouch’, Les lectures de Mariejuliet ont aussi pris leur envol depuis une corniche de la maison de l’Exalte Benandi.

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WALTON Jo – Mes vrais enfants

18/03/2017 31 commentaires

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Couverture de Mes vrais enfants de Jo WaltonTitre : Mes vrais enfants
Autrice : Jo Walton
Plaisir de lecture Livre fantas… tique
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En maison de retraite, Patricia Cowan revient encore sur ses souvenirs. Aux yeux de l’équipe médicale, elle paraît confuse. Mais elle, elle se souvient très bien de ses deux vies. Deux vies dans lesquelles elle a donné naissance et aimé de tout son coeur, ses enfants ; mais deux vies qui ont tellement bifurqué l’une de l’autre : laquelle a-t-elle vraiment vécue ?
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Le roman s’ouvre sur les bribes de souvenirs d’une grand-mère. Son passé se présente sous forme de réminiscence. Cette vieille dame est Patricia Cowan, héroïne de tous les jours, comme vous et moi. C’est en 1945 que se situe le point de divergence de cette uchronie. Jo Walton nous conte les vies de Patricia de sa naissance en 1926 jusqu’en 2015.

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Les chapitres où l’on suit alors Tricia et Pat s’alternent, présentant une narration à la troisième personne. L’autrice emploie des surnoms différents selon les réalités de Patricia. Elle est une seule et même personne vivant dans deux temporalités, deux vies bien distinctes. Et j’appuie sur ce point : à aucun moment le lecteur ne se sent perdu au sein de ces deux univers uchroniques.
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Mes vrais enfants, couverture anglaiseEn deux coups de cuillère à pot : l’une possède une vie mariée morne, née d’un amour décevant mais qui hérite d’un aspect familial bien rempli et l’autre rejette l’amour conventionnel, suit une voie professionnelle prometteuse, s’épanouit elle aussi dans le contact familial mais dont le contexte environnemental est corrompu.
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L’uchronie est clairement personnelle, la perspective historique est bien plus effacée. Les deux vies se superposent, se croisent sur certains événements ou thématiques. C’est bien plus subtil que la comparaison d’une vie où tout va bien versus une vie où tout va mal. Et la force de ce récit est qu’elle se déroule dans des mondes parallèles au nôtre.
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Poids des décisions, forces et faiblesses des choix, Jo Walton nous propose deux versions plausibles de Patricia. Ce sont des possibilités de vie – parmi tant d’autres – qui nous sont offertes. Il est question d’hypothèses, on formule silencieusement des « et si » et puis l’effet papillon vient mettre son battement d’aile grain de sel. Les actions choisies ne sont pas toutes noires ou toutes blanches.
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Les points de vue microcosme et macrocosme se partagent plusieurs propos : le roman est tout aussi intelligent, qu’humaniste et sensible. L’émancipation de la femme est le pivot de cette histoire.
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Cette uchronie pourrait être lue comme une saga familiale, avec une pointe de fantastique même si on ne peut pas décrire le récit ainsi. Patricia est touchée par un souci de santé : sa perte de mémoire devient conséquente au fil des années. Et si finalement, ces deux vies qui s’emmêlent et se mélangent dans son esprit ne seraient qu’en partie ou totalement fantasmées ?
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C’est l’histoire d’une femme, de ses vies et surtout d’un amour inconditionnel pour les personnes qui gravitent autour d’elle, peu importe le degré de cénesthésie. À l’inverse de bon nombre de copinautes, je suis passée à côté du coup de cœur ou de la mention de « chef d’œuvre » bien que j’aie passé un très bon moment avec ce roman.

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Mes vrais enfants éditions Corsair  Mes vrais enfants éditions Tor Books

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Aude (Bizz et Miel), Baroona (233°C)Carole (Lectrice hérétique), Cornwall (La prophétie des ânes), Lorhkan et les mauvais genres, Les lectures de Xapur, Lutin82 (Albédo), Marie Juliet (Books & me), Nevertwhere, Roz (Dans ma bibliothèque), Un papillon dans la Lune et Valeriane (Marque ta page) ont senti le soleil d’Italie sur les pages de leur livre.

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WALTON Jo – Le subtil changement ~ Une demi-couronne, tome 3

29/04/2016 14 commentaires

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Une demi-couronne Jo Walton Le subtil changement tome 3Titre : Une demi-couronne (Subtil changement, tome 3)
Autrice : Jo Walton
Plaisir de lectureetoile 4 Livre à découvrir
Lire les premières pages
Tome 1, tome 2
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1960, Carmichael a été promu Chef du Guet. Ce service politique traque les Juifs et les opposants. Lors d’un défilé, un membre de « Le pouvoir aux anglais » incite la population à se rebeller contre son gouvernement. Le scandale prend de l’ampleur car la présence est confirmée d’Elvira Royston, la pupille de Carmichael pourtant en passe de devenir une lady après présentation à la Reine.

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Trilogie Subtil Changement Jo Walton)°º•. Hitler est bien vivant et le fascisme ancré dans le monde. Le gouvernement anglais de Normanby est à la botte d’Hitler, l’U.R.S.S. a été anéantie par le prince impérial du Japon, doté de l’arme nucléaire. L’uchronie prend de l’ampleur en 1960. En Angleterre, les Blackshirts ont été renommés les Ironsides et une poignée de militants scandent « Le pouvoir aux anglais ! ». Les Juifs fuient le pays – souvent avec une aide bienvenue – pour rejoindre l’Afrique, terre d’accueil ou bien l’Irlande. Dans les défilés, les juifs sont attachés par petits groupes et reçoivent des éponges mouillées ou des fruits pourris lancés par les spectateurs.

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WALTON Jo – Le subtil changement ~ Hamlet au paradis, tome 2

12/11/2015 14 commentaires

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Hamlet au paradis Jo Walton Subtil changement tome 2Titre : Hamlet au paradis (Subtil changement, tome 2)
Auteur : Jo Walton
Plaisir de lectureetoile 3 Livre sympa
Tome 1, tome 3.
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1949 : Viola Lark vient d’obtenir le rôle d’Hamlet dans une version modernisée qui se jouerait à Londres. Mais la joie est de courte durée car elle reçoit un appel à l’aide de l’une de ses sœurs. De plus, Miss Gilmore qui devait participer aussi à cette production est retrouvée morte. C’est l’inspecteur Carmichael de Scotland Yard qui est dépêché, quinze jours après l’enquête « Thirkie ».

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Ce polar uchronique repose sur deux lignes narratives, comme pour « Le cercle de Farthing » : celle de Viola Lark, jeune aristocrate qui a trouvé sa voie dans le théâtre (et dénigrée par sa famille) et celle de l’inspecteur Carmichael. L’alternance des points de vue dynamise toujours le récit.
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Viola Lark est une nouvelle protagoniste – qui à mes yeux ressemble trop au personnage principal du premier tome Lucy Eversley-Kahn : elle veut être une femme indépendante, a du mal à sortir du carcan de sa famille – aristocratique – et pour laquelle, elle est la cause de – presque – tous ses malheurs. Du point de vue de Carmichael, on apprendra plusieurs éléments : sa vie, ses ambitions, ses peurs et ses rêves.
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La bonne entra avec le thé, jeta un coup d’œil à sa maîtresse en pleurs, puis s’éclipsa discrètement. Royston en versa une tasse à son hôtesse, avec du lait et beaucoup de sucre. « Tenez, buvez. Ça vous fera du bien ».

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WALTON Jo – Le subtil changement – Le Cercle de Farthing, tome 1

09/04/2015 45 commentaires

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Le Cercle de Farthing Jo Walton Subtil Changement tome 1Titre : Le Cercle de Farting (Le subtil changement, tome 1)
Auteure : Jo Walton
Plaisir de lectureetoile 4 Livre à découvrir
Tome 2, tome 3.
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Ce week-end, les membres du Cercle de Farthing sont invités à la résidence secondaire des Eversley. Lady Eversley a même invité sa fille, Lucy, qui s’est pourtant mariée avec un juif. Durant les festivités, Sir James Thirkie, l’un des principaux partisans de l’accord signé entre l’Angleterre et l’Allemagne, est retrouvé assassiné. Un poignard planté dans le cœur, une étoile jaune a été épinglée sur le veston et barbouillée de rouge. Scotland Yard dépêche l’inspecteur Carmichael pour retrouver le coupable.

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La mort, se dit [Carmichael], comme il se le disait toujours à un moment où à un autre en examinant un cadavre, était la plus monumentale erreur de Dieu.

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Farthing Jo Walton)°º•. L’Angleterre et l’Allemagne ont signé un traité de paix en 1941, Adolf Hitler laisse tranquille la patrie de Churchill pour s’investir dans la guerre sur le continent. Nous sommes en 1949 et le Cercle de Farthing est un club politique influenceur.
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Pour ce livre, nous bénéficions de deux points de vue, celui de l’inspecteur Carmichael à la troisième personne et celui de Lucy Eversley à la première : ce choix ne pique pas l’œil et permet d’éprouver les techniques narratives de l’auteure. Les points de vue intérieur/extérieur du Cercle sont alors bien managés ; et habillement, Jo Walton ne se retrouve jamais coincée.
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Tout le talent de l’auteure s’immisce dans les personnalités bien marquées, pour nous faire imprimer leur « fiche identité » : trait de personnalité, façon de s’habiller, comportement et gestuelle. Les personnages cachent bien leur jeu. On dresse mentalement un mapping pour classer toutes les informations et en restant vigilant quant à la source de chaque détail.

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