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VAN WILDER Cindy – Terre de Brume ~ Le Sanctuaire des Dieux, tome 1

27/11/2018 17 commentaires

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Couverture du roman "Le sanctuaire des dieux" de Cindy Van Wilder, tome 1 de Terre de BrumeTitre : Le Sanctuaire des Dieux (Terre de Brume, tome 1)
Autrice : Cindy Van Wilder
Plaisir de lecturenote : 4 Livre à découvrir

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Le Monde de Mirar vient de subir un cataclysme que les habitants nomment le Bouleversement. Une Brume toxique s’abat sur l’ensemble des territoires : seuls les sommets de montagnes sont épargnés. Les rares survivants se sont retranchés dans des sanctuaires. Intissar, une Sœur de Feu brave l’avis de sa supérieure pour prévenir la ville de Taho du terrible danger qui se profile. Elle est accueillie par Héra au Sanctuaire des Prêtres de l’eau. Une vague de Brume peuplée de créatures déferle et attaque l’aqueduc qui alimente les communautés en eau, ressource déjà rare.

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Le prologue reste mystérieux : il se déroule une semaine après que la Brume envahisse tout. Puis, l’histoire s’enchaine avec une ellipse de dix-sept années. On suit l’une des deux protagonistes Héra, bébé récupérée par Pylos, un marin.

Terres et mers ont été englouties par la Brume mortelle : les pêcheurs sont devenus des Passeurs de Sanctuaire en Sanctuaire, déposant passagers et courrier, car leur embarcation flotte sur ladite Brume.

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La jeune femme le remercia d’un sourire avant de s’éloigner vers le modeste réduit que Pylos avait aménagé. Un luxe inédit pour ce type d’embarcations, dont de nombreux autre marins s’étaient moqués à l’époque.
— Et à quoi cela va te servir, hein ? Quand tu y auras remisé tes voiles, il ne te restera plus de place pour y suspendre ton hamac !
Pylos sentit son cœur se serrer à ce souvenir.
Si on lui avait dit un jour qu’il se retrouverait dans un monde sans aucune brise pour faire avancer son bateau, où les voiles ne servaient plus à rien, sinon à se tailler des vêtements… Jamais il ne l’aurait cru. Un monde où le vent avait purement et simplement disparu. Une des nombreuses conséquences du Bouleversement.

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Mirar est une société clivée : les clans ne se mélangent pas. Si l’Académie existe, il est réputé que l’entente est peu cordiale entre les Prêtres de l’Eau et les Frères & Sœurs du Feu.

On apprend que les corporations se sont formées autour des quatre éléments : pour l’Eau, les fidèles peuvent devenir guerrier ou guérisseur. Concernant le Feu, les Sœurs et les Frères sont capables de projeter des flammes sur une longue distance (entre autres). Pour le Vent, les membres sont appelés les Souffleurs et pourraient modifier les conditions climatiques. Vis-à-vis de la Terre, la mission des Semeurs nous reste encore complètement inconnue.

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Pour la création de cet univers, j’ai aimé les clins d’œil de Cindy Van Wilder à la mythologie grecque avec les lieux, la consonance des prénoms (Laël, Tyel, Tybalt, Maïlyne, Amani, Dédale, Mégare,…).

Question contexte, l’eau est devenue une denrée rare et la nourriture ne se trouve pas à profusion. La magie possède une contrepartie polluante : quand la magie est utilisée, elle produit un déchet… la Brume. D’ailleurs, l’olympite est le seule matériau qui peut résister à son effet corrosif.

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[Pylos] n’avait jamais vu un Vecteur d’aussi près de toute sa vie. Bien entendu, il connaissait le principe – deux capsules de verre l’une sur l’autre, formant un sablier, sauf qu’elles ne contenaient aucun grain de sable. Au contraire, celle du dessus était emplie d’une eau claire, translucide, qui émettait une faible lueur turquoise. L’eau consacrée par les prêtes et source de magie.
Et, en dessous, une capsule vide destinées à recevoir la Brume.
Il était impossible d’utiliser la magie sans produire de Brume en retour.
Une Brume toxique, que les prêtres prenaient soin de stocker dans un immense réservoir au sein de l’Académie. Une Brume qui avait brutalement échappé à leur contrôle le jour du Bouleversement, si les rumeurs disaient vrai.

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Ce récit est raconté en alternance des points de vue d’Intissar et d’Héra. La complémentarité des caractères de ce duo féminin fonctionne et est source d’intérêt pour le lecteur. Elles restent toutes deux, adolescentes plus ou moins perdues : elles se retrouvent coincées entre les mœurs de leur communauté et qui croient en leurs valeurs qu’elles sont prêtes à défendre.
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L’écriture entrainante permet de profiter pleinement du foisonnement de l’imagination de l’autrice. J’ai été agréablement surprise de découvrir la base de cet univers mais j’avoue que j’aurais apprécié de m’y balader davantage alors que l’enchaînement des actions ne le permettait pas. Le dénouement se termine avec un point en suspens et c’est expressément voulu, diantre ! (‘point en suspens’ expression francophone pour remplacer ‘cliffhanger’).
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« Le Sanctuaire des Dieux » part sur les thèmes des secrets enfouis, des enjeux politiques et de la préservation de l’environnement. Il s’avère le premier volet du diptyque « Terre de Brume » dont le second devrait être publié en mai 2019.
OUF ! L’attente sera courte, j’ai plié ce premier tome en deux heures (pauvre de moi).

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Aux Aventuriales, la couverture du livre m’a attirée et je brandissais un exemplaire à mon amoureux en lui stipulant « Voilà une couverture réussie ! Tout : l’illustration, la police utilisée, le titre, l’impression sur fer à dorer. Bam, tu vois, tu achètes. Simple et efficace. Un packaging au top ». Et cela va sans dire que j’ai évidemment commencé par un bonjour à Cindy (je suis une personne polie) (et gentille). Elle a su me « vendre » cette série par le seul argument de la forme diptyque dont je tenais le premier volume entre les mains et le second était presque finalisé. Et vous savez que j’arrive maintenant à résister aux livres, pour des achats plus raisonnés.

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Lecture conseillée à partir de 12 ans

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Mise en scène du roman "Terre de Brume" de Cindy Van Wilder

Mise en scène de Terre de Brume dans un décor automnal Dédicace de Terre de Brume par Cindy Van Wilder
Dédicace aux Aventuriales

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Alice Neverland, Encres & Calames (Sia), Livrement vôtre (Gilwen)Plumes de lune (Kin) ont aussi affronté la Brume sur une embarcation de fortune.

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COSTE Nadia – Jivana

16/11/2018 4 commentaires

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Couverture du roman Jivana de Nadia Coste, roman publié aux éditions ActuSFTitre : Jivana
Autrice : Nadia Coste
Plaisir de lecturenote : 4Livre à découvrir
La série des Fedeylins : tome 1, tome 2, tome 3, tome 4
Lire les premières pages
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Les Fedeylins ont beaucoup de mal à intégrer Jivana, il parait qu’elle partage son corps avec l’esprit d’une déesse. La communauté est subitement touchée de plein fouet par des nuées d’insectes : ils détruisent leur récolte et assombrissent tant le ciel que les plants qu’ils ont pu sauver ne peuvent plus survivre sans le soleil. C’est juste la déesse qui partage le corps de la jeune Fedeylin qui pourra les sauver car il est dit que « Le Dor brillera tant que brûlera l’amour de Taranys pour Savironah ». Jivana et Savironah se lancent : elles veulent rejoindre la seconde communauté de Fedeylins pour récupérer leur savoir-faire et elles devront aussi trouver le prophète.

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Dès les premiers mots lus, les souvenirs arrivent par vague. Il faut dire que ma lecture du premier tome des Fedeylins remonte à début 2011. Quel plaisir de me retrouver ainsi plongée dans cet univers !
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Dans cette histoire, nous trouvons deux héroïnes qui partagent un seul et même corps. Pour se sauver, la déesse Savironah a intégré la bulle la plus proche, celle de Jivana. Deux entités que Nadia Coste arrive parfaitement à séparer et que nous, lectrices et lecteurs parvenons clairement à identifier.

Elles cohabitent avec harmonie et sérénité même si se serrer physiquement l’une l’autre dans les bras serait encore mieux. Un amour intense unit ces deux personnages !

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En questionnant sur la place des divinités – Savironah, Taranys et Dastöt – l’autrice interpelle le lecteur sur plusieurs axes : la tolérance, la différence, l’acceptation de l’autre, les soucis liés à l’environnement, l’amitié et l’amour.
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À travers le personnage de Jivana, on en vient à réfléchir à la place des femmes dans sa société et surtout dans la nôtre. De l’amour, de l’accomplissement et du bien-être d’une femme qui peuvent dissocier du besoin de reproduction.

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Savironah se réchauffe et se love dans ma poitrine. C’est ce qui se rapproche le plus d’une étreinte.

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Tout comme Cahyl avant elles, Jivana et Savironah se lancent dans une quête longue et fastidieuse pour sauver leur communauté ; qui pourtant, se révèle bien ingrate envers elles. Sur ce chemin initiatique, elles croiseront différentes créatures : gorderive, anophèle, chouette, serpent, scorpion, kojoh et haze. Certaines les aideront et j’ai aimé le clin d’œil de la présence de Kolk auprès des deux protagonistes. Elles retrouveront même Shadvir, pour leur plus grand plaisir.
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« Jivana » se révèle un bonus tout sucré pour moi après l’immersion dans Fedeylins il y a quelques années. J’ai bien sûr eu la joie de retrouver l’écriture de Nadia Coste avec ses autres écrits – de la même qualité ! – mais la sérié Fedeylins possède ce côté savoureux de la première rencontre avec une plume.
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Il peut se lire de manière indépendante de la tétralogie originelle ; bien que je pense qu’il acquière une autre profondeur en lisant ce roman après la série. Avant de vous plonger dans cette dernière, vous pouvez préalablement vous immerger dans l’univers par ce roman.
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Pour trouver réponse à ces questions : Pourquoi les bulles n’avaient-elles pas besoin d’être fécondées ? Pourquoi Cahyl n’avait-il pas de marque de sa caste à la naissance ? Quel était le rôle des Pères Fondateurs ? Qui est Delyndha ? Pourquoi ont-ils dû déménager ? Pourquoi y a-t-il eu une scission ? Pourquoi Shadvir s’entend-il si bien avec Glark ? … Je vous invite bien évidemment à découvrir la série Fedeylins !
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La lecture est conseillée à partir de 13 ans.

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Dédicace de Jivana par Nadia Coste Tampon de dédicace de Nadia Coste
Livre dédicacé aux Aventuriales

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Dup (Book en stock) a autant apprécié que moi de se balader à dos de chouette rousse.

 

DELANEY Joseph – Le sang de l’Épouvanteur, tome 10

11/11/2018 15 commentaires

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Couverture du roman Le sang de l'épouvanteur de Joseph Delaney, dixième tome de la série l'épouvanteurTitre : Le sang de l’Épouvanteur (L’Épouvanteur, tome 10)
Auteur : Joseph Delaney
Plaisir de lectureetoile 4 Livre à découvrir
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Tome 1, tome 2, tome 3, tome 4, tome 5, tome 6, tome 7, tome 8, tome 9, recueil sur les sorcières

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Après l’incendie qui a ravagé la maison de l’Épouvanteur et surtout sa précieuse bibliothèque, John Gregory et Tom Ward accusent toujours le coup. Le message envoyé par Dame Cosmina Fresque tombe à pic : elle leur propose de lui racheter quelques livres de son immense bibliothèque personnelle. Ils se mettent donc en route.
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Pour ce tome, la quête principale concernant la lutte contre le Malin passe au second plan puisque l’Épouvanteur et Tom Ward ont d’autres chats créatures à fouetter museler.
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On rencontre Judd Brinscall, un ancien apprenti de John Gregory et l’ami de Dame Fresque. Les créatures au service de l’Obscur continuent de se rassembler ; Grimalkin et son sac au contenu mystérieux est aussi de la partie.
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Tom Ward reste un personnage réaliste avec cette peur qui parfois l’empêche d’aller combattre telle ou telle créature. L’Épouvanteur est en bien mauvaise posture (voire pire) et tous deux sont aux prises d’excellentes – et effrayantes – illusions. L’auteur en profite pour nous présenter sa version des vampires roumains. On connaîtra aussi le nom de Siscoï, Seigneur de sang et Buveur d’âmes mais il restera un personnage mineur.

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L’intrigue majeure avance peu, mais en même temps, vaincre le Malin n’est pas une tâche aisée. Le fil rouge pour se débarrasser de ce dernier est peu déroulé dans ce tome.
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Certaines alliances sont à nouer, et une demande de sacrifice cruelle a été formulée. Ce que je peux affirmer c’est que les personnages ne sont pas figés. Le roman est un concentré d’actions. On sent que la fin approche car John Gregory diminue et l’on sent le passage du flambeau proche.
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La lecture de la série est conseillée à partir de 12 ans.

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Livre "Le sang de l'épouvanteur" de Joseph Delaney mis en scène sous la pluie

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Dans le chaudron :
Des univers fantasy estampillés jeunesse
¤ Harry Potter de J.K. Rowling
¤ Rose de Holly Webb
¤ Narnia de C.S. Lewis
¤ A la croisée des mondes de Philip Pullman
¤ Eragon de Christopher Paolini
¤ Cœur d’encre de Cornelia Funke

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Logo challenge Halloween 2018.Logo défi Valériacr0
Voilà ma dernière participation pour le challenge Halloween ; c’est un doublé avec le défi Valériacr0 puisque c’est aussi ma lecture de ce mois de novembre 2018.

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Les escapades culturelles de FrankieMargaud Liseuse ont aussi trouvé ce sacrifice prochain à en tordre le cœur.

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DUFOUR Catherine – Entends la nuit

09/11/2018 16 commentaires

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Couverture du livre "Entends la nuit" de Catherine DufourTitre : Entends la nuit
Autrice : Catherine Dufour
Plaisir de lecturenote : 4 Livre à découvrir

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Myriame est revenue vivre chez sa mère, elle y est bien obligée. Elle a décroché un contrat à durée déterminée à la Zuidertoren, une société parisienne située à Bercy. Elle doit subir les foudres de sa cheffe Iko avant de faire véritablement l’expérience d’un « orage globulaire » car un éclair s’est abattu sur la tour datée du XIXe siècle. Elle ne sent pas bien dans ce bâtiment, où la hiérarchie flique ses employés, où son bureau sinistre offre des relents d’humidité et où l’un des grands pontes montre qu’il est intéressé par ses compétences « professionnelles ? », en abusant de la messagerie instantanée avec ses vieilles phrases démodées.

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La cafète située au deuxième étage, est un salad bar atrocement cher. Je choisis un « méli-mélo poulet agrumes », soit un blanc de poulet avec une clémentine pour le prix d’un avion.

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Paris est un personnage à lui tout seul : on la découvre tour à tour, dans son habit de Ville Lumière et par ses quartiers obscurs : Palais-Royal, les toits de l’Opéra, la bibliothèque de l’Institut de France, la tour Saint Jacques puis les catacombes et autres entrailles.
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On retrouve Myriame qui soupire d’exaspération d’être dans cette situation. Protagoniste de l’histoire, elle ne se laisse pas malmenée ou du moins, essaie de garder un maximum le contrôle. C’est sans doute poussée par la curiosité – et certainement un peu par l’avidité – qu’elle arrive à se mettre dans de sales draps.
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Dans cette histoire, il sera question d’une créature imaginaire dans une forme que je n’avais alors jamais croisée. C’est un parti pris de ne pas vous en dévoiler un bout d’ombre sur mon blog. Sachez qu’elle est plus vieille que le vampire, et qu’elle a certainement « inspirée » cette dernière, tout comme la goule, le zombie ou encore le spectre. Il faudra presque attendre de dépasser le tiers du récit pour avoir les premières bribes de réponses. Il est plaisant de découvrir des informations sur cette créature tout au long du récit.

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Il y a une remarque très ouverte sur notre société actuelle : le contrôle permanent des employés par la tête dirigeante, avec dénonciation par les collègues. Il y a également le data mining, ici un logiciel nommé « pretty face » qui est officiellement censé faciliter la synergie entre partners. Finalement, le travail moderne est sans le monstre le plus abominable qu’il soit car il aspire toute la vitalité des humains.

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Sacha souffle :
— Les supérieurs hiérarchiques !
Je tourne la tête et je vois trois Blancs, deux hommes et une femme, traverser la cafète d’un pas tranquille. C’est pourtant vrai qu’ils ont de l’allure. […]
— Décidément, ils sont beaux avec un b comme bizarre, glousse Mei. On dirait des vampires !
— Sauf qu’ils mangent comme des bétonneuses, grogne Sacha, et qu’ils boivent comme des tas de sable. Rappelez-vous le dernier pot d’entreprise.
— C’est qu’ils sont blancs comme tes fesses, ricane Awa. Bronzage néon.
— C’est surtout qu’ils bougent comme s’ils avaient joué à saute-mouton avec des licornes et perdu, rigole Sacha qui est l’exact opposé du flegme anglais.
Je risque un commentaire :
— C’est leur peau. Elle est aussi lisse que, quoi ? De l’enduit. En fait, ils sont trop beaux pour être vrais.
— Tu verras à ta prochaine fiche de paie qu’ils sont vraiment pas beaux, siffle Awa.

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Pour cette fantasy urbaine, Catherine Dufour s’investit sur la thématique de l’histoire d’amour naissante entre des êtres issus de différentes classes sociales : d’un homme aussi beau que riche (ou l’inverse) et du pauvre quidam de sexe féminin complètement fauché(e). Ceci dit, l’axe est mieux traité que dans les œuvres contemporaines (Twilight ou Cinquante nuances de Grey). Rappelons que Myriame n’est pas femme à se laisser (oui, à se laisser tout court : à se laisser avoir, à se laisser entrainer, à se laisser penser comme la masse,…).

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Bon, je suis un peu chafouine pour plusieurs raisons : à commencer par la visite de Paris, je voulais un peu m’attarder dans certains lieux, même si j’ai bien conscience que je ne peux pas connaître tous les tours et les détours de la ville. Myriame ne souhaite pas de statut de « femme passive » mais bien trop souvent à mon goût, les initiatives étaient prises par Duncan. Mais j’ai bien conscience que ce sont des bémols mineurs dans cette mélodie et qu’elle ne concerne que mes esgourdes au final (je suis en train de me perdre dans la métaphore, on est en pleine littérature).

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Seules les licornes se maquillent pour mourir.

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Le seul point que je soulèverai – et qui peut concerner d’autres lecteurs que moi – c’est que l’univers de ces créatures me semble à peine effleuré : j’aurais voulu en savoir davantage, sur les différents « niveaux » et « clans » de cette communauté, de la répartition des territoires, des possibles ententes, des rivalités existantes, de leurs vécus et expériences.

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Pour ce récit, il y a beaucoup de jeux et en substance peu d’actions décisives si ce n’est le spectacle final. L’histoire est maîtrisée, l’autrice joue parfaitement avec certains clichés, filoutant la parodie, mais pas au point de devenir un parfait pastiche (ce n’est pas ce que je recherchais, ouf !). Il y a une histoire d’amour mais ce que je peux vous confirmer, c’est qu’il n’y a aucune mièvrerie là-dedans (si, c’est possible).

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Ce n’est plus de l’amour, c’est de l’insuffisance cardiaque !

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J’essaie de prendre un roman « comme il vient », sans avoir d’attentes. Cependant, pour conseiller au mieux les futurs lecteurs – mes chroniques servent humblement aussi à ça – et sans l’envie de comparer entre eux des titres de Catherine Dufour, je signale à ceux qui ont déjà lu sa trilogie en quatre tomes « Quand les Dieux buvaient » (rien que d’écrire le titre, je me marre toute seule) ou encore par l’excellentissime « Le goût de l’immortalité » ou encore « Outrage et Rébellion », qu’il ne faut pas chercher ici un humour tout aussi truculent ou un aspect « grand upercut ».

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À noter que malgré les défauts mineurs que je soulève, j’ai passé un agréable moment de lecture. Les pages se sont tournées à une vitesse folle et j’avais bien envie de savoir tout du long ce que nous concoctait l’autrice ; je n’ai été déçue ni du déroulé de l’intrigue ni de sa conclusion. Je n’ai pas suivi l’autrice sur ses publications chez Fayard, c’était donc avec un plaisir authentique pour moi de la retrouver dans le genre fantastique. Titre et couverture – signée par Aurélien Police – prennent tout leur sens à la fin de la lecture.

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J’enlève la chaise, je tourne la poignée : une petite ombre frôle mes chevilles et saute sur le lit. Une voix très basse gronde :
— Fermez.
Ce chat a un micro autour du cou ? Je ferme à double tour et je m’approche du lit. Assis au milieu du cercle de sa queue, le chat me regarde venir. Dans la pénombre, sa fourrure est argentée.
— Bonsoir, ronronne-t-il.
Tu as dormi, quoi ? Une heure en deux jours ?
— Vous parlez ?
— Qu’est-ce qui vous fait dire ça ? miaule le chat.

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Mise en scène dans un décor automnal du roman "Entends la nuit" de Catherine Dufour

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Logo challenge Halloween 2018.
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Bien que la fête soit passée, le challenge Halloween court toujours ! C’est donc une parfaite lecture pour un parfait challenge.

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Just a word (Nicolas Winter)Le bibliocosme (Boudicca) ont aussi senti la froideur des murs du bureau n°327 de Myriame.

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DELANEY Joseph – Grimalkin et l’Épouvanteur, tome 9

06/11/2018 5 commentaires

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Couverture du roman "Grimalkin et l'épouvanteur" écrit par Joseph DelaneyTitre : Grimalkin et l’Épouvanteur (L’Épouvanteur, tome 9)
Auteur : Joseph Delaney
Plaisir de lectureetoile 4 Livre à découvrir
Tome 1, tome 2, tome 3, tome 4, tome 5, tome 6, tome 7, tome 9, tome 10recueil sur les sorcières

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La réputation de Grimalkin la précède : c’est une dangereuse sorcière, la Tueuse du clan Malkin. Alors qu’elle chasse ses ennemis, c’est à son tour d’être traquée. Elle fuit les sorcières des autres clans, les monstres et les créatures de l’Obscur lancés à sa poursuite. Un Kretch sera même invoqué par les servantes du Malin pour récupérer le précieux bien que Grimalkin transporte : il ressemble à un énorme loup, de la taille d’un cheval et possède un grand pouvoir de régénération. Devra-t-elle passer une alliance avec Tom Ward et l’Épouvanteur ?

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Redis-toi chaque matin que tu es la meilleure,
la plus forte, la plus redoutable.
Tu finiras par en être persuadée.
Un jour, cela sera vrai. Ça s’est révélé vrai pour moi.
Je suis Grimalkin.

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À l’ouverture de ce neuvième tome de la série « L’Épouvanteur », l’auteur m’enjoignait de découvrir d’abord le recueil de nouvelles « Les sorcières de l’Épouvanteur », ce que je fis, avec un succès mitigé. Période pré-Halloween oblige, je me suis maintenant plongée dans ce tome avec délice.
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Quelle surprise fut de découvrir que Grimalkin est devenue narratrice pour ce volume et non plus l’apprenti Tom Ward ! La rencontre de Grimalkin remonte au quatrième volet où elle désire simplement assassiner l’apprenti de l’Épouvanteur (spoil : elle n’a pas réussi) (ce n’en est pas un, si elle l’avait assassiné, je ne tiendrai pas son histoire entre mes mains).

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Pourquoi tuer le faible quand tu peux combattre le fort ?
Pourquoi mentir quand tu peux dire la vérité ?
Une tueuse doit vivre dans l’honneur et toujours tenir parole.

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Grimalkin est la Tueuse du clan Malkin – et la plus redoutable des sorcières – autant dire qu’elle ne laisse aucune chance de survie à sa proie. Son arme de prédilection reste une paire de ciseaux, mais elle peut jeter son dévolu sur toute autre lame affûtée. Elle est également connue pour couper les pouces de ses victimes afin d’accroitre sa puissance.
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Elle est déterminée, du genre tête froide et pourtant l’on découvre qu’elle est aussi douée de sentiments. Le nouvel éclairage apporté sur ce personnage si curieux fait même naitre de la part du lecteur, de l’empathie à son encontre.
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Joseph Delaney dévoile ses secrets et notamment son passé. On découvre également son ascension et pour quelles raisons sa haine envers le Malin est si forte. Elle décide de se battre seule contre l’Obscur (et rien que pour ça, on peut féliciter son courage sa folie).

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Portant la main à mon collier, je touchai un à un, de gauche à droite, les os de pouces qui le composaient. Tels les doigts d’un moine sur les grains de son chapelet, les miens couraient sur les ossements, absorbaient leur pouvoir, tandis qu’en guise de prière je marmonnais les formules rituelles. Chacun de ces os était une relique prise sur le corps d’un ennemi vaincu.

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La narration plus nerveuse correspond bien au personnage. Ce tome se révèle très sombre, cruel et effrayant. Le roman contient des descriptions d’actes parfois sauvages.
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L’écriture générale reste toujours fluide pour une série qui happe ses lecteurs. L’auteur nous rappelle qu’il n’existe pas de version dichotomique : tout n’est pas blanc ou noir. Et qu’à plusieurs, on est toujours plus forts.
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Ceux qui auront lu le recueil concernant les sorcières y retrouveront des répétitions nombreuses issues de la nouvelle sur Grimalkin. La fin est également bâclée, tant elle est rapide. Je dirai que ce livre n’est pas un tome décisif mais qu’il est truculent de faire la connaissance directe avec cette sorcière.
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La lecture de la série est conseillée à partir de 12 ans.

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Le seul mal véritable est de se refuser ce que l’on désire. En ce sens, je ne commets jamais le mal, car j’impose toujours ma volonté. Ce que je veux, je le prends.

 

 

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La marque représentant une paire de Ciseaux que la sorcière Grimalkin met sur les arbres

Illustration de Grimalkin tachée de sang et portant ses ciseaux Illustration en pied de Grimalkin, la sorcière tueuse imaginée par Joseph Delaney pour sa série littéraire L'apprenti épouvanteur

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Dans le chaudron :
Des univers fantasy estampillés jeunesse
¤ Harry Potter de J.K. Rowling
¤ Rose de Holly Webb
¤ Narnia de C.S. Lewis
¤ A la croisée des mondes de Philip Pullman
¤ Eragon de Christopher Paolini
¤ Cœur d’encre de Cornelia Funke

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Logo challenge Halloween 2018.
Il était temps de lire un tome de la série de l’Épouvanteur pour le challenge Halloween ! Sinon, cette lecture aurait manqué, comme un ingrédient dans une potion.

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La Croisée des Chemins (Tesrathilde), Les escapades culturelles de FrankieMargaud Liseuse savent aussi ce que contient le sac que transporte et protège Grimalkin.

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Illustrations : #01 La marque « Ciseaux » de Grimalkin ; #02 par Aude de Carpentier ; #03 par Anna Kand.

 

BENNETT Robert Jackson – American Elsewhere

02/11/2018 20 commentaires

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Couverture du roman "American Elsewhere" de Robert Jackson Bennett paru aux éditions Albin Michel imaginaireTitre : American Elsewhere
Auteur : Robert Jackson Bennett
Plaisir de lecture : note : 4Livre à découvrir
Lire les premières pages

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Au décès de son père, Mona hérite d’une maison dont elle ne soupçonnait pas l’existence. Elle se rend au Nouveau Mexique, à une ville qu’aucune carte ne mentionne : Wink. Elle déboule au volant de sa flamboyante Dodge et freine devant le monument aux morts, où elle peut lire qu’un orage a décimé une partie de la population locale le 17 juillet 1983, date de la mort de sa mère. D’ailleurs, personne ne semble connaitre cette dernière alors qu’elle y a vécu et a travaillé au laboratoire Coburn qui n’existe plus. Les étranges rencontres avec cette communauté ne cessent de s’enchaîner.

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Il est un type d’obscurité particulier qu’on ne peut imaginer tant qu’on n’y est pas plongé. Des ténèbres si profondes et totales qu’elles vous font douter d’avoir jamais vu la lumière, et de l’existence du monde même.

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La narration est essentiellement tenue avec le point de vue de Mona Bright. Elle apparait comme une femme forte, réaliste de par son passé, ancienne flic et un peu abîmée par la vie. Elle ne semble pas comprendre la vraie nature d’une partie de la population de Wink.
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Madame Benjamin, Parson et Gracie sont d’autres personnages qui graviteront autour de la protagoniste. D’autres personnages ne feront qu’un passage éclair dans l’histoire et l’on pourra se questionner sur leur intérêt. On retiendra que personne n’arrive à et personne ne part de Wink : la venue de Mona est vécue de manière fracassante.
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On a tendance à tenir pour acquis que la conscience est chose unique et unifiée : on est, tout simplement, on est là, vivant, on sait qu’on est vivant, et rien de plus.
Mais la vérité est un peu plus compliquée que ça.

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Robert Jackson Bennett n’est pas inconnu aux yeux du monde, mais pour moi, si. Heureuse traduction qu’est celle de la nouvelle collection Albin Michel Imaginaire dirigée par Gilles Dumay. J’aime bien l’illustration réalisée par Aurélien Police mais je reste encore dubitative quant à la présence des pointillés en bord de maquette (mais on ne peut pas plaire à tout le monde).
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« American Elsewhere » baigne dans le fantastique ; bien que je ne l’estampillerai pas « roman d’ambiance » à proprement parlé. Il devrait plaire au plus grand nombre (de lecteurs) car si le roman bascule dans l’horreur quand Mona comprend enfin certaines évidences, il n’y a pas d’effusion de sang à tout va, on y note tout de même quelques moments bien glauques.
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Son visage ne traduit pas très bien ses émotions ; au mieux, il parvient à communiquer une déception cynique, comme s’il s’était attendu à ce que tout parte à vau-l’eau depuis le début et que ses pires soupçons concernant le monde s’avéraient fondés. Par chance – ou par malchance, peut-être –, c’est précisément l’expression qu’il est contraint d’arborer la plupart du temps.

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L’intrigue très visuelle offre un beau cadre à l’angoisse par son aspect perturbant et son atmosphère réussie : on imagine aisément les quartiers de Wink, l’architecture des maisons, on cartographie le voisinage et on apprend bien vite les règles de la ville (ne jamais sortir de chez soi la nuit).
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Wink est une ville qui se situe au pied d’une mesa. Elle semble coincée dans les années 60 dans la ville parfaite : tout le monde est beau, propre, poli… et surtout à sa place. La recherche de la cité parfaite (enfin, surtout le jour) entraine avec elle les thématiques des aberrations, du jugement, du quid de la réalité et de son modelage. On y retrouve aussi des allusions à la passerelle entre humanité et grandes divinités, un peu au bon goût de « La bibliothèque de Mount Char » de Scott Hawkins.
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Je pourrai aussi citer la place de la métaphore non pas de l’arbre qui cache la forêt, mais celle complètement inventée de l’éléphant qui se trouve caché derrière un arbre rachitique. En tant qu’ancienne flic, c’est vrai que j’en attendais davantage de Mona concernant ses compétences d’enquêtrice. L’auteur intègre tellement d’implicité dans son récit que les explications faussement « incompréhensibles » ne le sont plus depuis longtemps (il ne faut pas détenir un doctorat en Sens Caché pour tout comprendre). Le parallèle est vite établi, dès qu’on nous raconte l’histoire du grand oiseau à vrai dire.
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L’intrigue reste relativement classique, moins « convenue » dans certains détails. Cela reste un plaisir à la voir se dérouler avec quelques éléments novateurs malgré la prévisibilité de l’axe principal.
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L’emménagement de Mona à Wink est plutôt lent et représente un tiers du roman. On retrace l’histoire originelle par flash et cela reste obscurément un bon moment.
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Je n’ai pas été surprise par l’intrigue mais le style fluide et énergique m’a permis de passer un bon moment de lecture. La montée de la tension est bien réalisée et permet d’apprécier ces 800 pages. Si ce n’était pas bien écrit/traduit, s’il n’y avait pas un intérêt pour l’histoire, je n’aurais pas dévoré pas un tel pavé (ceci est un vrai argument, c’est juste que cela traduit mal ma pensée). Je pense que l’auteur aurait pu laisser des zones d’ombre – attendu dans ce type de littérature –, son récit aurait gagné en percussion et en force.

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Couverture d'Orbit pour American Elsewhere de Bennett Couverture d'Agave Konyvek pour American Elsewhere de Bennett
Couverture d’Orbit | Couverture d’Agave Konyvek

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Mise en scène automnale du livre American Elsewhere de Robert Jackson Bennett

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Logo défi Valériacr0

Logo challenge Halloween 2018Pour cette sélection d’octobre, Valériane a choisi un titre par-fait pour me plonger dans l’ambiance d’Halloween. Un peu de glauque, un peu d’horreur, je l’inscris à ma participation au challenge Halloween.

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Chut… Maman lit ! (Anne-Laure), Le Bibliocosme (Boudicca)Le Chien critique, Le culte d’Apophis, Le monde d’Elhyandra, L’épaule d’Orion, Les lectures de XapurL’ours inculte, Un papillon dans la LuneVibration littéraire (Mayumi), se sont demandé s’ils voulaient rencontrer Dame Poisson.

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PRIEST Christopher – Conséquences d’une disparition

18/10/2018 13 commentaires

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Couverture du roman Conséquences d'une disparition de Christopher PriestTitre : Conséquences d’une disparition
Auteur : Christopher Priest
Plaisir de lecturenote : 4 Livre à découvrir
Christopher Priest parle du livre sur son blog (en anglais)
Lire les premières pages

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Ben Matson vit tranquillement en famille sur l’île écossaise de Bute quand il apprend brutalement la mort de Kyril Tatarov, un scientifique renommé. Il l’avait interviewé voilà dix-sept ans et des souvenirs remontent à la surface. Notamment la disparition de la femme qu’il a tant aimée, Lilian Viklund, dans les attentats du 11 septembre 2001. Les rencontres qui suivent l’amènent toujours au même questionnement : l’effondrement du World Trade Center.

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Réinventer un événement réel dans une version romancée m’avait fait toucher du doigt l’importance de la fiction, de la narration, lorsque la vérité était trop malséante ou trop complexe, ou tout simplement une chose que l’on préférait ne pas révéler. On pouvait toujours raconter une histoire.

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Le roman de Christopher Priest tourne autour des attentats du 11 septembre 2001, le plus gros événement médiatique et à controverses. Le sujet n’a pas donné toutes ses réponses. Les conséquences de ce drame ont marqué l’humanité au niveau de la politique mondiale. L’auteur l’indique clairement : ce n’est pas un travail de journalisme même si son protagoniste l’est de métier. Christopher Priest émet des hypothèses sans verser dans le conspirationnisme, en évitant soigneusement la psychose de masse. Il donne même envie de nous replonger dans les informations liées à l’événement.

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Si des gens définissent des situations comme réelles, alors elles sont réelles dans leurs conséquences. Autrement dit, c’est l’interprétation d’une situation qui détermine l’action.

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Il peut exister des impressions sur les attentats qui reposent sur une dissonance cognitive et c’est par cette brèche que l’auteur s’engouffre.

Deux fils temporels se mélangent : on retrouve Ben Matson, le protagoniste sur plusieurs époques. Dans la (re)construction de ce dernier, une ombre hante son présent, et ce, sans mièvrerie. Le réalisme des personnages est un élément réussi – comme souvent dans les romans de Christopher Priest – et cela me captive.

Par l’utilisation d’un accident cérébral vasculaire à l’un des personnages, on remarque que des souvenirs peuvent être présentés, vécus et surtout rapportés de manière déformée. Quid de l’interprétation ? Cela rejoindra alors les incohérences de cette catastrophe et d’un raisonnement global illogique.

Le symbolisme est manié avec force et intensité, en usant des métaphores. Le cerveau du lecteur démarre alors au quart de tour durant la lecture pour se demander tout simplement s’il n’existe pas plusieurs réalités.

Dernier fil à ajouter à ce schéma : le traumatisme qui va tenailler une personne, celui d’avoir perdu un être proche sans avoir la certitude qu’il est réellement décédé.

On arrive au point d’orgue, on parle de disparition : des deux tours, d’un amour, de la mémoire et de la vérité.

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La dernière raison pour laquelle je ne pouvais accepter l’idée d’un complot était la plus difficile à écarter : c’était la peur.
Pour moi, considérer qu’une quelconque officine gouvernementale américaine pût être complice de la mort de tous ces innocents impliquait d’infirmer une vie entière de postulats sur le monde dans lequel j’avais grandi.

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La qualité de l’écriture est toujours présente, avec le style raffiné de cette plume ; et de l’habilité à dérouler une telle intrigue.

On reconnait facilement les bases d’un thriller psychologique avec la touche priestienne qui embrasse le jeu avec la réalité, l’interrogation permanente sur la fiabilité des événements exposés et sur l’identité des personnages. On en vient à douter de tout, jusqu’à la narration.

Certains éléments ont été abordés trop succinctement pour moi comme les instants avec Tatarov qui m’ont semblé trop courts. Je me suis également demandé où l’auteur voulait m’emmener, si j’y suis bien arrivée et si j’ai bien appréhendé le cheminement.

Je pense que circonspection répond à la question puisque systématiquement après la lecture d’un roman de Christopher Priest, je songe à l’histoire durant plusieurs jours.

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« Conséquences d’une disparition » demeure un roman abordable, sans doute celui à l’intrigue la moins mystérieuse des titres de l’auteur que j’ai déjà lus. Il reste proche de ses thèmes de prédilection (pour ma plus grande joie), et de façon voulue, quelques zones de réflexion restent ombreuses.

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Photographie du roman de Christopher Priest titré "Conséquences d'une disparition" paru aux éditions Denoël
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Le chien critique, Les Lectures du Maki (Yogo)Lorhkan et les mauvais genres ont certainement visualisé l’image d’un Boeing 747.

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