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HOBB Robin – L’assassin royal ~ Serments et deuils, tome 10

27/12/2018 16 commentaires

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Couverture du roman "Serments et deuils" de Robin Hobb. Il s'agit du dixième tome de la série de l'assassin royal. Publié aux éditions J'ai luTitre : Serments et deuils (L’assassin royal, tome 10)
Autrice : Robin Hobb
Plaisir de lecture Livre avec entrée au Panthéon
Tomes 12345, 6, 7, 8, 9

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La Narcheska est prête à accepter la demande en mariage de Devoir s’il relève le défi qu’elle lui lance : il doit rapporter la tête coupée d’un dragon enterré sous le glacier de l’île d’Aslevjal. Contre toute attente, Fitz devient le professeur d’Art du prince et se doit de former un clan pour le soutenir. Alors que les menaces extrémistes des Pie pèsent sur les têtes couronnées, une délégation du Lignage décide de répondre positivement à l’invitation de la Reine Kettricken.

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Robin Hobb présente encore et toujours des personnages profonds.

Son protagoniste, FitzChevalerie oscille entre deux extrêmes dans ce tome-ci : il connaît des périodes apaisées lui permettant de poser un regard plus mâture ses relations avec les autres ; et en même temps, il sera tant en danger que tout le monde semble l’abandonner. Il reste l’assassin dont la vie est littéralement dédiée aux Loinvoyant. Il est pressé de tous les côtés, mis à l’écart de certaines informations capitales alors qu’il s’avère indispensable à tout le monde. Il doit prendre toutes les responsabilités sur ses épaules mais en assumer seul les conséquences négatives.
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Bien qu’il puisse être vu comme un Caliméro – malchanceux au comportement urticant – par certains lecteurs, je trouve ses aventures réalistes au vu des émotions traversées. Il m’est rare de croiser chez des héros de papier une telle intensité autour des ressentis. La bisbille entre le Fou et Fitz donne naissance à des scènes poignantes. Et que j’ai eu mal au cœur, quant au summum de sa souffrance physique, il demande via l’Art à Œil-de-Nuit de monter la garde !

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Il est étrange de se rendre compte qu’une émotion qu’on croyait au rancart depuis longtemps continue en réalité à bouillonner sous la surface.

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Les autres personnages ne sont pas en reste : la véritable identité de Tom Blaireau est révélée à Devoir. On récolte quelques détails concernant le Fou, on apprend à détester son comportement à l’égard de Fitz ; mais aussi sur Umbre qui nous apparaît sous un nouveau jour : il semble perdre la tête, dévoiler des détails aux mauvais interlocuteurs. Kettricken arrive à se désengager des conseils d’Umbre pour prendre seule des décisions. La tension est palpable quand, au détour d’un couloir, l’on rencontre Burrich venu au château. L’arrivée de Leste pourrait apporter aussi un lot de surprises dans la communauté habitant au château.
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Du côté des « magies » : il intéressant de recueillir un autre point de vue que celui des vifiers extrémistes grâce à la délégation du Lignage. À propos de l’Art, quelques informations nous sont données : l’attirance du flot ininterrompu par Umbre, le don fort et naturel de Lourd, l’apprentissage basique de la « communication » par Devoir, la singularité des rêves d’Art de la-petite-fille-qui-pleure et l’étrange voix entendue uniquement par Fitz qui scande « Je te vois ».

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Puis, telle une trompe lointaine, une grande voix intervint :
Je te connais à présent. Je te vois.

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C’est véritablement un tome en montagnes russes pour Fitz ; les complots à tout-va risquent d’avoir sa peau. C’est un bonheur pour le lecteur de visualiser les interconnexions avec tous les personnages précédemment croisés, dans le premier cycle de l’assassin royal ainsi que dans Les aventuriers de la mer.
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La finesse d’écriture, l’émerveillement quant à la richesse de son imagination et l’entrain du déroulement de l’intrigue sont autant d’incroyables qualités de l’œuvre de Robin Hobb que j’aurai pu presque oublier de les citer tant ils semblent être fusionnés avec l’expression « plume » lorsqu’on parle de cette autrice.
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Le tome 9 « Les secrets de Castelcerf » et « Serments et deuils » forment le tome originel « The Golden Fool ». Après lecture de ce volume, on n’a qu’une envie : se jeter sur la suite !

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Un seul homme armé du mot juste peut accomplir ce qui sera impossible à une légion de soldats.
Proverbe montagnard

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Mise en scène du roman "Serments et Deuils" de Robin Hobb : le livre est posé sur un livre de cuisine, une recette pour l'enchantement "comment s'approprier un garde du corps" ?

Fan art de Sire Doré, extrait du roman "Serments et deuils" de Robin Hobb  Portrait d'Umbre Tombétoile, personnage de L'assassin royal écrit par Robin Hobb

Fan art "au chevet", scène issue du roman "Serments et Deuils" de Robin Hobb

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Logo défi Valériacr0Cette lecture a été entièrement sponsorisée par le challenge de lecture qui unit Valériane et moi depuis de longues années, « le défi Valériacr0« .

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Lectures trollesques (Ptitetrolle), Les escapades culturelles de Frankie se demandent aussi quelle est la réalité du « Fou ».

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Illustrations : #01 Portrait de Sire Doré par Stéphanie Noverraz, #02 Portrait d’Umbre Tombétoile par Stuart, #03 La scène du chevet croquée par Alicja.

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VAN WILDER Cindy – Terre de Brume ~ Le Sanctuaire des Dieux, tome 1

27/11/2018 17 commentaires

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Couverture du roman "Le sanctuaire des dieux" de Cindy Van Wilder, tome 1 de Terre de BrumeTitre : Le Sanctuaire des Dieux (Terre de Brume, tome 1)
Autrice : Cindy Van Wilder
Plaisir de lecturenote : 4 Livre à découvrir

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Le Monde de Mirar vient de subir un cataclysme que les habitants nomment le Bouleversement. Une Brume toxique s’abat sur l’ensemble des territoires : seuls les sommets de montagnes sont épargnés. Les rares survivants se sont retranchés dans des sanctuaires. Intissar, une Sœur de Feu brave l’avis de sa supérieure pour prévenir la ville de Taho du terrible danger qui se profile. Elle est accueillie par Héra au Sanctuaire des Prêtres de l’eau. Une vague de Brume peuplée de créatures déferle et attaque l’aqueduc qui alimente les communautés en eau, ressource déjà rare.

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Le prologue reste mystérieux : il se déroule une semaine après que la Brume envahisse tout. Puis, l’histoire s’enchaine avec une ellipse de dix-sept années. On suit l’une des deux protagonistes Héra, bébé récupérée par Pylos, un marin.

Terres et mers ont été englouties par la Brume mortelle : les pêcheurs sont devenus des Passeurs de Sanctuaire en Sanctuaire, déposant passagers et courrier, car leur embarcation flotte sur ladite Brume.

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La jeune femme le remercia d’un sourire avant de s’éloigner vers le modeste réduit que Pylos avait aménagé. Un luxe inédit pour ce type d’embarcations, dont de nombreux autre marins s’étaient moqués à l’époque.
— Et à quoi cela va te servir, hein ? Quand tu y auras remisé tes voiles, il ne te restera plus de place pour y suspendre ton hamac !
Pylos sentit son cœur se serrer à ce souvenir.
Si on lui avait dit un jour qu’il se retrouverait dans un monde sans aucune brise pour faire avancer son bateau, où les voiles ne servaient plus à rien, sinon à se tailler des vêtements… Jamais il ne l’aurait cru. Un monde où le vent avait purement et simplement disparu. Une des nombreuses conséquences du Bouleversement.

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Mirar est une société clivée : les clans ne se mélangent pas. Si l’Académie existe, il est réputé que l’entente est peu cordiale entre les Prêtres de l’Eau et les Frères & Sœurs du Feu.

On apprend que les corporations se sont formées autour des quatre éléments : pour l’Eau, les fidèles peuvent devenir guerrier ou guérisseur. Concernant le Feu, les Sœurs et les Frères sont capables de projeter des flammes sur une longue distance (entre autres). Pour le Vent, les membres sont appelés les Souffleurs et pourraient modifier les conditions climatiques. Vis-à-vis de la Terre, la mission des Semeurs nous reste encore complètement inconnue.

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Pour la création de cet univers, j’ai aimé les clins d’œil de Cindy Van Wilder à la mythologie grecque avec les lieux, la consonance des prénoms (Laël, Tyel, Tybalt, Maïlyne, Amani, Dédale, Mégare,…).

Question contexte, l’eau est devenue une denrée rare et la nourriture ne se trouve pas à profusion. La magie possède une contrepartie polluante : quand la magie est utilisée, elle produit un déchet… la Brume. D’ailleurs, l’olympite est le seule matériau qui peut résister à son effet corrosif.

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[Pylos] n’avait jamais vu un Vecteur d’aussi près de toute sa vie. Bien entendu, il connaissait le principe – deux capsules de verre l’une sur l’autre, formant un sablier, sauf qu’elles ne contenaient aucun grain de sable. Au contraire, celle du dessus était emplie d’une eau claire, translucide, qui émettait une faible lueur turquoise. L’eau consacrée par les prêtes et source de magie.
Et, en dessous, une capsule vide destinées à recevoir la Brume.
Il était impossible d’utiliser la magie sans produire de Brume en retour.
Une Brume toxique, que les prêtres prenaient soin de stocker dans un immense réservoir au sein de l’Académie. Une Brume qui avait brutalement échappé à leur contrôle le jour du Bouleversement, si les rumeurs disaient vrai.

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Ce récit est raconté en alternance des points de vue d’Intissar et d’Héra. La complémentarité des caractères de ce duo féminin fonctionne et est source d’intérêt pour le lecteur. Elles restent toutes deux, adolescentes plus ou moins perdues : elles se retrouvent coincées entre les mœurs de leur communauté et qui croient en leurs valeurs qu’elles sont prêtes à défendre.
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L’écriture entrainante permet de profiter pleinement du foisonnement de l’imagination de l’autrice. J’ai été agréablement surprise de découvrir la base de cet univers mais j’avoue que j’aurais apprécié de m’y balader davantage alors que l’enchaînement des actions ne le permettait pas. Le dénouement se termine avec un point en suspens et c’est expressément voulu, diantre ! (‘point en suspens’ expression francophone pour remplacer ‘cliffhanger’).
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« Le Sanctuaire des Dieux » part sur les thèmes des secrets enfouis, des enjeux politiques et de la préservation de l’environnement. Il s’avère le premier volet du diptyque « Terre de Brume » dont le second devrait être publié en mai 2019.
OUF ! L’attente sera courte, j’ai plié ce premier tome en deux heures (pauvre de moi).

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Aux Aventuriales, la couverture du livre m’a attirée et je brandissais un exemplaire à mon amoureux en lui stipulant « Voilà une couverture réussie ! Tout : l’illustration, la police utilisée, le titre, l’impression sur fer à dorer. Bam, tu vois, tu achètes. Simple et efficace. Un packaging au top ». Et cela va sans dire que j’ai évidemment commencé par un bonjour à Cindy (je suis une personne polie) (et gentille). Elle a su me « vendre » cette série par le seul argument de la forme diptyque dont je tenais le premier volume entre les mains et le second était presque finalisé. Et vous savez que j’arrive maintenant à résister aux livres, pour des achats plus raisonnés.

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Lecture conseillée à partir de 12 ans

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Mise en scène du roman "Terre de Brume" de Cindy Van Wilder

Mise en scène de Terre de Brume dans un décor automnal Dédicace de Terre de Brume par Cindy Van Wilder
Dédicace aux Aventuriales

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Alice Neverland, Encres & Calames (Sia), Livrement vôtre (Gilwen)Plumes de lune (Kin) ont aussi affronté la Brume sur une embarcation de fortune.

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DELANEY Joseph – Le sang de l’Épouvanteur, tome 10

11/11/2018 15 commentaires

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Couverture du roman Le sang de l'épouvanteur de Joseph Delaney, dixième tome de la série l'épouvanteurTitre : Le sang de l’Épouvanteur (L’Épouvanteur, tome 10)
Auteur : Joseph Delaney
Plaisir de lectureetoile 4 Livre à découvrir
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Tome 1, tome 2, tome 3, tome 4, tome 5, tome 6, tome 7, tome 8, tome 9, recueil sur les sorcières

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Après l’incendie qui a ravagé la maison de l’Épouvanteur et surtout sa précieuse bibliothèque, John Gregory et Tom Ward accusent toujours le coup. Le message envoyé par Dame Cosmina Fresque tombe à pic : elle leur propose de lui racheter quelques livres de son immense bibliothèque personnelle. Ils se mettent donc en route.
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Pour ce tome, la quête principale concernant la lutte contre le Malin passe au second plan puisque l’Épouvanteur et Tom Ward ont d’autres chats créatures à fouetter museler.
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On rencontre Judd Brinscall, un ancien apprenti de John Gregory et l’ami de Dame Fresque. Les créatures au service de l’Obscur continuent de se rassembler ; Grimalkin et son sac au contenu mystérieux est aussi de la partie.
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Tom Ward reste un personnage réaliste avec cette peur qui parfois l’empêche d’aller combattre telle ou telle créature. L’Épouvanteur est en bien mauvaise posture (voire pire) et tous deux sont aux prises d’excellentes – et effrayantes – illusions. L’auteur en profite pour nous présenter sa version des vampires roumains. On connaîtra aussi le nom de Siscoï, Seigneur de sang et Buveur d’âmes mais il restera un personnage mineur.

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L’intrigue majeure avance peu, mais en même temps, vaincre le Malin n’est pas une tâche aisée. Le fil rouge pour se débarrasser de ce dernier est peu déroulé dans ce tome.
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Certaines alliances sont à nouer, et une demande de sacrifice cruelle a été formulée. Ce que je peux affirmer c’est que les personnages ne sont pas figés. Le roman est un concentré d’actions. On sent que la fin approche car John Gregory diminue et l’on sent le passage du flambeau proche.
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La lecture de la série est conseillée à partir de 12 ans.

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Livre "Le sang de l'épouvanteur" de Joseph Delaney mis en scène sous la pluie

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Dans le chaudron :
Des univers fantasy estampillés jeunesse
¤ Harry Potter de J.K. Rowling
¤ Rose de Holly Webb
¤ Narnia de C.S. Lewis
¤ A la croisée des mondes de Philip Pullman
¤ Eragon de Christopher Paolini
¤ Cœur d’encre de Cornelia Funke

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Logo challenge Halloween 2018.Logo défi Valériacr0
Voilà ma dernière participation pour le challenge Halloween ; c’est un doublé avec le défi Valériacr0 puisque c’est aussi ma lecture de ce mois de novembre 2018.

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Les escapades culturelles de FrankieMargaud Liseuse ont aussi trouvé ce sacrifice prochain à en tordre le cœur.

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DELANEY Joseph – Grimalkin et l’Épouvanteur, tome 9

06/11/2018 5 commentaires

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Couverture du roman "Grimalkin et l'épouvanteur" écrit par Joseph DelaneyTitre : Grimalkin et l’Épouvanteur (L’Épouvanteur, tome 9)
Auteur : Joseph Delaney
Plaisir de lectureetoile 4 Livre à découvrir
Tome 1, tome 2, tome 3, tome 4, tome 5, tome 6, tome 7, tome 9, tome 10recueil sur les sorcières

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La réputation de Grimalkin la précède : c’est une dangereuse sorcière, la Tueuse du clan Malkin. Alors qu’elle chasse ses ennemis, c’est à son tour d’être traquée. Elle fuit les sorcières des autres clans, les monstres et les créatures de l’Obscur lancés à sa poursuite. Un Kretch sera même invoqué par les servantes du Malin pour récupérer le précieux bien que Grimalkin transporte : il ressemble à un énorme loup, de la taille d’un cheval et possède un grand pouvoir de régénération. Devra-t-elle passer une alliance avec Tom Ward et l’Épouvanteur ?

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Redis-toi chaque matin que tu es la meilleure,
la plus forte, la plus redoutable.
Tu finiras par en être persuadée.
Un jour, cela sera vrai. Ça s’est révélé vrai pour moi.
Je suis Grimalkin.

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À l’ouverture de ce neuvième tome de la série « L’Épouvanteur », l’auteur m’enjoignait de découvrir d’abord le recueil de nouvelles « Les sorcières de l’Épouvanteur », ce que je fis, avec un succès mitigé. Période pré-Halloween oblige, je me suis maintenant plongée dans ce tome avec délice.
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Quelle surprise fut de découvrir que Grimalkin est devenue narratrice pour ce volume et non plus l’apprenti Tom Ward ! La rencontre de Grimalkin remonte au quatrième volet où elle désire simplement assassiner l’apprenti de l’Épouvanteur (spoil : elle n’a pas réussi) (ce n’en est pas un, si elle l’avait assassiné, je ne tiendrai pas son histoire entre mes mains).

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Pourquoi tuer le faible quand tu peux combattre le fort ?
Pourquoi mentir quand tu peux dire la vérité ?
Une tueuse doit vivre dans l’honneur et toujours tenir parole.

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Grimalkin est la Tueuse du clan Malkin – et la plus redoutable des sorcières – autant dire qu’elle ne laisse aucune chance de survie à sa proie. Son arme de prédilection reste une paire de ciseaux, mais elle peut jeter son dévolu sur toute autre lame affûtée. Elle est également connue pour couper les pouces de ses victimes afin d’accroitre sa puissance.
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Elle est déterminée, du genre tête froide et pourtant l’on découvre qu’elle est aussi douée de sentiments. Le nouvel éclairage apporté sur ce personnage si curieux fait même naitre de la part du lecteur, de l’empathie à son encontre.
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Joseph Delaney dévoile ses secrets et notamment son passé. On découvre également son ascension et pour quelles raisons sa haine envers le Malin est si forte. Elle décide de se battre seule contre l’Obscur (et rien que pour ça, on peut féliciter son courage sa folie).

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Portant la main à mon collier, je touchai un à un, de gauche à droite, les os de pouces qui le composaient. Tels les doigts d’un moine sur les grains de son chapelet, les miens couraient sur les ossements, absorbaient leur pouvoir, tandis qu’en guise de prière je marmonnais les formules rituelles. Chacun de ces os était une relique prise sur le corps d’un ennemi vaincu.

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La narration plus nerveuse correspond bien au personnage. Ce tome se révèle très sombre, cruel et effrayant. Le roman contient des descriptions d’actes parfois sauvages.
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L’écriture générale reste toujours fluide pour une série qui happe ses lecteurs. L’auteur nous rappelle qu’il n’existe pas de version dichotomique : tout n’est pas blanc ou noir. Et qu’à plusieurs, on est toujours plus forts.
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Ceux qui auront lu le recueil concernant les sorcières y retrouveront des répétitions nombreuses issues de la nouvelle sur Grimalkin. La fin est également bâclée, tant elle est rapide. Je dirai que ce livre n’est pas un tome décisif mais qu’il est truculent de faire la connaissance directe avec cette sorcière.
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La lecture de la série est conseillée à partir de 12 ans.

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Le seul mal véritable est de se refuser ce que l’on désire. En ce sens, je ne commets jamais le mal, car j’impose toujours ma volonté. Ce que je veux, je le prends.

 

 

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La marque représentant une paire de Ciseaux que la sorcière Grimalkin met sur les arbres

Illustration de Grimalkin tachée de sang et portant ses ciseaux Illustration en pied de Grimalkin, la sorcière tueuse imaginée par Joseph Delaney pour sa série littéraire L'apprenti épouvanteur

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Dans le chaudron :
Des univers fantasy estampillés jeunesse
¤ Harry Potter de J.K. Rowling
¤ Rose de Holly Webb
¤ Narnia de C.S. Lewis
¤ A la croisée des mondes de Philip Pullman
¤ Eragon de Christopher Paolini
¤ Cœur d’encre de Cornelia Funke

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Logo challenge Halloween 2018.
Il était temps de lire un tome de la série de l’Épouvanteur pour le challenge Halloween ! Sinon, cette lecture aurait manqué, comme un ingrédient dans une potion.

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La Croisée des Chemins (Tesrathilde), Les escapades culturelles de FrankieMargaud Liseuse savent aussi ce que contient le sac que transporte et protège Grimalkin.

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Illustrations : #01 La marque « Ciseaux » de Grimalkin ; #02 par Aude de Carpentier ; #03 par Anna Kand.

 

KAY Guy Gavriel – Enfants de la Terre et du Ciel

20/09/2018 16 commentaires

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Couverture du roman "Les enfants de la terre et du ciel" de Guy Gavriel Kay paru aux éditions L'atalanteTitre : Enfants de la Terre et du Ciel
Auteur : Guy Gavriel Kay
Plaisir de lecturenote : 4 Livre à découvrir

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Ils font voile vers Dubrava, un peu tendus. Pero Villani est dépêché pour réaliser le portrait du Grand Calife alors que Leonora sort de sa réclusion pour une mission d’espionnage et c’est Marin qui est mandaté pour les escorter tous deux. Danica Gradek de la cité pirate se joint à eux après de malheureuses péripéties concernant l’assassinat du médecin qui servait de couverture à la jeune fille reniée par sa famille et la tentative de meurtre du cadet de la famille marchande Djivo. C’est par le hasard qu’ils se retrouvent coude à coude sur la mer séressinienne pour voguer vers des flots encore plus tumultueux.

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Guy Gavriel Kay présente une fantasy sociale en plaçant l’être humain dans un monde instable. Nous découvrons avant tout des histoires personnelles ; de personnes impliquées dans des changements monumentaux. Le tout est non choisi : destins qui se dessinent, certains qui deviennent des héros anonymes, d’autres qui connaissent une fin de vie rapide. On pourrait les qualifier ainsi : des gens ordinaires aux desseins extraordinaires.
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Par ce roman polyphonique, nous rencontrons des marchands, dirigeants, commandants, conseillers, fermiers, brigands, capitaines maritimes, espion, archère, prêtresses. Les personnages féminins se révèlent réussis : les femmes sont fortes et puissantes. L’ensemble des personnages est non factice. Ils tentent de survivre en négociant sur les terrains politiques et sociaux.

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Les personnages sont élégamment articulés, l’auteur y prend soin. Il est aussi un maître d’angles de vue : certains passages sont vus parfois par plusieurs personnages et relatés en tant que tels. Si ces multiples perspectives peuvent paraitre comme un peu ennuyantes, il faut laisser se dessiner ces destinées interconnectées pour mieux appréhender la dimension qu’elles offrent. Le tout enrichit non seulement l’intrigue générale mais en nourrit des secondaires.

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Les enfants de la Terre et du Ciel se déroule vingt-cinq années après l’histoire de La mosaïque de Sarance. Les clins d’œil envers ce récit et celui des Lions d’Al Rassan sont présents mais toutefois discrets ; il n’est pas nécessaire d’avoir lu ces romans pour comprendre celui-ci tant les connexions sont subtiles. Ce territoire est tombé et est devenu Asharias. Les conflits politiques s’étendent entre Senjan et Séresse et plusieurs peuples s’affrontent alors : Asharites (musulmans), Jaddites (chrétiens) et Kindaths (juifs).
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L’aspect historique de cette histoire prend naissance dans la situation géopolitique des Balkans au XVe siècle après la chute de Constantinople ; c’est dans ce cadre méditerranéen que se campe le récit. Guy Gavriel Kay s’approprie une époque et inclut une pointe de fantastique comme souvent.
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Je me suis peu attachée aux personnages : mon empathie pour eux a moins vibré car j’ai semblé – en tant que lectrice – manquer de temps avec chacun d’entre eux. Les multiples points de vue narratifs m’ont donné une impression discontinue, avec une intrigue plus morcelée. Il faut dire que ce roman souffre de la comparaison avec l’excellent Tigane que j’ai dévoré en mars dernier. Comparé à l’ensemble de la bibliographie de l’auteur, ce roman n’est pas mon préféré. Je reste objective : l’histoire se révèle remarquable en tant que telle.

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Guy Gavriel Kay prouve encore une fois ses talents de conteur, en proposant une belle prose mais aussi des moments doux amers. Il tisse d’anciennes histoires où se mêlent l’aventure, les amours, le danger et les guerres. C’est une réflexion tantôt profonde tantôt ironique qui nous amène sur les thématiques de l’héroïsme et de l’honneur, du chagrin et de l’amour.
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L’intrigue, ponctuée de beaux instants, démarre lentement pour devenir poignante. Un cinquième du contenu est consacré à la présentation des personnages. L’ensemble se trouve être non étouffant et se lit rapidement. Quelques actions me sont apparues un peu étrangères à l’ensemble, conséquence d’une approche inhabituelle – et forte intéressante – de la part de l’auteur.
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L’univers est luxuriant de détails, offre une profondeur que l’on sait nourrie par des recherches poussées et soignées. Les situations de réflexion demeurent le point central du récit et donnent un caractère réel à ces personnages.

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Le monde est un plateau de jeu, avait déclaré un poète d’Espéragne dans des vers encore admirés des siècles plus tard. Les joueurs déplacent les pièces, qui n’ont aucune maîtrise de leurs mouvements. Alignées face à face ou côte à côte, elles sont alliées ou ennemies, de rang inférieur ou supérieur. Elles meurent ou survivent. Un joueur l’emporte, puis on prépare le plateau pour une nouvelle partie.

Quoiqu’il en soit, l’essor et la chute des empires, des royaumes, des républiques, des religions belligérantes, des hommes et des femmes – leurs chagrins, leurs deuils, leurs amours, leur fureur éternelle, leur plaisir et leur émerveillement, leur souffrance, leur naissance et leur mort –, tout cela est intensément réel à leurs yeux, bien plus que de simples images poétiques, si talentueux pût être leur auteur.

Les morts (à de très rares exceptions près) sont séparés de nous. Ils sont enterrés avec les honneurs, incinérés, jetés en mer, abandonnés sur des gibets ou dans les champs à la merci des charognards à poils et à plumes. Il faudrait les observer de très loin ou d’un œil bien froid pour ne voir dans ces tourbillons, ces malheurs, cette agitation, que les mouvements de pièces sur un plateau de jeu.

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Mise en scène du livre "Enfants de la terre et du ciel" de Guy Gavriel Kay

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Le Bibliocosme (Boudicca), Les singes de l’espace (LineTje) ont aussi rencontré Gurçu le Ravageur.

Logo du challenge littéraire "pavé de l'été" 2018 représentant un pavé (pierre) dans un hamac de plage.

Nous sommes à la fin de l’été – l’automne est le 23 septembre – me voici donc à vous présenter mon dernier pavé de 640 pages lu dans le cadre du challenge « Pavé de l’été » de Brize.

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SANDERSON Brandon – Le Livre des Radieux

28/08/2018 20 commentaires

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Couverture du tome 1 du Livre des Radieux par Brandon SandersonCouverture du Livre des Radieux deuxième partie de Brandon Sanderson. Tome 2 des Archives de Roshar, publié aux éditions Le livre de pocheTitre : Le Livre des Radieux (Les Archives de Roshar, tome 2 en 2 parties)
Auteur : Brandon Sanderson
Plaisir de lecture :  Livres fantas… tiques
La Voie des Rois tome 1

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Sur les Plaines Brisées, la guerre gronde toujours. Alors que la chute des Chevaliers Radieux hante encore les Hauts-Princes, Shallan, l’apprentie de Jasnah découvre lors de ses recherches, quelques secrets de ces guerriers invincibles. Kaladin, porteur du pont Quatre sent toujours la vengeance couver en lui et se bat contre l’idée d’être un bouclier humain. Le dernier événement qui vient de se produire remet à plat toutes les stratégies : un assassin blanc intente à la vie du roi Elhokar.

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Pour les cartes des personnages, je demande la famille Kholin au complet dont le père Dalinar est un Haut-Prince, ses fils Adolin et Renarin impliqués dans leur camp de guerre. Après un naufrage, Shallan est contrainte à traverser le territoire pour rejoindre les Plaines Brisées : elle fera la connaissance de Motif. Des sauts dans son passé permettra de mieux appréhender la situation familiale avant son départ et son comportement actuel. Pour survivre, elle apprend vite à devenir assurée, voire à jouer la comédie. Elle tombe nez à nez – sans surprise tant c’était attendu dès les premières lignes de « La voie des rois » – avec Kaladin. Son lourd passif d’esclave le rend aigri mais aussi tenace. Son désir de vengeance envers le Haut-Prince qui l’a asservi puis vendu, l’obsède. Il veut protéger et garder en vie ceux qu’il aime.
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Les exergues – quelques lignes en début de chapitre – sont majoritairement obscurs pour le lecteur ; à l’inverse des intermèdes avec des personnages encore inconnus qui amènent des éléments de réponse ou des pistes d’entendement.

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C’est toute la richesse d’un univers à appréhender : le bestiaire – néantifères, sprènes – le mythe des Radieux et l’existence des lames d’éclat et des cuirasses, le système politique – rois, hauts-princes, les castes avec les pâles-iris et les sombres-iris –, la théorie religieuse en prenant en compte les tempêtes mineures, les tempêtes majeures, le Sang-des-spectres, les Fils d’Honneur, les Hérauts, le Tout-Puissant.
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Il reste encore à collecter plein de détails sur les fonctionnements de l’univers, l’existence de(s) Dieu(x), le nombre réel de lames d’éclats, la réalité des sprènes, les menaces des néantifères, le rôle des tempêtes, la présence d’un portail, l’objectif des motifs…
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La découverte de nouveaux aspects de la magie est forte excitante : notamment sur l’apprivoisement de la fulgiflamme.

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Je suis déjà convaincue par les talents d’écriture et d’imagination de Brandon Sanderson. À mes yeux, « Les archives de Roshar » est une œuvre majeure qui se dessine. Elle apporte beaucoup de fraicheur à la fantasy par une originalité bienvenue du scénario.
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C’est un marathon qui s’ouvre alors : l’auteur a prévu une saga composée de dix tomes. En version française, chaque tome est divisé en deux livres. La fabuleuse traduction est réalisée par Mélanie Fazi.
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Entre la lecture du premier et du deuxième tomes, j’ai pris une pause d’une année.

J’avais trouvé que « La voie des Rois » était un peu lent, certes introductif mais aussi consistant. Je n’étais pas convaincue car je préférais suivre le point de vue de Shallan – tellement prometteuse ! – et je me contrefichais des ponts à déplacer par Kaladin. Je n’en avais alors pas eu pour mon content. Ici, c’est différent. On entre vivement dans l’amorce de la série et le récit avance de manière exponentielle.
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Brandon Sanderson nous surprend : il bouleverse le schéma global de l’aventure. Elle prend un angle à 90° qui rend inlâchable ce deuxième volume. L’auteur nous laisse entrevoir tout le potentiel de l’intrigue et des personnages.
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Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde en me plongeant dans cette histoire tour à tour poignante et épique. L’intrigue est dense et pourtant facile à suivre. On veut tout comprendre, on veut tout suivre, on veut être partout à la fois, on veut accompagner chaque personnage… et l’auteur y parvient.

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« Le Livre des Radieux » est un cataclysme : Brandon Sanderson donne déjà beaucoup de réponses, acte des rencontres et esquisse encore des détails de son univers. Et puis, tranquillement, il lance aussi de nouveaux points à atteindre dans son intrigue.
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Maintenant que la base est jetée et bien comprise, que les fils de narrations principaux sont bien noués ensemble, le tramage à filer s’agrandit. Chaque détail pourrait être capital et l’auteur sait en jouer.

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Illustration de Shallan dessinant les Plaines Brisées, roman "Le livre des radieux" de Brandon Sanderson

Illustration du personnage Shallan en voyage, roman "Le livre des radieux" de Brandon Sanderson Illustration du portrait de Kaladin en compagnie de Syl, roman "Le livre des radieux" de Brandon Sanderson

Illustration de Kaladin et Shallan tombés dans le gouffre, roman "Le livre des radieux" de Brandon Sanderson

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Les lectures de Bouch’ et Phooka de Booktenstock (partie 1 et partie 2) ont aussi vu l’ombre d’un démon des gouffres.

Logo du challenge littéraire "pavé de l'été" 2018 représentant un pavé (pierre) dans un hamac de plage.

Volumes acquis spécialement pour le challenge « Pavé de l’été » de Brize, je réalise un joli strike avec 896 pages pour la première partie et 704 pages la seconde partie. Ils faisaient également partie de la liste des livres que je souhaitais dévorer cet été.

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Illustrations : #01 Shallan par Michael Whelan, #02 Shallan par Haco1, #03 Kaladin par Emma Goyer, #04 In the chasms par Ann.

 

HOBB Robin – L’assassin royal ~ Les secrets de Castelcerf, tome 9

21/08/2018 6 commentaires

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Couverture du livre "Les secrets de Castelcerf" de Robin Hobb aux éditions J'ai lu.

Titre : Les secrets de Castelcerf (L’assassin royal, tome 9)
Autrice : Robin Hobb
Plaisir de lecture Livre avec entrée au Panthéon

Tomes 12345, 6, 7, 810
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Tom Blaireau a rempli sa mission en ramenant sain et sauf le prince à bon port. Alors qu’il pensait pouvoir regagner sa chaumière isolée, Kettricken et Umbre lui notifient avoir toujours besoin de ses services. La Narcheska et sa délégation des îles d’Outremer débarquent.

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Trop tard pour les excuses, fis-je d’un ton grave. Je vous ai déjà pardonné.

 

FitzChevalerie, aka Tom Blaireau, se confronte aux difficultés liées à l’adolescence d’Heur son fils adoptif, aux subtilités de sa relation avec Jinna, à l’entêtement d’Umbre, à la fougue du prince Devoir exalté, à la violence morale due aux attaques d’Art non maîtrisé du serviteur nommé Lourd, au mystère entourant la Narcheska Elliania Ondenoire, à la surprise de la pluralité des personnalités du Fou ; le tout en vivant son récent et douloureux deuil.
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Robin Hobb traite les différentes relations du bâtard avec toute la complexité qu’inclut le « facteur humain » surmultiplié par le jeu de sa double identité.

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Et, semblables à du goudron qui fige, mes sentiments envers le fou se refroidirent et durcirent.

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Selon le découpage français, ce premier tome est la première partie – sur trois – du volume « The Golden Fool » : Robin Hobb soigne sa mise en place en démarrant plusieurs intrigues ; ce qui donne une impression d’un récit plus calme que les précédents (en apparence seulement).
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Le roman porte bien son titre, car c’est en empruntant les passages secrets et force d’observation que certains secrets se dessinent. La guerre avec les fervents du Prince Pie ne reste qu’une menace lointaine de par l’hiver qui oblige les gens à rester enfermés dans le château de Castelcerf.

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Reconnaître qu’on est l’auteur de son propre isolement n’y porte pas remède, mais c’est un premier pas vers la constatation que son sort n’est pas inéluctable et que le choix qu’on a fait n’est pas irrévocable.

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Fitz oscille entre les souvenirs de sa jeunesse et ses obligations actuelles : il fait le point entre l’impétuosité d’une période et la relative sagesse de l’autre. Fitz a vieilli et se retrouve en proie aux doutes.

Alors que sa formation en Art fut plus qu’houleuse, le voilà en passe de devenir professeur démuni face à la pédagogie qu’il se doit de mettre en place.

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Non des moindres, ce tome voit naître le croisement avec l’univers des aventuriers de la mer : des personnages issus de cette série arrivent à Castelcerf et donnent aussi des nouvelles d’anciens protagonistes. Cet enlacement sera source de questionnements urticants.

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Illustration du portrait de Tom Blaireau Illustration représentant Fitz en repos après une attaque de Lourd, en compagnie d'Umbre

Couverture alternative de "The Golden Fool" de Robin Hobb où le fou est représenté en Sire Doré Portrait illustré de Sire Doré, personnage de Robin Hobb

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Lectures trollesques (Ptitetrolle), Les escapades culturelles de Frankie ont aussi surpris la discussion entre Elliania et Peottre Ondenoire.

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Illustrations : #01 Tom Blaireau, artiste inconnu, #02 Skilling after Dutiful par ThereseoftheNorth, #03 Couverture alternative de « The Golden Fool » par Dagmara, #04 The Fool par Floor Steinz.

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