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Articles taggués ‘fantasy historique’

PEVEL Pierre – Les Lames du Cardinal

26/04/2018 14 commentaires

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Couverture "Les lames du cardinal" de Pierre Pevel : tome 1Couverture de la trilogie "Les lames du cardinal" de Pierre Pevel : tome 2 titré l'alchimiste des ombresCouverture de la trilogie "Les lames du cardinal" de Pierre Pevel : tome 3 nommé le dragon des arcanesTitres : Les Lames du Cardinal tome 1, L’alchimiste des ombres tome 2, Le dragon des arcanes tome 3

Auteur : Pierre Pevel
Plaisir de lecture Livres sympa

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1633, Richelieu veille sur le présent et le devenir de la France. Afin de renforcer sa gouvernance, il reforme la compagnie des Lames du Cardinal. Les dragons menacent le royaume et il devient vital de contrecarrer leurs plans.

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Le roman s’ouvre sur le Cardinal Richelieu en train de caresser son dragonnet domestique tout en réglant quelques menues affaires étatiques. De l’équipe des Lames, je n’en détaillerai pas les membres qui la composent pour vous laisser les découvrir. Ces hommes sont des élites, la crème de la crème ; c’est pourquoi ils « reprennent du service ». Pierre Pevel intègre des personnages sans que l’on connaisse leur véritable identité pour mieux brouiller les pistes. Dans l’ensemble, j’ai trouvé qu’ils étaient souvent définis par un seul trait de caractère ; celui qui va servir l’intrigue. J’ai trouvé dommage que la globalité de leur personnalité ne soit pas mieux exploitée.

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C’est l’intégration des dragons qui a suscité tout mon intérêt. Il existe trois types de descendants : ceux qui servent de moyen de transport, ceux qui deviennent des familiers et ceux de forme humaine. Ce sont ces derniers qui cherchent à mettre la main sur toute l’Europe. Entre autres, on apprend que la santé d’un individu dépend de l’équilibre de quatre humeurs : le sang, la bile, la phlegme et l’atrabile. Il en existe une cinquième, l’obâtre, propre à la race des dragons. Est liée le problème de la ranse, une maladie transmise par les dragons ou provoquée par les effets nocifs de leur magie.

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Cette trilogie est un hommage aux romans de cape et d’épée. Le soupçon de magie dans un récit réel entraine un mélange équilibré pour de la fantasy historique qui tient la route.
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Tous les éléments s’y trouvent : complots, trahisons, alliances nouées, désunions, périls, rebondissements, duels, jeux, alcool, traquenards, amours impossibles et héros sauvés in extremis. Le rythme des actions s’enchainent sans forcément avoir la possibilité de les apprécier à leur juste valeur. La lutte entre les clans, noir et blanc fait aussi une place à quelques individus « gris ».
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Ceci dit, j’ai trouvé que la magie impactait bizarrement l’univers ; par exemple, les informations de priorité absolue circulent encore à cheval sous la forme de lettre plutôt qu’à dos de dragon – wyverne – moyen de transport sûr et rapide. Le chapitrage varie d’un livre à l’autre et la longueur des parties est un peu étonnante.

Le récit se lit d’une traite jusqu’à la fin qu’on peut qualifier de grandiloquente. Cependant, j’ai trouvé que le thème des dragons était peu creusé. Et quand bien même j’essaie de dédaigner l’aspect « romans à succès », je pense que j’ai été influencée et m’attendais à un récit qui allait davantage m’entraîner dans un univers où le thème des dragons aurait été plus creusé. La trilogie reste une lecture plaisante.

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Illustration de Loïc Muzy de la trilogie "Les lames du Cardinal" de Pierre Pevel Illustrations de Loïc Musy pour le jeu de rôle "Les Lames du Cardinal" aux éditions Sans détour

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Souvenir de lecture : Livres gagnés lors des deux ans de blogging de Bouch’ (en 2014) (oui, bon…)

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Logo défi Valériacr0Pour le mois d’avril, Valériane souhaitait me faire avancer dans mon défi « Fin de série« … en me faisant commencer (hum ?) une série. On ne peut pas réellement parler de « nouvelle série » puisque je l’ai acquise il y a quelques années. Comme il s’agit d’une trilogie entièrement publiée – depuis plusieurs années, on a compris – j’ai décidé de m’auto-challenger en ne lisant non pas le premier tome comme l’avait choisi ma binômette mais toute la série.

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Lutin82 (Albédo) s’est aussi promenée dans un Paris draconien.

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Illustrations de Loïc Musy pour le jeu de rôle « Les Lames du Cardinal » aux éditions Sans détour

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KURTZ Katherine – La trilogie des rois

28/08/2017 8 commentaires

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Couverture de la trilogie des rois écrite par Katherine KurtzTitre : La trilogie des rois (roi de folie, roi de douleur, roi de mort)
Autrice : Katherine Kurtz
Plaisir de lecture Livre fantas… tique
La trilogie des magiciens, La trilogie du roi Kelson
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903, la Maison Festil règne sur le Royaume de Gwynedd. Le coup d’État fomenté il y a deux siècles a permis d’éjecter du trône les Haldane : c’est l’avènement des Derynis. Le Roi siégeant ne fait pas l’unanimité, Camber décide de se retirer de la cour d’Imre.

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Quand j’ai commencé la trilogie, une immense joie s’est déversée : je repartais dans l’univers des Derynis mais sur une toile – presque – toute neuve car j’allais parcourir le passé de Kelson, 200 ans avant sa naissance.

 

Le récit s’ouvre sur le Royaume sur lequel règnent les Festil. Je ne pensais pas que la trilogie serait elle aussi sur la lignée Haldane car l’ensemble de ces trois tomes est une réponse aux rois festilliens et la débâcle derynie.

 

Ô élément très attendu – le principal pour moi – j’allais rencontrer Camber ! Saint Camber et toute la légende qui en découle. Et je fus surprise : Camber est bien vivant mais il a déjà 57 ans.
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Camber MacRorie est le septième comte de Culdi. Érudit et juriste, il est aussi fonctionnaire à la retraite. Camber est un personnage principal, comme ses enfants et leurs compagnons – Evaine, Rhys, Joram. Nous faisons aussi la rencontre de Megan la reine, de l’archevêque Anscom, du prêtre Cullen mais aussi du roi Cinhil, dernier membre de la lignée Haldane que j’ai d’ailleurs beaucoup moins apprécié que la clique derynie qui l’aide.
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Si j’ai adoré la trilogie des magiciens, j’avais été déçue par la trilogie du roi Kelson car Katherine Kurtz y développait une intrigue que je jugeais trop émaillée de facilités. Pour cette série, je trouve que l’autrice est plus en forme : une richesse question rebondissements et des intrigues politiques intéressantes à suivre ; il y a moins de prévisibilité.

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Dans ce moyen-âge alternatif, on découvre le quotidien médiéval avec la latence de réponse en termes de communication, du froid qui s’insère dans les habitats venteux et dans les relations houleuses.

Les situations dérapent vite et on voit l’être humain dans ses pires travers. Côté personnages, les femmes ne sont pas très réussies : elles sont parfaites, mais toujours au second plan. Enfin, la hiérarchie ecclésiastique est très présente et on comprend très vite que Katherine Kurtz communique sa foi. Dans les éléments un peu dommageables, sur une question de forme, je suis encore fortement agacée de découvrir tant de fautes dans l’édition de Pocket : erreurs de traduction, mauvais prénom utilisé, et descriptions modulées (un manteau peut être bleu pour devenir rouge trois lignes plus loin).

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En plus de sa rencontre, découvrir la personnalité de Camber a été une agréable surprise. J’ai également aimé retrouver des éléments de la magie des Derynis : polymorphisme, portails de transferts, cubes mobilse et communication à distance. Le don de soi est le thème principal et les revers de vie de certains personnages leur confèrent une admiration certaine de la part du lectorat.
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Je suis étonnée de découvrir que Katherine Kurtz oppose humains et Derynis. Jusqu’alors, les Derynis étaient des humains avec des pouvoirs. Ici, elle appuie fortement sur cette distinction.

 

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Dans le chaudron :
Grandes fresques en fantasy
¤ La couronne des sept royaumes de David B. Coe
¤ L’assassin royal et Les aventuriers de la mer de Robin Hobb
¤ La tapisserie de Fionavar de Guy Gavriel Kay

Challenge littéraire : pavé de l'été.

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Voilà mon premier pavé de l’été pour le challenge de Brize, qui se constitue de 1251 pages de texte brut.

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KURTZ Katherine – La trilogie du roi Kelson

27/09/2016 6 commentaires

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La trilogie du Roi Kelson Katherine KurtzTitre : La trilogie du Roi Kelson (Le Bâtard de l’évêque, La justice du roi, La quête de saint Camber, Une femme pour le roi)
Autrice : Katherine Kurtz
Plaisir de lectureetoile 2 Livre avec regrets
La trilogie des magiciens, la trilogie des rois
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Kelson Haldane a su montrer les premiers signes qui feront de lui un grand roi. Encore jeune et novice, il sait compter sur ses deux acolytes : son champion Morgan et l’évêque Duncan. Dans un climat tendu, où les Derynis ne sont toujours pas bienvenus, le souverain devra faire face aux seigneurs de Meara qui veulent leur indépendance, partir en campagne contre le traitre Loris ; et accessoirement, trouver une épouse.

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la-trilogie-du-roi-kelson-couverture-tome-1Après la relecture l’été dernier de la trilogie des magiciens – l’originelle – je me suis plongée, en compagnie d’Eirilys grâce à une lecture commune, dans la  trilogie « suivante » chronologiquement parlant. Bon, pour commencer, il s’agit en réalité d’une tétralogie car elle contient : Le Bâtard de l’évêque, La justice du roi, La quête de saint Camber et Une femme pour le roi (ce dernier fonctionnant beaucoup moins bien s’il est attaqué comme un tome indépendant).
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L’œuvre de Katherine Kurtz prend pied dans un environnement moyenâgeux alternatif où certains êtres humains dotés de pouvoirs sont qualifiés de derynis ; et c’est le cœur du souci (ces sorciers, pas leur nom). Nous suivons Kelson, tout jeune roi et ses deux alliés principaux : le duc Alaric Morgan et l’évêque Duncan McLain.

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La petite ellipse de deux ans nous permet de nous plonger directement dans le bain. J’étais contente de retrouver ce trio de choc car j’avais trouvé que la première trilogie offrait une intrigue complexe mais dont la trame était accessible à tous. Lire la suite…

KAY Guy Gavriel – Les chevaux célestes, tome 1

29/06/2016 16 commentaires

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Les chevaux celestes Guy Gavriel KayTitre : Les chevaux célestes (Sous le ciel, tome 1)
Auteur : Guy Gavriel Kay
Plaisir de lectureetoile 4 Livre à découvrir
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En hommage au général Shen Gao pour son dévouement lors de la bataille de Kuala Nor, l’impératrice du Tagur offre à son fils cadet Shen Tai, deux cent cinquante coursiers de Sardie. Cette récompense inimaginable va le contraindre à être au centre d’enjeux politiques et d’intrigues dont il n’en connait aucune règle ; on serait prêt à le tuer pour récupérer ces chevaux célestes.

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On donnait à un homme un coursier de Sardie pour le récompenser immensément. On lui en donnait quatre ou cinq pour l’élever au-dessus de ses pairs, lui faire tutoyer l’échelon supérieur – et lui gagner la jalousie, parfois mortelle, de ceux qui montaient les chevaux des steppes, plus trapus.
La princesse Cheng-wan, impératrice consort du Tagur depuis vingt ans de paix, venait de lui accorder, avec autorisation, deux cent cinquante chevaux-dragons.
C’était le chiffre exact. Tai le relut une fois de plus.

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Les chevaux celestes Kay illustration 01« Les chevaux célestes » (Under Heaven) est le premier tome d’un diptyque ; dont le second s’intitule « Le fleuve des étoiles » (River of stars).

Comme souvent avec ses autres romans, Guy Gavriel Kay s’intéresse à une période historique, ici la Chine antique sous la dynastie des Tang (618-907 après J.C.) : c’est l’âge d’or de la Chine – avec quelques éléments sanglants pour activer le brillant de l’or, évidemment.

C’est une période que je  ne connais absolument pas et j’avais peur d’y être complètement perdue ; c’était sans compter les talents de l’auteur. Lire la suite…

KURTZ Katherine – La trilogie des magiciens

24/05/2016 10 commentaires

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La trilogie des magiciens Katherine KurtzTitre : La trilogie des magiciens (Le Réveil des Magiciens, La Chasse aux Magiciens, Le Triomphe des Magiciens)
Autrice : Katherine Kurtz
Plaisir de lecturecoeur notation Livre avec entrée au Panthéon
La trilogie du roi Kelson, la trilogie des rois
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Par une journée fraiche et brumeuse, Brion Haldane et quelques seigneurs et ducs des onze royaumes sont de partie de chasse. Alors que le gibier se fait rare et les plaisanteries nombreuses, Brion trouve la mort de manière foudroyante. Son fils, Kelson en devenir roi va répondre à la dernière volonté de feu son père en faisant revenir au royaume de Gwynedd, son ami et duc, Morgan. Ce dernier ne laisse pas indifférent : les rumeurs court à son sujet, c’est un deryni !
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La mort de Brion et la future accession de Kelson au trône précipite de multiples événements. La reine Jehana profite du retour de Morgan pour établir prochainement un conseil de gérance : elle veut l’accuser d’hérésie et de haute trahison envers les royaumes. Charissa, encore appelée Celle de l’Ombre veut elle aussi la souveraineté : elle souhaite par vengeance exterminer un à un les gens aimés par Morgan afin qu’il connaisse le mal qu’il lui a fait en tuant son propre père. Afin que Kelson parvienne au pouvoir dans les meilleures conditions, il doit obtenir la transmission des pouvoirs de Brion. Avec l’aide de Morgan et du prête Duncan, ils vont devoir interpréter le quatrain rituel rédigé par le roi défunt et réaliser les actes énigmatiques suscités.

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La trilogie des magiciens Kurtz Illustration 02Cette trilogie a été écrite en 1970 et n’a pas pris une ride. Il s’agit de la trilogie originelle du cycle concernant les Derynis – mais elle n’est pas la première dans l’ordre chronologique.

Elle regroupe les trois premiers tomes écrits par Katherine Kurtz : Le Réveil des Magiciens, La Chasse aux magiciens, Le Triomphe des Magiciens.
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Il s’agit d’une intégrale achetée au hasard (!) car je partais vivre six mois en Espagne et qu’il me manquait des provisions littéraires pour cette période.

C’est apparemment une lecture estivale pour moi : cette fresque fabuleuse mérite de prendre le temps de se plonger jusqu’aux coudes yeux.  Je l’ai découverte en 2004, je l’ai relue en lecture commune avec Eirilys en 2010 pour la rerelire – oui ! – l’été dernier, en 2015.

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FAYE Estelle – La Voie des Oracles ~ Aylus, tome 3

03/05/2016 4 commentaires

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Aylus Estelle Faye La Voie des Oracles tome 3Titre : Aylus (La Voie des Oracles, tome 3)
Autrice : Estelle Faye
Plaisir de lectureetoile 4 Livre à découvrir
Tome 1, tome 2.
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Enoch a disparu. Thya la Jeune part à sa recherche, après avoir bénéficié de l’aide divinatoire de son oncle. L’Oracle brûlée, à la suite d’une grande absence tient à rencontrer la jeune fille et à lui insuffler plus de force à ses réminiscences.

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Aylus Estelle Faye tome 3 La voie des oracles.
Dès les premières pages, on se demande où l’on se trouve. J’ai été désorientée, au point de douter de la venue – que je pensais certaine – de Thya en Gaule.

La nouvelle donne des cartes amène d’autres problématiques. Il s’agit bien d’une histoire alternative, on pourrait même parler d’uchronie. Lire la suite…

FAYE Estelle – La Voie des Oracles ~ Enoch, tome 2

08/04/2016 6 commentaires

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Enoch Estelle Faye La voie des Oracles tome 2Titre : Enoch (La Voie des Oracles, tome 2)
Autrice : Estelle Faye
Plaisir de lectureetoile 4 Livre à découvrir
Tome 1, tome 3.
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Thya, Enoch et Aylus fuient toujours les troupes d’Adeon, en suivant la route de la soie. L’oracle recherche les Dieux Voilés de ses visions. Les intrigues qui se jouent ici prennent une nouvelle dimension par l’intérêt nouveau de divinités.

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Ce roman sous la forme « chorale » permet de mieux appréhender les personnages Thya, Enoch et Aylus. Le héros à ne pas oublier est Minuscule, qui agit comme un protecteur. On s’intéresse même à Aedon qui forme un duo cruel avec la déesse de la lune.
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Avec l’essor du christianisme, les cultes païens sont détruits. Après « Thya », ce tome approfondit la mythologie avec la présence de : dryade, faune, sylvain, ondine et goules mais aussi de Dionysos, Culsans, Apollon et Hécate. Chaque divinité tire son morceau de couverture à elle et déplace des pions, surtout sans les jambes de Thya pour servir ses plans.
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FAYE Estelle – La Voie des Oracles ~ Thya, tome 1

28/02/2015 17 commentaires

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Thya Estelle Faye La voie des oracles tome 1Titre : Thya (La Voie des Oracles, tome 1)
Auteure : Estelle Faye
Plaisir de lectureetoile 4 Livre à découvrir
Tome 2, tome 3.

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Thya est la fille du Général romain Gnaeus Sertor. En grandissant, elle affirme son statut d’Oracle, la famille s’exile en Aquitania pour le garder secret. Au Ve siècle après Jésus Christ, le christianisme s’étend, le culte des anciens dieux est interdit et le danger, permanent. Son père assassiné, Thya décide de fuir vers le Nord-Est, à Brog, terre de succès de son ascendant. Dans l’ombre, anciens dieux et créatures fantastiques suivent la progression de la jeune fille vers son Destin.

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)°º•. Ma rencontre avec la plume d’Estelle Faye sur « La dernière lame » m’avait laissé une impression mitigée surtout à cause d’une narration imparfaite. L’auteure lie ici l’imaginaire à l’Histoire, nous invitant dans les splendeurs de Rome et sa décadence.
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Le premier tome se concentre sur le voyage de Thya. L’intrigue se ramifie très vite grâce à l’aspect initiatique de la trame. Les conflits intérieurs des personnages sont dévoilés, mettant en exergue les sentiments. Finalement, peu de manichéisme est à noter dans les rangs. Les personnages sont très humains : leur chemin intérieur est présenté de manière digestible et les pensées sont décortiquées pour nous apporter de la profondeur.

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Une lueur d’angoisse tremblait dans ses yeux vert forêt, des yeux de sauvageonne, couleur de sous-bois.

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TAFFIN Benedict – La Pucelle et le Démon

09/09/2012 12 commentaires

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Titre : La pucelle et le démon
Auteur : Benedict TAFFIN
Plaisir de lecture Livre sympa peu s’en faut

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Sous les ordres de la duchesse Yolda, Sidoine de Valzan s’en va rencontrer Jehanne de Dromfroy. Cette femme pieuse entendrait des voix, il se doit de la ramener auprès du Dauphin afin qu’elle lui déclare religieusement ne pas être un bâtard. L’élue va également confirmer qu’il faut qu’il reprenne son trône et qu’il boute les Azuléens hors de Falatie. Le guerrier Sidoine va pourtant s’arrêter en chemin, prendre quelques plaisirs auprès d’une putain nommée Oriane. Au petit matin, lorsqu’il arrive sur les lieux, il découvre un désastre et le corps sans vie de Jehanne ; les démons de Njorg ont tout détruit. Les bras ballants, Sidoine tente le tout pour le tout et engage officieusement Oriane pour remplacer la vierge. Afin de vérifier son identité, Oriane doit rencontrer le capitaine de Vernisse venu avec un exorciseur. Voici la première étape d’une longue aventure… tout pourrait idéalement se passer si Arkshaar le démon de Sidoine, n’avait pas décidé de s’en mêler.

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)°º•. Pour accessoiriser cette imposture magistralement organisée, il nous faut donc :

Yolda, la duchesse et commanditaire. Le type de personnes assez froides dont on n’aimerait pas la compagnie et qui semble avoir bien du pouvoir en sous-main.

Jehanne, une femme dévote que nous n’aurons pas l’occasion de bien connaitre. Nous savons que la légende veut qu’elle vienne du bois Perchus et qu’elle fera des révélations au Dauphin.

Sidoine de Valzan surnommé La Hire. Il a un sens de l’honneur particulièrement développé ; il veut donc arriver au bout de l’aventure. Ce capitaine sanguinaire est accompagné d’un bhargoest qui a pris possession de son corps. Il maitrise un large éventail de jurons et ses propos sont souvent entrecoupés de « ta gueule » ou « la ferme » pour faire taire son démon jacassant, que lui seul peut écouter. Arkshaar est plutôt sadique et aime se moquer de son hôte, il est très agressif tant dans ses paroles que dans ses gestes mais je ne peux m’empêcher d’apprécier ses interventions. Je trouve ce combo plutôt réussi notamment quand le démon lui susurre à l’oreille qu’il faut poutrer ses interlocuteurs en les décapitant ou en leur sortant les tripes alors que notre malheureux Sidoine tente de rester calme.

Il y a bien sûr Oriane avec ses magnifiques yeux émeraude qui va devoir prendre sur elle, jouer son rôle à la perfection. C’est tout de même un électron libre et il n’est pas facile de lui tenir fermement les rênes.

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)°º•. Tu as peut-être saisi, mais sous le titre de « La pucelle et le démon », il se cache l’histoire de Jeanne d’Arc… revisitée. Il va sans dire que la documentation semble très bonne, les explications en fin de livre  données par l’auteur ainsi que le récit le montrent.
Les incipits de chaque chapitre ouvrent sur l’histoire « véritable » de Jeanne avant que les mots servent l’imagination de Taffin. Les tout premiers m’ont embrouillée et il a fallu que je demande confirmation à mon binôme de lecture. La grammaire y est parfois difficile, les phrases alambiquées mais reprenant les classiques du vieux françois.
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Malgré le talent développé, il m’a été difficile d’apprécier l’exercice de Benedict Taffin car je ne connais pas assez l’histoire officielle ni même les hypothèses de ce fait historique. On notera que les éléments fantastiques sont bien entremêlés à l’histoire et semblent trouver naturellement leur place. J’ai beaucoup aimé la réinvention des noms de villes et pays : Falatie/France, Ortillan/Orléans, Azuléens/Anglais, Tourelles/Tournelles, Lyspon/Lyon, Pondiret/Paris.

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)°º•. Cette fantasy qu’on pourrait qualifier d’historique est servie par une très bonne plume. J’ai aimé ce combo non conventionnel Oriane/Sidoine qui apporte vraiment de la fraicheur au récit. J’ai regretté tout de même de ne pas en savoir plus sur ce duo ni même connaitre davantage Njorg et ses démons. Mais ça, ce sont les paroles d’une lectrice fort ancrée dans l’environnement qui s’avère une éternelle insatisfaite (non, mais parce qu’une bonne histoire se doit d’avoir une fin, en vrai).
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Les passages entre action et moments plus calmes s’harmonisent. Les enchainements sont très bons grâce à une grande fluidité d’écriture. Le préambule est vraiment réussi. Les temps de guerre sont un peu difficiles pour moi car je n’aime pas ça, mais cette histoire saupoudrée d’éléments fantastiques est bien ficelée. Des scènes violentes de batailles et d’autres remplies de quelques détails sexuels feront pencher la balance du côté « conseillé au plus de 15 ans ». J’ai aimé que les informations soient distillées au fil du récit : on voit le nom Njorg, on comprend ensuite que c’est « lui » qui s’occupe des bhargoests, puis on sait que c’est une femme et finalement une sorcière.
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Avec une connaissance imparfaite de l’histoire originelle de Jeanne d’Arc, j’ai eu du mal à apprécier le texte à sa juste valeur. Mais j’ai été surtout motivée pour connaitre la fin et savoir si Oriane allait connaitre le même sort que Jeanne la Vraie ou si Benedict Taffin allait différencier cet élément de clôture. Il va sans dire que la présence de l’humour sarcastique et la façon de conter de Taffin m’ont particulièrement enchantée et je n’hésiterai pas à découvrir ses autres écrits.

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Sous le titre un peu mielleux de « La Pucelle et le Démon » vous découvrirez qu’il n’en est rien. L’Histoire de Jeanne d’Arc a été totalement repensé par Benedict Taffin et vous allez être ravis de connaitre les coulisses de cette grosse imposture à la sauce fantastique.

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)°º•. Bénédicte Taffin – qui signe Benedict Taffin ses livres adultes – est une écrivaine française. Son premier livre (jeunesse) « Les yeux d’Opale » est paru en septembre 2010 et a remporté le prix « Révélation Jeunesse » des Futuriales en 2011. Son blog
L’illustration de couverture est signée Pascal Quidault.

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Souvenir de lecture : La différence entre histoire et faits historique qui devient de plus en plus ironique.

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Dans le chaudron :
En fantasy historique
¤ Jonathan Strange & Mr Norrell de Susanna Clarke
¤ Le dernier rayon du soleil de Guy Gavriel Kay
¤ Thya d’Estelle Faye (La Voie des Oracles, tome 1)

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Cette lecture a été appréciée en lecture avec ma précieuse binôme Heclea dont vous pouvez lire la chronique. N’oublions pas que c’est grâce à un concours des Dames de Bookenstock que nous avons pu découvrir cette histoire.
Bookenstock (Dup & Phooka), La pile à lire (Oriane), Les victimes de Louve ont aussi apprécié cette Pucelle et ce Démon.

CITRIQ
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Ce livre est publié par un petit éditeur. On apprécie la couverture amovible, le papier épais et les finitions.
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Pic : couverture par Pascal Quidault.

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COLIN Fabrice – La Malédiction d'Old Haven

18/03/2011 32 commentaires

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Titre : La malédiction d’Old Haven
Auteur : Fabrice COLIN
Plaisir de lecture : Livre fantas… tique

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Mary vient d’atteindre ses dix-sept ans, c’est l’heure aujourd’hui, de partir. Elle quitte la Sainte Charité, ce couvent de sœurs qui l’a recueillie à ses premiers balbutiements. C’est à Boston qu’elle a décidé de poursuivre sa vie. Cependant, en chemin, avec Philippe le cocher, ils s’arrêtent à Gotham. Et plus rien ne fera partir Mary qui se sent ici comme chez elle. Un vieux chêne la retient dans cette clairière et c’est le début de moult péripéties.

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)°º•. 1723, Mary Wickford, du haut de ses 17 ans s’installe à Old Haven. Grâce aux villageois, elle se fait construire une maison près de cet arbre immense. Alors qu’elle se fait embaucher par Isaac le prêtre de la bourgade, les habitants lui demandent de prendre soin d’elle et aussi de surveiller le comportement du son maitre. Tout va s’accélérer alors très vite : elle va rencontrer du monde, des mages cachés, la crème des pirates, quelque sorcière, des fanatiques religieux, des étrangetés de la nature et même des mythes ! On suit notre héroïne, sans en savoir plus qu’elle : le monde s’ouvre sous nos yeux, on se casse la figure sur la même racine qu’elle. C’est assez ébouriffant de voir un univers et des connaissances inconnus s’ouvrir à nous au rythme des pas de Mary.
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La multiplicité des personnages a été soigneusement réfléchie : nous n’avons d’impression de gloubi-boulga gigantesque où un lexique serait fort bienvenu. Tout d’abord, les personnages sont rencontrés tout au long du chemin, et Colin sait rappeler les faits importants concernant le trait de personnalité au moment précis où nous en avons besoin sans passer par un effet de redondance. Nous apprendrons également beaucoup sur feue Lisbeth, grâce aux manuscrits qu’elle a laissés pour transmission. J’avoue être assez friande de cette femme, ainsi que de Thomas et Jack’O’Lantern. Nos personnages sont très crédibles, je pense notamment à l’empereur, aussi nommé l’Obscur qui croit tant à ses idéaux et à leur accomplissement, qu’on ne peut que rentrer dans le jeu. Il se croit dans sa légitimité et possède la foi.
J’ai bien évidemment un très grand coup de cœur pour le chat mécanique de Mary, Sun. Ces animaux ont été éradiqués, il n’existe dans ce monde que des chats mécaniques. D’ailleurs, il n’est pas sans rappeler l’oiseau mécanique de Crispin de Varèna dans « la mosaïque de Sarance » de Guy Gavriel Kay.

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)°º•. Pour cette histoire, Colin nous emmène à la « naissance » de l’Amérique au XVIIIe siècle : l’inquisition vient de débarquer et souhaite mettre le catholicisme à l’ordre du jour. Indiens et créatures n’ont qu’à bien se tenir. C’est assez fantastique : le lecteur n’a pas de repères mais s’adapte très vite et bien à l’univers né de l’imagination de Colin. La richesse des descriptions est indéniable (finalement, comme dans tous ses romans), et en plus d’une certaine noirceur, on y trouvera du médiéval, un peu de gothique et même du futuriste.

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)°º•. J’ai envie de tout dire en même temps, difficile. Les faits historiques se mêlent naturellement au fantastique. Tout est palpitant : la découverte de la mission de Mary, de ses origines et des histoires. Les évènements s’enchainent ; les actions sont spectaculaires. Grâce à une logique bien menée, les pièces du puzzle se mettent en place sous notre nez.
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Contrairement aux autres bloggeurs qui ont trouvé des longueurs, je n’ai pas perçu ces moments « calmes » de la même manière : ils sont indispensables pour installer l’histoire et créer l’atmosphère. Le développement est appréciateur, les intrigues nous mènent, je me suis laissée totalement emportée. Les références littéraires et de personnages mythologiques ont une certaine place ou place certaine (Cthulu de Lovecraft, Jack’O’Lantern, Jonathan Swift, Rip Van Winkle, etc.)
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Bien que référencé en tant que uchronie, le livre n’en est pas réellement un. Nous n’avons pas de point de rupture quant à notre propre histoire : on entre dans un univers où sorcières, dragons et autres créatures font partie du monde, point. Notons qu’il existe « Le maitre des dragons » de Colin qui s’avère être une autre vision de l’histoire, vu par les yeux d’un personnage secondaire mais ô combien important.

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)°º•. Biographie
Né en 1972, Fabrice Colin est considéré comme un auteur français talentueux et prolixe en littérature de l’imaginaire (romans jeunesse, adultes, nouvelles). Il connait un succès certain, et sait jouer sur divers registres. Et pour ne rien enlever à l’affaire, il est – parait-il – plutôt bel homme.
Son blogson site.

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Lu aussi dans le cadre du Winter Time Travel.
Souvenir lié à cette lecture : Un bon pavé comme je les aime.

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Lu aussi dans le cadre du challenge Magie & Sorcellerie littéraire.

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D’autres avis disponibles chez :
¤ De l’autre côté du miroir (Laure),
¤ Hydromielle,
¤ Lectures et Farfafouilles (Edelwe),
¤ Les chroniques de Chrestomanci,
¤ Les lectures de Kali,
¤ Tout à fée… bourbonnaise !

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Pics : #01 The Witch par SpectralFairy ; #02 The Pirate par SpectralFairy ; #03 Sea monster par Wyynter89.

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