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SHANNON Samantha – Le Prieuré de l’Oranger

14/09/2020 4 commentaires

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Couverture du roman Le Prieuré de l'Oranger de Samantha ShannonTitre : Le Prieuré de l’Oranger
Autrice : Samantha Shannon
Plaisir de lecturePlaisir de lecture : notation 2 etoiles Livre avec regrets
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La maison Berethnet est vénérée car sa seule existence empêcherait le réveil du Sans-Nom. Le règne de la reine Sabran IX est perturbé par les complots. Ead Duryan est Dame et dont la présence à la Cour a pour seul but de protéger la reine, elle est missionnée par une société secrète. De l’autre côté des Abysses, Tané est en passe de gravir les échelons malgré ses origines modestes pour devenir jeune dragonnière. Et pourtant dans les Abysses, pourrait très bien s’éveiller le Sans-Nom au bout d’un millénaire de sommeil et détruire l’humanité. L’Est et l’Ouest vont devoir faire face ensemble.

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Le récit intègre uniquement des personnages féminins Ead, Sabra, Tané ; les hommes comme Roos et Loth ont un rôle secondaire. Les personnages principales sont torturées et aussi ambiguës. Pour moi, elles manquent de charisme pour que je puisse m’attacher à elles. Leur personnalité n’est pas assez poussée, avec des sentiments qui auraient mérité un peu plus de crédibilité bien qu’elles ne soient pas manichéennes.

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Le bestiaire reste classique et vraiment en retrait. Après quelques échanges avec d’autres lecteurs, j’avais compris que les dragons ou croisements issus de dragons ne seraient pas le point fort de l’intrigue. J’ai bien aimé les noms et adjectifs les qualifiant : vouivre, lacustrine, coquatrix, haut-ouestrien, wrym, seiikinois entre autres. L’univers mythologique est un peu fade et a sonné creux pour moi, même si certains éléments ont été intégrés au récit pour charmer le lecteur ; comme si l’autrice avait envie de le flatter en faisant écho à des problématiques actuelles.
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On reste sur un ensemble connu composé de territoires, de peuples et de créatures différents mais le système de magie n’a rien de percutant ou de marquant. Il relève lui aussi du second plan. Reste la menace du Sans-Nom dont le but ultime est révélé au fur et à mesure de l’avancée de l’intrigue. Mais je suis mitigée sur le quid de la prophétie. L’intrigue est nourrie par plusieurs axes : magique donc, religieux et politique.
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Il y a un aspect révolutionnaire qui se dégage du récit : l’envie de briser certaines règles, us et coutumes dans lesquels semblent coincés les peuples. Les intrigues politiques viennent nourrir un héritage qui parait-il est épique, sauf que le courage semble avoir de prime abord déserté les membres royaux. Samantha Shannon intègre l’homosexualité comme la normalité sans appui artificiel mais en présentant une belle histoire d’amour (mais ce n’est pas le cœur de l’intrigue). Le thème du féminisme a manqué de finesse pour moi. C’est même assez soft pour passer inaperçu. Je n’écris pas qu’il s’agit d’un féminisme passif mais j’aurais du coup aimé un peu plus de poigne.

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Ce titre de fantasy propose une couverture aux couleurs chatoyantes, avec un bien joli relief bleu brillant. L’objet livre est imposant – 1024 pages – du fait qu’il soit un one shot roman unique : l’exemplaire papier m’a été prêté par Marie Juliet mais j’avoue être vite passée au format numérique.

Ce livre a fait beaucoup parler de lui mais c’est quelque chose dont je sais me protéger. Bien souvent, je fais mûrir ces titres sur ma liste d’envies mais parfois, je les lis dans la foulée et je suis agréablement surprise. Mais pour cette fois, je ne partage pas l’engouement général. Je savais pourtant ce qui pouvait m’attirer, je n’y suis pas allée contre ma propre envie, hein.
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Cette histoire propose plusieurs points de vue avec plusieurs fils narratifs. Elle respecte plusieurs points classiques dans sa construction. On sent bien l’imagination de l’autrice mais 1000 pages m’ont semblé un peu longuettes à cause des éléments déjà-vus et des rebondissements prévisibles.
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Le récit est un peu long à démarrer le temps de comprendre la géographie des lieux, de rattacher les personnages aux bons territoires. Mais une fois que les bases étaient posées, l’action elle-même met du temps à s’installer et reste noyée dans la masse d’explications. J’ai trouvé qu’il manquait d’équilibre entre Est et Ouest : les intrigues de Cour occupent beaucoup de lignes. Quelques événements auraient mérité d’être écourtés et d’autres points, d’être développés. La fin se veut épique mais reste surtout expéditive. A contrario, les chapitres assez courts s’enchainent bien et le style direct reste agréable à lire.
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Je suis vraiment mitigée par la cadence de l’histoire et par la densité de l’histoire  ; j’en suis même venue à m’ennuyer. Une sensation d’insatisfaction s’est emparée de moi en fin de lecture, du genre « tout ça pour ça » Je n’ai pas été transportée et pourtant, j’aurais moi aussi voulu aimer « Le Prieuré de l’Oranger ».

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Mise en scène du roman Le Prieuré de l'Oranger de Samantha Shannon

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Logo du challenge littéraire Pavévasion 2020🧱 Voilà une bonne briquette parfaite pour le challenge Pavé de l’été de Brize. Une entrée fracassante 😉
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Boudicca (Le Bibliocosme)Chez le Chat du CheshireKarine (mon coin lecture)Les lectures de Bouch’, L’ours inculte ont davantage apprécié les aventures d’Ead.

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Categories: SHANNON Samantha Tags:

Défi Valériacr0 septembre 2020

04/09/2020 3 commentaires

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Défi Valériacr0 écrit en lettres retro à ampoules

Le défi Valériacr0, c’est le combo de choc (et un poil drogué) que je forme avec ma copine Valériane. Peu de lectures en commun mais la bêtise et l’amour du blablatage futile, si. Et un objectif très sérieux de descente de PAL avec choix imposé chaque mois. Rien que cela !

Pour tout savoir, rendez-vous sur la page.

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Impressions pour le mois d’août :

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Août est un mois parfait pour buller… J’ai donc choisi un livre dont le titre était très à-propos : « Un océan d’amour » de Wilfrid Lupano et Gregory Panaccione. Il ne contient aucun texte mais j’imagine de belles planches 🌊 Valériane a trouvé qu’il véhiculait beaucoup d’émotions.

Pour rappel, Valériane avait un gage en cours : « Lire le tome d’une série en plus de la sélection le mois suivant ». En juillet, je l’invitais donc à lire le tome 11 de L’assassin royal de Robin Hobb… et le tome 12 au mois d’août. Gage validé avec succès ! 🏆

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Valériane a aussi choisi une lecture estivale… en m’envoyant directement dans la neige ❄ avec « Le Père Porcher » de Terry Prachett. C’est bien une lecture rafraîchissante grâce au grand humour de l’auteur qui nous donne une belle leçon de cynisme autour du thème de Noël. Fond de réflexion et légèreté au programme (et puis la Mort, quoi ! 💀)
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Sa chronique « Un océan d’amour » de Wilfrid Lupano & Gregory Panaccione
Ma chronique « Le Père Porcher » de Terry Pratchett (Les Annales du Disque-monde, tome 20)

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Roman Le Père Porcher de Terry Pratchett : sélection du défi littéraire Valériacr0 août 2020
Et dans le billet, j’y ai glissé une petite vidéo de l’aide reçue pour faire des photos
(si ça, c’est pas vendeur…! 😸)

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Sélection pour le mois de septembre :.

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Roman Cartographie des nuages de David MitchellCartographie des nuages de David Mitchell

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Chère Valériane,

La rentrée scolaire est importante 🎒 C’est reprendre les bonnes habitudes : nettoyer ses chaussures, tailler ses crayons, réaliser une sauvegarde de son disque dur et ne pas laisser traîner de livres fraîchement acquis dans sa PAL 📏✂🖍
Je suis – presque – sûre que tu sais quel titre je vais te choisir, comme le nez au milieu de la figure : Cartographie des nuages de David Mitchell (que j’ai adoré évidemment). What else ?!

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Sa réaction :

Ahah!
Bon choix. Ca sera ma brique de cet été (enfin si je le finis dans les temps…. sinon c’est pas trop grave pour le challenge 😉 )
Je me réjouis de le découvrir! Depuis le temps qu’il me fait de l’œil. Puis quand je lis ton avis et ta « passion » pour l’auteur, je me dis que ça doit être top!

 

→ Dès les portes de septembre ouvertes, Valériane accueille la nouvelle saison avec une sélection de choix 🍁

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Categories: Challenges & Défis Tags:

PRATCHETT Terry – Le Père Porcher

01/09/2020 3 commentaires

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Couverture du roman Le Père Porcher de Terry Pratchett, tome 20 des Annnales du Disque-mondeTitre : Le Père Porcher (Les annales du Disque-monde, tome 20)
Auteur : Terry Pratchett
Plaisir de lecture : note : 4 Livre à découvrir
Les Annales du Disque-monde

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Sur le Disque-monde, c’est la Nuit du Porcher : mais point de Père Porcher pour les enfants qui l’attendent. C’est un squelette avec fausse barbe et coussin en guise de ventre qui fait office. La Guilde des Assassins a reçu un contrat sur la tête du Père et l’a attribué au psychopathe Lheureduthé qui, de manière improbable, l’a rempli. Avec sa disparition, d’autres créatures magiques en ont profité pour apparaître.

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Tout commence quelque part, quoi qu’en pensent beaucoup de physiciens.
Mais on sent confusément le problème que pose un commencement. On se demande tout haut comment les conducteurs de chasse-neige se rendent à leur travail ou comment les auteurs de dictionnaires vérifient l’orthographe des mots.

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Avec « Le Père Porcher », Terry Pratchett propose le thème de Noël à sa sauce.

La Mort prend la relève au pied levé. Ce personnage est fascinant et je vous laisse imaginer les « HO. HO. HO » donnés avec sa voix sépulcrale ! Il refuse de suivre les conseils d’Albert, il agit comme il l’entend. Ce qui donne naissance à des dialogues succulents. La Mort-aux-Rats est aussi de la partie.
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Suzanne Sto Helit est aussi impliquée, bien malgré elle. Malgré son caractère bien trempé et son bon sens à toute épreuve, j’avoue qu’elle reste encore énigmatique à mes yeux. L’université de l’Invisible fera aussi des siennes : le manque de croyance de ses illustres membres en le Père Porcher initie l’arrivée de divinités (Les Petits Dieux). Le pouvoir de ces dernières fluctue en fonction de la fermeté de la croyance des fidèles. La galerie est haut en couleur, avec entre autres, l’oh bon dieu des gueules de bois, la fée bonne humeur, le mangeur de chaussettes et celui qui fait « fait glinglanglinglanglinglan » avec des clochettes quand quelque chose de magique se produit.

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Loin au-dessus de la ville, Albert se tourna vers la Mort qui avait l’air de vouloir éviter son regard.
« Vous avez sûrement pas sorti tous ces trucs-là de la hotte ! Pas les cigares, les pêches à la liqueur ni tous ces produits aux noms étrangers !

— SI, ÇA VIENT DE LA HOTTE. »
Albert lui jeta un coup d’œil soupçonneux. « Mais vous les avez d’abord mis dans la hotte, c’est ça ?
— NON.
— Vous les avez mis dedans, c’est ça ? affirma Albert.
— NON.
— Vous avez mis tous ces machins-là dans la hotte.
— NON.
— Vous les avez pris quelque part et mis dans la hotte.
— NON.
— Vous les avez bien mis dans la hotte, c’est ça ?
— NON.
— Vous les avez mis dans la hotte.
— OUI. »

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Terry Pratchett nous donne une leçon cinglante sur l’esprit de Noël. Il décrit cette fête purement commerciale – notamment durant la scène dans le grand magasin – avec les menus spéciaux dans les restaurants, les animations dans les magasins. En satyre sociale, il évoque les écarts sociaux, le quid des croyances, la logique de l’offre, la fausse générosité et l’hypocrisie qui baignent cette période… mais à coup de grand humour ! Les pages humoristiques sont percutantes même si cela donne la sensation d’une intrigue un poil décousu car elle part dans tous les sens. Ce fond de réflexion mêlée à une bonne dose de légèreté repose sur des péripéties et quelques histoires qui se déroulent en parallèle. L’auteur a une vision très juste sur l’enfance et les enfants qu’il ne prend pas pour des idiots. Il intègre aussi le poids de l’imagination humaine.

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« – C’EST L’EXPRESSION DE LEUR PETIT VISAGE QUI ME PLAÎT, dit le père Porcher.
– Vous voulez dire un mélange de trouille et d’admiration, comme s’ils se demandaient s’il faut rire, pleurer, ou mouiller leur culotte ?

– OUI. ÇA, C’EST CE QUE J’APPELLE CROIRE. »

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Ce vingtième livre des Annales du Disque-monde est un bon cru pour moi (tous les tomes n’ont pas la même force à mes yeux). Même si la lecture du « Le Père Porcher » en première intention est largement conseillée, je pense qu’il est important de se familiariser avec le Disque-monde et son fonctionnement avant de l’ouvrir. J’applaudis encore le fabuleux travail du traducteur Patrick Couton. Ce livre est un conte de Noël à la sauce pratchettienne bienvenu !

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Mise en scène du roman Le Père Porcher de Terry Pratchett tome 20 annales du disque-monde

Et l’envers du décor : pour réaliser cette photo, j’ai reçu une aide indéniable 😸

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Cette lecture est la sélection estivale aoûtienne de la part Valériane pour notre défi littéraire ; et d’une pierre deux coups, j’avance aussi dans mon challenge Fin de Série (j’ai encore de quoi faire avec la saga de Terry Pratchett).

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Logo du défi littéraire Valériacr0 Logo du challenge littéraire Fin de Série du blog Livrement

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Categories: PRATCHETT Terry Tags:

Mes incontournables (récents) en SFFF

24/08/2020 11 commentaires

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Logo Les incontournables récents en science-fiction fantasy fantastiqueVert a créé ce tag « Les incontournables (récents) en SFFF » et beaucoup de blogueurs ont déjà répondu à son appel.

Me voici enfin à vous proposer ma liste, après avoir supporté la vague de canicule et réceptionné mon nouveau clavier – avoir une touche R dysfonctionnelle est plutôt ardu, j’avoue.
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Le principe : présenter entre cinq et dix ouvrages appartenant aux littératures de l’imaginaire (SF, fantasy, fantastique) qui sont incontournables.

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Ma liste regroupe quelques-uns de mes coups de cœur, comme un polaroïd pris à une date donnée. Ils évoluent dans le temps et mon plus grand coup de cœur… est forcément à venir 😀

C’est vrai que j’intègre une distinction entre mes incontournables et les titres que je conseillerais car tout dépend du/de la lecteur∙ice en face de moi et de ses préférences déjà installées ou de son envie de découvrir quelque chose de nouveau ou original. Il se peut donc que certaines œuvres ne vous attirent absolument pas.
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Vous pouvez retrouver mes lectures : 20202019, 2018, 2017, 2016, 2015, 2014, 2013, 2012 et 2009.

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Sans restriction, j’ai commencé par lister des titres qui me venaient spontanément en tête : j’étais à 50 ouvrages. Il ne me « restait plus qu’à » affiner ce premier inventaire pour respecter la consigne de parution : une date de publication originale de l’ouvrage à partir de l’an 2000 (le terme de « récents » peut donc être pris avec des pincettes). Naïve que je suis ! J’étais rendue à encore 34 « individus ». J’ai fait le choix de ne présenter que des cycles terminés (et que j’avais entièrement lus). L’exercice fut un peu périlleux pour n’arriver qu’à une sélection de 10 incontournables 😅

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Les livres sont classés alphabétiquement par nom d’auteur ; comme pour mes bilans mensuels.

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Roman Véridienne de Chloé Chevalier : tome 1 des Récits du Demi-LoupRécits du Demi-Loup – Chloé Chevalier
Chroniques : Véridienne tome 1, Les Terres de l’Est tome 2, Mers brumeuses tome 3, Clémente nous soit la pluie tome 4, Fleurs au creux des ruines prélude
Les récits se basent sur une forme chorale : les différents points de vue apportent beaucoup de dynamique aux différentes intrigues. La narration interne permet de mieux connaître les personnages que j’ai trouvé cohérents, vivants et sans le moindre manichéisme. L’autrice a su reproduire toute la complexité des êtres humains et de leurs relations. Ils sont tous assujettis à des mouvements tels des pions, coincés entre intérêt général et desiderata personnels. L’intrigue est intense, sombre, dense et délicieuse. J’ai trouvé le récit ambitieux et ma lecture fut addictive. J’ai découvert la série au fil des parutions puis j’ai relu chaque tome depuis le début de l’année pour mieux profiter de l’ultime volume.

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Roman Jonathan Strange et Mr Norrell de Susanna ClarkeJonathan Strange & Mr Norrell – Susanna Clarke
Chronique
Ce roman est singulier car il contient de longues pauses narratives. Si pour certain∙e∙s lecteur∙rice∙s, c’est une lenteur qui se ressent, j’y ai vu une véritable opportunité pour appréhender les caractères des personnages, leur vie et comprendre les idéaux campés des uns et des autres. L’histoire est non linéaire, le rythme particulier accroit cette impression d’étrangeté. J’ai apprécié les détails précieux qui émaillent le récit : descriptions, lieux géographiques, chronologie. Le mélange des univers magiques est aussi porté par une essence victorienne plutôt sombre. Enfin, l’histoire est baignée par une certaine retenue et un humour à l’anglaise bienvenu.

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Roman Cartographie des nuages de David MitchellCartographie des nuages – David Mitchell
Quelques mots écrits après lecture
C’est un roman que je n’ai pas réussi à chroniquer de par la difficulté de rendre mon impression de lecture. C’est une histoire qui se déroule en six parties, qui se veulent indépendantes… et qui contiennent pourtant une construction en miroir. J’ai été surprise par l’inventivité de l’auteur : il faut dépoussiérer le jeu pour comprendre comme imbriquer les pièces qu’il nous révèle au fur et à mesure ; et aussi par la cohérence de l’ensemble obtenue. C’est un roman aux multiples genres et aux multiples facettes aussi : récit de voyage, correspondance, thriller, etc. J’ai dévoré ce livre, j’ai été subjuguée.

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Roman L'agneau de Christopher MooreL’agneau – Christopher Moore
Chronique
Vous voulez connaître la véritable histoire de Jésus ? Elle vous est racontée par Lévi, alias Biff, le meilleur copain – déjanté – de Jésus. On se retrouve dans une histoire politiquement incorrecte et un poil blasphématoire. Le récit est allumé et tordant mais dont l’absurdité est parfaitement maîtrisée par l’auteur. Je trouve que c’est un exercice de haute voltige de réussir à faire de l’humour sur papier. Bref, embarquez pour un road trip pas piqué des hannetons avec Jésus et Biff. Roman loufoque d’apprentissage.

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Roman Le Cirque des rêves d'Erin MorgensternLe cirque des rêves – Erin Morgenstern
Chronique
Il est question d’une atmosphère particulière : victorienne et fondamentalement onirique ; quelque peu poétique mais aussi bordée de suspense. Ce roman est très énigmatique dans tous ses éléments : le fonctionnement du cirque des rêves, de ses personnages, des lieux et d’autres détails. Le duel de personnages repose sur des concurrents qui s’avèrent complémentaires. Les multiples points de vue deviennent une mélodie, il suffit de se laisser porter dès l’ouverture de cette boîte à musique. A savoir que le cirque des rêves est un personnage à lui tout seul : il est la scène de théâtre mais aussi le centre de tous les intérêts. Ma lecture était enchanteresse.

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bande dessinée Courtney Crumrin de Ted NaifehCourtney Crumrin – Ted Naifeh
Chroniques : tome 1, tome 2, tome 3, tome 4, tome 5, tome 6, hors série 1, hors série 2
Courtney Crumrin, c’est un peu l’héroïne qu’on rêve tou∙te∙s d’être. Elle est intelligente et engrange des connaissances et des expériences certaines. Dans la galerie des personnages, aucun n’est neutre. Le trait est tout aussi élégant que vif. J’ai aimé le travail de noir et de blanc avec de grands aplats noirs qui viennent souligner de riches détails. Les ombres sont particulièrement mises en valeur et même, omniprésentes. Le dessin se révèle tout en angle, les créatures sont superbes et les expressions faciales très justes. Cette série fantastique contient une histoire douce-amère. Le mal être de la protagoniste, sa volonté de trouver sa place, l’envie de s’assumer dégage une mélancolie. Cette histoire est aussi une leçon d’humanité. J’ai été conquise par la saga grâce aux talents de conteur et d’illustrateur de Ted Naifeh. Courtney Crumrin est indiquée comme « jeunesse » mais soyez conscient∙e∙s du récit avec de le placer dans n’importe quelles mains.

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Roman Le temps n'est rien d'Audrey NiffeneggerLe temps n’est rien – Audrey Niffenegger
Chronique
Le temps n’est rien n’est pas qu’une histoire d’amour. C’est avant tout une histoire de vie, certes, atypique. L’un des personnages est atteint d’une chrono-déficience incontrôlable. Sa maladie se focalise sur des sauts temporels ; et on découvre son impact vécu par ses proches. La construction du roman est originale et permet de valider des personnages réalistes. Ce récit singulier m’a fendu le cœur : il contient des scènes poignantes, de détresse et d’amour. Repenser à ce livre fait remonter tout un lot d’émotions à la surface. Émotions certes, mais pas d’excès de pathos, de niaiseries ou de mélodrame. J’ai véritablement « vécu » ce livre.

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Roman La séparation de Christopher PriestLa séparation – Christopher Priest
Chronique
La séparation est le premier roman de l’auteur que j’ai découvert. Il repose sur des histoires alternatives. La divergence du récit intervient à l’adolescence des jumeaux, Joe et Jack Sawyer. L’auteur dissémine des éléments uchroniques au fil des pages, généralement de manière subtile mais sans foncièrement d’explications. J’ai été épatée par le haut de degré de crédibilité de ce récit qui se trouve entre réel et potentiel. J’avoue que je le considère aussi troublant et ma relecture a eu le même effet. Ce dédale psychologique est issu de l’imagination de l’auteur qui nous fait suivre des sentiers sinueux, jalonnés de questions pour nous amener à une fin étourdissante.

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Roman Pierre-de-vie de Jo WaltonPierre-de-vie – Jo Walton
Chronique
J’ai eu quelques difficulté à choisir ce roman, j’hésitais aussi avec « Mes vrais enfants » (et aussi un peu « Morwenna »). Le fonctionnement de l’univers repose sur deux éléments : la yeya (nom de la magie) et le temps & son flux qui dépendent justement de la yeya disponible. Il faut un petit temps d’adaptation pour comprendre les différentes temporalités. C’est une véritable fresque familiale qui s’ouvre alors à nous : chaque membre de la famille apporte beaucoup au foyer. Cette dernière est composée de femmes fortes et déterminées. Le rythme sans empressement apporte beaucoup de douceur à cette fantasy intimiste. Le capital de ce roman est bien les personnages et leur importance, individuelle et dans un tout.

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Roman La voie des ombres de Brent Weeks, L'ange de la nuit tome 1L’ange de la nuit – Brent Weeks
Chronique de La voie des ombres tome 1
La magie se montre par l’expression d’un don, qui diffère pour chaque personne. Cette trilogie est réellement sombre, sordide et macabre. On rencontre la crème des assassins : les pisse-culotte. On s’attache aux personnages bien qu’ils soient un peu trop enfoncés dans les archétypes au début ; notamment Azoth qui souhaite devenir apprenti et qui a du mal à s’accrocher au quotidien. On s’intéresse à son devenir à travers un récit aux multiples intrigues, aux allures d’apprentissage. La série est bien léchée et particulièrement violente.

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♥ Vous pouvez retrouver tou∙te∙s les participant∙e∙s chez Vert

Toute une pile d’incontournables à dévorer chez : Baroona (233°C)Boudicca (Le Bibliocosme)Chut… Maman lit !, Dyonisos (Le Bibliocosme)Feydrautha (L’épaule d’Orion), La Bibliothèque d’AelinelLa grande bibliothèque d’AnudarLe chien critique, Les lectures de Marie JulietLes lectures de ShayaLes lectures de XapurLes notes d’AnouchkaLorhkan et les mauvais genres, L’ours inculte, Snow (Bulle de Livre)Tigger Lilly (Le Dragon Galactique), Yogo (liste 1, liste 2).

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HOBB Robin – Retour au pays

19/08/2020 7 commentaires

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Couverture de la nouvelle Retour au pays de Robin HobbTitre : Retour au pays
Autrice : Robin Hobb
Plaisir de lecturePlaisir de lecture : notation 4 etoiles Livre à découvrir
Les aventuriers de la mer, L’assassin royal

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Un bateau vient d’accoster sur les Rivages Maudits : des familles entières ont été condamnées à l’exil par le gouverneur Esclépius. Ils atterrissent sur des terres marécageuses et hostiles. Ils vont devoir assurer leur survie parce qu’ils n’ont pas le choix : ils sont assignés à vie à ce territoire inconnu.

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Dame Carillon Rochecarre née Valkine – avec son mari et ses enfants – a été exilée loin de Jamailia. Ils font partie de la colonie hétéroclite de gens nobles et roturiers qui s’installe dans le Désert des Pluies. Elle va vite comprendre que sa position sociale ne doit pas être un prétexte pour exercer une quelconque ascendance sur autrui.
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Le récit est ramené sous la forme d’un journal de bord que Dame Carillon va alimenter régulièrement. Dès les premiers mots, elle nous apparait comme sympathique. On va la voir grandir au fil des épreuves : elle va apprendre la douleur mais aussi l’humilité. On la découvre indépendante et pleine de ressources ; elle va œuvrer pour ne pas que leur groupe sombre dans le désespoir.
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Les Rivages Maudits sont inhospitaliers, mystérieux mais aussi curieux. Nous avons quelques aperçus du Désert des Pluies qui reste une région inexplorée et inoccupée. La colonie va devoir se confronter à la faune et à la flore.
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Cette nouvelle a un goût de trop peu mais il s’agit aussi d’un concentré de Robin Hobb. Avec cette histoire de survie, j’ai apprécié découvrir la mentalité des colons et l’évolution de Carillon même s’il reste difficile de s’accrocher à des personnages en 120 pages.
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« Retour au pays » ne contient pas de spoiler divulgâcheur mais je trouve qu’elle se savoure mieux en connaissant le monde des Aventuriers de la Mer et notamment les effets secondaires du Désert des Pluies. L’autrice apporte quelques éléments propres à cette partie de son grand univers.

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.Mise en scène de la nouvelle Retour au pays de Robin Hobb

 

Categories: HOBB Robin Tags:

Rond de Sorcière #121

13/08/2020 13 commentaires

 

Logo Rond de Sorcière du blog LivrementLe Rond de Sorcière me permet de vous faire découvrir tous les livres lus durant le mois ; notamment les petits trésors que je découvre sans avoir le temps de leur consacrer une chronique complète.
C’est une sorte de compromis entre ma bonne conscience livresque et moi. Je vous parlerai aussi de ce qui touche de près ou de loin le monde des livres ; comme une parenthèse plus personnelle.

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Le mois de juillet passe doucement mais pas aussi tranquillement que je l’aurais voulu. Alors je m’adapte à la situation et aux conditions météorologiques (d’ailleurs la rédaction de ce billet pâtit aussi de la chaleur ! 🥵). Et bien souvent, l’envie de lire n’est pas présente. Chose que je ne ressens absolument pas comme une panne de lecture, mais le besoin de se concentrer sur autre chose, l’activité de buller comprise.
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🏖 Je prends plaisir à me référer aux livres listés que j’aimerais feuilleter cet été. Je ne lirai pas tout mais cela fait du bien de se laisser porter (par les flots)
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🧱 Côté défi littéraire, j’ai rempilé avec le challenge Pavé de l’été. Pour le valider, il suffit d’avoir une participation à son actif. Chose faite avec la publication de mon billet sur « La Fantastique Famille Telemachus » de Daryl Gregory…
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… qui fut la sélection du mois par ma binômette Valériane dans le cadre de notre challenge Valériacr0. Malheureusement, je n’ai pas été convaincue par cette histoire 🧐

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C’est nouveau dans ma Pile à Lire :
¤ HOBB Robin : Les Cités des Anciens – Dragons et serpents, tome 1
¤ LANDRESSIE Céline : Rose Morte – Ikebana, tome 4
¤ SHANNON Samantha : Le Prieuré de l’Oranger

→ Que de motivation ! Une série à commencer, une autre à terminer et une briquette que je souhaitais découvrir : Marie Juliet m’a justement prêté son exemplaire.

Résultats : +3 entrées ; -4 sorties

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Acquisitions de romans en juillet 2020 par le blog Livrement

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Couverture poche La fantastique famille telemachusLa Fantastique Famille Telemachus – Daryl Gregory
Plaisir de lecture Livre avec regrets
Chronique complète
Je me faisais une joie de découvrir un nouvel écrit de Daryl Gregory car j’avais beaucoup apprécié mes précédentes lectures : « Nous allons tous très bien, merci», « Afterparty » et « L’éducation de Stony Mayhall ». J’y vais tout de go, je me suis sentie non seulement à côté de la plaque avec cette histoire et même pire : flouée. Certains personnages avaient des choses à raconter mais ils ont été noyés par les autres membres de la famille qui voulaient eux aussi discuter avec le lecteur. Je n’ai pas su où voulait m’emmener l’auteur ni même compris le message général. Je suis restée sur ma faim. Je ne fais clairement pas partie du lectorat ciblé avec ce roman-ci.

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Couverture du roman Dragons et Serpents de Robin Hobb tome 1 des Cités des AnciensDragons et Serpents (Les Cités des Anciens, tome 1) – Robin Hobb
Plaisir de lecture Livre à découvrir
Je n’avais pas envisagé de commencer cette série tout de suite, même en l’inscrivant sur ma liste d’envies estivales (je savais déjà que je ne lirai pas tout au moment même de sa rédaction). Et puis il y a eu le commentaire de Shaya qui me conseillait d’enchaîner les deux tomes, faute à un découpage français désastreux. Petite illumination : je pouvais lire un tome en Juillet, un tome en Août sans avoir l’impression de me « forcer ». Et me voilà arrivée à la fin de ce premier tome avec plaisir. Je suis contente de rencontrer de nouveaux personnages – dont j’ai hâte de découvrir leur personnalité – et de voir où les intrigues vont me mener car elles sont fort prometteuses !

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Couverture du roman Ikebana de Céline Landressie tome 4 de Rose MorteIkebana (Rose Morte, tome 4) – Céline Landressie
Plaisir de lecture Livre à oublier
Tome 1, tome 2, tome 3
Forte de la reprise de cette série, je continue ma lancée. J’avais découvert les deux premiers tomes en 2013 et le troisième volume en mai de cette année, alors j’ai ouvert l’avant-dernier tome. Mais je suis bien obligée de constater que mon ressenti mitigé sur « Flétrissures » est toujours d’actualité avec ce quatrième tome. C’est en arrivant à la moitié du roman que j’ai su qu’il fallait que je le mette en pause ou arrête la série. L’intrigue est trop lente à mon goût, je me perds dans les détails et je ne prends plus plaisir à suivre les personnages dans cette intrigue qui ressemble à une ritournelle permanente (sur les désirs de Rose).

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Roman "Le livre de M" de Peng Sheperd aux éditions Albin Michel ImaginaireLe Livre de M – Peng Shepherd
Plaisir de lecture Livre à découvrir
Chronique complète
J’oscille encore sur mon plaisir de lecture : 4 étoiles car il va sans dire que j’ai aimé le lire, je me suis réellement plongée dedans. Le fait que l’autrice aille jusqu’au bout de ses idées est aussi un point fort. Mais il faut dire que je n’ai pas su accrocher à l’aspect métaphysique, qui m’a clairement laissée au bord du chemin (3 étoiles). J’ai apprécié rencontrer ces personnages ordinaires, dans un contexte apocalyptique original (perte de son ombre donc de ses souvenirs) mais l’histoire n’a pas abouti de façon à me satisfaire. Et je serai bien en mal de savoir réellement si je le conseille ou non.

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Pile à lire au 1er juin 2020 du blog LivrementMa pile à lire papier au 1er juillet 2020
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Les visionnages

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J’ai (re)vu deux films, Blade Runner et Blade Runner 2049 : le second est une vraie suite de l’autre et dans l’ensemble c’est plutôt mal. De beaux films d’ambiance réussis ; avec un fond de réflexion aussi.
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Film Blade Runner Film Blade runner 2049
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J’avance dans plusieurs séries en parallèle mais je n’en ai terminées qu’une poignée.

Evidemment l’ultime saison de Dark. Dans l’ensemble, la série a su me convaincre : elle ne prend pas les spectateurs pour des idiots (là où les séries US rabâchent inlassablement les mêmes informations), dont l’intrigue est réellement ficelée en trois saisons, avec une thématique développée et une photographie sublime.
Je me suis laissée tenter par la première saison de Dead to me – proposition de Netflix – et sans surprise, on voit arriver le retournement de situation sans surprise et il est suffisamment gros pour déconnecter le scénario de la réalité (depuis j’ai terminé la saison 2 il y a quelques jours et j’attends de voir ce que nous réserve la dernière saison).
Je chemine doucement avec The Good Doctor : quelques épisodes par-ci, par-là, m’ont permis de terminer la deuxième saison alors que la troisième a été entièrement diffusée depuis quatre mois déjà. J’apprécie de suivre l’équipe à petites doses, à un rythme tranquille.
Enfin, j’ai pu apprécier la saison 3 de The A Word en une seule bouchée : j’avoue avoir bien accroché à cette famille aussi dysfonctionnelle que n’importe quelle autre, maladroite mais remplie de bonnes intentions au final.
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Série Dark saison 3 Série Dead to me saison 1 Série The good doctor saison 2 Série the A word saison 3

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Mon mois en quelques mots & photos

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Les travaux de réfection du parquet sont enfin programmés | La bonne nouvelle : nous n’avons pas besoin de vider notre appartement | La mauvaise nouvelle : c’est que l’on doit bouger les meubles d’une pièce à l’autre selon avancement des artisans | Quelle riche idée d’avoir posé du parquet d’un seul tenant | Pour la première fois, mes deux bibliothèques sont réunies 😅 | Heureusement, les copains ont pu nous aider | On passe cinq jours chez un ami, à buller et à jouer | Juillet et le concert annulé de Rammstein (tristesse dans mon cœur 💔)  | Sourire à retrouver l’essentiel sur une photo : des plantes, du thé et ma liseuse cachée derrière la théière | Révélés par une anesthésie, de graves soucis de santé touchent notre chat Moriarty | On avance au jour le jour, en toute confiance dans la clinique qui le suit et le cœur très lourd aussi | Pour contrer la chaleur, je mange froid | La seule chose que je cuisine et mange chaud reste les bruschette (miam) | J’ai du mal à utiliser mon ordinateur | J’arrive à trier mes marque-pages et je dépose une boite pleine dans la boite à lire à côté de chez moi (mais elle aura disparu dès le lendemain matin, grrr) | J’arrive même à rempoter une plante | On fête nos 12 ans avec mon Amoureux | J’admire mon ipomée qui fleurit enfin | On voit les copains avec parcimonie | L’art de Miss A. : jouer avec une petite voiture et manger du melon… un morceau pour elle, un morceau pour sa chienne, un morceau pour elle… | Et on accueille enfin notre nouvelle recrue féline, Constantine 🖤

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Travaux du parquet bibliothèques réunies lors des travaux

L'essentiel : du thé, de la lecture et une plante partie de Horror à Arkham

Chat qui bulle à la fenêtre Moriarty, chat bleu

Lait de soja et fruits congelés Bruschette

Hoya Bella avant rempotage Hoya Bella après rempotage

Marque-pages à donner Ipomée violette

Melon et voiture Café gourmand à Toulouse

Glaces figue et noix de coco Constantine, chat noir

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SHEPHERD Peng – Le Livre de M

05/08/2020 11 commentaires

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Roman "Le livre de M" de Peng Sheperd aux éditions Albin Michel ImaginaireTitre : Le Livre de M
Autrice : Peng Shepherd
Plaisir de lecturenote : 4 Livre à découvrir
Lire les premières pages

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Aujourd’hui a une particularité religieuse, c’est le Jour sans Ombre – zéro shadow day. Un homme, Hemu Joshi, perd littéralement son ombre. Il devient l’objet des média mais aucun expert n’arrive à trouver d’explications. Malheureusement, c’est le premier de très nombreuses personnes à subir cette perte… et d’autres dommages.

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Le Jour sans Ombre est un moment unique où le soleil ne projette aucune ombre au sol une fois arrivé au Zénith. Cela arrive deux fois par an dans des lieux géographiques très précis.
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La galerie des personnages est intéressante du fait de portraits bien croqués. Ce sont des gens ordinaires qui essaient de se dépasser et de s’adapter à un nouvel environnement. J’ai tout particulièrement apprécié leurs comportements que j’ai trouvés très réalistes. La mise en place de différents points de vue narratifs permet de balayer de multiples ressentis. Parmi ces humains, il existe un mythe « Celui qui rassemble » résidant à la Nouvelle-Orléans. Aussi, on suit notamment Max et Ory, un couple qui a décidé de rester vivre dans un complexe hôtelier forestier abandonné depuis plusieurs années. Max vient de perdre son ombre et ils se trouvent propulsés dans l’inconnue du nombre de jours restants avant que sa mémoire disparaisse.

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La perte de l’ombre frappe aléatoirement les individus, sans distinction, sans schéma qui se dessine. L’ombre semble contenir les souvenirs, ce qui fait de nous des êtres à part entière. Une fois que l’ombre est perdue, ces derniers disparaissent graduellement. Peng Shepherd investit la métaphore de l’ombre avec pour références, l’histoire hindoue de Surya et Chaya et aussi à J.-M. Barrie et son Peter Pan.

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Ce roman post-apocalyptique est singulier : la problématique de la survie ne s’appuie pas sur une histoire injectée de zombies mais sur l’échec de l’humanité qui ne sait comment survivre à l’effondrement du monde basé… sur les souvenirs. Le récit reprend les poncifs du genre pour mieux les bouleverser : retranchement, clandestinité, suivi des survivants face aux « contaminés », scènes de violence. J’ai trouvé que ce monde était aussi crédible que glaçant. Avec un grand coup de pinceau, on pourrait aussi qualifier « Le livre de M » en fantasy. Le phénomène surnaturel avec la perte de l’ombre s’accompagne de la prise d’un tournant plus magique. La dimension mystique vient ficeler le tout.

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La perte de l’identité et le questionnement sur la réalité font réfléchir à une interrogation essentielle : quelle importance donne à des choses, à des personnes. Cet aspect métaphysique – avec une quatrième dimension un peu flippante – peut désorienter le lecteur. Ce roman se base sur un drame quotidien : les sentiments ont plus de place que les actions.

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Ce roman déroutant repose sur quatre points de vue. Le ton introspectif donne beaucoup de force aux voix qui s’entremêlent. Les 600 pages ont défilé, j’ai eu du mal à lâcher « Le livre de M ». Les coïncidences, les déséquilibres et quelques rebondissements ont un goût de trop car ils arrivent à point nommé. La tension palpable à chaque instant entretient le suspense tout du long et offre un fort côté doux amer. Cette histoire est une quête, un road trip et une histoire d’amour à la fois, avec une tristesse certaine qui s’en dégage.

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Le genre est réinventé et cela fait du bien. L’autrice va jusqu’au bout de ses idées, sans retenue, sans surenchère et c’est encore plus appréciable dans le cadre d’un premier roman. Entre roman d’aventure et conte philosophique, il trouve toute sa place particulière. Tout n’est pas expliqué mais le postulat de départ est brillant, le développement intelligent ; sujet émerveillant et lecture addictive. Il est indéniable que ce roman occupe un bon moment. Je me suis sentie un peu perdue dans le déroulement de la métaphore car certains passages m’ont paru un peu tordus et je considère la fin comme inattendue. En réalité, je ne saurais vous influencer sur la teneur atypique du roman.

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Mise en scène du roman Le livre de M de Peng Sheperd : l'importance de son ombre

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Logo lectures estivales 2020 Voilà une lecture estivale bien rafraîchissante ! 🌊
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Boudicca (Le Bibliocosme), FeydRautha (L’épaule d’Orion)Le Chien Critique, Les lectures de XapurNeVertwhere, Phooka (Book en Stock)Un papillon dans la Lune ont aussi vérifié que leur ombre était toujours là.

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