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CAUSSARIEU Morgane – Rouge venom

11/06/2019 6 commentaires

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Couverture du roman rouge venom de Morgane CaussarieuTitre : Rouge venom, tome 2
Autrice : Morgane Caussarieu
Plaisir de lecture Livre sympa
Tome 1

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Les cadaver sanguisugus doivent trouver un moyen d’arrêter leur prédateur, ennemi numéro 1. Faruk et Barbie sont complètement paumés : qu’attendent-ils de la (non) vie ? Leurs acolytes ne leur facilitent pas la tâche, chacun visant un objectif différent. Il faut trouver un vaccin : une bactérie d’un vampire originel pourrait-elle être une solution ? Il leur faut donc rechercher Gabriel… et se confronter à Sa personne.

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Rouge venom est la suite directe de Rouge toxic. Si vous souhaitez découvrir cette histoire, je vous invite à commencer… par le premier tome ; sous peine d’être spoilé∙e dès les premières lignes (le premier paragraphe !).
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C’est avec entrain qu’on retrouve les personnages de Rouge toxic. Le duo atypique que forment Faruk et Barbie est toujours secondé par les acolytes peu piqués des vers. A contrario du premier tome, tous les personnages passent par la narration à la première personne. Les chapitres s’alternent et s’enchainent, c’est le point fort pour faire vite avancer l’histoire. La multiplication des points de vue apporte des éléments nouveaux. Tous ont une façon de parler, qu’on reconnait par l’utilisation d’un vocabulaire propre et d’un style familier bien marqué.
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C’est un plaisir de retrouver Morgane Caussarieu et ses personnages. La cible « jeune adulte » (young adult) ne lui permet pas de s’attarder sur certaines scènes contrairement à ses autres romans ; notamment Je suis ton ombre que j’ai dévoré. Mais l’hémoglobine est présente par litres entiers. Le tome est plus animal et un poil plus trash même si l’on reste sur un niveau bas/acceptable concernant l’aspect horrifique.
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L’autrice maîtrise les codes liés aux vampires. Pour répondre à la problématique de l’intrigue, elle revient à leurs origines. Elle stipule que « Les gentils vampires n’existent pas » et ne peuvent donc pas échapper à leur nature. Avec « Rouge venom » elle arrive à nous faire aimer les vampires méchants, comparaison plus flagrante face à l’indécision de Barbie et Faruk. Les vampires ne peuvent échapper à leur nature et pourtant Morgane Caussarieu évite toute forme de manichéisme.
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L’atmosphère se révèle plus lourde. Les addictions – alcool, sang, sexe – ont un poids plus important aussi. Le tout est bordé d’un humour noir des plus appréciables. J’ai été un peu gênée par la pusillanimité des personnages – j’y vais, j’y vais pas, j’y vais… – qui pourtant, montre bien l’expectative dans laquelle ils sont plongés. Les actions s’enchaînent et le roman se lit très vite.

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L’encre sous la peau [de l’Ancien] avait étonnamment bien tenu et n’avait pas trop diffusé, pour un type qui avait quoi… mille ans ? Deux mille ? C’était rassurant, mes tatouages ressembleraient encore à quelque chose dans quelques siècles, si je survivais jusque-là. On dit souvent que ça vieillit mal, sauf que moi, à l’époque où je les avais faits, j’étais plutôt du genre autodestructeur et no future, pas encore au courant que je risquais de vivre pour l’éternité.

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Mise en scène du roman "Rouge venom" de Morgane Caussarieu avec des éléments noirs et rouges

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COSTE Nadia – Rhizome

11/12/2018 6 commentaires

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Couverture du roman Rhizome de Nadia Coste, publié aux éditions SeuilTitre : Rhizome
Autrice : Nadia Coste
Plaisir de lecturenote : 4 Livre à découvrir

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Le botaniste Jaro est descendu au jardin extérieur du laboratoire pour effectuer un travail d’observation. Une des Plantes présentent une anomalie : alors qu’il s’approche, des spores se répandent et il en inhale par inadvertance. Il est immédiatement mis en quarantaine. Durant son repos forcé, il entend une voix qui le somme d’aider les Plantes.

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Pour cette histoire, on suit Jaro, botaniste de métier et bien entouré dans la vie. Il a fraîchement emménagé avec Manuela et ils entretiennent de bonnes relations avec leurs familles. Il est plus difficile de s’intéresser à Semper car il est vu comme l’envahisseur et celui qui envoie valdinguer l’univers de Jaro. Pourtant, Il a tout autant besoin de soutien que ce dernier.
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Le récit se situe en 2081. Un événement mondial appelé « La revanche du climat » a divisé la population par six. On se retrouve dans la sky-city de Mauges, construite ‘après l’érosion des côtes bretonnes et l’assèchement de la Loire’. On note quelques détails futuristes : dans les tenues vestimentaires, le comportement, et certaines mœurs. Selon finances, il faut éviter d’habiter en dessous du 55ème étage où le manque de sécurité se fait réellement sentir.

Durant ma lecture, j’ai eu un sourire en apprenant l’existence de l’Hyperloop pour les déplacements, notamment au niveau zéro (je fais partie des gens qui aimeraient bien monter à bord d’une future capsule).
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Le niveau zéro se composait d’un immense hall soutenu par des centaines de piliers. Quelques échoppes éphémères s’alignaient par petits groupes autour des poteaux. Ces cahutes, simples assemblages de planches, cagettes, tôles et plaques de plastique, étaient tenues par des extérieurs dont la santé ne leur permettait plus de travailler dehors. Hommes et femmes portaient des pantalons bouffants resserrés aux chevilles, des tuniques amples aux poignets étroits, et de larges turbans qui ne laissaient voir que leurs yeux. Les habitants de la sky-city prenaient également leurs précautions contre la chaleur et les insectes lorsqu’ils sortaient des tours, mais ils n’avaient pas besoin de s’emmitoufler le visage comme les extérieurs dont les affections respiratoires n’étaient pas du meilleur effet lorsqu’il s’agissait de vendre des fruits frais. Certains étals proposaient de petits objets sculptés dans du bois, ou récupérés au-dehors. On y trouvait également des gourdes opaques contenant de l’eau de pluie. Rien n’assurait que cette eau n’avait bénéficié d’un filtrage végétal à l’intérieur des terres, et transportée telle quelle.

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Dans les années 2040, des particules ont été ramenées pour sauvegarder la planète. Ces organismes végétaux n’ont jamais été classés mais ont remplacé les autres espèces dans les villes. Par vulgarisation, elles ont simplement été nommées les Plantes – avec une majuscule – et sont considérées comme bienfaitrices de l’humanité.
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Jaro travaille dans le laboratoire du professeur Bergeret. Ce dernier consacre ses recherches à la mise en place de nano-pesticides pour éviter la prolifération et accélérer la culture hors sol.

Ce monde futuriste met l’accent sur les interconnexions en privilégiant la santé. C’est d’ailleurs la montre connectée de Jaro qui avertit les services de santé publique de sa contamination.
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C’est avec beaucoup de finesse que Nadia Coste donne une belle leçon d’écologie où la relation entre humains et plantes doit reposer sur une véritable entente. Notons qu’en quelques phrases, l’autrice nous plonge dans l’ambiance moite du jardin extérieur du laboratoire situé au niveau zéro :
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La première fois que le groupe d’étude [de Jaro] avait pris l’hyperloop jusqu’au niveau zéro, il régnait un silence de mort dans l’ascenseur, comme si une jungle hostile allait les dévorer à leur arrivée…
Jaro sourit, amusé à ce souvenir. Ce qu’il redoutait le plus, en dehors des insectes, c’était la chaleur, qui avoisinait les 40°C. Sans compter la moiteur des sous-bois…
Mais l’odeur de l’agroforêt ne l’avait jamais dérangé. Au contraire, Jaro trouvait quelque chose de fondamentalement rassurant dans ces effluves d’humus, d’écorces et de pollens en suspension dans l’air, dans la mousse gorgée de rosée alors que l’eau était si rare dans les tours… Tout cela était… naturel. Presque primal.

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Sans pouvoir vous en révéler davantage, j’ai trouvé que la tournure majeure de l’intrigue était judicieuse. En plus de l’apostrophe écologique, Nadia Coste aborde les amours, la mort, les étapes et la douleur face au décès, de manière simple, sans emphase mais sans détour pudique non plus. Le roman repose sur une idée aussi éclairée qu’astucieuse pour renforcer la problématique environnementale.
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Lecture conseillée à partir de 13 ans

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Le groupe se reforma autour du professeur Bergeret, juste à côté de la porte Est. Jaro enfila son blouson et le ferme jusqu’à son menton. Aussitôt, sa poitrine se comprima, comme s’il étouffait, mais ce n’est qu’une impression liée au poids et à la chaleur de sa tenue.

Six drones de sécurité les encadrèrent tandis qu’un agent casqué vérifiait leurs accréditations, puis les portes s’ouvrirent. La moiteur extérieure sauta au visage des scientifiques dont le front se mit aussitôt à perler. Les femmes qui n’avaient pas encore attaché leurs cheveux se hâtèrent de le faire, tandis que les autres ajustaient des foulards pour éviter d’être gênées par des mèches folles. Un homme de grande taille enveloppa ses longues dreadlocks dans un bonnet qui ressemblait à un sac.

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Roman "Rhizome" de Nadia Coste mis en scène au milieu de plantes

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Book en stok (Dup) s’est aussi demandé ce quel effet pouvait avoir la possibilité de télépenser.

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VAN WILDER Cindy – Terre de Brume ~ Le Sanctuaire des Dieux, tome 1

27/11/2018 19 commentaires

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Couverture du roman "Le sanctuaire des dieux" de Cindy Van Wilder, tome 1 de Terre de BrumeTitre : Le Sanctuaire des Dieux (Terre de Brume, tome 1)
Autrice : Cindy Van Wilder
Plaisir de lecturenote : 4 Livre à découvrir

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Le Monde de Mirar vient de subir un cataclysme que les habitants nomment le Bouleversement. Une Brume toxique s’abat sur l’ensemble des territoires : seuls les sommets de montagnes sont épargnés. Les rares survivants se sont retranchés dans des sanctuaires. Intissar, une Sœur de Feu brave l’avis de sa supérieure pour prévenir la ville de Taho du terrible danger qui se profile. Elle est accueillie par Héra au Sanctuaire des Prêtres de l’eau. Une vague de Brume peuplée de créatures déferle et attaque l’aqueduc qui alimente les communautés en eau, ressource déjà rare.

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Le prologue reste mystérieux : il se déroule une semaine après que la Brume envahisse tout. Puis, l’histoire s’enchaine avec une ellipse de dix-sept années. On suit l’une des deux protagonistes Héra, bébé récupérée par Pylos, un marin.

Terres et mers ont été englouties par la Brume mortelle : les pêcheurs sont devenus des Passeurs de Sanctuaire en Sanctuaire, déposant passagers et courrier, car leur embarcation flotte sur ladite Brume.

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La jeune femme le remercia d’un sourire avant de s’éloigner vers le modeste réduit que Pylos avait aménagé. Un luxe inédit pour ce type d’embarcations, dont de nombreux autre marins s’étaient moqués à l’époque.
— Et à quoi cela va te servir, hein ? Quand tu y auras remisé tes voiles, il ne te restera plus de place pour y suspendre ton hamac !
Pylos sentit son cœur se serrer à ce souvenir.
Si on lui avait dit un jour qu’il se retrouverait dans un monde sans aucune brise pour faire avancer son bateau, où les voiles ne servaient plus à rien, sinon à se tailler des vêtements… Jamais il ne l’aurait cru. Un monde où le vent avait purement et simplement disparu. Une des nombreuses conséquences du Bouleversement.

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Mirar est une société clivée : les clans ne se mélangent pas. Si l’Académie existe, il est réputé que l’entente est peu cordiale entre les Prêtres de l’Eau et les Frères & Sœurs du Feu.

On apprend que les corporations se sont formées autour des quatre éléments : pour l’Eau, les fidèles peuvent devenir guerrier ou guérisseur. Concernant le Feu, les Sœurs et les Frères sont capables de projeter des flammes sur une longue distance (entre autres). Pour le Vent, les membres sont appelés les Souffleurs et pourraient modifier les conditions climatiques. Vis-à-vis de la Terre, la mission des Semeurs nous reste encore complètement inconnue.

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Pour la création de cet univers, j’ai aimé les clins d’œil de Cindy Van Wilder à la mythologie grecque avec les lieux, la consonance des prénoms (Laël, Tyel, Tybalt, Maïlyne, Amani, Dédale, Mégare,…).

Question contexte, l’eau est devenue une denrée rare et la nourriture ne se trouve pas à profusion. La magie possède une contrepartie polluante : quand la magie est utilisée, elle produit un déchet… la Brume. D’ailleurs, l’olympite est le seule matériau qui peut résister à son effet corrosif.

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[Pylos] n’avait jamais vu un Vecteur d’aussi près de toute sa vie. Bien entendu, il connaissait le principe – deux capsules de verre l’une sur l’autre, formant un sablier, sauf qu’elles ne contenaient aucun grain de sable. Au contraire, celle du dessus était emplie d’une eau claire, translucide, qui émettait une faible lueur turquoise. L’eau consacrée par les prêtes et source de magie.
Et, en dessous, une capsule vide destinées à recevoir la Brume.
Il était impossible d’utiliser la magie sans produire de Brume en retour.
Une Brume toxique, que les prêtres prenaient soin de stocker dans un immense réservoir au sein de l’Académie. Une Brume qui avait brutalement échappé à leur contrôle le jour du Bouleversement, si les rumeurs disaient vrai.

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Ce récit est raconté en alternance des points de vue d’Intissar et d’Héra. La complémentarité des caractères de ce duo féminin fonctionne et est source d’intérêt pour le lecteur. Elles restent toutes deux, adolescentes plus ou moins perdues : elles se retrouvent coincées entre les mœurs de leur communauté et qui croient en leurs valeurs qu’elles sont prêtes à défendre.
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L’écriture entrainante permet de profiter pleinement du foisonnement de l’imagination de l’autrice. J’ai été agréablement surprise de découvrir la base de cet univers mais j’avoue que j’aurais apprécié de m’y balader davantage alors que l’enchaînement des actions ne le permettait pas. Le dénouement se termine avec un point en suspens et c’est expressément voulu, diantre ! (‘point en suspens’ expression francophone pour remplacer ‘cliffhanger’).
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« Le Sanctuaire des Dieux » part sur les thèmes des secrets enfouis, des enjeux politiques et de la préservation de l’environnement. Il s’avère le premier volet du diptyque « Terre de Brume » dont le second devrait être publié en mai 2019.
OUF ! L’attente sera courte, j’ai plié ce premier tome en deux heures (pauvre de moi).

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Aux Aventuriales, la couverture du livre m’a attirée et je brandissais un exemplaire à mon amoureux en lui stipulant « Voilà une couverture réussie ! Tout : l’illustration, la police utilisée, le titre, l’impression sur fer à dorer. Bam, tu vois, tu achètes. Simple et efficace. Un packaging au top ». Et cela va sans dire que j’ai évidemment commencé par un bonjour à Cindy (je suis une personne polie) (et gentille). Elle a su me « vendre » cette série par le seul argument de la forme diptyque dont je tenais le premier volume entre les mains et le second était presque finalisé. Et vous savez que j’arrive maintenant à résister aux livres, pour des achats plus raisonnés.

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Lecture conseillée à partir de 12 ans

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Mise en scène du roman "Terre de Brume" de Cindy Van Wilder

Mise en scène de Terre de Brume dans un décor automnal Dédicace de Terre de Brume par Cindy Van Wilder
Dédicace aux Aventuriales

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Alice Neverland, Encres & Calames (Sia), Livrement vôtre (Gilwen)Plumes de lune (Kin) ont aussi affronté la Brume sur une embarcation de fortune.

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SHUSTERMAN Neal – La Faucheuse ~ Thunderhead, tome 2

31/05/2018 8 commentaires

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Couverture du livre "Thunderhead" de Neal Shusterman, il s'agit du tome 2 de la série La FaucheuseTitre : Thunderhead (La Faucheuse, tome 2)
Auteur : Neal Shusterman
Plaisir de lecture :  Livre fantas… tique
Tome 1
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Dame Anastasia, fraîchement assermentée prend son travail de faucheuse à cœur, en y incluant une particularité de moisson. Prise d’amitié avec sa mentor, elles restent en bonnes relations, vivent et fauchent ensemble. Maître Lucifer est devenu une légende urbaine car il œuvre uniquement pour ses valeurs… qui vont à l’encontre de la communauté pétrifiée des Faucheurs. Le tout sous l’œil permanent et scrutateur du Thunderhead.

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J’étais curieuse de découvrir « Thunderhead » car j’avais beaucoup aimé le premier tome « La Faucheuse ». J’étais déjà prête à ce que l’histoire retombe comme un soufflé, sensation déjà vécue avec quelques trilogies classées « jeune adulte » (YA). Je ne vous ferai vivre aucun suspense : j’ai aimé ma lecture !
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Les points de vue des narrateurs sont récurrents ; Neal Shusterman introduit le personnage de Grayson. J’ai pris plaisir à retrouver Citra et Rowan, à travers qui nous découvrons leur vie et toujours davantage sur les règles qui régissent cette société.
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Alors que nous avions des extraits du journal de bord des Faucheurs, dans ce deuxième tome, ce sont les « pensées » du Thunderhead qui sont insérées en début de chapitre. Il est truculent d’avoir accès aux observations de cette intelligence artificielle, comprendre comme il réfléchit sachant qu’il n’est ni omniscient, ni impotent. Il pourrait l’être, mais il souhaite s’occuper de tout sauf de la vie et de la mort des humains. Beaucoup d’interrogations géopolitiques et les dérives possibles de notre réalité sont soulevées.
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Le roman s’inscrit dans une pluralité – pluralité des expériences, pluralité des points de vue, pluralité des questionnements et s’avère peu manichéen (d’un point de vue extérieur, si l’on n’a pas lu les livres, on peut s’en étonner alors qu’il est surtout question de Faucheurs !). J’ai été rassasiée concernant le rythme, les retournements de situation, les révélations et le niveau de manipulations ; à un rythme dont l’auteur avait donné la cadence dès le premier tome.
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Ce que j’ai préféré, ce sont tous ces détails sur le fonctionnement de cette société, aussi originale que complexe. On entre dans la décadence de l’univers des Faucheurs où les « traditionnels » se confrontent au « nouvel ordre ». Nous est révélé le monde des malpropres, aspect sociétal que Neal Shusterman n’avait pas abordé jusque-là.
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Le suspense est bon, bien que le livre se termine sur un énorme cliffhanger (et c’est un euphémisme). La vision de l’intelligence artificielle est déstabilisante. L’univers est pensé dans les moindres détails et avec perspicacité. C’est validé !

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Fan art d'Anastasia de Peter's really pretty pour le livre Thunderhead de Neal Shusterman Fan art de Lucifer de Peter's really pretty pour le livre Thunderhead de Neal Shusterman

Dame Anastasia | Maître Lucifer
Par Peter’s really pretty

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Encres & Calames (Sia), Le Chat du Cheshire (Léa), Lectures trollesques (PtiteTrolle)Muti et ses livres (Mutinelle), Ptite-Boukinette (Azariel) se demandent si elles seraient des traditionnelles ou membre du Nouvel Ordre.

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CAUSSARIEU Morgane – Rouge Toxic

09/04/2018 11 commentaires

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Couverture du livre "Rouge toxic" de Morgane Caussarieu, publié aux éditions actuSFTitre : Rouge Toxic
Autrice : Morgane Caussarieu
Plaisir de lecture Livre sympa
Lire les premières pages
Tome 2

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Faruk est un buveur de sang, drogué. Une mission lui a été assignée et il lui est vital d’obtenir la récompense promise. Barbara, Barbie de son surnom, a des priorités tout aussi importantes mais bien différentes, comme faire profil bas au lycée.

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La personnalité des deux protagonistes repose sur deux archétypes lycéens. En plus, ils sont tous deux soumis au poids de la figure paternelle et vont devoir rapidement s’émanciper. Ils possèdent un passé et n’arrivent donc pas tels des coquilles vides dans cette histoire.
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Survivre au lycée est tout aussi difficile que de survivre dans les mauvais quartiers en Louisiane. En attendant, l’histoire prend les siens – de quartiers – en Nouvelle-Orléans. Une part du folklore s’éveille, notamment la magie vaudou avec Maman Gédé, le Baron Samedi et le mythe vampirique. D’ailleurs ma lecture m’a amené à m’informer car je confondais souvent Baron Samedi et Papa Legba.

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La plume est toujours mordante. Morgane Caussarieu est moins trash que dans ses précédents romans car elle a adapté son écriture au lectorat ciblé. Alors que ses écrits étaient d’une violence insoutenable pour certains lecteurs, « Rouge Toxic » permet d’être captivé·e par un récit plus modéré. Il s’agit d’un roman de vampire, donc avec un lot d’hémoglobine et quelques goths qui trainent dans les parages et qui se réunissent dans les toilettes (Ah, cela vous intrigue, hein ?)

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Le récit se construit en point de vue alternés entre Barbie et Faruk. L’histoire a été prévisible pour moi. Et s’il ne me restait qu’à dérouler la pelote, j’ai su remarquer la qualité de la laine (métaphore décalée, bonjour). Ma lecture relève plutôt du divertissement que de l’exaltation.
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Morgane Caussarieu maîtrise les codes de la créature légendaire : elle s’amuse des clichés, fournit des clins d’œil à des références et écrit quelques contre-pieds aussi. Le roman qualifié pour « jeune adulte » (young adult) est très rythmé. Concernant les sentiments, on est davantage sur de la séduction que sur de la romance à proprement parlé (donc tout à fait acceptable si vous avez le même profil de lectrice que moi). L’autrice n’oublie pas non plus d’inclure une touche humoristique et conclut avec une fin ouverte.
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La couverture attirante a été réalisée par Alexandra V. Bach.

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Allisonline, Blog-O-Livre (BlackWolf)Hilde (Le livroblog) Les lectures de MarieJuliet, ont aussi traîné leurs guêtres au Mission High School.

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CHATTAM Maxime – Autre-Monde

25/10/2017 20 commentaires

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  Malronce de Maxime Chattam, tome 2 d'Autre-monde 
Entropia est le quatrième tome de la série Autre-Monde de Maxime Chattam   Genèse de Maxime Chattam, dernier tome d'Autre-Monde
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Titre : Autre-Monde (la saga, 7 tomes)
Auteur : Maxime Chattam
Plaisir de lecture Livre sympa

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La Grande Tempête a plongé le monde actuel dans l’obscurité. La Nature a repris ses droits. Il ne reste plus que les enfants qui se sont rassemblés en colonies pour pouvoir survivre. Des créatures nouvelles ont vu le jour et les Pans vont bien devoir s’en protéger ; mais le pire danger proviendrait vraisemblablement d’eux-mêmes.

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La saga Autre-Monde de Maxime Chattam se compose de sept tomes et sont ventilés en deux cycles, respectivement en trois et quatre volumes.

Sur toute la série, nous suivons un trio d’adolescents : Matt, Tobias et Ambre. L’innocence rattachée à leur jeunesse va vite être détruite : les décisions et le poids sur les épaules vont rapidement les faire mûrir.
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Matt devient un leader, Ambre rayonne et Tobias est plutôt le héros de l’ombre. Ils sont des pans, des enfants comme l’on en trouve par colonies disséminées dans le monde. Les adultes, quant à eux, ont mal tourné.

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Les protagonistes deviennent de plus en plus forts, gagnent fortement en maturité et formulent des décisions très réfléchies ; une évolution que je considère un poil trop brutale pour être réaliste mais acceptable par rapport au déroulé de l’intrigue principale.
Grâce à la plume de l’auteur, on se sent très proche des pensées, des gestes et des réactions des jeunes, ce qui apporte indéniablement un degré de crédibilité aux personnages.

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Ce monde imaginaire est la résultante quand la nature se rebelle. Le monde inhospitalier renferme un bestiaire effroyable : golem, élémentaire, mangeombre, buveur d’innocence, gagueulle, dévoreur, entropia, kloropanphylle, raupéroden, cynik,… Maxime Chattam développe un vocabulaire spécifique à son univers.
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Il y a quelques références discrètes (et peut-être n’est-ce qu’une illusion propre à moi-même) : Harry Potter, Le seigneur des anneaux, Jack Sparrow, Tim Burton et résolument l’univers des pirates.

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Ces aventures résolument fantastiques proposent un rythme soutenu. Le chapitrage fonctionne bien puisque le lecteur a toujours l’envie de découvrir le suivant.
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Les rebondissements sont nombreux pour fournir du souffle à sept tomes, dans un monde périlleux et dangereux. L’imagination est à saluer même s’il y a quelques retournements attendus, quelques facilités et autres aspects cousus de fil blanc. Mais il faut bien avouer qu’une certaine magie prend en suivant le trio par monts et par vaux (par terre, mer et ciel, aussi).

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J’ai trouvé la parabole d’ensemble un peu naïve car pour moi, le destin s’est clairement dessiné et je n’ai pas eu le phénomène d’immense révélation finale. Bien que tout ne fût pas clair dans les explications, j’ai trouvé qu’elles tenaient la route et Maxime Chattam a pris soin de donner les réponses qu’il avait promises.
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La critique de la société y est prégnante avec la place de l’écologisme et les réflexions autour de nos modes de communication actuels. L’auteur ne concède pas au manichéisme, soulignant alors que chacun a son rôle à jouer (et jusqu’au bout).
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J’ai passé un bon moment avec Autre-Monde même si je n’ai pas entièrement palpité au rythme des pages tournées.

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J’ai entièrement découvert cette série au format audio. Elle bénéficie de deux voix narratives : Hervé Lavigne et Véronique Groux de Miéri qui sera remplacée par Isabelle Miller à partir du cinquième volume. Deux voix, c’est l’apport d’une véritable richesse aux personnages. Il y a également une bande sonore : effets et musiques ; élément rare sur les supports audio.
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C’est un peu par hasard que je me suis mise à la saga : j’ai eu un abcès à l’œil qui m’a obligée à rester allongée dans le noir les yeux fermés. Il me fallait une série « longue » et de préférence entièrement parue pour me soutenir dans ma convalescence. Après avoir dévoré un tome par jour, la suite s’est tranquillement enchainée avec la découverte d’un tome par mois (j’écoute les livres durant mes déplacements : transports en commun et à pied).

Fait étonnant pour un livre audio, j’ai eu beaucoup de mal à me représenter la géographie des lieux, rien ne se dessinait dans mon esprit. Je reste réellement sur ma faim concernant les descriptions car il m’a été vraiment difficile pour moi d’imaginer tout élément autre que le physique des personnages (c’est dire !).

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Apocalypse et Raupéroden, fan art d'Autre-Monde de Maxime Chattam
Matt, Tobias et Ambre, fan art d'Autre-Monde de Maxime Chattam


Vaisseau Matrice, fan art d'Autre-Monde de Maxime Chattam

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logo challenge Halloween 2017

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Avec ce bestiaire effroyable et ce monde post-apocalyptique, la série de Maxime Chattam est parfait pour le challenge d’Halloween.

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Illustrations : #01, #02 et #04 par Laura Csajagi ; #03 Mathieu Reynes
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RIGGS Ransom – La bibliothèque des âmes, tome 3

17/10/2017 14 commentaires

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Hollow City, tome 2 de Miss Peregrine et les enfants particuliers de Ransom Riggs

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Titre : La bibliothèques des âmes (Miss Peregrine et les enfants particuliers, tome 3)
Auteur : Ransom RIGGS
Plaisir de lecture Livre sympa
Tome 1, tome 2

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Jacob et Emma partent à la recherche de leurs amis particuliers grâce à l’aide d’Addison. En plein Londres, ils s’apprêtent à rejoindre une boucle temporelle effroyable appelée l’Arpent du Diable où tout est permis.

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Le problème avec la frontière qui sépare la simple imprudence de l’acte totalement stupide, c’est qu’on la distingue seulement après l’avoir franchie.

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On retrouve avec plaisir Jacob, Emma et tous les enfants particuliers ainsi qu’Estres et Sépulcreux pour l’ultime tome de cette trilogie.
J’ai aimé découvrir l’Arpent, glauque, sale et noir… le tableau est saisissant. La place du harcèlement dans cette saga rappelle que des gens extraordinaires doivent s’enfuir et vivre en reclus dans des boucles temporelles car des gens « typiques » les ont chassés.
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Quelques doutes sont justement levés sur le fonctionnement des boucles temporelles. Les informations données paraissent crédibles et probantes. Pourtant l’auteur enfreint parfois les règles qu’il a dictées. L’utilisation de photos originales – qui marquent tant au premier tome ! – tombent à côté de la plaque. Leur usage est plus qu’anecdotique, elles ont perdu leur intérêt.

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Nul ne peut vous blesser plus cruellement que les personnes que vous aimez.

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« La bibliothèque des âmes » contient beaucoup de rebondissements et pourtant, l’intrigue peine parfois à avancer. Le rythme pâtit de ralentissements. La fin, bien que fermée reste satisfaisante et le dénouement s’avère heureux.
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Le livre-objet est toujours plaisant à prendre en main. L’histoire se lit aisément, bien qu’il manque pour moi, la petite étincelle pour me sentir complètement happée. Il va sans dire que Ransom Riggs fait preuve d’inventivité et d’énergie pour nous livrer un récit fantastique et étrange.

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Extrait photo du livre La bibliothèque des âmes de Ransom Riggs

La trilogie de Ransom Riggs

Tranches de tête de la trilogie de Ransom Riggs

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Gardienne des Grimoires Oubliés (Ethernya),  Les escapades culturelles de Frankie se sont aussi demandé pourquoi elles avaient mis les pieds dans l’Arpent.

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Je clôture une saga donc hop, j’avance pour défi Fin de Série. Cette chronique est aussi une participation au Challenge Halloween avec quelques monstres monstrueux..

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Logo du défi Fin de Série Livrement logo challenge Halloween 2017

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