Archive

Archives pour la catégorie ‘HOWEY Hugh’

HOWEY Hugh – Outresable

06/02/2019 16 commentaires

.

Couverture du roman Outresable de Hugh Howey paru aux éditions Actes SudTitre : Outresable
Auteur : Hugh Howey
Plaisir de lecture :  Livre sympa
Lire les premières pages

.

Depuis des siècles, le sable prend du terrain : il a englouti les villes de la civilisation précédente et contraint femmes et hommes à survivre sur les immenses dunes. Pour subsister, certains humains plongent pour récupérer des objets qui se monnaieront à la surface. Les premiers mètres ont été complètement ratissés : ils doivent atteindre une profondeur dangereuse pour laquelle leurs équipements ne sont pas viables afin de leur assurer un minimum de sécurité.

.
.

Toute vie est pareille au sable profond, avait appris Vic. De la naissance au trépas, ce n’est qu’une succession de constrictions violentes, l’une après l’autre, un poing graisseux agrippant des âmes infortunées qui crèvent la surface juste le temps de remplir leurs poumons d’air avant d’être aspirées vers le bas de nouveau. C’était la vision du monde que Vic avait fini par se faire. Partout où elle portait le regard, elle voyait la vie qui broyait les gens, les arrachant d’une situation difficile pour les précipiter dans la suivante, avec les paumes cruelles du malheur serrées autour de leur pauvre cou.

.

Avec « Outresable », Hugh Howey nous présente une famille éparpillée. Si j’étais honnête, je dirais que chaque membre de la famille cherche à creuser lui-même sa propre tombe. J’ai une problématique toute personnelle : je mélangeais les personnages masculins en début de roman (description physique, prénoms), ce qui m’a demandé de revenir en arrière pour bien comprendre les premières actions et leurs conséquences. J’ai une préférence très marquée pour Vic car elle ne sait pas toujours ce qu’elle fait, mais elle le fait. Elle reste plus ancrée dans leur réalité et se trouve dans l’action.
.

L’intrigue prend place aux USA, dans un futur éloigné. Le sable a tout recouvert et continue de progresser. Les personnes se sont regroupées en cités éphémères pour éviter l’enfouissement. La survie se base sur la plongée dans le sable : les plongeurs tirent des villes enterrées, les ressources nécessaires. Ces objets, tels des trésors des anciennes civilisations sont troquées contre des espèces sonnantes et trébuchantes. Pour vous donner une idée, une culotte – sale, certes – est un trésor. Ce n’est évidemment pas le gros lot sur lequel tout le monde espère tomber.

.

Le secret pour survivre à pareilles souffrances consistait à rester parfaitement immobile dans cette étreinte, elle l’avait découvert. Apprendre à ne pas respirer, là résidait la solution. La seule différence entre l’étouffement et l’accolade, c’est une voie ouverte. Raison pour laquelle Vic avait appris d’elle-même à retenir sa respiration. Alors la vie était devenue une série ininterrompue d’embrassades.

.
.

Pour se mouvoir dans le sable, les plongeurs enfilent une combinaison qui ressemble à celle d’un astronaute. La technologie leur permet de modeler le sable pour s’y mouvoir comme dans l’eau. Il existe des techniques de plongées et de déplacements en modelant le sable, en s’appuyant sur les halos repérés avec leurs lunettes. Découvrir cet aspect technique m’a vraiment botté mais l’auteur a spécifié dans une interview que cet aspect scientifique ne relevait d’aucun réalisme.
.

En plongée, le sable s’immisce partout dans la combinaison et même dans la bouche, c’est pourquoi il existe le phénomène de cercueil où le cerveau peut arriver à crier au danger. Leurs équipements sont construits en mode « système D » avec les pièces qu’ils arrivent à troquer et des connexions réalisées à la main. Je me suis surprise à ralentir ma respiration et même à tenter plusieurs fois au cours du roman à retenir mon souffle pour voir si je ferai une bonne plongeuse (la réponse est non, définitivement).

.
.

Hugh Howey nous emmène dans un nouvel univers âpre : après l’environnement toxique de Silo, la mer houleuse de Phare 23, on réalise une plongée dans le sable avec Outresable. A fortiori, j’ai bien aimé le titre de ce roman et la couverture.
.

On se retrouve en pleine dystopie avec un monde perdu, des civilisations englouties et la survie des êtres humains. On se confronte à l’effet dévastateur du changement climatique puisque l’envahissement du sable est omniprésent mais l’eau est aussi devenue rare.
.

L’axe principal du roman est le suivi et le développement de cette famille dysfonctionnelle. Pour ma part, j’ai eu quelques pages de flottement pour comprendre les relations qui liaient les personnages. J’ai aimé le rapport de l’aridité entre leurs contacts et celle de leur environnement. La plongée, leur survie, l’existence de villages provisoires et le questionnement autour de la grande faille sont autant d’éléments venant nourrir cet univers mais pour lesquels Hugh Howey restera assez sommaire pour cette intrigue.
.

Entrez dans cette histoire si vous souhaitez découvrir le portrait de personnages aussi rudes que leur environnement. Si vous cherchez plus de profondeur sur le quid de l’univers, la problématique des personnages et leur avenir, votre lecture risque d’être inassouvie.

.

Le regard de Palmer passa de cette lanière de joyaux à la bande dansante de feu givré qui s’intensifia de nouveau quand la tente fût refermée. Ce groupe d’étoiles innombrables s’étirait d’une dune jusqu’au ciel de l’horizon lointain. Il était impossible d’apercevoir le feu givré en ville, pas avec toutes ces flammes de gaz qui brûlaient pendant la nuit. Mais c’était la marque du désert, le tampon au-dessus de sa tête qui disait au garçon qu’il se trouvait très loin de chez lui, qui lui faisait savoir qu’il était au milieu des étendues de sable. Et pas seulement les étendues de sable et de dunes, le fin fond de nulle part dans l’existence, quand il avait rejeté le refuge de la jeunesse et avant qu’il prenne la peine de construire son propre abri. Les années sans tente. Les années lumineuses, aveuglantes, durant lesquelles les hommes vagabondaient, comme les planètes le faisaient.

.

Palmer consulta la jauge de sa visière. La distance était transmise par le transpondeur laissé derrière eux. Cinquante mètres. Cent mètres. Leu respiration devenait de plus en plus difficile, et il leur fallait accentuer leur concentration pour écarter le sable. Plus Hap et lui s’enfonçaient et plus la colonne de sable au-dessus d’eux se tassait et se faisait pesante. À ce stade, beaucoup de plongeurs cédaient à la panique et au phénomène dit « du cercueil », quand ils laissaient le sable se solidifier autour d’eux. […] Lorsque le désert referme ses deux bras géants autour de votre poitrine et décide que vous ne respirerez plus, vous prenez conscience de votre insignifiance. Vous n’êtes qu’un grain de sable écrasé au sein d’une infinité de grains de sable.

.

Mise en scène de livre Outresable de Hugh Howey

.

————————————————————————~*

.

Dans le chaudron : un roman « opposé » car l’exploration de l’environnement se passe au fond des mers « Les océans stellaires » de Loïc Henry.
.

Cunéipage (Sylvie) a bien enfilé sa combinaison mais elle aussi est restée à la surface.

 

HOWEY Hugh – Phare 23

11/09/2016 12 commentaires

.

Phare 23 Hugh HoweyTitre : Phare 23
Auteur : Hugh Howey
Plaisir de lectureetoile1 Livre à oublier
Lire les premières pages
.

Il est gardien de la balise 23, comme d’autres de ses homologues. Ce réseau de balises permet à travers la Voie Lactée d’amener une aide à la navigation aux vaisseaux. C’est un boulot ingrat car solitaire. Des naufrageurs débarquent alors sur le phare, son phare à lui, le 23.

.
.

Quand je ne suis pas à la chasse aux grincements et aux craquements, je passe la majeure partie de mon temps là-haut dans le phare. Je sais qu’on n’est pas censé l’appeler comme ça, mais ça va, quoi. Tout au bout d’un tunnel construit à l’écart du reste de la balise se trouve une petite niche entourée de hublots. C’est dans ce truc-là qu’on a installé l’émetteur d’ondes gravitationnelles, le centre opérationnel de la balise : tout le reste n’est là que pour assurer son fonctionnement, moi compris.

.
.

Ce livre-ci, j’aurais voulu l’aimer. Il faut dire que j’avais beaucoup apprécié ma lecture de sa trilogie Silo. J’avais aimé entrer dans cet univers, me prendre au jeu et tourner les pages, tenue par un suspense certain.
.

Les réactions du gardien de la balise 23 me rappellent celles de Sam Bell dans le film Moon de Duncan Jones sorti en 2009 (oui, je compare un livre… à un film) (mais j’ai adoré ce long-métrage) (et j’ai le droit, si je veux) ; mais elles ne sont pas absolument identiques. Lire la suite…

Categories: HOWEY Hugh Tags:

Rond de Sorcière #52

25/12/2014 22 commentaires

.

Le Rond de Sorcière me permet de vous faire découvrir tous les livres lus durant le mois ; notamment les petits trésors que je découvre sans avoir le temps de leur consacrer une chronique complète. C’est une sorte de compromis entre ma bonne conscience livresque et moi. Je vous parlerai aussi de ce qui touche de près ou de loin le monde des livres ; comme une parenthèse plus personnelle.

.

En octobre 2014, je pulvérise tout : 3173 pages (452 pages graphiques).

Il faut dire que je suis particulièrement active durant ce mois, car je participe au challenge Halloween, qui n’est pas que littéraire. Je me surprends à trouver de la motivation – très insoupçonnée – pour chroniquer. Je tire d’ailleurs un beau bilan par ici.

En octobre, c’est aussi le tour de tirer le portrait à mon défi Fin de Série (ou le mien en tant que lectrice en l’occurrence). Il est intemporel comme le fait d’avoir toujours des sagas en cours. Mais notons tout de même que 59% de ma liste est lu (54 séries inscrites).

Je me suis inscrite à des nouveaux – si surprenant –comme celui de Retour vers le futur, et j’ai fait ma rentrée au challenge jeunesse – young adult.
Pour le défi Valériacr0, Valériane m’avait choisi « L’île des morts » de Sorel & Mosdi, et j’ai souffert.

. Lire la suite…

Rond de Sorcière #47

08/11/2014 12 commentaires

.

Le Rond de Sorcière me permet de vous faire découvrir tous les livres lus durant le mois ; notamment les petits trésors que je découvre sans avoir le temps de leur consacrer une chronique complète. C’est une sorte de compromis entre ma bonne conscience livresque et moi. Je vous parlerai aussi de ce qui touche de près ou de loin le monde des livres ; comme une parenthèse plus personnelle.

.

En mai 2014, j’ai lu 2891 pages lues (dont  471 graphiques). Commentaire très intelligent, comme « Ah ouiii, pas maaaal » (les auto-félicitations, il n’y a rien de mieux)

.
Ma PAL s’agrandit pour accueillir :
¤ CONNOLLY John : Les portes
¤ GAY Olivier : Le noir est ma couleur – Le pari, tome 1
¤ HILL Joe : Locke & Key – Alpha & Oméga, tome 6
¤ HOWEY Hugh : Silo – Origines, tome 2
¤ ROTH Veronica : Divergente – Allégeance, tome 3

…dont il ne me reste, en ce début de novembre, que le livre de Connolly à dévorer. J’ai d’ailleurs gagné cet exemplaire chez Dawn pour son concours des deux ans du blog. J’ai aussi gagné un portrait de Cahir chez les Dames de Book en stock.
.

Côté lecture, je me suis glissée dans la saga d’Holly Webb « Rose et la maison du magicien » tome 1 grâce au défi Valériacr0.

Mai verra les premiers moments lecture sur mon balcon. Je suis allée rendre visite à Eirilys le temps d’un long week-end et c’était trop chouette ! Mon porte-clés arbore maintenant un magnifique super-héros (ouiii).

.

. Lire la suite…

HOWEY Hugh – Silo

05/10/2013 12 commentaires

.

Silo Hugh HoweyTitre : Silo
Auteur : Hugh HOWEY
Plaisir de lectureetoile 5 Livre fantas… tique

.

Au sein du silo, Holston veille au grain. Shérif de son statut, il est assisté par Marnes et s’avère aussi être le bras du maire Jahns.  Ceux-là ne sont que trois parmi tous les habitants qui se partagent les 144 étages souterrains. Lorsque l’un d’entre eux est condamné par la justice, il est envoyé dehors où l’air est vicié, afin de nettoyer les lentilles des caméras qui filment cet extérieur mortel. Le recrutement de Jules dans l’équipe serait-il l’élément déclencheur de la prochaine insurrection ?

. .

Silo 01)°º•. Via les objectifs, la vue est grise et terreuse : la désolation extérieure ne laisse pas de doute quant à l’irrespirabilité de l’air. Les personnes envoyées dehors sont condamnées à mort. Peu importe la faute, ceux restés à l’intérieur n’espèrent qu’une chose, que l’obligé nettoie les lentilles afin de dégager la vue empoussiérée par les vents. De mémoire d’homme, leur fonctionnement a toujours été ainsi ; la dernière insurrection vécue il y a plus d’un siècle et demi. Bien que les personnages soient pétris de bonnes intentions, ils demeurent trop curieux. Le calme du silo est tout relatif. .

Ce silo souterrain s’organise en étages : en haut, les têtes gouvernantes (maire, shérif, et le service informatique), en fond de cale, nous retrouvons les « manuels » entre les deux, les jardins hydroponiques, les appartements et les salles d’épuration. Cette communauté fonctionne en autarcie totale ; la raison de son existence demeure mystérieuse. Parler de l’extérieur est tabou. Ce n’est pas la seule censure où le contrôle de l’information est millimétré et la société liberticide au possible. Le parallèle entre les têtes pensantes et les besogneux se met en place.

.

Silo Howey extrait 01

. .

Silo 02)°º•. Je confesse aisément avoir accroché dès les premières lignes. Ce post apocalyptique en puissance propose une histoire qui happe le lecteur. La tension est palpable, les fins de chapitres à fort cliffhanger. Le changement de personnage principal m’a particulièrement surprise (premier paragraphe de la page 141 pour les lecteurs), mais c’est un élément crucial du dynamisme. La force des flashbacks avec la mort d’Allison et ses réflexions déballent le début d’un récit intrigant. Avec le silo, nous assistons à une prophétie d’auto réalisation. Bien que le dénouement soit un peu rapide à mes yeux, certaines parties sont très enthousiasmantes.

Le démarrage a des allures de thriller politique : nous assistons à des condamnations arbitraires puis à la prise de conscience d’une société pourrie. L’univers clos est très bien appréhendé et c’est sans aucun doute cet aspect-là qui m’a le plus séduite.

.

Le livre s’est fait connaître par l’auto-publication numérique sur le net : connu sous son titre VO « Wool », il est devenu un véritable phénomène. Il s’avère en réalité du premier tome de la saga éponyme mais je trouve qu’il peut se découvrir et se suffire à lui-même. Il connaît en version française actuellement une parution par épisodes numériques et dans sa version totale sous peu, papier et numérique. Les droits audiovisuels ont été rachetés par la 20th Century Fox ainsi que la société de production Scott Free qui n’est autre que la maison des Frères Ridley et Tony Scott, le scénario est en cours d’écriture par Blakeson.

. .

« Silo » sous la forme d’un huis-clos nous fait grimper et descendre des marches à la poursuite de personnalités attachantes. Sous un malaise indéfinissable, la communauté connaît des instants de doutes et se met même en suspens. L’insurrection pointe-t-il son nez ? Que prévaut le poids des récentes condamnations ? Hugh Howey sait entretenir le suspense : ce suspense-là qui nous fait tourner les pages plus vite, parce qu’on veut savoir comment l’histoire va tourner, quels vont être les aboutissants immédiats et la survie du silo entier lui-même.

.

.

Silo Howey extrait 02Silo Howey extrait 03 .

————————————————————————~*

.

Souvenir de lecture : La souffrance des escaliers.

.

Book en stock (Phooka), La prophétie des ânes (Cornwall), Lorhkan et les mauvais genres, My inner shelf (Carole), RSFBlog (Lhisbei), Quoi de neuf sur ma pile ? (Gromovar), Un papillon dans la Lune se sont aussi demandé s’ils auraient nettoyé les capteurs à leur place.

CITRIQ

.

Cette lecture a été réalisée en partenariat avec les éditions Actes Sud. .

Pic : #01 Jules from Wool par Thenicooole ; couverture de l’auto édition.

.