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HARDINGE Frances – Le chant du coucou

04/10/2019 23 commentaires

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Couverture du roman "Le chant du coucou" écrit par Frances HardingeTitre : Le chant du coucou
Autrice : Frances Hardinge
Plaisir de lecturenote : 4 Livre à découvrir

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Triss se réveille un matin, alitée et sans souvenir. Elle tente de remettre un nom sur les visages, les lieux et cherche ses mots. Elle est tombée dans la rivière Sinistre la nuit dernière. Une faim dévorante la submerge et elle croit avoir perdu la raison. Sa petite sœur Pénélope la traite de monstre… il n’y a qu’un pas à franchir avant que ses parents se questionnent eux aussi.

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Le récit démarre sur un premier chapitre énigmatique : que s’est-il passé au Sinistre ?

Le point de vue est original car c’est à travers les yeux de Triss, amnésique que nous vivons l’intrigue. Dans notre rôle de lecteurice, nous cherchons à recoller les morceaux.
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La famille Crescent vit en Angleterre en 1923, dans une petite ville éclairée au gaz et qui découvre le jazz. Triss est une jeune fille chroniquement malade. Elle est surprotégée par ses parents depuis la mort de l’aîné Sebastian à la guerre. Elle vit dans la terreur que ses parents lui retirent leur amour inconditionnel. Pénélope fait les frais de cette famille dysfonctionnelle : elle est considérée comme un cas désespéré ; même ses fugues ne font plus réagir ses parents.

L’étiquette collée sur chaque fille les oblige à rentrer dans la case dans laquelle on l’a mise. Ce sont les relations familiales qui vont être l’élément déclencheur du basculement de leur vie.

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« Le chant du coucou » est un conte fantastique allant du gothique à l’horreur. L’aventure est hors du commun avec des gens qui mangent des poupées, des lettres fantomatiques déposées dans un tiroir pourtant fermé à clé, des flocons qui tombent en plein été,…
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J’ai trouvé quelques maladresses et explications alambiquées et je me rends compte que j’ai ressenti une certaine distance émotionnelle par rapport aux personnages. Cela vient du fait que j’ai remis sans cesse en question les éléments récoltés et la personnalité des individus.
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Le récit se teinte aussi bien d’absurde que d’étrangeté, ce qui est particulièrement bien réussi pour nous faire douter de ce que nous lisons. J’ai aimé cette histoire aux allures funèbres où les mythes prennent beaucoup de puissance, où l’invisible s’exprime et l’illusion siège en reine.

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Mise en scène du roman "Le chant du coucou" de Frances Hardinge dans des plumes

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Le chant du coucou est la sélection de septembre que Valériane a sélectionné pour notre défi Valériacr0. Elle me préparait ainsi avec beaucoup de joie à entrer doucement dans la période halloweenesque.

Voici donc ma première participation au challenge Halloween, édition 2019 !
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Défi Valériacr0 écrit en lettres retro à ampoules Logo du challenge Halloween 2019

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Le bibliocosme (Boudicca), Le Chat du CheshireSur mes brizéesUn papillon dans la Lune ont aussi vu l’envers.

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CARRIGER Gail – Le pensionnat de Mlle Géraldine – Artifices & Arbalètes, tome 4

27/08/2019 6 commentaires

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Couverture du roman "Artifices et Arbalètes" de Gail Carriger. Il s'agit du quatrième tome de la série Le pensionnat de Mlle GéraldineTitre : Artifices & Arbalètes (Le pensionnat de Mlle Géraldine, tome 4)
Autrice : Gail Carriger
Plaisir de lectureetoile 3 Livre sympa
Tome 1, tome 2, tome 3

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Depuis l’absence de Savon dans l’équipe des soutiers, Sophronia n’a plus vraiment le goût à étudier. Elle n’arrive plus à distinguer dans quels camps se trouvent les différents surnaturels de son environnement. Un complot d’une grande ampleur émerge : elle va devoir sauver ses amis, son école et certainement Londres aussi.

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Dans « Artifices & Arbalètes », les masques tombent et les vérités ressurgissent. Sophronia Temminnick devrait passer son examen final mais elle se retrouve à contrecarrer une menace d’envergure : sont en jeu, sa vie, celle de ses amis… même le gouvernement londonien.
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Un tiers du roman est consacré à une escapade à bord du dirigeable : le pensionnat est rempli de vinaigriers. Cette dynamique apporte son lot de combats et moult rebondissements.

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Gail Carriger clôture tous les questionnements, et même si la conclusion est bonne bien qu’un peu rapide, plus rien ne reste en suspens. Sophronia décroche bien un contrat ; et on découvre le lien entre Sophronia et Alexia Tarabotti, protagoniste du Protectorat de l’ombrelle (vingt-cinq ans séparent les deux histoires). D’autres liens se font, notamment le pourquoi des différences technologiques d’une saga à l’autre. J’avoue ne pas être triste de quitter le pensionnat, cela tient sans doute à l’attachement moindre aux personnages.
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Durant ces quatre tomes, j’ai trouvé l’intrigue parfois un peu faible. Je considère l’aventure comme distrayante mais pas réellement excitante. Le Pensionnat de Mlle Géraldine s’adapte au plus jeune lectorat mais j’ai préféré le Protectorat de l’ombrelle car je trouve la série plus pétillante, énergique et drôle.
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Sophronia a de véritables qualités d’espionne. Elle est dotée de jugeote, de bon sens et même d’empathie pour son entourage. Gail Carriger nous offre un mélange de steampunk, d’enquête policière avec la présence du surnaturel. Les enjeux sociétaux et technologiques agrémentent le tout ; sans oublier un cas de conscience : l’affection en dehors des normes sociales.

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Il existe une troisième série titrée « Le Protocole de la crème anglaise » ; elle fait suite directe au Protectorat de l’ombrelle. J’aurais aimé la découvrir mais pour l’instant, si le quatrième et ultime tome vient de sortir en début de mois (août 2019), seuls les deux premiers volumes ont été traduits en français. J’avoue être refroidie par une série mise entre parenthèses, pour la frustration de la découverte partielle et en regard de mon défi littéraire « Fin de Série ».

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Mise en scène du roman "Artifices et Arbalètes" de Gail Carriger dans du tulle rose, thé et cuillère, et couteau

Portrait d'Agatha, fan art du Pensionnat de Mlle Géraldine par Gail Carriger Portrait de Dimity, fan art du Pensionnat de Mlle Géraldine par Gail Carriger

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Logo du défi Fin de Série LivrementLogo défi Valériacr0« Artifices & Arbalètes » est le livre que Valériane a soigneusement sélectionné ; elle a pioché dans la liste d’envies estivale que je m’étais préparée.

Je termine ainsi une série commencée en 2015. C’est parfait pour mon défi Fin de Série, surtout qu’elle entre dans mon objectif de neuvième année « Dégommer les vieilles tétra/trilogies ».

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Bulle de livre (Snow), Les lectures de Nyx et Vampirisme (Vladkergan) ont aussi croisé beaucoup de vinaigriers.

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Illustrations : #01 Agatha #02 Dimity par Natasza103

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CARRIGER Gail : Le pensionnat de Mlle Géraldine – Jupons & poisons, tome 3

05/08/2019 10 commentaires

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Couverture du roman Jupons et Poisons de Gail Carriger, troisième tome de la série Le pensionnat de mademoiselle GéraldineTitre : Jupons & Poisons (Le pensionnat de Mlle Géraldine, tome 3)
Autrice : Gail Carriger
Plaisir de lectureetoile 3 Livre sympa
Tome 1, tome 2.

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Sophronia Temminnick continue sa deuxième année au Pensionnat de Mlle Géraldine. Tout comme Dimity, Preshea et Agatha, elle se rend compte que Sidheag semble mal au point. Elle décide de ramener leur amie dans son clan. Comme à chaque décision illégale dont la punition serait d’être exclue de l’école – et même pire : de ne pouvoir assister aux prochains bals ! – seule Dimity se résout à l’accompagner. Avec l’aide du soutier Savon et de Lord Felix Mersey, ils montent à bord d’un train en direction de l’Écosse. Ils sont loin de se douter qui voyagent à bord du même convoi.

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Le Pensionnat de Mlle Géraldine œuvre pour élever en société des jeunes femmes anglaises… et former des espionnes de haute voltige. Cette école a pris ses quartiers dans un dirigeable qui flotte essentiellement au-dessus du même quartier. Il existe un pendant masculin, avec Bunson, une école de garçons qui forment des génies du mal.
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Dans « Jupons & Poisons » l’intrigue se déroule en dehors de l’école : Sophronia va mener l’enquête au sol. L’aspect « école » avec les cours et les professeurs est plus secondaire, il leur faudra mettre l’éducation reçue en application : selon les situations, statuer… tout en gardant leur élégance en toutes circonstances. Sophronia prend des décisions pour son futur, côté cœur et côté professionnel.
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Avec ce tome, on approfondit les enjeux sociétaux et technologiques. Dans un univers steampunk, les Mécaniques sont présents dans le quotidien de tous. Le surnaturel est bien intégré : le meurtre de Kingair soulève non seulement les loups garous qui se retrouvent sans Alpha mais aussi la société entière : les Vinaigriers veulent mettre la main sur une innovation et la Ruche de Westminster n’a pas dit son dernier mot.

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Il est plaisant de voir évoluer les relations entre les personnages : la scène politique se clarifie et l’avenir est mieux cadré pour Sophronia, notre protagoniste. Cette dernière se montre perspicace, fringante et quelque peu tête brûlée.
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« Le Pensionnat de Mlle Géraldine » se déroule vingt-cinq ans avant le Protectorat de l’ombrelle et les connexions entre les deux sagas sont indéniables.
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J’ai lu « Etiquette & Espionnage » et « Corsets & Complots », les deux premiers tomes de cette série en 2015. Je l’avais alors mise de côté car je la trouvais plus fade, à l’humour moins décapant que la première série, et ma lecture restait mitigée. Malgré cette pause de quelques années, je n’ai eu aucun mal à raccrocher les wagons du récit.
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Du fait que l’intrigue se déroule sur sol, les possibilités sont beaucoup plus nombreuses et donc les actions plus trépidantes. Elles s’enchainent et bénéficient d’une pincée humoristique. Les pages se tournent toutes seules sur une intrigue assez linéaire au style délicieusement surannée.

La série est conseillée à partir de 10-12 ans.

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 Portrait dessiné de Sophronia Temminnick, personnage de Gail Carriger Portrait dessiné de Sidheag Maccon, personnage de Gail Carriger

 Dessin d'une bibliothécaire steampunk Affiche pour le Pensionnat de Mlle Géraldine : photo de l'éventail amélioré de Sophronia, personnage de Gail Carriger

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Logo du défi Fin de Série Livrement.
Pour cette neuvième année de défi « Fin de Série », je me suis octroyée comme objectif de terminer des vieilles tétra/trilogies. Donc j’acte avec l’avancement dans « Le Pensionnat de Mlle Géraldine ».

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Bulle de livre (Snow), Les lectures de NyxVampirisme (Vladkergan) se sont aussi retrouvés mortifiés en tombant nez à nez avec le Dewan dans le salon privé des Temminnick.

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Illustrations : #01 Sophronia #02 Sidheag par Natasza103, #03 Bibliothécaire steampunk par Mikemaihack, #04 Affiche promotionnelle

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MITCHELL David – Slade House

01/08/2019 8 commentaires

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Couverture du roman "slade house" de David Mitchell aux éditions de l'olivierTitre : Slade House
Auteur : David Mitchell
Plaisir de lecture Livre sympa

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1959, Nathan et sa mère se rendent à l’adresse prévue dans Slade Alley comme l’indiquait l’invitation. C’est par une petite porte qu’ils entrent dans l’immense jardin et sont accueillis par leur hôtesse, Lady Grayer. C’est la dernière fois qu’ils ont été vus, ils semblent être disparus pour toujours. Neuf ans plus tard, en 1988, Gordon Edmunds part sur leurs traces et suit le même parcours avant de s’évanouir dans cette maison… maudite ?
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En pénétrant dans une ruelle aux murs de brique, vous trouverez peut-être la minuscule porte donnant sur Slade House. C’est dans cette maison au style victorien que sévissent Norah et Jonah Grayer, des jumeaux.
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Avec « Slade House », David Mitchell reprend le mythe de la maison hantée. Le récit contient les poncifs du genre auquel l’auteur incorpore une dose d’originalité en empruntant le concept de boucle temporelle. Au croisement du paranormal, de pouvoirs occultes et du désir d’immortalité de ses propriétaires, la maison s’adapte aux fantasmes et aux peurs de l’invité.

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L’histoire est séparée en cinq parties pour partager cinq points de vue narratifs. Une partie pour chaque personnage ou groupe de personnages ; chacune se déroulant à neuf ans d’intervalle.
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La trame est identique pour tous : présentation de l’invité, découverte de la maison, glissement vers l’étrange pour terminer avec la chute. À chaque chapitre, l’angle d’attaque change : on découvre les éléments mis en place d’une autre façon et les pages défilent tant la curiosité est aiguisée.
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Ce récit horrifique est bien mené grâce à un environnement soigné et une intrigue cohérente. J’insiste sur l’aspect horrifique qui tient davantage de la frayeur que de la véritable et profonde angoisse.
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L’écriture est très visuelle, avec peut-être une projection de l’auteur dans une adaptation à l’écran (?) Le suspense est bien dosé, la partie énigmatique léchée mais j’ai trouvé que les explications traînaient en longueur. Ceci dit, j’ai aimé découvrir ce que cachait la théorie de suasionisme, inventée par l’écrivain.

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Même si j’ai aimé découvrir la nouvelle aventure de David Mitchell, je termine sur un goût de trop peu. Découvrir une adaptation de la maison hantée était intéressante mais pas assez nourrissante. Je ne me suis pas attachée aux personnages et ma seule intention tournait autour du pourquoi Norah & Jonah agissaient ainsi et le fonctionnement même de Slade House.
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L’auteur a annoncé que tous ses romans font partie du même univers, Slade House s’inscrivant dans cette Continuité. Je n’ai vu que quelques légers clins d’œil « L’âme des Horloges » (suis-je donc une lectrice peu concentrée et pas assez fan ?) ; « Slade House » peut se lire de manière totalement autonome.
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Je ne cache pas la seconde cause de mon état d’affamée : Slade House se termine en 272 pages, alors que l’auteur nous emmenait par monts et par vaux – et par 672 pages pour la Cartographie des nuages et par 784 pages pour L’âme des horloges. C’est un détail sur la forme et non sur le fond de ce roman, mais impactant mon ressenti de lecture.

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   Mise en scène du livre Slade House de David Mitchell

Couverture de Slade House de Hodder & Stoughton Libri  Couverture de Slade House par Penguin Random House

Couverture poche de Slade House par Hodder & Stoughton Libri  Couverture du roman Slade House par Editions Alto

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Aussitôt arrivé en pile à lire, aussitôt lu. Son arrivée en PAL n’était pas très raisonnable – mais c’était le petit dernier de l’auteur ! – alors je l’ai ajouté à ma liste estivale. Valériane a donné un petit coup de pouce en le sélectionnant pour l’édition de juillet de notre défi Valériacr0.

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Cunéipage (Sylvie Sagnes) est aussi entrée dans le pub Renart & Mâtins.

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CAUSSARIEU Morgane – Rouge venom

11/06/2019 8 commentaires

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Couverture du roman rouge venom de Morgane CaussarieuTitre : Rouge venom, tome 2
Autrice : Morgane Caussarieu
Plaisir de lecture Livre sympa
Tome 1

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Les cadaver sanguisugus doivent trouver un moyen d’arrêter leur prédateur, ennemi numéro 1. Faruk et Barbie sont complètement paumés : qu’attendent-ils de la (non) vie ? Leurs acolytes ne leur facilitent pas la tâche, chacun visant un objectif différent. Il faut trouver un vaccin : une bactérie d’un vampire originel pourrait-elle être une solution ? Il leur faut donc rechercher Gabriel… et se confronter à Sa personne.

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Rouge venom est la suite directe de Rouge toxic. Si vous souhaitez découvrir cette histoire, je vous invite à commencer… par le premier tome ; sous peine d’être spoilé∙e dès les premières lignes (le premier paragraphe !).
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C’est avec entrain qu’on retrouve les personnages de Rouge toxic. Le duo atypique que forment Faruk et Barbie est toujours secondé par les acolytes peu piqués des vers. A contrario du premier tome, tous les personnages passent par la narration à la première personne. Les chapitres s’alternent et s’enchainent, c’est le point fort pour faire vite avancer l’histoire. La multiplication des points de vue apporte des éléments nouveaux. Tous ont une façon de parler, qu’on reconnait par l’utilisation d’un vocabulaire propre et d’un style familier bien marqué.
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C’est un plaisir de retrouver Morgane Caussarieu et ses personnages. La cible « jeune adulte » (young adult) ne lui permet pas de s’attarder sur certaines scènes contrairement à ses autres romans ; notamment Je suis ton ombre que j’ai dévoré. Mais l’hémoglobine est présente par litres entiers. Le tome est plus animal et un poil plus trash même si l’on reste sur un niveau bas/acceptable concernant l’aspect horrifique.
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L’autrice maîtrise les codes liés aux vampires. Pour répondre à la problématique de l’intrigue, elle revient à leurs origines. Elle stipule que « Les gentils vampires n’existent pas » et ne peuvent donc pas échapper à leur nature. Avec « Rouge venom » elle arrive à nous faire aimer les vampires méchants, comparaison plus flagrante face à l’indécision de Barbie et Faruk. Les vampires ne peuvent échapper à leur nature et pourtant Morgane Caussarieu évite toute forme de manichéisme.
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L’atmosphère se révèle plus lourde. Les addictions – alcool, sang, sexe – ont un poids plus important aussi. Le tout est bordé d’un humour noir des plus appréciables. J’ai été un peu gênée par la pusillanimité des personnages – j’y vais, j’y vais pas, j’y vais… – qui pourtant, montre bien l’expectative dans laquelle ils sont plongés. Les actions s’enchaînent et le roman se lit très vite.

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L’encre sous la peau [de l’Ancien] avait étonnamment bien tenu et n’avait pas trop diffusé, pour un type qui avait quoi… mille ans ? Deux mille ? C’était rassurant, mes tatouages ressembleraient encore à quelque chose dans quelques siècles, si je survivais jusque-là. On dit souvent que ça vieillit mal, sauf que moi, à l’époque où je les avais faits, j’étais plutôt du genre autodestructeur et no future, pas encore au courant que je risquais de vivre pour l’éternité.

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Mise en scène du roman "Rouge venom" de Morgane Caussarieu avec des éléments noirs et rouges

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SPJUT Stefan – La chasseuse de trolls

14/05/2019 6 commentaires

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Couverture de "La chasseuse de trolls" de Stefan Spjut, roman paru aux éditions Actes sudTitre : La chasseuse de trolls (Susso, tome 1)
Auteur : Stefan Spjut
Plaisir de lecturenote : 4 Livre à découvrir
Lire les premières pages

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Susso est cryptozoologue et rêve de voir un troll. Alors quand une grand-mère aperçoit un étrange être à travers les carreaux de la fenêtre, Susso fonce jusqu’à ce patelin pour installer un appareil photo à déclencheur par mouvement pour espérer capturer un cliché. Peu de temps après sa visite, le petit-fils venu faire un tour chez sa mamie disparait. Il est connu que les trolls sont particulièrement attirés par les enfants. D’ailleurs, le triste événement rappelle la disparition locale de Magnus voilà vingt-cinq ans.

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La cryptozoologie est l’étude des animaux dont l’existence ne peut pas être prouvée de manière irréfutable. Ce sont les trolls qui passionnent Susso. D’ailleurs, elle leur consacre un site web et rêve d’en voir un de ses propres yeux.
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Dans ce récit, Stefan Spjut nous emmène au contact des habitants. Il prend son temps pour nous lier aux personnages et cela fonctionne. Au fur et à mesure de la lecture, on apprend à connaître les brisures personnelles des personnages.

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On plonge aussi bien dans une partie du folklore scandinave que dans les profondeurs de la forêt. L’ambiance froide est bien retranscrite tout comme la puissance de la nature. Le point central est le peuple des stallos, mieux connus sous le nom de trolls. Ces créatures sont accusées de quelques maux, notamment le kidnapping.
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Les trolls ne sont pas en dehors de la civilisation, comme un lointain mirage mais évoluent au sein de la société : dans le garage des voisins, dans la parcelle forestière d’à côté. Ce qui fait naître un intérêt croissant pour que nous espérions nous aussi, en tant que lecteurs, croiser un troll par les yeux de la protagoniste.

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« La chasseuse de trolls » est le premier tome d’une trilogie nommée « Susso ». Je pensais qu’il s’agissait d’un one-shot. La fin est ouverte et m’a paru un peu étrange mais pas assez pour me convaincre d’une suite ; surtout que je ne connais pas les codes de la littérature suédoise et me suis dit que c’était peut-être une clôture habituelle. À vrai dire, j’aurais aimé savoir qu’il s’agissait d’une trilogie avant de commencer le livre.
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L’atmosphère est marquante car lourde et tout aussi riche. Elle peut s’avérer oppressante à certains moments mais absolument rien d’insupportable, j’estime qu’on est loin du sentiment de malaise permanent.

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Le roman est singulier : ce polar prend une direction fantastique.

La base est policière avec l’enlèvement d’un enfant et l’impact du fantastique nous amène à toujours douter de la réalité. On remet en cause les éléments donnés car ce sont les personnages qui les rapportent : a-t-il vraiment vu ça ? N’exagère-t-il pas la situation ?
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J’ai aimé l’alliance de la modernité de la Suède et de la mythologie scandinave. Ma plongée a été immédiate grâce au réalisme, celui du quotidien : le kilométrage à effectuer et cette fatigue cumulée : sur la route, la neige à gérer, les personne à contacter avant d’arriver chez eux (logique), son entourage à prévenir.
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L’alternance entre deux points de vue permet de garder un certain équilibre. Une partie du jeu consiste à replacer les éléments dans la chronologie, ce qui permet de comprendre ce qui est arrivé. J’ai aimé les indices distillés, la rupture de rythme choisi par l’auteur. Plusieurs récits s’entrecroisent : on ne se trouve pas sur une balade bien balisée. Il faut chercher, s’interroger et se demander avec quelle intensité intervient le surnaturel.

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Couverture du livre La chasseuse de trolls aux éditions Libri Kiadó Couverture du roman La chasseuse de trolls de Spjut aux édiitons forlaget oktober

Mise en scène du livre "La chasseuse de trolls" de Stefan Spjut : plaid pour la neige, une cage pour la chasse et un ruban rouge pour la recherche et le sang

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Cunéipage (Sylvie Sagnes) s’interroge elle aussi sur les dimensions des stallos.

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Illustrations : #01 Couverture des éditions Libri Kiadó ; #02 Couverture des éditions Forlaget Oktober.

VALLS DE GOMIS Estelle – Les Gentlemen de l’Étrange

05/04/2019 8 commentaires

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Couverture du roman "Les Gentlemen de l'Étrange" d'Estelle Valls de Gomis publié aux Black Book Editions  Couverture du roman "Imago" d'Estelle Valls de Gomis, le tome 2 des Gentlemen de l'étrange publié aux éditions Sombres Rets

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Titres : Les Gentlemen de l’Étrange ; Imago
Autrice : Estelle Valls de Gomis
Plaisir de lecturenote : 4 Livres à découvrir

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Londres, XIXe siècle. Wolfgang Bloodpint et Manfred Glastone sont spécialisés dans la résolution d’affaires surnaturelles. Leur bon flair et leurs compétences les emmènent dans les ruelles sombres de la capitale mais aussi aux quatre coins de la planète. Il faut dire que leurs exploits les précèdent.

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Manfred et Wolfgang se sont rencontrés à l’université et c’est une amitié franche et profonde qui les lie depuis. Manfred est devenu psychiatre d’un asile et criminologue réputé. Wolfgang, rentier de son état, est passionné par la chasse aux spectres. Il semble avoir des compétences mystérieuses qui restent floues.
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D’autres individus viendront rejoindre le duo de dandys : Whilelmine officie comme gouvernante, Ernest, une souris mesurant cinquante centimètre viendra trouver refuge permanent chez eux ; tout comme Arpad Nocturnaeru, un zburator roumain qu’ils sortiront d’affaire. Ils adopteront Dita, une labrador noire et Gustock Mespin de Scotland Yard viendra leur prêter main forte.
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Ils sont connus sous l’appellation « la petite équipe de Belgravia », le quartier où ils résident. Je me suis attachée à tous les personnages, phénomène qui se révèle assez rare au cours de mes lectures.
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Les enquêtes auxquelles ils prendront part les amèneront à voyager : Italie, US, sud de la France, etc. Pour y rencontrer ou découvrir différentes créatures : vampire, goule, zombie, wendigo, fantôme, kraken, et des profils humains comme serial killer, nécrophile ou encore savant fou. Traquer le monstre leur fera aussi parcourir de nombreuses ruelles ténébreuses londoniennes. Ils croiseront Bram Stocker qui leur apportera une aide ponctuelle tout comme Alester Crowley. Ils recevront une lettre de Sherlock Holmes et validée par Scotland Yard leur demandant de faire moins de vagues.

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Avec « Les Gentlemen de l’Étrange », Estelle Valls de Gomis nous emmène en pleine époque victorienne, dans le Londres de la fin du XIXe siècle et lieu de terreur.
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Le texte se compose de dix nouvelles : j’aurais tendance à conseiller de les lire dans l’ordre car elles fonctionnent comme un roman-feuilleton, format de l’époque que l’autrice a emprunté.
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Chaque nouvelle est riche en rebondissements et se révèle aussi trop courte. C’est presque dommage car l’on reste un peu sur la faim et que certaines redondances naissent entre les différentes nouvelles. Presque dommage… car cela ne saurait diminuer l’intérêt porté au duo esthète. Et même si parfois les personnages trouvent des solutions un peu trop facilement à mon goût, j’ai aimé les suivre dans leurs aventures rocambolesques.

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Dans « Imago », le second tome : Wolfgang blessé va essayer de se recentrer pour mieux se retrouver. Estelle Valls de Gomis va davantage mettre l’accent sur ce personnage plutôt que sur le quatuor. On va découvrir la nature du protagoniste alors que le lecteur n’avait émis que quelques hypothèses jusque-là. J’ai aimé les jeux de miroirs avec Vesper qui montrent que c’est le temps de l’introspection durant laquelle les dernières illusions meurent.
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Alors que je possède le premier tome au format poche publié aux Black Book Editions, le second est un grand format publié aux éditions Sombres Rets. Le roman inclut des illustrations d’Estelle Valls de Gomis – dont certaines en couleurs – qui s’avèrent un véritable bonus et permettent une meilleure plongée dans l’univers. J’ai une légère frustration concernant la taille de ce second volume (132 pages) et la fin qui m’apparait quelque peu bancale me donne un petit goût d’inachevé.

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Le surnaturel côtoyant notre monde est plus que perceptible avec ces deux romans. Il se dégage des textes, un humour avec une certaine classe à l’anglaise, des personnages aussi courageux et courtois et baignés de nonchalance. « Crimes, châtiments, absinthe et opium » pourrait être un sous-titre explicite.
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Les personnages semblent vivre dans la vie de l’écrivaine depuis plusieurs années pour avoir une telle consistance. On dirait qu’elle écrit tout simplement des faits et actions qui se déroulent devant ses yeux. J’ai apprécié les références et clins d’œil discrets – qui n’alourdissent pas le texte – tant à la période choisie qu’aux personnalités qui en sont issues. L’originalité de l’histoire et de la plume m’a réellement séduite !

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Illustration en couleurs d'Estelle Valls de Gomis pour son roman Imago Illustration en couleurs d'Estelle Valls de Gomis pour les Gentlemen de l'étrange

Mise en scène des romans "Les gentlemen de l'étrange" écrit par Estelle Faye

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Les lectures de ShayaAsmodée de Vampirisme, pour le tome 1,
Les carnets d’une livropathe (Strega), Vladkergan de Vampirisme pour le tome 2,
ont été eux aussi interpellés par le zburator.

Illustrations : #01 et #02 par Estelle Valls de Gomis