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ATWOOD Margaret – La servante écarlate

04/10/2018 25 commentaires

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Couverture du roman intitulé La servante écarlate écrit par Margaret Atwood. Edition DeluxeTitre : La servante écarlate
Autrice : Margaret Atwood
Plaisir de lecture : Livre fantas… tique

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J’attends. Je me compose un moi. Mon moi est une chose que je dois maintenant composer, comme on compose un discours. Ce que je dois présenter, c’est un objet fabriqué, pas un objet natif.

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Dans ce roman d’anticipation, on sait que les États-Unis se sont surprotégés vis-à-vis des attaques terroristes. La baisse du taux de fertilité et la naissance d’enfants non viables à cause des pollutions, remettent en cause la survie de l’humanité.
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Un putsch du gouvernement a eu lieu et s’est installée une dictature théocratique. Elle s’appuie sur les mécanismes du pouvoir et de la coalition totalitaires. L’oppression renvoie les femmes dans leur foyer. La vie est aseptisée, ultra surveillée dans les faits et gestes, l’austérité devient la priorité. Conditionnement et délation sont des éléments communs.
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Dans la République de Gilead, les femmes sont triées selon leur utilité utérine et leur docilité. Ainsi les Épouses se révèlent être les femmes des Commandants et de parfaites maîtresses de maison (fertiles ou non), les femmes qui ne peuvent plus procréer mais peuvent servir de petites mains deviennent les Martha en s’occupant des tâches relatives à l’entretien du foyer, les femmes ayant un système reproductif valide sont les servantes écarlates, les femmes qui forment ces dernières sont les tantes, enfin le rebut de la population féminine travaille aux colonies, à manipuler des déchets toxiques.

La vêture relève des « castes » de cette hiérarchie : les Épouses sont toutes de bleu vêtues, les Martha sont en vert, les servantes en rouge avec une coiffe blanche additionnée d’ailes qui diminuent le champ de vision quand elles vont en extérieur, les tantes sont en marron et celles aux colonies sont en gris. (Ce n’est pas sans rappeler le roman « Le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley).

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Notre fonction est la reproduction ; nous ne sommes pas des concubines, des geishas ni des courtisanes. Au contraire : tout a été fait pour nous éliminer de ces catégories. Rien en nous ne doit séduire, aucune latitude n’est autorisée pour que fleurissent des désirs secrets, nulle faveur particulière ne doit être extorquée par des cajoleries, ni de part ni d’autre ; l’amour ne doit trouver aucune prise. Nous sommes des utérus à deux pattes, un point c’est tout : vases sacrés, calices ambulants.

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Nous suivons Defred, femme de notre société qui a tout perdu, jusqu’à son prénom. Comme elles, les femmes ont vu tous leurs acquis disparaitre : indépendance, possibilité de travailler, droit à disposer de leur corps. La théocratie a annihilé toute forme de pensée. Defred n’est plus une personne, elle n’a ni nom, ni argent à dépenser, ni activité ou loisir comme la broderie ou même pire, la lecture.
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Le lecteur a accès au point de vue de la narratrice, sans savoir quoique ce soit de la situation politique et sociétale. Le monologue oscille entre son présent et son passé qui représente tout un monde. Elle tente de s’accrocher à sa vie d’avant et à ses souvenirs pour ne pas perdre pied, mais elle a l’impression qu’ils sont déjà corrompus. Ses souvenirs sont autant de marques d’identité. On suit son arrivée dans la nouvelle maison, son quotidien, dénué de tout intérêt, tour à tour dangereux et las.

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Nolite te salopardes exterminorum

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Cette dystopie est une histoire qui a peu vieilli. Écrit en 1985, le récit est tout aussi féroce qu’engagé. Il glace le sang car il rapporte une situation qui pourrait être notre réalité. Une certaine lenteur horrifique s’installe et aborde un présent d’une violence extrême. Defred devient une matrice pour dignitaires qui veulent revaloriser la race humaine. Le viol est institutionnalisé et appelé « Cérémonie ».

J’ai été captivée par le récit de ce roman intime ; qui comportement une dimension féministe singulière. En tant que femme, c’était étrange pour moi d’être propulsée dans ce monde de terreur. La résonance religieuse donne prétexte aux hommes de restreindre les libertés des autres et surtout celles de femmes. « La servante écarlate » peut donner l’alerte et conseiller de rester vigilant.e quant aux conséquences d’une société liberticide. La lecture amène à la réflexion entre le péril de nos libertés et le questionnement général qu’elle soulève.

Ce livre contient un épilogue ; que je considère personnellement comme « de trop » a posteriori. Mais qui, à chaud (de lecture) permet clôturer cette histoire un peu plus sereinement.

Détails sur la nature de l’épilogue (à déplier)

Le récit est écrit comme une retranscription de cassettes audio retrouvées dans la maison. L’épilogue prend la forme d’une conférence d’historiens dans un avenir plus lointain durant laquelle la reproduction est analysée. Elle permet une fin ouverte (dans laquelle s’engouffre l’adaptation télévisée dès la saison 2).

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Ce livre a été adapté en série télévisée, orchestrée par Bruce Miller avec en premier rôle, l’actrice Elisabeth Moss. Actuellement, elle comprend deux saisons et une ultime est en cours de production.
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Ce livre m’a été offert en début d’année, j’ai flashé sur la version de luxe avec sa tranche rouge et sa couverture impactante (je l’avais donc mis sur ma liste d’envies). Après hésitation, je l’ai lu après avoir visionné les saisons 1 et 2. Si j’évoque la série c’est parce qu’il est délicat pour moi de déterminer réellement l’emprise de la lecture seule, si j’aurais pu être autant prise aux tripes. J’ai été propulsée dans un univers très photographique et qui se prête excellemment bien au support télévisuel. L’histoire prenait vie sous mes yeux dans ma tête avec le visage des acteurs. Ces deux media se complètent : le point de vue interne exclusivement dans le livre devient un point de vue externe dans la série pour une question – je suppose – de richesse d’intrigue.

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Il y a du temps à perdre. C’est l’une des choses auxquelles je n’étais pas préparée : la quantité de temps inoccupé, les longues parenthèses de rien. Le temps, un bruit blanc. Si seulement je pouvais broder. Tisser, tricoter, quelque chose à faire de mes mains. J’ai envie d’une cigarette. Je me souviens d’avoir déambulé dans des galeries d’art, parcourant le XIXe siècle : l’obsession des harems, qu’ils avaient alors. Des douzaines de tableaux de harems, femmes grasses paresseusement étendues sur des divans, coiffées de turbans ou de toques de velours, à se faire éventer avec des plumes de paon, un eunuque à l’arrière-plan montant la garde. Études de chair sédentaire, peintes par des hommes qui n’étaient jamais entrés dans ces lieux. Ces tableaux étaient censés être érotiques, et je les croyais tels, à l’époque ; mais je vois maintenant ce qu’ils représentaient réellement : c’était une peinture de l’animation suspendue, une peinture de l’attente, d’objets non utilisés. C’était une peinture qui parlait d l’ennui.
Mais peut-être l’ennui est-il érotique, pour les hommes, quand il est figuré par des femmes.

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Fan art de la servante écarlate, roman d'Atwood Fan art du roman The Handmaid's tale de Margaret Atwood

Mise en scène du roman "La servante écarlate" de Margaret Atwood

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Logo défi Valériacr0

Logo challenge Halloween 2018Pour une sélection automnale, Valériane a choisi ce titre pour me mettre dans l’ambiance d’Halloween alors que l’automne pointait le bout de son nez chez elle.

Ce livre est terriblement parfait pour frissonner dans le cadre du challenge Halloween.

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Les lectures de Bouch’, Yogo (Les lectures du Maki)Liza Helle (page 39), Lorhkan et les mauvaise genresNevertwhere ont aussi mis un pied en République de Gilead.

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Crédits : #01 Marta Dec, #02 Rubén

Les livres que j’aimerais lire cet été 🌞 (et parce qu’aussi, j’aime les listes)

05/07/2018 23 commentaires

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Bannière livres à lire été 2018 blog Livrement

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L’été est déjà bien entamé, comme ma peau par les moustiques (Oh, je sens la verve de la poétesse qui niche en moi s’activer). Afin d’accompagner à ravir les fortes températures et les orages promis, je me suis dit que j’allais vous parler de ces livres que j’aimerais lire ces deux prochains mois. Surtout parce que j’aime ce genre de billets des blogopotes et plus encore parce que j’aime les listes.
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Livres papier et livres numériques que j'aimerais lire en été 2018

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Demandez le programme !

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Ma Pile à Lire ne contient plus de pavés. J’ai lu le dernier qui me restait « La trilogie des Héritiers » de Katherine Kurtz le mois dernier. La longue série concernant les Derynis de cette autrice m’a d’ailleurs accompagnée les deux étés précédents pour le challenge « Pavé de l’été » de Brize. Comme ce défi littéraire me botte toujours, j’ai décidé d’acquérir (🙈 ) « Le livre des Radieux », la suite en deux volumes de « La voie des Rois » de Brandon Sanderson (896 et 704 pages). L’action me permet ainsi de participer mais aussi de m’activer sur mon propre défi « Fin de Série ». Ce sera donc la seule inscription à un challenge estival…
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L’été est également la période idéale pour s’attaquer aux Gros Travaux de la Pile à Lire (C’est un thème récurrent car j’ai toujours eu l’immense joie de programmer les travaux chez moi, en période de canicule, je vous en parlais ici). Là, c’est du lourd car je m’attaque à une relique. Plein de poussière, on m’avait offert uniquement le tome 3 de la série « Les Bannis et les Proscrits » de James Clemens en 2010. J’ai donc acquis le reste de la pentalogie au format epub ; format parfait car ma liseuse – PRS T1 toujours en forme – me suit constamment dans mes pérégrinations. 3568 pages en cinq tomes ; j’ai de quoi faire.
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Et la petite cerise sur le gâteau – comme la couleur de la tranche – réside en « La servante écarlate » de Margaret Atwood. Reçu en cadeau d’anniversaire en février par MarieJuliet, je ne souhaitais pas le démarrer juste avant ni même pendant la diffusion de deuxième saison de la série télévisée (que j’adore). Je vais donc pouvoir m’y atteler sous peu (544 pages).

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↠ Vais-je réussir à tout lire cet été ? La réponse est non car ce n’est pas l’objectif. Je prends juste « acte » par ce billet et d’entamer des discussions avec vous. L’été est justement la période où je lis le moins et même avec mon rythme habituel, il est rare que je puisse dévorer l’équivalent des deux volumes de Sanderson sur un mois, sans parler de doubler juillet et août avec plus de 3500 pages. Je viens seulement d’entamer le premier tome de James Clemens et il se peut que ne soit pas le bon moment pour rencontrer cette série non plus. Mais telle l’impétuosité du vent chaud et fou dans les cheveux longs, je me laisse la grande liberté de lire… tout à fait autre chose.
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Et de votre côté, l’été s’annonce comment et avec quels titres ?

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Pile à lire durant l'été 2018

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