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KANNO Yûji & Matayoshi – Lika aux cheveux longs

18/12/2013 10 commentaires

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Lika aux cheveux longs Yuji Kanno et Matayoshi Titre : Lika aux cheveux longs
Auteurs : Yûji KANNO & Matayoshi
Plaisir de lectureetoile 5 Livre fantas… tique

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Lika vit avec sa grand-mère : elle vend ses confections de pot-pourri aux passants. Mais les temps sont rudes et la pression du coiffeur n’arrange rien. Il lui propose une coquette somme d’argent pour la vente de sa magnifique chevelure. Lika ne sait pas si elle doit accepter le marché… elle aime beaucoup sa grand-mère et n’est pas la seule car un étrange petit garçon vient aussi goûter aux biscuits moelleux de son aïeule.

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Lika aux cheveux longs 01De prime abord, on découvre un ouvrage de qualité. La couverture entoilée donne un cachet ancien à ce livre, le titre imprimé en creux et doré tirent sur la nostalgie. Le papier est non blanchi et les couleurs douces des illustrations ont un effet passé. Le genre de livre-objet à collectionner par excellence.

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Les mises en scène pourraient presque être qualifiées d’osées puisqu’on ne les croise que rarement dans les livres occidentaux. Les auteurs pointent davantage les attitudes des personnages, parfois en les crayonnant de dos. J’ai été époustouflée par les expressions authentiques jusque dans les rides d’expression et surprise par les textures qui remplissent les dessins.

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La trame fantastique se sent sur de petits détails comme leurs oreilles pointues.
Le livre reprend le conte de la chaîne et du peigne : deux personnes très amoureuses et pauvres ont chacune un projet inatteignable. Lui voudrait une chaîne pour sa montre et elle, un peigne pour tenir ses cheveux sur la nuque. Au fil du temps, ils s’accrochent davantage au rêve de l’autre. Le jour de leur mariage, le mari se trouve fort étonné de retrouver sa femme les cheveux courts. Elle avait vendu sa chevelure pour acheter une chaîne à son mari… alors que lui avait acheté un peigne grâce à la vente de sa montre.
La version créée par Yûji Kanno et Matayoshi est empreinte de magie. Cette histoire représente un joli conte plein de douceur. Les notions de reconnaissance et de communication entre chers aimés est au cœur du récit.
L’histoire est accessible dès le plus jeune âge.

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« Lika aux cheveux longs » est un album atypique plein de magie. Narré comme un conte, cette histoire séduira tout le monde tant par la douceur du récit que par les illustrations pleines de charme. Voici une lecture dont vous ressortirez le sourire aux lèvres.

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Lika aux cheveux longs 03

Lika aux cheveux longs 02

Lika aux cheveux longs 05 Lika aux cheveux longs 04

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Souvenir de lecture : Encore !

Dans le chaudron :
¤ Le petit bois du Dimanche soir de Xavier Collette et Estelle Billon-Spagnol
¤ Le chat qui avait peur des ombres de Xavier Collette et Rozenn

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Hérisson (Délivrer des livres) s’est aussi émerveillée devant la chevelure de Lika.

CITRIQ

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Cette lecture a été réalisée en partenariat avec Babelio et Nobi-Nobi.

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GAIMAN Neil – Stardust

30/04/2013 38 commentaires

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Stardust Neil GaimanTitre : Stardust
Auteur : Neil GAIMAN
Plaisir de lectureetoile 3 Livre sympa peu s’en faut

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Il existe un petit muret dans la ville de Wall qui s’ouvre sur une prairie : un pays féérique. Le passage y est interdit sauf une fois tous les neuf ans, sur une foire des plus magiques. Dustan Thorn part y faire un tour et fricotter. Un bébé nait de son union : Tristran. Il grandit à Wall et tout amoureux, il fait une promesse absurde à sa Victoria : récupérer l’étoile qu’ils ont vu tomber. Mais il n’est pas le seul à être attiré par cet astre en perdition.

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)°º•. Si Tristran Thorn se révèle le personnage principal de cette histoire, les personnages dits « secondaires » ont tout aussi d’importance. On y retrouve certaines figures-personnalités assez classiques de la fantasy. Nous croisons bien évidemment le petit peuple : licorne, sorcières, fées, nain, pirates. J’ai particulièrement aimé les sept frères à la conquête du bijou pour régner sur Stormhold. .

Bien qu’ils soient tous aussi sympathiques les uns que les autres, ils n’ont pas tiré la corde de l’empathie chez moi. Il m’est agréable de suivre leurs aventures mais d’un œil lointain et non pas grâce à une proximité ressentie.

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Stardust)°º•. Ce livre est un conte de fée et il commence en bonne et due forme par « il était une fois ». Gaiman prend au pied de la lettre : en fantasy, tout est possible. L’histoire est poétique, remplie de magie. L’auteur suit un fil rouge : la quête de Tristran mais plusieurs bifurcations entrent en jeu. L’univers est campé malgré les divers sentiers empruntés. .

La visualisation est réelle : la lune mère, les arbres qui parlent, les différentes peuplades. La géographie des lieux est également bien réussie ; je pense notamment au nom des monts. Les références sont nombreuses et j’avoue que sans les notes, je n’aurai absolument pas percutées de moi-même car il s’agit avant tout de la culture britannique. La trame de l’histoire est assez originale dans le désir de récupérer une étoile tombée personnifiée. La conclusion s’avère pourtant douce-amère. .

Je ne me suis pas réellement ennuyée, ni même l’ai trouvé inintéressant mais j’ai eu du mal à adhérer au roman. A mes yeux, il manque une deuxième vitesse à ce véhicule, une carence en matière de punch. Ceci dit, ce livre plaira à un public plus jeune (celui qu’il vise) et devrait même s’apprécier en lecture à voix haute. .

De l’adaptation cinématographique de Matthew Vaughn, je n’en avais que des souvenirs diffus – et la mémorable scène avec De Niro – mais de sentiment général assez agréable. Je l’ai donc revisualisée pour en conclure que je l’ai trouvée plus réussie que le livre, mea culpa.  Sans aucun doute car il y a plus d’actions que pour le format papier.

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« Stardust » s’avère un livre jeunesse parfait pour que le jeune public fasse ses premiers pas en fantasy ; l’histoire est bien ficelée et les émerveillera. Bien qu’il séduira aussi le public adulte, on peut se faire piéger par une certaine lenteur et les personnages bien que sympathiques n’arriveront pas à décrocher notre cœur de manière irrémédiable.

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Dans le chaudron :

Odd et les géants de glace
CoralineNeverwhere : qui n’est pas un livre jeunesse mais mon coup de cœur Gaiman
Peter pan de J.M. BarrieLe secret du quai 13 d’Eva Ibbotson

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Souvenir de lecture : oui, oui. Dans mon livre, il s’appelle bien Tristran et non Tristan.

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Defi valeriacr0Challenge Jeunesse YACe livre était le choix d’avril pour le Valériacr0. Valériane l’avait choisi car la féérie est sympa quand il fait froid, car il y a des fées dans le dedans et parce qu’elle voulait aussi avoir mon avis sur ce livre qu’elle avait déjà lu. Il figure aussi à ma liste du challenge jeunesse – young adult.

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Book en stock (Dup), Bulle de livre (Snow), Chaplum, Clair obscur (Endea), Le boudoir de Méloë, Les lectures de Cachou, Lilyn Kirjahylly (Miss Spooky Muffin), Lis tes ratures (Lyra Sullyvan), Livr0ns-n0us, Mes lectures de l’imaginaire (Olya), Mon coin lecture (Karine), Parchments of Sha’ (Shaya), Petites madeleines (Faelys), Sous le feuillage (Lael) ont aussi rencontré Yvaine.

CITRIQ

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Pic : Warmp-up par Aerion-the-Faithful. .

LACOMBE Benjamin – Ondine

21/04/2013 15 commentaires

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Ondine Benjamin LacombeTitre : Ondine
Auteur : Benjamin LACOMBE
Plaisir de lectureetoile 4 Livre à découvrir

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Hans de Ringstetten croise la route d’Ondine, une nymphe. Touché par sa beauté et sa personnalité, il la demande en mariage et la ramène au royaume. Le mariage scelle l’attribution d’une âme qu’elle n’avait pas. Mais sur les terres du prince l’attend Ursule, très intéressée par le prince.

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)°º•. Avec les livres de Benjamin Lacombe, il y a toujours un plaisir constant : celui de dévorer les illustrations. Il faut dire qu’il a particulièrement réussi Ondine avec une chevelure flamboyante des plus spectaculaires.
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Nous découvrons des références au préraphaélisme. Ce mouvement artistique est né au XIXe siècle grâce à deux figures majeures William Holman Hunt et John Everett Millais. Pour (ultra)résumer, on notait le pictural sur un dessin minutieux privilégiant les détails, avec des couleurs vives et tonales.
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Comme pour L’Herbier des fées, l’illustrateur nous propose des jeux de calques et imprimés pour l’eau. Elle est omniprésente, parfois en sous-latence. Ce procédé permet de décomposer ainsi tous ses mouvements, sa sensualité aussi. Il ouvre ainsi la porte au symbolisme de l’univers aquatique.

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Ondine)°º•. Cette histoire tragique s’articule autour de deux femmes : deux natures différentes, mais deux forces aussi : la terre et la mer. La très belle Ondine parait bien plus humaine dans ses sentiments même si elle ne peut s’extraire de sa condition.

Lacombe représente aussi le triangle amoureux Ondine-Hans-Ursule. C’est d’ailleurs sur cette relation à trois pour laquelle il faudra se sentir à l’aise s’il s’agit d’une lecture avec un public jeune.

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L’auteur s’est inspiré des textes de Friedrich de La Motte-Fouqué et la pièce de Jean Giraudoux pour composer son récit doux amer. Il reprend et donne une nouvelle version du mythe des ondines mais dans le sens de la tragédie de la mythologie allemande : amour, jalousie et trahison sont les thèmes forts.

De plus, ce monde sombre est empli de méfiance et l’histoire se termine sans happy end. Si l’histoire et l’objet livre sont de bonne qualité, il ne déclenche pas de coup de cœur pour moi. Malgré les visages des personnages exprimés sous un trait rond et doux, la symbolique est particulièrement forte et le conte, complexe ; à conseiller pas avant 10 ans minimum.

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)°º•. Biographie
Né en 1982, Benjamin Lacombe est un illustrateur français. Il suit une formation à l’ENSAD (Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs) et signe son premier contrat durant ses études. Connu et reconnu en littérature jeunesse, il utilise ses mains aussi bien avec des pinceaux qu’avec un stylo.
Son siteson blog.

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Ondine  ondine 03

Ondine

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Dans le chaudron :
¤ Blanche-Neige
¤ Grimoire de Sorcières
¤ La mélodie des tuyaux
¤ La petite Sorcière
¤ Le carnet rouge, en collaboration avec Agata Kawa
¤ L’herbier des fées

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Souvenir de lecture : cadeau d’anniversaire de la part de Valériane 😉

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Anarésume (Anassete), Bric à book (Leiloona), Délivrer des livres (Hérisson), Les histoires de Margaud, Les lectures de Liyah, Mes lectures de l’imaginaire (Olya), Sous le feuillage (Laël) ont aussi été englouties par les flots.

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COURTADE Henri – Loup, y es-tu ?

06/03/2013 24 commentaires

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Loup y es tu Henri CourtadeTitre : Loup, y es-tu ?
Auteur : Henri COURTADE
Plaisir de lectureetoile 4 Livre à découvrir

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Marylin Von Sidow a presque tout pour elle. A la tête d’un empire colossal, elle brasse millions et pouvoirs. Malheureusement pour cette adepte de la beauté éternelle, deux petits grains de sable semblent enrailler sa formidable machinerie. Elle va tout mettre en œuvre pour retrouver deux jeunes femmes en faisant notamment appel au Loup.

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)°º•. Marylin Von Sidow est l’incarnation même de la méchante. Elle s’avère très influente dans notre monde et elle est prête à tout pour arriver à ses fins.
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Nous croisons deux jeunes femmes, Albe Snösen, sensible et assez timide et Virginia Woolf qui s’assume davantage. Nous croisons aussi Franz & Albert qui aideront ces deux dernières, d’ailleurs j’ai trouvé leur histoire plutôt émouvante. Nous faisons aussi la connaissance du Loup et du Traqueur.
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Grâce à Henri Courtade, les personnages nous paraissent faire partie intégrante de notre monde, presque des « messieurs » et des « madames » tout-le-monde. J’ai particulièrement apprécié leur évolution durant le roman : aucun ne reste statique que ce soit dans sa situation ou même sur son caractère.

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Loup y es tu 01)°º•. Du côté de la thématique, il s’agit d’une réécriture des contes, je pense que le mot « détournement » serait même plus judicieux : Blanche-Neige, Le petit chaperon rouge, Cendrillon et la Belle au bois dormant en sont les quatre points cardinaux.
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A l’intrigue, l’auteur mêle des événements historiques et des lieux géographiques : seconde guerre mondiale, effondrement des twin towers par exemple. Il fond les contes de Perrault et de Grimm dans le contexte politique contemporain. Cette technique permet aussi de mieux ancrer le lecteur dans le récit. On y retrouve le contrôle des media, le pouvoir des institutions et aussi la loi de Pareto (20/80) ; finalement, la traite du sujet est plutôt bien menée.

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)°º•. Pour ce récit fantastique, j’ai trouvé les idées très bonnes et fort bien documentées. La plume est fluide, sans anicroche et se lit sans aucun souci ; j’ai trouvé qu’une harmonie s’en dégageait.
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La trame principale et les différentes composantes sont bien maitrisées. L’excessivité du traitement des contes dans les détails est souvent voulue mais parfois le côté où tout est expliqué et réexpliqué m’a un peu chagrinée car j’aime les allusions à demi-définies ; il manque un peu de subtilité. Nous sommes plongés dans le feu de l’action dès les premières pages et la fin est libérée grâce à un rythme très rapide. Plusieurs flashbacks sont à noter : à vous de suivre le titre des chapitres pour ne pas manquer leur articulation (chose dont j’ai été incapable, lire les titres, je veux dire).

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« Loup, y es-tu ? » est un détournement de quelques contes judicieux et fort bien documenté. Les idées sont originales et bien traitées dans leur ensemble. Quelques facilités sont à noter mais la plume fluide permet une lecture sans heurt… et avec beaucoup de plaisir.

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)°º•. Biographie
Né en 1968, Henri Courtade est un écrivain français. Travaillant dans le domaine médical, il ne s’est mis à l’écriture que tardivement (40 ans). « Loup, y es-tu ? » publié en 2010 est son premier roman.
Son blog.
Notons aussi la belle couverture d’Anne-Claire Payet.

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Dans le chaudron :
¤ BARRIE J.M. : Peter Pan
¤ COLLETTE Xavier & CHAUVEL David : Alice au pays des merveilles
¤ DAY Adolie : La belle au bois dormant
¤ LACOMBE Benjamin : Blanche-Neige

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Antre de livres (Plumeline), Blog-o-livre (BlackWolf), Book en stock (Phooka), (cultureguu), Falaise lynnaenne, La p(ile) à l(ire) d’Hécléa, Lectures trollesques (Ptite Trolle), Les escapades culturelles de Frankie, Les lectures de Mylène, Mélange de saveurs littéraires (Erato), Mon coin lecture (Karine), Parchments of Sha’ (Shaya), Perdre une plume, Un brin de lecture (Karline) ont aussi découvert le fardeau du Traqueur.

CITRIQ

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Cette lecture a été réalisée en partenariat avec Babelio et Folio.

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Pic : Red riding hood par JerryCai.

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Babelio

COLLETTE Xavier & CHAUVEL David : Alice au pays des merveilles

17/01/2012 38 commentaires

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Titre : Alice au pays des merveilles
Auteurs : Xavier COLLETTE & David CHAUVEL
Plaisir de lecture Livre avec entrée au Panthéon

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Alice s’ennuie au pied d’un arbre où sa sœur lit un livre.  » La belle avance, qu’un livre sans images, sans causeries » pensait Alice. C’est alors qu’elle voit du coin de l’œil, un lapin blanc filer à toute allure avec sa montre de poche dans la patte. Ni une ni deux, elle le suit… jusqu’au pays des merveilles.

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)°º•. Bien que le plan scénaristique soit optimisé, le texte semble un peu décousu car il faudrait alors davantage de pages pour pouvoir illustrer l’histoire originelle de Lewis Carroll « Les aventures d’Alice au pays des merveilles ». Il n’y a pas véritable de transition et l’impression de passer du coq à l’âne est assez forte.
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Cependant, si vous connaissez la trame générale, vous verrez alors que les jeux de langage et le texte original traduit sont respectés. L’album fait la part belle à l’absurde et au non-sens si chers au cœur de Carroll. Ce n’est pas un secret, je trouve les livres (Les aventures d’Alice au pays des merveilles et De l’autre côté du miroir) beaucoup trop perchés pour qu’ils soient compréhensibles ; qui plus est, auprès d’un jeune public. C’est donc avec une grande joie qu’un tel album – avec plein d’images dans le dedans – ne pouvait que faire remonter l’estime que j’ai pour cette histoire.
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Aucun personnage ne manque à l’appel : Dodo, Duchesse, Chat de Cheshire, Chapelier, Lièvre de Mars, etc. J’apprécie énormément cette Alice brune qui ressemble davantage à Alice Liddell la source d’inspiration de Carroll qu’à Alice (la blonde) dessinée par John Tanniel. Notons que les personnages semblent relativement justes et n’ont pas sombré dans la caricature grâce à Chauvel et Collette.

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)°º•. Passons au plus important pour moi, le côté illustrations.
Hormis Alice brune, j’aime le Chat de Cheshire et son sourire dentu.
Le clair/obscur – sombre/lumineux, quoi – met parfaitement en valeur de la dimension psychologique du conte. L’atmosphère est enrichie, tour à tour mystérieuse, étrange et même effrayante.
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Collette semble s’être défait de ce qu’il aurait pu déjà se faire sur l’œuvre d’Alice : son regard frais et nouveau m’a totalement enivrée. La variation des angles de vu exalte la perspective irréelle du pays des merveilles. Les textures réalisées numériquement sont également ingénieuses. Chaque protagoniste dispose de son propre univers avec ses codes couleurs. Les détails peuvent nous retenir longtemps entre les pages.
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La jaquette amovible représente Alice qui tombe (tombe, tombe…) sur le devant et un beau médaillon doré à l’arrière. La véritable couverture de l’album représente le Chat de Cheshire avec son magnifique sourire en vernis sélectif (et j’ai toujours été une grande fan de vernis sélectif). Le quatrième de couverture montre la queue touffue du chat, sans jeu de mot.

La qualité du produit fini s’accorde sur des illustrations haute définition (encore heureux, sinon Xavier se serait lui-même tapé sur les doigts) ; les pages sont glacées. Bref, un album très soigné.

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Bien que le scenario m’apparaît comme mitigé, les illustrations m’ont totalement enchantée. D’un coup de crayon, nous sommes propulsés dans un formidable pays aux merveilles, riches en couleurs et en détails. C’est toujours avec beaucoup d’émotion que je referme cet album si magique.

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)°º•. Biographies
David Chauvel, né en 1969 voue une véritable passion pour la bande dessinée. Il tente toutes les directions, en explorateur agîté et cela lui va bien. Il devient alors un scénariste prolifique.
Xavier Collette est un homo sapiens dessinatus né en 1981 en Belgique. Ce nom ne doit pas vous être inconnu, sinon, il y a souci. Pour tout découvrir de lui (ou presque), c’est par ici : Coliandre.
Une petite vidéo de présentation de l’album, à voir ici.

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Dans le chaudron :
¤ Le Chat qui avait peur des ombres de Xavier Colette & Rozenn,
¤ Le petit bois du dimanche soir de Xavier Collette & Estelle Billon-Spagnol.
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Souvenir de lecture : Allez, je le relis encore.

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Ce livre a été apprécié en lecture commune avec
Valériane, pour une spéciale « anniversaires »

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A lire au pays des merveilles (Emmyne), Bulle de livre (Snow), De l’autre côté du miroir (Laure), Lilyn Kirjahylly (Miss Spooky Muffin), See you beyond Heaven… (De.w) ont aussi feuilleté ce bijou.

CITRIQ

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Et hop, cet album peut être rangé dans la commode du challenge « Je lis aussi des albums« .

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Pics : © Tous droits réservés Collette & Chauvel.

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BARRIE J.M. – Peter Pan

26/06/2010 5 commentaires

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Titre : Peter Pan
Auteur : James Matthew Barrie
Plaisir de lecture Livre sympa
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Au numéro 27 à Londres, aux jardins Kensington, vit la famille Darling, Mme et son mari Georges ont trois enfants, Wendy, John et Michael ainsi qu’une nourrice particulière… Nana, la terre-neuve. Bien qu’elle remplisse son rôle à merveille, elle se voit catapulter dans le jardin, au fond de sa niche, parce que quand même, une nourrice à poils, ça suffit ! Malgré la surveillance accrue de Mme Darling, elle s’endort et c’est la porte fenêtre ouverte à Peter Pan. A la recherche de son ombre, il entre dans la chambre des enfants. Wendy lui propose de conter toutes les histoires qu’elle connaît aux enfants perdus et de devenir leur maman. John, Michael et Wendy partent donc en direction du pays imaginaire. Cependant, ce n’est pas le paradis… Crochet ne rêve que de fuir le crocodile et d’attraper Peter Pan qui se joue tellement de lui. Il ne faut pas oublier que les indiens veillent et que les bêtes sauvages rôdent.

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)°º•. James Matthew Barrie nous propose une flopée de personnages fantastiques : pirate, sirènes, fées et indiens. N’oublions pas nos personnages « principaux ».
Commençons par notre jeune garçon Peter Pan. J’y ai découvert un Peter Pan différent (surtout en comparaison au Peter Pan édulcoré de Disney) car il ne possède aucun raisonnement rationnel et il est tour à tour crâneur, orgueilleux et « capitaine » aux ordres inflexibles. A la lecture, je l’ai ressenti un peu comme une douche froide. A l’inverse, il est tout à fait charmant de connaître davantage Mme Darling : Barrie met l’accent sur son rôle de mère et cet amour inconditionnel qu’elle apporte à ses enfants.
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Dans la version de livre que j’ai eue entre les mains, notre chère fée s’appelle de son nom entier Clochette-la-Rétameuse car elle récupère et nettoie les casseroles ; elle est par ailleurs, souvent appelée Clo au cours de l’histoire. Bien qu’elle voue une jalousie sans limite à Wendy, elle me parait beaucoup moins garce que dans le souvenir que je m’en faisais.
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Lis Tigré n’est également pas en reste quand on sait que cette Peau Rouge est une fiancée non mariée… très adepte de la machette. Personne ne l’emmènera donc devant l’autel. On aurait presque pitié de Jacques Crochet à cause de sa phobie à rencontrer de nouveau, le crocodile. Il est également entouré d’une troupe mal troupée de pirates. On y découvre aussi sous d’autres angles, les sirènes, les pirates de Crochet et le caractère de chaque enfant perdu.
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Au niveau des thèmes, nous sommes servis !
Bien évidemment prime le syndrome de Peter Pan avec la peur de la mort, l’angoisse du monde adulte (et donc des responsabilités). La candeur et l’innocence sont des traits majeurs, Peter Pan est le symbole de l’enfant qui ne veut pas grandir…
Ceci dit, l’amour maternel a une place de choix, l’amitié est également en bonne place, tout comme le rapport à la nature.

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)°º•. La grande surprise de ma lecture est celle de la manière dont James Matthew Barrie intègre le lecteur à l’histoire. Il parle à son auditoire et utilise l’écriture de la forme personnelle « je ». Il n’est d’ailleurs pas dénué d’humour, en atteste le sacrifice d’un pirate pour montrer comment Jacques Crochet utilise justement son crochet pour tuer : « et maintenant, pour illustrer les méthodes de cet homme, tuons un pirate » ; en atteste également la venue de loups pour montrer comment les faire fuir : il suffit de les regarder à travers ses propres jambes écartées et arquées.
Les anecdotes sont également appréciables, notamment l’histoire du dé qui se révèle être le nom qu’utilise Peter Pan pour un baiser.
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Il n’en demeure pas moins que nous passons du léger et badin au sombre et dramatique en l’espace de quelques lignes. Ce conte n’est pas spécialement estampillé « jeunesse » et peut révéler différents niveaux de lecture.
Par contre, nous n’apprenons pas les origines de Peter Pan, ni même ce qu’il lui est arrivé : est-il question d’entretenir l’imaginaire ou son histoire est-elle bien trop cruelle ?

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)°º•. Dans tous les cas, il était tant de découvrir la véritable histoire de Peter Pan, celle de la plume de James Matthew Barrie ! Quelques notes sympathiques, quelques découvertes mais en attendant, ce classique renommé ne m’a pas entièrement emballée au vu des trop nombreuses longueurs, d’un Peter Pan un peu détestable… sans oublier qu’une fois l’adaptation de Disney visualisée, on n’oublie – et ce même après des années – rarement l’histoire dans son ensemble. Je fais sans doute partie des rares personnes qui n’ont jamais fantasmé ni sur le pays imaginaire ni sur Peter Pan.

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Sir James Matthew Barrie (1860-1937) est un écrivain écossais. Mondialement connu pour son personnage Peter Pan, il n’en a pas moins écrit un recueil des nouvelles qui ont un succès certain, des romans autobiographiques ainsi que des pièces de théâtre.

Pour aller plus loin : Sirjmbarrie.com

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)°º•. Extrait :
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Ce livre a été apprécié en lecture commune avec Laure.

Ce livre est en voyage !
Il vient directement de chez Bambi_Slaughter que je remercie, et part chez Tortoise…

Souvenir lié à ma lecture … et aussi mon premier C.L.A.P. :
Un petit livre qui m’a suivi partout… et qui attire énormément les regards dans les transports en commun, du genre « maiiis, elle lit Peter Pan ? Non, vraiment, elle lit Peter Pan ? A son âge ? »
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Lu aussi dans le cadre du challenge « Les Coups de Coeur de la blogosphère ».

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Des livres et des heures (Wictoria), Le coin lecture (Violaine), Les lectures de Kali, Mon coin lecture (Karine :)), Pilalire (Bookwormette).
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Pics : #1 Peter Pan par Giacobino, #2 Peter Pan par Dieguiglesias, #3 Peter Pan par Emptymug, #4 Peter Pan par SeriousBreakfasttime, #5 Peter Pan par Junglecookie, #6 Fuck you Peter par IsladelCoco.

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BLANCK Jean-Sébastien – Chronique du bon roi Philibert

05/03/2010 6 commentaires

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Chronique du bon roi Philibert BlanckTitre : Chronique du boi roi Philibert
Auteur : Jean-Sébastien Blanck
Illustrateur : Jonathan Bousmar
Note : etoile 3 Livre sympa

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Proches de la France, existent deux royaumes, Neustrie et Austrasie, où respectivement règnent Adalbéric et Philibert. Ces deux rois fainéants sont sans pouvoir ni autorité. Le véritable seigneur demeure le maire du Palais.

Et en monarchie Philibertenne, c’est Pépin, son oncle qui siège. Cependant, le Roi Philibert a le don de formuler des songes fantastiques lors de ces nuits. Afin d’être adulé par son peuple, il décide de les lui raconter. C’est son bouffon Clodomir, surnommé « Crieur de rêves » qui se met ardemment à la tâche. Pour sublimer le tout et être davantage apprécié, le Roi Philibert annonce que ses songes sont en fait… des prophéties. Et au grand plaisir de la foule, il décide d’en réaliser quelques unes.

Emporté dans son élan, le Roi Philibert dépense des fortunes au risque que le royaume devienne sans le sou. Il s’attire la jalousie de Pépin son oncle et de l’Abbé Saint Arnauld. Ses rêves deviennent de plus en plus démesurés et un drame se trame…

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Chronique du bon roi Philibert 01)°º•. Cette chronique est découpée en petits chapitres et expose une fresque médiévale étonnante.
La complicité avec les lecteurs se créé dès les premières pages quand le narrateur les prend à partie et les tutoie. Le vocabulaire reste relativement simple et les propos sont relativement fins et peu choquants pour raconter la guerre, la lutte du pouvoir, la jalousie et le complot.
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Édité dans la catégorie « Histoires d’en rêver » des éditions Alzabane, l’album permet de stimuler l’imagination des 9-12 ans. Comme toute bonne histoire de jeunesse qui se respecte, il faut y trouver une belle morale en dernières lignes. Jusqu’où et que sacrifier pour ses rêves en reste le thème principal.
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Cependant, j’émets une retenue certaine : si les enfants prennent un raccourci tendancieux mais non moins réaliste, on arrive au fait qu’il ne faille pas raconter ses rêves sous peine d’être puni ?
Un peu limite quand on sait la place importante que prennent rêves et cauchemars dans la vie d’un enfant, surtout qu’ils sont assujettis à une imagination débordante et que ressurgissent certaines peurs… Mais je suis la seule lectrice à trouver ce point litigieux.

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)°º•. Par contre, grand bonheur à la découverte des illustrations.
Chaque illustration peint à la mode moyenâgeuse chaque décor, personnage et détail. Les aquarelles sont truffées de détails, certains burlesques. Et c’est un immense plaisir que de contempler de fond en comble chaque page pour trouver ces petits ornements délicieux.
A chaque double page, dessins et textes se mélangent adroitement et proposent une composition différente de la page précédente.

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Chronique du bon roi Philibert 03  Chronique du bon roi Philibert 02

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)°º•. Biographies
¤ Jean Sébastien BLANCK ; Né en 1970, à Paris, il est un auteur de contes et fables. Il créé en 2007, Alzabane Editions dont il est le principal auteur.
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¤ Jonathan BOUSMAR. Par Alzabane Editions : Né en 1984, il est l’un des jeunes talents de l’illustration jeunesse de Bruxelles. Par son sens du détail, du comique et de la caricature, il s’inscrit avec succès dans le genre de la caricature sociale et de la tradition de Daumier.
Son site web est vraiment à découvrir !

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A partir de 10 ans (9 ans si accompagnée)
Reliure cousue
52 pages, 20 illustrations
Format 13×15 cm

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 Chaise longue et bouquins et Histoire de lectures ont aussi crié leurs rêves.

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