CONEY Michael – Le chant de la Terre ~ La locomotive à vapeur céleste, tome 2

14/08/2009 8 commentaires

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Titre : La locomotive à vapeur céleste (Le chant de la Terre, tome 2)
Auteur : Michael Coney
Plaisir de lecture Livre à découvrir
Tome 1, tome 3, tome 4, tome 5

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Le Chant de la Terre est supposé extrait d’un chant épique qui relate l’Histoire de l’humanité, plus quelques autres, et qui a tant proliféré au fil des temps qu’il faudrait plus d’un siècle pour le réciter en entier. Nous ne disposons donc que de fragments en cinq volets, La Grande Course de chars à voiles, La Locomotive à vapeur céleste, Les Dieux du grand loin, Le Gnome et Le Roi de l’île au sceptre. Le cycle conte la mésaventure d’un presque dieu, Starquin le Cinq-En-Un, qui, se promenant dans l’univers des aléapistes, autrement dit des possibles, se trouva piégé quelque part dans l’espace par les champs de mines d’une guerre interstellaire future. Malgré ses pouvoirs, il risque d’y périr d’inanition au bout de quelques millénaires si l’histoire ne peut être réécrite afin de le libérer.

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)°º•. Pour ce tome-ci, l’histoire est contée par Alain-Nuage-Bleu. Le récit de l’ancienne terre se situe cette fois en l’année Cyclique 143624. Afin que les divers auditeurs suivent l’épopée, « on » dit que c’est une légende : il est d’autant plus facile de suivre l’histoire en se persuadant que cela n’a jamais existé, qu’il ne faut plus y repenser ni s’y appesantir. Le Chant de la Terre est l’histoire de l’humanité ; il se compose de récitatifs et autres chants.
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Hormis le fil conducteur de notre histoire chanteresque, il faut ajouter une superposition de différentes histoires de personnages ; comme une sorte de nouvelles d’un chapitre qui s’immisce dans la trame du livre pour mieux nous englober. Nous connaitrons les légendes des Parangons, des Loups du Malheur, des Abeilles du possible et du Marais de Soumission avec nos cinq Peurs. Finalement, cet univers repose essentiellement sur un entrelacs de mondes, pour notre plus grand bonheur.
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Aux côtés des Didons, de l’Etre Tout Puissant, des Essences de Rêves, des ex Gardiens d’Hommes, du Peuple du rêve, des Spécialistes, des Cuidadors et des Capitaines-psy, nous découvrirons la naissance des Spécialistes avec l’affaire de justice de Ratona III vis à vis de son métier. Pendant quelques pages, nous vivrons au temps de l’an Cyclique 91 137 où Moredecai N Whrist soutenait la Spécialiste (alors que dans le tome 1, c’est un très ancien institut scientifique qui en porte juste le nom). Nous côtoierons les Cuidadors dans leur mission de Dôme:  ils dédient leur vie à recréer de Vrais Humains, vont-ils y arriver?
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Sur cette jolie trame de fond, interviennent aussi moult personnages.
Bien que nous ne voyons pas Starquin le Cinq en Un à l’œuvre (et notamment son échappée de ces dix mille ans d’incarcération), nous comprendrons mieux ses intentions… il manipule le monde entier, les différentes races et petit à petit, il monte son stratagème. Dans la Locomotive à Vapeur Céleste, nous réalisons davantage les liens indirects, les imbrications des actes parmi d’autres et le tissage de la magnifique toile.
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L’autre tripotée de personnages ultra méga importants se nomme la Triade. Nous suivrons la naissance de celle-ci par leur rencontre. Elle se compose du Vieillard, de l’Artiste et de la Fille-sans-nom. La Triade remplira son Dessein mais également les quêtes personnelles de chacun d’entre eux. Le Chant de la Terre les cite ainsi :

Venez entendre parler de la Trinité, au légendaire renom,
Le Vieillard et l’Artiste et la Fille-Sans-Nom !

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Une myriade de personnages secondaires sont tout aussi intéressants tels que le Seigneur Cri, Taupin, Eloïse, Roller, Long John Silver (sisi), les Bjorn-Serkrs (chasseurs d’ours) et autres Marylin. Il serait malvenu de ne point citer la Locomotive comme personnage à part, qui mérite le détour…
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Tout ce beau petit monde ne serait rien sans l’Arc-en-Ciel, ordinateur puissant et planétaire, je cite « ce répertoire organico-mécanico-électronique, raisonné et planétaire de l’intelligence et du savoir humain« 

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)°º•. Dans ce tome du Chant de la Terre, le récit se focalise sur ce 143e millénaire avec la naissance de la Triade et de leurs premières actions. Cependant, il est difficile de rentrer dans un tel monde « SF »; la découverte simultanée de différentes actions et déroulement de l’histoire (avec quelques flash back marqués) déroute allègrement. Il faut quelque fois s’accrocher, continuer la lecture, car elle vaut réellement le coup
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Chaque petit épisode est une brique dans la construction du récit. Nous ne connaissons pas tous les tenants et les aboutissants et évoluons finalement, au rythme des personnages. Toutes actions ont une influence les unes sur les autres. L’échiquier se met en place et nous entr’apercevons les tendances et futurs pour préparer la grande aventure de Starquin. Ce dernier peut par ricochet utiliser les souhaits. Ici, l’inventivité de Coney se traduit en français par le souhait et le sur-hait, je cite :
Note du traducteur: « to bigwish » et « to smallwish », deux néologismes de l’auteur, que nous tâchons de transposer par le couple « sur-haiter » et « sou-haiter », le premier étant bien sûr pure invention à partir de l’étymologie du deuxième (« souhaiter » de « subtus »: sous et « haitare »: ordonner, promettre).
Cette conception est un des nerfs de la guerre de la Locomotive à Vapeur Céleste et sera non seulement appréciable mais également fondamentale pour l’histoire qu’Alain-Nuage-Bleu nous relate.
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D’autres thèmes sont développés comme courir après des chimères, ici nous noterons qu’il est plus important de chercher que de trouver. Seront appréhendés également l’idée de la Pensée Intérieure et de la Croyance (aller où bon nous semble du moment que l’on y croit). Sans oublier que les aléapistes ont ici aussi une influence digne de ce nom.
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Je définissais les aléapistes comme cec i:
Et comme un « bonus », tu peux même apprendre les « aléas ». Ce genre d’hypothèses de vie, où telle action aurait été préférée à une autre, ou le non choix entraîne également un destin différent. Ce sont les « aléapistes », ces bifurcations permettent d’entrevoir ce que les personnages auraient pu devenir/faire. Il est très intéressant de découvrir en soulevant ainsi le pan, les voies de vie de ces personnages qu’ils ont refusées, fermant définitivement des bouts de vie imparfaits.
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Dans la Locomotive à Vapeur Céleste, une métaphore est digne d’être relevée :

Dans le Grand-Loin, il y a un arbre qui s’appelle l’ « Hydre Phare », et qui s’étend sur mille kilomètres à travers l’espace, si énorme que sa seule masse suffit à affecter l’orbite de sa planète. Je veux que tu imagines le Temps encore plus immense que l’Hydre Phare. Chaque branche, chaque brindille, représente une possibilité où ta vie future peut inscrire son cours ou un autre, selon ce que tu fais, ou ce que d’autres font. Les possibilités sont infinies, et chacune d’entre elles s’appelle une « aléapiste ».

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Bien qu’à première vue, nous pourrions voir des similitudes avec « le meilleur des mondes » d’Adous Huxley, il n’en est rien. Michael Coney a toujours un style très prenant de par l’invention des mots et l’utilisation de l’italique pour appuyer certaines pensées. Ce tome-ci à proprement parlé n’est pas la suite des aventures intrépides de nos personnages d’un Brésil méconnu. Il s’agit de concevoir cet univers sous un autre angle, tout aussi intéressant ! Abstraction faite d’un immersion quelque peu difficile dans un récit très riche (en personnages, lieux et actions), la Locomotive à Vapeur Céleste reste une lecture très appréciable que je conseillerai.

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Voici un deuxième tome tout aussi incroyable que le premier. Nous plongeons dans cet univers qui semble infini pour s’approcher au plus près des différentes races et personnages qui l’habitent. Nous partons à l’aventure avec la Triade tout en apprenant les légendes. Ce livre est d’une très grande richesse et la première difficulté d’immersion passée, c’est un véritable bonheur littéraire de SF qui s’ouvre à nous !

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)°º•. Biographie

Michael Coney, écrivain britannique né en 1932 s’est mis à sa quarantaine à écrire de la Science Fiction. Il a tout d’abord reçu le prix British Science-fiction en 1977 pour son roman « Brontomek ». Ce n’est que durant les années 1980, qu’il commence à écrire le grand cycle « Le Chant de la Terre »; cette œuvre originale et présentant une certaine sensibilité contemporaine a été récompensée en 1987 par le Prix Aurora.
Avant sa mort en 2005, Michael Coney a publié sur son site web plusieurs romans et des récits inédits pour en faire don à ses lecteurs.

Notons enfin que la couverture des Éditions Laffont reprend le modèle d’anciennes collections basées sur un mélange de futurisme et de psychédélique. Par ailleurs, c’est aspect chromé qui en a fait sa renommée. Espérons que l’esthétique reprise pour ces éditions saura séduire les nostalgiques.

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)°º•. Extraits

Et les Vites pleuraient.
Assis à demi estompés, ils clignaient des paupières à qui mieux mieux, et c’était étrange de voir les larmes ruisseler sur ces gueules évanescentes tout comme des larmes normales, juste aussi lentes et régulières. Les Vites étaient assis là à vieillir, sacrifiant leurs quelques précieuses heures de vie à la contemplation du chef-d’œuvre de Manuel, dont la beauté les faisait sangloter. Et pourtant – tel est le propre de l’art – ils n’étaient pas satisfaits. L’un d’eux, qui tentait de communiquer avec Manuel, leva la main. Pour cette femelle d’âge mûr, parler était un véritable supplice : chaque syllabe prononcée lui coûtait subjectivement un mois. Mais son message parvint au garçon. Pour la première fois, une Vite avait parlé. Elle en mourut, emportée au seuil de la vieillesse par une maladie inconnue qui évolua en deux secondes. Elle avait dit : il y faut plus d’amour.

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Polysitiens, Parangons, Humains Sauvages, Vrais Humains, néoténites, Peuple de Rêve… On à a peine concevoir l’extrême diversité des espèces et variétés humaines développées au cours de l’histoire – surtout à l’époque actuelle, lorsque tant de ces variétés ont disparu.
Il y eu la Première Espèces : fruit de l’union du singe et du Parangon, connue comme l’Homme Primitif.
Puis, il y eut la Seconde Espèce, répartie en trois variétés :
Vrais Humains,
Humains Sauvages, adaptés à un air pauvre en oxygène,
Polysitiens, adaptés à un air riche en oxygène.
et la Troisième Espèce, les Spécialistes, en variétés innombrables.
Ensuite, il y eut la Quatrième Espèce, représentée par deux variétés, dont la première était des néoténites. Ce n’est ni le lieu ni le moment de parler de la deuxième de ces espèces, car le Chant de la Terre se doit de garder un certain mystère.
Et, finalement, il y eut la Cinquième Espèce que Manuel et Zozula connaissent sous le nom de Vites.
Telles étaient les formes de l’Homme.

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Un duo de choc

Un livre à dévorer
(ici en l’occurrence, par un chat)

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Challenge 1% littéraire

07/08/2009 2 commentaires

Ca y est, j’ai remis ça !

Heureusement que j’avais décidé de ne faire ni challenge ni défi littéraire. Le blog de Levraoueg fait partie des premiers blogs de critiques de livres que je suis régulièrement. Son challenge 1% littéraire, je le connaissais et suivais de loin l’édition 2008.

Mais jamais je n’aurai dû commenter à propos de l’édition 2009, car Levraoueg m’a de suite incorporée aux non-challengeuses. Et finalement, pourquoi pas? Bien sûr, comme je préfère davantage la fantasy (et fantastique) l’auriez-vous remarqué? Autant corser la chose et faire un « challenge 1% littéraire spécial fantasy » 🙂

Voici les règles, je cite Levraoueg:
Je rappelle à tous le principe de ce challenge : entre le 13 août et le 28 octobre 2009, il va paraître en France 659 nouveaux romans français et étrangers (romans et recueils de nouvelles). Les participants au challenge du 1% s’engagent à lire 1% des ces nouveautés, c’est-à-dire 7 romans ou recueils de nouvelles. Comme il paraît également 75 nouveaux essais littéraires, les challengers ont la possibilité d’ajouter un essai à leur liste. Enfin les challengers les plus gourmands peuvent faire un challenge du 2%, 3%, 4%… (5% étant le record à battre).

Je ne ferai pas partie des premières à atteindre le 1% littéraire car tout se corse: je n’ai pas de listes encore fixes de toutes les sorties fantasy/fantastique, et je ne pense pas non plus m’y attaquer dès maintenant.

N’oublions pas non plus qu’en fantasy, nous avons souvent des cycles de plusieurs tomes. Cela signifie qu’il faudrait alors que je lise tous les tomes ante la sortie du livre qui m’intéresse pour le challenge !
Je me réserve donc le droit de modifier ma liste quand le besoin s’en ressent.

1. DEBREUVE-THERESETTE Adeline : De notre sang
lu en juin
2. DURHAM David Anthony : Terres étrangères (Acacia, tome 2) lu en avril
3. HOLSTEIN Eric : Petits arrangements avec l’Eternité lu en février
4. MARILIER Juliet : Soeur des cygnes
lu en février
5. MOORE Christopher : D’amour et de sang frais lu en janvier
6. REDICK Robert V.S. : La conspiration du loup rouge (Le voyage de Chathrand, tome 1) lu en mai
7. WEEKS Brent : Le Choix des ombres (L’ange de la nuit, tome 2) lu en avril

Vous pouvez suivre tous (toutes?) les challengeurs et non challengeurs sur la page Netvibes de Levraoueg.

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LE GUIN Ursula – Terremer – Le sorcier de Terremer, tome 1

03/08/2009 9 commentaires

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Titre : Le sorcier de Terremer (Terremer, tome 1)
Auteur : Ursula Le Guin
Plaisir de lecture Livre sympa peu s’en faut

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Sur l’île de Gont, Ged, jeune garçon apprend les rudiments du Noble Art. Un puissant sorcier répondant au nom d’Ogion le prend alors sur son aile. Il juge alors les connaissances de notre jeune cabris comme insuffisant et l’envoie à l’école de magie de Terremer, sur l’île de Roke afin de se parfaire. A la suite d’une anicroche avec un élève, Ged quelque peu présomptueux délivre une Chose du Royaume des Ténèbres. Sa propre vie étant en danger en permanence, Ged se retrouve bien malgré lui une proie sombrement traquée.

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)°º•. Le décor que plante l’univers de Terremer, s’appuie sur un monde océanique : il est composé d’un archipel d’une centaine d’îles. Nous pouvons séparer d’ailleurs ce monde en plusieurs parties: la civilisations hardique, la terre des dragons, celles des barbares kargades et enfin les îles sauvages. Ursula Le Guin nous entraine d’un monde médiéval fantastique complètement indépendant de notre propre monde.
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Ged, surnommé l’Epervier par Ogion relève, de mon point de vue, de certains orgueil et jalousie. Il demeure quelque peu impatient, et se révèle bon élève. Cependant, j’ai beaucoup de mal à m’attacher à ce personnage que je trouve même indifférent. Tout lui réussi et il n’est pas rongé de remords. Comment s’enticher d’un jeune homme impétueux qui se vautre dans la réussite? Même dans son « malheur », il s’en trouve chanceux. Finalement, je considère que Ged paie très peu pour ses erreurs… Notons par ailleurs que son caractère s’affirme tout au long du texte et il devient plus humble dans son rôle de futur-sorcier-compétent-et-humain.
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Vespe et Jaspe sont les deux élèves que Ged fréquentera le plus à l’école de magie de Roke. Pour moi, le coté binaire de Vespe = ami, Jaspe = ennemi est trop visible et facile. Ces deux personnages limite indissociables ne donneront aucun relief dans l’histoire, et je suppose (?) que cet aspect prendra plus d’importance dans les tomes suivants.
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La Chose du Royaume des Ténèbres, connue sous le petit nom de l’Ombre se révèle magnifiquement forte. Plus que tout au monde de Terremer. Sauf que de mal en pis, sa force diminue au point de ne devenir plus rien. Traqueuse et traquée, son rôle reste superficiel dans le Sorcier de Terremer.

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 )°º•. Ce cycle « classique » est un des plus importants et des plus populaires d’Ursula Le Guin. Écrit durant la fin des  années 60’s et le début des années 70’s, nous pouvons y noter un certain décalage.
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Revenons sur le concept de la magie. Il est appréciable de voir qu’Ursula Le Guin interprète et propose une vision calibrée de cette dernière. A Terremer, la magie, ça s’apprend. Elle est surtout rationnelle: il faut apprendre à maitriser ses pouvoirs. Le Guin en propose même une logique presque scientifique, elle n’est pas considérée comme force surnaturelle (voire innées comme dans certaines œuvres littéraires); il faut que l’humain fusionne avec la magie. Cela peut s’expliquer par une maitrise des éléments naturels. La donnée la plus importante de cet ensemble est la connaissance du véritable nom des choses et des êtres. C’est pourquoi l’apprentissage y est primordial.
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Le style narratif est très dense. L’écriture est rapide, du type des nouvelles: le personnage vieillit de beaucoup (11 ans en 10 chapitres), les actions quand elles ne sont pas survolées se déroulent en une demi-douzaine de pages. On aimerait tant en apprendre plus sur son apprentissage à l’école, ou sa rencontre avec le couple de seigneurs… La lecture en devient désagréable, nous n’avons pas le temps de s’installer dans l’histoire, de profiter des aventures et de prendre un peu de recul.
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Finalement, Terremer repose sur le principe de « contes »: la réalité est un peu bancale: certains faits sont inexplicables. On peut alors se demander si le pacte avec le lecteur est réellement tenu puisque certains éléments deviennent invraisemblables et ne favorisent pas un univers cohérent.
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Pour  moi, l’histoire est tout simplement trop rapide. Le gentil est TRÈS fort et gentil, bien sûr. Mais tout lui réussit: les aventures en deviennent tellement lisses. Que ce soit l’opposition si claire du bien au mal, ou les sentiments éprouvés par le personnage principal, il n’en demeure pas moins qu’ils sont autant de points négatifs du livre. Malgré tout, la carte du « épique » n’est pas réellement au rendez-vous… et j’apprécie énormément. Je n’ai jamais pris plaisir à lire les batailles et même pire, c’est en m’y forçant. Les rencontres avec l’Ombre restent mes passages préférés où l’œil quitte le numéro de page et boit comme du petit lait les lignes écrites. Je résumerai qu’il manque une certaine substance au roman pour que je m’y attache et l’apprécie. Le manque de crédit n’avantage pas l’histoire (espérons que les romans suivants rattrapent le tout).

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Selon le livre « J’écris des contes et des nouvelles » de Louis Timbal-Duclaud, nous avons:
(Merci El JC)
Le héros : Ged
Le mandant : Ogion
L’objet : La connaissance / La puissance / La magie
L’adjuvant : Vesce
L’ennemi : L’ombre

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)°º•. Ursula Le Guin, née en 1929 d’un père anthropologue et d’une mère écrivain (parait-il, c’est important). Elle réalise des études dans le domaine « littéraire » et propose une thèse sur les idées de la mort dans la poésie de Ronsard, qui, plus tard, lui ouvrira les portes pour des publications de littérature imaginaire. Ses œuvres sciences-fictives seront plus connues, mais Terremer, de fantasy, lui fera une joie d’être connue et appréciée par ses lecteurs et remportera même en novembre 2002 un World Fantasy Award.
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J’ai eu la malchance d’avoir dans les mains la troisième édition, par Robert Laffont. J’avoue que je n’accroche pas du tout: c’est même un ratage en force pour moi. Elle aurait été réalisée par Jackie Paternoster, une artiste très controversée…
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Côté adaptation, Robert Lieberman a réalisé un téléfilm « Terremer, la prophétie du sorcier », en 2004. En 2006, c’est Gorō Miyazaki (fils de Hayao Miyazaki, l’illustre) qui se tente à un film d’animation « Les Contes de Terremer ».
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Terremer est composé des livres suivants :
. Le Sorcier de Terremer (tome 1)
. Les Tombeaux d’Atuan (tome 2)
. L’Ultime Rivage (tome 3)
. Tehanu
. Les Contes de Terremer (recueil de nouvelles)
1. Le trouvier
2. Rosenoire et Diamant
3. Les os de la terre
4. Dans le Grand Marais
5. Libellule

. The Word of Unbinding et La règle des noms (préquelles)

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)°º•. Extraits

Les créatures revinrent à l’attaque: bête difformes venues d’époques lointaines, bien avant l’oiseau, le dragon ou l’homme. Le jour les avait oubliées depuis longtemps…

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Cette chose n’avait pas de corps, elle était aveugle au soleil, c’était une créature d’un royaume sans lumière où il n’existe ni lieu ni temps. Elle devait ramper et le poursuivre à tâtons à travers les jours et les océans du monde, et ne pouvait prendre une forme visible que dans les rêves et les ténèbres. Pour l’instant, elle n’avait pas de substance, pas d’être que la lumière pût éclairer, comme le chant la Geste de Hode : L’aube crée et la terre et la mer, des ombres elle tire des formes, et renvoie les rêves au royaume des ténèbres.

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La lecture de ce livre s’est réalisée dans le cadre du Cercle d’Atuan : Imagine…erre (Arutha),  La Bibliothèque de Craklou, Mes lectures de l’imaginaire (Olya), Martlet, Sherryn, Quadrant Alpha (El JC), Tortoise’s times tree.

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TENOR Arthur – Le Félin ~ Le Sorcier de Brocéliande

26/06/2009 4 commentaires

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Titre : Le Sorcier de Brocéliande (saga Le Félin, agent secret médiéval)
Auteur : Arthur Ténor
Plaisir de lecture Livre à découvrir
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Me voici avec un petit roman (si court, 160 pages !) qui ne paye pas de mine. Cet exemplaire est corné, il a voyagé, il a été trimballé malgré lui, mais tellement aimé ! Digne d’une lectrice consciencieuse, voici dans mes mains, un livre qui a tant plu à son propriétaire et qui a une très grande valeur de sa dédicace. Je vous emmène au temps du Félin…

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)°º•. En terres d’Auvergne, Hugues de Montbrisac souffre le martyr sous des douleurs inquiétantes et mystérieuses, serait-ce réellement des coliques frénétique s? L’alchimiste, Maitre Pirus se révèle désemparé car il ne peut soigner son fidèle seigneur.

Un aigle arrive sur ces entrefaites et délivre un message à Maitre Pirus : voilà maintenant cinquante ans, ce dernier avait défié en duel final un sorcier misérable, Barabas Obscurum. Ils s’étaient tous deux querellés au sujet de la primauté des sciences occultes ou de la magie blanche ; Sir Hugues avait mis fin à cette scène en défenestrant Obscurum.

C’est aujourd’hui que Obscurum vient réclamer son dû: une promesse est une promesse. Une équipe d’Auvergnats se forme : Maitre Pirus l’alchimiste, Isabeau de Montbrisac, fille tant aimée de Sir Hugues et pour les protéger Yvain le Bréa dit le Félin un chevalier et son écuyer Gilles. Ils s’en vont alors en Petite Bretagne, retrouver leur hôte Sir Monfoënan pour affronter le cruel Obscurum. Ce dernier n’a pas dit son dernier mot; habitué aux sciences occultes, il voit en Damoiselle Isabeau, la chance inouïe d’accroître ses pouvoirs et satisfaire son dieu. Il est prêt à tout – et surtout à la triche – pour gagner son duel et assouvir ses besoins personnels.

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)°º•. Notre bande auvergnate se compose d’un sir bien mal au point, Hugues de Montbrisac. Il espère bien que le Maitre Pirus, Isabeau, le Félin et son écuyer résoudront le mystère qui entoure ses douleurs.

Maitre Pirus, alchimiste de métier n’aurait jamais cru que des paroles lancées innocemment à 152 le conduirait aujourd’hui à mettre sa vie en jeu. Tout jeunot à l’époque, il s’en veut terriblement d’avoir eu la tête brûlée.

Isabeau Montbrisac, damoiselle et fille unique du sir Hugues, se joint à l’aventure avec engouement. Ce n’est certainement pas la place d’une telle personne, mais Isabeau, elle, s’en fout. Heureusement, elle requiert de talents qui ne seront pas de trop !

Gilles, est l’inestimable écuyer du Félin. Avec la tête dans la lune, cette aventure se révélera être pour lui, une bien belle mission-catastrophe !

Le chevalier Yvain Bréa, appelé le Félin se retrouve agent secret bien malgré lui. Pour protéger toute la petite troupe mal troupée, il va devoir faire face à bien des dangers. Habillé d’une belle armure, personne ne se doute qu’elle regorge de 1001 secrets et autres gadgets. Ses gants possèdent en outre, des griffes rétractiles et le Félin est reconnaissable à son heaume en forme de tête de panthère ! Notre protagoniste ne va laisser personne indifférent dans cette bien belle épopée.

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)°º•. Ce roman, à lire à partir de 9 ans ne laisse pas la place aux longueurs. Les actions s’enchainent rapidement, et les dialogues sont nombreux. C’est un véritable bonheur que je retrouve à chaque fois avec les livres jeunesse: le suspens est maintenu. Il arrive à nos pauvres personnages, une aventure pas très rigolote qui se détériore à cause de nos bras cassés. Arthur Ténor arrive à mélanger action et humour dans un cadre idéal !
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Comme nous sommes au moyen-âge, Arthur Ténor nous a concocté un récit un peu médiévalisé, sans pour autant tomber dans la lourdeur littéraire, nous avons quelques expressions comme « avant peu » « a none », « en nos terres », etc. Le vocabulaire de certains outils ou techniques médiévales est tout gentiment expliqué en astérisque en pied de page. (de quoi s’amuser en se culturant).
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Bref, non seulement j’ai été tenue par l’histoire mais je me suis retrouvée à glousser plusieurs fois; car l’humour est présent par petites touches, quelques fois pas très fine (ou très terre à terre, mais ce qui a le don de me faire sourire), mais tellement agréables que je relisais les phrases juste par plaisir.
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Vous allez atterrir dans un Brocéliande comme vous ne l’avez jamais vu. Certes, le petit peuple et autres dames du lac sont présents, les objets abracabrants tels que les Fioles Renversantes, les Hurlantes-de-l’Epouvantes et les Bâtons-de-feu, aussi. Mais ce Brocéliande là, est complètement loufoque ! Vous comprendrez qu’ici, on peut avoir des pincements au nombril, des chats bretons dans la gorge; que les damoiselles peuvent avoir le regard-qui-tue et que Lancelot, franchement… il est vraiment moche !
Le livre est ponctué de plusieurs illustrations… une pour chaque début de chapitre. Le livre n’en comptant pas moins de 16, c’est un vrai bonheur de les zieuter !

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)°º•. Biographie

Christian Esplaf est considéré comme un auteur de littérature de jeunesse. Ancien instituteur, il écrit maintenant pour toutes les tranches d’âge et est aussi réputé pour ses récits historiques (les deux guerres mondiales, le siècles des lumières,le moyen-âge…). Auteur auvergnat, il se décrit comme « explorateur de l’imaginaire » et a remporté le Prix Jeunesse du Salon du Livre d’Histoire de Senlis en 2006 pour La Table de feu. « Le Félin, agent secret médiéval » s’avère être une série de plusieurs livres dont « Le sorcier de Brocéliande » demeure le plus connu.
Le blog de l’auteur.

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)°º•. Extraits

_ Ma parole, s’inquiète l’alchimiste, on les croirait capables de nous attaquer, et commes des harpies, de nous réduire en charpie.
_ Très jolie rime, le félicite le chevalier. Rassurez-vous mon cher ami, j’ai dans mes fontes… ici, assez de Hurlantes-de-l’épouvante, pour les chasser… séance tenante !
_ Hum, pas mal.

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Un petit personnage rondouillard trottine à leur rencontre. Tout essoufflé, il s’incline et se présente:
_ Messires, soyez les bienvenus au manoir du grand Barabas Obscurum ! Je suis Sigu, son humble bras droit qui l’assiste en tout et dont il ne peut se passer, soit dit en passant modestement. Suivez-moi, mes bons seigneurs.
Il exécute une génuflexion grotesque, et le voici qui se remet à trotter, à reculons !
_ On ne tourne jamais… pff, pff… le dos à un visiteur…pff, pff… de grande marque, explique-t-il en soufflant.

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_ Qu’y a-t-il? s’enquiert Yvain.
_ Eh bien… j’ai cru voir…Dites-moi, sire Yvain, cette boisson âcre que nous a servie notre hôte, le chouchou-quelque chose.
_ Le chouchen.
_ Oui, c’est cela.

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Précisément, [le savant] demande au châtelain s’il sait comment entrer en contact avec des druides.
_ Voilà quelques lustres, j’en ai connu un, explique-t-il, aussi sage qu’un chêne centenaire. Malheureusement, depuis je n’en ai plus jamais revu et ce serait un vrai bonheur de pouvoir échanger avec ces esprits éclairés.

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_ Mais bien sûr ! répond le baron. Cela ne pose aucun problème, car ici les druides nous aussi familiers que chez vous les…les…
_ Cochons? suggère l’écuyer du Félin, sans arrière-pensée.
_ Oh ! Gilles, en voilà une comparaison ! le tance Isabeau.
Le pauvre garçon rougit comme une pivoine, mais leur hôte le sauve en éclatant de rire. Puis il annonce:
_ Demain, nous irons voir rien moins que le druide Suprême, Gwineventer Le Gouëzec !
_ A vos souhaits, marmonne Gilles, facétieux.
Cette fois, c’est son chevalier qui lui fait les gros yeux.

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Défi blog-o-trésors (2009)

24/06/2009 2 commentaires

Et voilà, je participe « encore » à un défi littéraire.
Oui, mais…

Celui de blog-o-trésors m’a séduite il y a déjà fort fort longtemps. La raison principale est de découvrir des livres vers lesquels je ne serai jamais allée. Pour moi, pas de pression, pas de lecture imposée: si je ne le suis pas, ce n’est pas grave.

La vérité, est que j’avais soigneusement lu les 4e de couverture de tous ces livres inconnus d’une super méga-liste, il faut le rappeler. J’avais déjà passé des heures pour en arriver à la lettre « K » et classer les bouquins. Car je souhaitais aller plus loin que la simple lecture de 4 livres, mais m’offrir une liste potentielle de « pas-de-fantasy » livres.

Malheureusement, mon sinistre est passé par là et tout mon travail parti en fumée.
J’avais cependant déjà choisi quatre livres, et j’avais commencé mon défi blog-o-trésors…

Ma liste:
¤ Adams Douglas : Le Guide du Voyageur Galactique lu en mars
¤ Assouline Pierre : La cliente lu en octobre
¤ Damasio Alain : La Horde du contrevent lu en octobre
¤ Malzieu Mathias : La Mécanique du cœur lu en juin

Pour tout connaitre du défi de lecture Blog-o-trésors, rendez-vous chez Grominou.

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PATURAUD Laurent et MOSDI Thomas – Succubes ~ Camilla, tome 1

23/06/2009 4 commentaires

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Titre : Camilla (Succubes, tome 1)
Auteurs : Thomas Mosdi et Laurent Paturaud
Plaisir de lecture :  Livre à regrets
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Moi je dis,  » tout condamné à mort aura la tête tranchée « .*

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Depuis tout temps, les femmes étaient aussi aux pouvoirs, mais en tant qu’assistances et relayeuses de l’ombre. Elles ont eu néanmoins un role important dans l’Histoire. C’est donc pour illustrer et parler de ces femmes certes mystérieuses mais avec des couilles au corps, que Paturaud et Mosdi se sont lancés dans l’aventure.

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)°º•. 1794, à Paris. Maximilien de Robespierre.
La trame est donnée : Sur la scène, se joue une importante tragédie française. Sous l’euphémisme de la guillotine, la terreur bat son plein et les pavés de la Capitale sous le joug de Robespierre. Caché par le velours du rideau, un Ordre puissant répondant au nom de « Filles de Lilith » place ses pions sur l’échiquier politique.
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C’est alors que ces premiers jours de l’an 1794, voient des alliances changeantes et naissent dans un quotidien sans dessus-dessous. Les déroutes sont très nombreuses. Voilà un premier tome qui ne se suffit pas à lui-même: on reste sur sa faim ; on entrevoit seulement un capharnaüm sans nom. Il ne laisse pas une sensation d’inoubliable.

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)°º•. Nous sommes dans une période où la déferlante « secrets des soubassements du Vatican » est à la mode. Le mystico-religieux plait et fait vendre. Avec « Succubes » on se retrouve encore avec une BD ésotérique de plus sur au rayon.
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Mais tout va bien, nous avons du sexe dès la 10e planche. C’est comme le sexe au bout de 10 minutes dans un film: il assoie son côté ahmaiscestsympaça et ça fait vendre. Alors même si on y découvre un mamelon tendu et un ventre plat: il n’y a pas forcément du sexe à tous les étages. Quoique… nous comptons pas moins de 8 planches avec nudité. La plastique de Camilla, largement étalé en couverture vous sera révélée au fil des pages, rassurez-vous ! On passera bien évidemment sur la réalité d’une telle morphologie et du maintien d’une poitrine aussi généreuse. Mais il parait qu’en dessin, c’est quand même plus aisé de dessiner de gros seins que de donner vie au volume et à la rondeur d’une petite poitrine. Mais ça, c’est sans compter l’aspect érotico-marketing de l’affaire.
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J’avoue sans détour que le trait me plait. Non, pire, j’adore ! Même si quelques proportions bizarroïdes (des têtes notamment) sont visibles, on en reste pas moins assis sur son illustre popotin de par les couleurs magnifiques pour illustrer ces ambiances sombres. Cependant, on note du « tout au tout »: soit les personnages sont magnifiques, dignes de statues grecques, soit à l’inverse, ils se révèlent réellement moches. Question de choix…
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Quand bien même la thématique de la cabale se révèle très fort, le fait de prendre en compte le lecteur ne m’a pas intéressé : le récit pseudo-historique ne m’a jamais fait b*nder, les filles à gros seins, non plus.
Je ne vous révèlerai pas s’il s’agit du mythe de la véritable succube ou s’il s’agit d’un autre trésor caché. Mais ces femmes, les amants de Lilithe s’évertuent dans un complot qu’elles tiennent entre leurs poings. On ne loupera pas la très légère référence à la féminité avec les gros seins à tout va. Mais rassurons-nous ce sont des filles de « Soleil ». Et ça, on ne peut pas aller à leur encontre: c’est comme une marque de fabrique.

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Bilan:
Ah les filles au pouvoir c’est cool. Vas-y on en met.
Ah la conspiration c’est cool. Vas-y on en met.
Ah la mythologie égyptienne, c’est cool. Vas-y on en met.
Et maintenant… on shake.

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Bon, un dinosaure, cela aurait été cool aussi, mais ils se sont peut-être dit que pour ce tome-ci, cela ferait trop.

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)°º•. Les auteurs

Avec « Succubes », nous découvrons la deuxième collaboration des auteurs; des illustrations dignes de « Soleil », comme d’habitude. Blog de la série.
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Biographies issues du site de SoleilProd :

¤ Thomas Mosdi est né à Lille. Musicien, créateur de jeux de rôles, il se lance ensuite dans la bande dessinée. En 1991, il commence L’île des morts, avec Guillaume Sorel.
S’ensuit Xoco, avec Olivier Ledroit. S’il ne renie pas une attirance marquée pour les histoires fantastiques, Mosdi déclare alors que « tout l’intéresse ». D’ailleurs, un peu plus tard, il reprend la série Les héritiers du soleil, sous la houlette de Didier Convard, qui l’a aidé à faire « ses premiers pas dans le monde de la BD ». Depuis, abordant tous les styles de récit, Thomas Mosdi apparaît comme un auteur prolifique, éclectique et inspiré.
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¤ Laurent Paturaud est né en 1969 à Chartres en Eure et Loir.
Passionné par le dessin depuis son plus jeune âge, il découvre la bande dessinée à l’adolescence au travers de séries qui ont marqué plusieurs générations (Thorgal, la quête de l’oiseau du temps, les passagers du vent, etc.). Mais ce n’est qu’après une formation de graphiste publicitaire qu’il décide de vivre de sa passion pour le 9 ème art ! Il réalise alors de nombreuses illustrations pour le compte d’associations locales et de magazines, puis anime des ateliers BD. En 2000, ses travaux en couleurs directes sont repérés lors du concours BDécouvertes organisé par les Éditions Glénat.
En 2001, sa rencontre avec Thomas Mosdi est décisive puisque qu’il réalise sa première série : Les passants du Clair de lune.

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* expression célèbre du Code pénal de 1791
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Votre pire cauchemar m'est arrivé.

11/06/2009 33 commentaires

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Pourquoi en ce moment, j’écris moins de critiques?
Pourquoi je ne partage pas tous vos débats et discussions passionnantes sur les livres?
Pourquoi je gazouille moins sur la fantasy via Twitter?

Parce que j’ai eu un rapport coriace à rédiger,
Parce que j’ai cru que j’allais mourir à cause d’une angine bactérienne,
Parce que j’ai vécu votre pire cauchemar.

C’est arrivé le jeudi matin 23 avril 2009. Un incendie s’est déclaré dans mon appartement alors que j’étais absente. Alors, certes, je ne suis pas morte et mon appartement n’est pas tout brûlé. Et finalement, et encore heureux, je n’avais pas TOUS mes livres avec moi (dû à un déménagement récent)

Mais cela a nécessité l’intervention des pompiers, la fermeture des ressources gaz et électricité et bien sûr la visite des experts.
Le feu déclaré a libéré des échappées de suie. Ces dernières remplies de charbon se révèlent toxiques. Bien sûr, elles se sont déposées partout, ce qui a conduit à un état d’insalubrité totale du logement.

Ce n’est pas facile de voir ses livres – dont on prend grand soin – recouverts de suie et qui réellement puent ! Adieu senteur du papier, adieu sensation d’un livre feuilleté avec envie, adieu livres-neufs-pas-encore-lus. D’ailleurs, ils ont été les premiers à figurer sur mon devis de perte des biens personnels.

Ca, c’était le 23 avril dernier, depuis il y a eu la décontamination. Alors, oui, les livres ne sentent plus la suie, mais ils restent noirs. Et malheureusement, la société a mal manipulés les livres en les rangeant dans des cartons: (découverte le 6 juin) bilan, non seulement j’ai des livres « sales » d’apparence, mais en plus froissés, abîmés, cornés et déchirés. Je suis rentrée dans une colère noire

Aussi furibonde que je sois, les démarches administratives n’avancent pas. Je rédige les réclamations comme un automate et est en permanence sur cette triste histoire. En attendant, je sature.

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Alors oui, bien sûr que cela aurait pu être plus grave. Évidemment qu’il y a pire que moi dans le monde, mais là, j’avais envie de me plaindre. Car les livres, c’est sacré. Non?

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