Cyrielle & Thierry Gloris – Tokyo Home

19/06/2010 Aucun commentaire

Titre : Tokyo Home
Auteurs : Cyrielle et Thierry Gloris
Plaisir de lecture : etoile 5 Livre fantas… tique


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Julie Wallon, du haut de ses 17 ans, part rejoindre son père au Japon, à la suite d’une violente dispute avec sa mère, en France. Elle va découvrir un pays dont les mœurs lui sont totalement inconnues, nouer des liens avec un père qui lui est étranger et faire face à ses angoisses personnelles. Elle va se rendre compte des différences culturelles mais aussi voir que des valeurs sont universellement partagées.
Débarquée fraîchement à Tokyo, ses ennuis commencent à l’aéroport : son père Jean-Raymond Wallon dit Dji-Ray se fait désirer. Plus tard, il acceptera son envie de rester à la condition de passer son premier degré de compréhension en langue japonaise. Pas évident quand on sait que Julie Wallon ne connaît le Japon qu’à travers la télévision et quelques articles papier. Pour elle, les kanji sont… du chinois. Pas glop comme départ dans une nouvelle vi(lle). Dans le métro, elle rencontrera la terrible Kyo la Muerte ; Au lycée, elle devra faire face à trois pestes mais heureusement que Sato est là pour lui remonter le moral.

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)°º•. Bien que je ne publie ma chronique que maintenant, il va sans dire que le 4 juin 2010, jour de la sortie de « Tokyo Home », j’étais parmi les premiers à l’avoir en main ! A 9h46, qu’on se le dise !
Cyrielle est une jeune illustratrice dont je suis le blog depuis quasiment ses débuts. Et il faut bien l’avouer, c’est l’un des premiers blogs que je suis régulièrement. Et que sans agrégateur de flux RSS, je passais – presque – quotidiennement pour voir ses nouveaux billets (mais ceci est une autre histoire). A l’annonce de la sortie de son big projet, il fallait que je sois dans les premières. Question de survie. Ou de fanatisme. Au choix.

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Cette ‘ BD ’ – car si j’ose dire que c’est un manga français, certains lecteurs font faire « beuuurk » – est plutôt à classer parmi les Shōjo (manga dont la cible éditoriale est constituée de petites filles et d’adolescentes). Bien évidemment, elle ne copie absolument pas le style « manga », et c’est en soi, un très grand atout de ce livre.
Les dessins sont à croquer, le découpage dynamique permet une lecture relativement fluide. Le scenario tient la route, même si quelques faits sont prévisibles. Cependant, l’humour n’est pas en reste et les « petits plus » non plus ! A chaque fin de chapitres, nous avons de petites pages sympathiques du genre : j’vais t’culturer un peu mais qu’tu vas rien y voir ! En quelques mots et dessins, nous apprenons plus sur les mœurs japonaises, et c’est un délice.
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Les personnages sont plutôt hauts en couleurs et se prêtent bien à l’histoire, à ses intrigues. La présence de kanji en début de bouquin est un peu surprenante : mais qu’est-ce qu’il dit ?!… on tient notre livre avec une envie irrépressible de comprendre absolument alors que la compréhension globale s’en passe très bien. Très rapidement, on ne croise plus que des bulles remplies d’alphabet occidental : c’est sûr, notre Julie devient bilingue !
Mes moments préférés, sans aucun doute tournent autour de la rencontre avec Kyo la muerte, la découverte des cookies par Seishiro Ryourinin et l’arrivée de … Scribouillard ! Et je meurs d’envie de vous partager une phrase que j’aime beaucoup, signe révélateur d’une présence humoristique : « au kilo d’émotion déversé à la seconde, [le papa de Julie] mettrait un bisounours au tapis !… ». Expressive, non ?

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)°º•. Avec Tokyo Home dans les mains, nous avons de la fraicheur, de la candeur et de la légèreté. Place aux dessins « trop cuuuuute » et à notre chère française Julie Wallon qui n’est pas au bout de ses surprises.
Cette BD est principalement destinée à la jeunesse, à partir de 14 ans.

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Dernier petit point à relever, c’est le produit en lui-même.
La couverture cartonnée est jaune (déjà en librairie, tu ne peux pas la louper), avec de minuscules points en vernis sélectif : du coup, l’aquarelle et le titre se découpent bien et elle donne une chouette sensation sous nos petits doigts. L’intérieur du livre est en noir et blanc avec un papier d’un grain appréciable.

)°º•.Nos auteurs…
Thierry Gloris est né en 1974, a été enseveli sous les BD d’Astérix et Gaston Lagaffe entre autres. Ce jeune scénariste est connu (sauf par moi) surtout grâce au Codex Angélique développé avec Mickaël Bourgouin aux éditions Delcourt.

Cyrielle
Notre jeune illustratrice travaille majoritairement dans le dessin jeunesse.
Je suppose que certains dessins de Tokyo Home ont inspirés par son voyage au Japon (du 7 mai au 2 juin 2008, si je ne me trompe pas).
Sont à découvrir : son Book, son Blog.

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Souvenir lié à ma lecture : Une seule envie ‘ vite, vite, vite ! ’

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Pics : Toutes les illustrations appartiennent à Cyrielle©

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Rencontre de bloggeuses

15/06/2010 2 commentaires

Bien que mal-aimée car peu de bloggeurs littéraires viennent me rendre visite, il m’arrive quelques fois de pouvoir en rencontrer quelques unes et c’est vraiment du bonheur 🙂
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Le 3 mars 2009, j’avais rencontré officiellement Thracinée pour une opération délicate d’un lâché de livre. Tout cela s’est passé en douceur, autour de thés & pâtisseries.

En réalité Thracinée est une très bonne amie, je la vois donc… tout le temps 🙂

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Le 1er mars 2010, j’avais la chance de rencontrer Kesalul, une des fondatrices de Blog-O-Book.
Nous avons mangé dans un restaurant à découvrir « de la cave au grenier ». Par chance, nous avons été placées ‘dans’ la bibliothèque !

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Ce dimanche, 13 juin 2010, j’ai pu faire la connaissance de Tigger Lilly en compagnie de sa copine Marion et de Monsieur Acr0. Le temps a été suffisamment favorable pour passer une partie de l’après-midi en terrasse avec pâtisseries & thés pour ensuite déguster un chocolat Margotte au chaud !

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Doux petit plaisir, merci à vous ! ღ

Categories: Vie de lectrice Tags:

FUNKE Cornelia – Cœur d’encre ~ Sang d’encre, tome 2

12/06/2010 14 commentaires

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Sang d encre FunkeTitre : Sang d’Encre (Cœur d’Encre, tome 2)
Auteur : Cornelia Funke
Plaisir de lecture : etoile 5  Livre fantas…tique
Tome 1, tome 3

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Doigt-de-Poussière vit dans notre monde depuis dix ans… dix ans qu’il se languit de son univers, dix ans qu’il se languit de ses compagnons, dix ans qu’il désire tant retourner chez lui ! Grâce à l’aide d’Orphée, le voilà de nouveau chez lui, dans le Monde d’Encre.
Farid, son jeune compagnon apprend qu’une grande menace va anéantir la vie du Cracheur de feu. Il part à la recherche de Meggie et Mo qui habitent chez Elinor, la tante folle de livres. Malgré l’interdiction formelle de parler et de rêver du Monde d’Encre, Meggie n’a que ce royaume en tête. L’avertissement que Farid souhaite transmettre à Doigt-de-Poussière est l’occasion rêvée pour Meggie de rejoindre ce pays.
Après avoir créé et écouté une douce chanson de mots charmants, Farid & Meggie sont propulsés dans le Monde d’Encre à la recherche de Doigt-de-Poussière. Ils vont rencontrer tous les personnages que Resa a contés, connaître la géographie et les lieux enchanteurs du royaume. Mais dans cet univers, les personnes nourries de mauvaises intentions y sont nombreuses et tout ne se passe pas vraiment vraiment comme prévu. De fil en aiguille, Meggie, entourée de ses proches et amis, va devoir aider les habitants, participer à différentes aventures et faire sauter quelques obstacles. Les langues magiques ne sont point reines dans le Monde d’Encre.

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Sang d encre 02)°º•. Dans Cœur d’encre, nous avons fait la connaissance d’une pléiade de personnages avec notamment Meggie, Mo, Elinor, Doigt-de-Poussière, Fenoglio, Resa, Mortola, Basta, Farid & Gwin.  Après quelques aventures quelque peu périlleuses et même hautement dangereuses, notre beau monde a dû lutter contre Capricorne, une saleté finie et son Ombre, un méchant super méchant.

Entourés de l’amour des livres, avec un papa relieur, une tante collectionneuse et Meggie , une grande amoureuse des histoires ; nous avons pu toucher du doigt le Monde d’Encre. Dans ce nouvel épisode, nous allons tâter du terrain : poser pied & bagages dans ce royaume… et nous embarquons pour de pas peu tristes affaires, attention !
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Cornelia Funke nous présentait Cœur d’Encre, un one-shot qui pouvait se lire seul, avec une belle fin complète. Les tomes deux (Sang d’Encre) et trois (Mort d’Encre) reprennent les personnages évoqués dans ce premier tome et surtout l’univers magique. Par contre, ils demeurent inséparables : une fois le tome deux entamé, sachez que sa « fin » vous attendra dans le tome trois.

En attendant, bien que nous puissions considérer Sang d’Encre comme une suite facultative, j’y ai trouvé une intrigue bien plus complexe, une histoire rondement menée et sans aucun doute, un scenario bien plus mature.

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Sang d encre 03)°º•. Dans ce deuxième volet, nos personnages prennent de la profondeur, on s’y attache bien plus facilement. Indubitablement, nos sentiments envers eux, évoluent. Nos préférences se renforcent, et mon affection est d’autant plus importante pour Doigt-de-Poussière. Mais parallèlement, on se surprend à moins apprécier l’un ou l’autre au vu de leur comportement exaspérant et désastreux. Notons tout de même que les personnages qui deviennent secondaires dans Sang d’Encre ne sont pas en reste… et l’auteur nous permet de prendre régulièrement de leurs nouvelles.
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Assurément, le Monde d’Encre est bien plus qu’un coin de papier et d’encre : nous entrons littéralement dans un univers très moyenâgeux mais non moins super féerique. Les émotions des personnages jouent un rôle primordial pour l’histoire et leur réalisme plus que convaincant est un des grands atouts de la plume de Cornelia Funke. Elle les développe à l’exquis : aimer, détester, haïr, être triste, avoir du ressentiment. Les thèmes y sont étroitement liés avec l’amour, l’amitié et bien sûr, la magie présente de tous les côtés.

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Sang d encre 01)°º•. Tout comme dans Cœur d’encre, Cornelia Funke nous fait voyager dès les premiers mots : ils étaient charmants au premier tome, ils deviennent ici envoûtants ! Cela se ressent sur l’ensemble du livre, il semble mieux réussi. Sa plume est excellente et pas trop enfantine, ce qui permet de surcroît de renforcer notre curiosité. On a tellement envie d’entrer dans ce Monde d’Encre ! Quelques faiblesses sont à noter au sujet de l’intelligence et du comportement des personnages, des faits quelque peu prévisibles, et d’une visite trop express des lieux et paysages alors que nous aimerions tant en apprendre davantage. Petite note quant aux titres des chapitres un peu trop révélateurs, qui m’ont cassé quelque fois l’effet de surprise. Au fil des pages, ils s’améliorent de deviennent énigmatiques. Mais ils demeurent un piège vite agaçant.

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Les petits plus du livre :
– En fin de livre, nous découvrons un bref résumé de chaque personnage, sans spoil (histoire de se remettre dans le bain après la lecture du premier tome),
– La couverture est vraiment magnifique, elle donne une impression de tenir un vieux livre en cuir, avec ornements et enluminures,
– Chaque début de chapitre possède une citation d’un autre livre, et toutes sont répertoriées en « référence » en  fin de livre, et c’est une vraie mine pour découvrir des histoires inconnues jusqu’à lors,
– En fin de chapitre, Cornelia Funke nous propose ses petites illustrations qui ne payent pas de mine.

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Cornelia Funke)°º•. Biographie
Cornelia Funke est connue en tant qu’écrivain et illustratrice de livres enfants et jeunesse. Allemande de nationalité et éducatrice pour enfants de métier, Cornelia Funke s’est essayée à son premier roman en 1988 et travaille maintenant de manière indépendante. Elle a reçu le Book Sense Award de l’année, le Mildred L. Bachelder Award, le Prix Suisse de la littérature jeunesse, le Prix du Livre pour enfants de Zurich ainsi que le Torchlight Children’s Book Award anglais. En 2008, elle reçoit également la plus haute distinction allemande, l’Ordre du Mérite.
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La trilogie « Cœur d’Encre »
est un best-seller, traduit en 19 langues et vendu à plus de 4 millions d’exemplaires. En 2006, elle reçoit pour ce roman le Grand Prix de L’imaginaire.

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)°º•. Extraits

Meggie regarda les lettres, les belles lettres noires. Elle chercha le goût des premières syllabes sur sa langue, essaya de se représenter l’univers dont les mots parlaient à mi-voix, les arbres, les oiseaux, le ciel inconnu… Alors, le cœur battant, elle se mit à lire. Son cœur battait presque aussi fort que la fameuse nuit où, avec sa voix, elle avait dû donner la mort. Et pourtant, ce qu’elle devait faire cette fois-ci n’était rien en comparaison. Simplement pousser une porte, une petite porte entre les lettres.

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Sang d encre 04 Sang d encre 05

Sang d encre 06 Sang d encre 07

Sang d encre 08 Sang d encre 09

Sang d encre 10 Sang d encre 11

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Souvenir de lecture : Me demander dans quel monde de papier j’aimerai rentrer… Indubitablement, dans « la tapisserie de Fionavar » de Guy Gavriel Kay, mon premier amour littéraire.

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Ce livre a été apprécié en lecture commune avec Laure.
Littérature passion (Clochette) et Raison et sentiments (Matilda) sont aussi entrées dans les pages de papier.

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Pics : #1 Tintenblut par Lenas-Darkroom, #2 Staubfinger par Gold-Seven, #3 Meggie par Kiko

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(Re) Reading Harry Potter

08/06/2010 2 commentaires

Et voilà le petit dernier dont je n’arrête pas de parler.
Le challenge du (Re) Reading Harry Potter a été créé en octobre 2009 par The Bursar & Cachou.

Le but est de se replonger dans l’univers d’Harry Potter avec la (re)lecture des sept tomes, le visionnage des films et la lecture – pourquoi pas – des livres traitant l’univers d’Harry Potter.

Initiallement, le challenge devait se clôturer en décembre 2010, mais sous la pression de nouvelles recrues, le challenge se clôturera le 31 juillet 2011, date d’anniversaire d’Harry Potter.

A été publié un nouveau planning de lecture, facultatif :
– 15 septembre : Harry Potter à l’école des sorciers
– 15 octobre : Harry Potter et la chambre des secrets
– 15 novembre : Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban
– 15 décembre : Harry Potter et la coupe de Feu
– 10 février : Harry Potter et l’ordre du Phénix
– 20 mars : Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé
– 10 mai: Harry Potter et les Reliques de la Mort
Les Contes de Beedle le Barde lu en mai 2009

S’il vous tente, n’hésitez pas à vous inscrire chez The Bursar.
Découvrez également tous les articles publiés de The J.K. Rowling Book Club chez Cachou.


Et n’oubliez pas de vous inscrire dans une team.
Entre vous et moi… la team Sirius est en tête (ouaiiiiiiis)

Et attention, grand événement pour moi… je vais lire mes premiers livres en anglais !

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Ah, et euh. Promis, cette fois, j’arrête de m’inscrire à des challenges.
Du moins, jusqu’au prochain.

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The Middle-Earth Challenge

01/06/2010 2 commentaires

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Oh, bah, tiens. Cela faisait longtemps.
Ce n’est pourtant pas noël, ni la Saint Sylvestre où en cette période d’année, les inscriptions aux challenges se réalisent à tout va. Mais.
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Car, il y a un Mais. Sophie The Bursar est une ville tentatrice, elle lance « the Middle-Earth Challenge : One Challenge to Rule Them All« . Grâce auquel, nous pouvons (re)découvrir Tolkien. Dans mon cas, cela sera la Découverte. Oui, car j’ai beau aimé la fantasy, Tolkien me reste totalement inconnu. Et je ne m’en portais pas plus mal, hein.
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Il existe trois niveaux de difficultés, Hobbit, de l’Anneau et Elfique. Évidemment, c’est à ce dernier que je me suis inscrite, le Big. Le big, de chez Big avec pas moins de lectures que… « Silmarillion, des Contes et légendes inachevés, de Bilbo le hobbit et du Seigneur des Anneaux, et d’un ouvrage sur Tolkien ou son œuvre, ou inspiré de celui-ci comme les parodies ou les adaptations en bande-dessinées. »
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Ce challenge se clôture en décembre 2012  Pour tout savoir, rendez-vous chez Sophie The Bursar.

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Et je vous livre les encouragements de mon chéri  » Han, ma pauvre chérie, tu vas te faire chier. Le Silmarillion c’est ennuyant à mourir et les contes et légendes inachevés c’est à gerber. »

¤ Bilbo le Hobbit
¤ La communauté de l’Anneau
¤ Les deux Tours
¤ Le retour du roi
¤ Le Silmarillion
¤ Faërie et autres textes
¤ Cahier de croquis du seigneur des anneaux d’Alan Lee

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FAZI Mélanie – Serpentine

31/05/2010 10 commentaires

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Titre : Serpentine
Auteur : Mélanie Fazi
Plaisir de lecture :  Livre à découvrir

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Mélanie Fazi nous invite à plonger dans « Serpentine », un recueil composé de dix nouvelles.
Les textes sont relativement courts et le fantastique est présent à petites doses. Le format particulier qu’est la nouvelle permet ici, de capturer des instantanés de vie : nous n’y trouvons aucune aventure grandiloquente, mais de petits « arrêts sur image » où est photographié le surnaturel dans notre « quotidien ».
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L’auteur nous accompagne à pousser une porte d’un salon de tatouage, à poursuivre des bêtises de deux cousins en vacances en Italie, à crier avec les fans pour la chanteuse Matilda, à lire sur tous les ponts le prénom Rebecca, à goûter des spécialités grecques… et bien plus encore.

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)°º•. Bien souvent le ou les narrateur(s) des histoires se révèlent être les personnages eux-mêmes.
Sans aucun doute, la part belle est pour la grande faucheuse… Mélanie Fazi nous présente cet étrange personnage sous toutes les coutures, selon différents angles de vue, passant quelques fois, même pour curieusement sympathique.
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A la lecture, nous attendons que surgisse l’étrange de cette histoire, la surprise qui nous aura à tout moment. Pour moi, manifestement c’est une sensation glauque que je ressentirai tout à long de ma lecture. La mort à tout niveau, la noirceur et l’impression d’être sous tension n’y seront pas étrangers.

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)°º•. Notons que la préface de Michel Pagel est un délice et une très bonne ouverture quant à cet ouvrage. La manière de se dépêtrer d’une rencontre avec un lecteur-écrivain est tout à fait charmante à découvrir.

Certaines nouvelles ont toute ma sympathie, comme ‘ Mémoire des herbes aromatiques ’ qui demeure ma préférée pour ce petit aperçu sur le restaurant grec tenu par Circé où Ulysse vient se restaurer et où il est servi par Médée. L’histoire a un côté léger, un peu décalé qui m’a beaucoup séduite. Le ‘ Petit théâtre de rame ’ a également réussi à me faire voyager, par le simple fait que j’aime également beaucoup les ambiances de métro et tout ce que nous pouvons « voler » aux gens rien qu’en les observant, un ou des lieux portant exquisément le nom de « théâtre ». ‘ Le faiseur de pluie ’ aura captivé mon côté enfant avec la remémoration et l’appel à mes propres souvenirs. Assurément, la manifestation de cet esprit de maison était l’élément « magique » qu’il me fallait. Enfin et non des moindres puisqu’elle m’aura presque tiré une larme, « Elégie » du le simple fait que j’aimerai tant que ce type d’aire d’autoroute existe vraiment…
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A l’inverse, certaines nouvelles m’ont déplues, notamment ‘ Matilda ’ avec l’action collective qui, à mon avis, ne demeure un peu bancale, malgré une très bonne description des ambiances de concert ; et ‘ le passeur ’ qui m’aura passablement ennuyée, peut-être du fait que j’ai eu une impression de « déjà vu » quant au concept développé.

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Les dix nouvelles présentes dans le recueil :
Serpentine
Elégie
Nous reprendre à la route
Rêves de cendres
Matilda
Mémoire des herbes aromatiques
Petit théâtre de rame
Le faiseur de pluie
Le passeur
Ghost Town Blues

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)°º•. Une lecture commune mensuelle sur ce livre lui a été bénéfique : je n’avais pas envie de me plonger dans la noirceur de « Serpentine » à tout bout de champ et ai apprécié de l’avoir sous le coude comme une lecture annexe. Je pense qu’il aurait également fallu que je picore les nouvelles comme je le souhaitais et pas forcément dans l’ordre des pages.
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Il n’en demeure pas moins que la majorité des nouvelles m’a plue, a su m’emporter dans un autre univers mais pas littéralement me transporter. Et pourtant, j’ai beaucoup apprécié la fluidité de sa plume, les univers présentés. Il ne me reste donc à découvrir Mélanie Fazi avec l’un de ses romans !

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)°º•. Biographie
Mélanie Fazi, bien que connue dans un premier temps en tant que traductrice l’est aussi en tant qu’écrivain français (née en 1976). Elle voue ses premières amours à la nouvelle pour ensuite proposer à ses lecteurs, des romans.
Serpentine est son premier recueil de nouvelles, il a gagné le grand prix de l’imaginaire en 2005 et la nouvelle ‘ Matilda ’ a reçu le prix Merlin catégorie « Nouvelles » en 2002.

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)°º•. Extrait

_ C’est Jonas qui m’envoie.
Et son regard incandescent, comme sous l’effet d’une flamme en lui rarement éteinte, s’est illuminé d’un degré supplémentaire. Le sourire du lutin s’est fait gourmand.
_ Tu viens pour la spéciale, c’est ça ? Jonas a dû t’expliquer qu’elle n’est pas à la portée du premier venu.
Oui, Jonas m’a parlé de ces encres qu’ils sont cinq à se partager. Chacun son art, sa façon de procéder, et un but commun pour les cinq. Il m’a tracé les grandes lignes du récit qu’allait ensuite me détailler Nikolai, ce premier soir dans sa boutique.
Et dans ce regard, comme plus tôt dans celui de Jonas, une lueur de défi à mon intention : maintenant, Joseph, essaie de me surprendre. Raconte-moi ton histoire.

Au moins affiche-t-il clairement son goût de l’artifice : l’épaule que dévoile son débardeur arbore deux masques de théâtre tatoués, l’un souriant, l’autre pleurant. Il ressemble à ces ados malingres au goût prononcé pour le mysticisme à deux balles. J’en ai connu beaucoup. Il partage avec eux une façon de s’affirmer contre le monde, jusque dans ses moindres gestes, à la différence près que lui semble conscient de la farce.
_ Installe-toi ici, dit-il en désignant un siège. Je vais chercher le matériel. Sa voix garde une trace d’accent assez prononcé pour être repérable. Il rebondit à la surface des mots dont il peine à épouser le contour exact. J’imagine qu’il n’a jamais cherché à se corriger. Tout en lui est affirmation, jusqu’à ce prénom qui claque comme un coup de fouet et s’achève sur une envolée, rappelant qu’il vient d’ailleurs.
Je le regarde s’affairer avec une souplesse et une précision qui ne s’acquièrent qu’à force d’exercice. Il a le goût du geste parfait, jusque dans la façon dont ses longs cheveux blonds, des cheveux de jeune fille, accompagnent ses mouvement tel un voile.
_ Attends de voir le motif : je suis sûre que tu vas adorer, me promet-il.
Puis il me tend le croquis réalisé d’après ses esquisses de l’autre jour. Il avait écouté patiemment mon récit, sans sourciller, sans faire mine de s’offusquer comme je l’avais craint tout d’abord. Imène avait raison : ces cinq-là sont prêts à tout accepter, pour la seule beauté du geste. Ils se plient aux demandes les plus invraisemblables. J’ai su alors que j’avais trouvé mon homme. Celui devant lequel je pourrais mettre ma conscience à nue sans crainte de jugement moral. Parce que sa tâche est au-delà, et que seul importait le défi. Et la pièce de choix que j’apporterais à sa collection.

S’il te plaît, dessine-moi une pulsion.

C’est lui qui m’a aidé à préciser ma demande. Il n’a pas dû y en avoir beaucoup, comme moi, pour lui offrir de travailler dans l’abstrait. A force de patience et de questions, il m’a soutiré l’essentiel, et au fil de mes descriptions instables et maladroites, lui traçait sur le papier de grandes lignes crayonnées, affinées peu à peu.

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La lecture de ce livre a été réalisée dans le cadre d’une lecture commune
avec le Cercle d’Atuan : , El Jc, Lelf, Olya et Vert.

Au bout de la corde (le pendu), Chez Neph, Mon coin lecture (Karine), The world of Dunky, Welcome to Nebalia (Nebal) l’ont également lu.

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MARSHALL SMITH Michael – Les Domestiques

19/05/2010 6 commentaires

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Les domestiques Marshall SmithTitre : Les Domestiques
Auteur : Michael Marshall Smith
Plaisir de lecture : etoile 5  Livre fantas… tique

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Mark est un jeune adolescent de onze ans qui vient d’être déraciné de chez lui.
Après le remariage de sa mère avec David, il est contraint de quitter Londres pour s’installer avec eux à Brighton. Brighton, il connaît : il y allait durant ses vacances, avec sa mère et SON vrai père ; ils flirtaient avec les vagues et faisaient les petites boutiques de la rue passante. Le soir, ils commandaient souvent de la nourriture asiatique livrée.
Mais là, c’est genre, pour toujours. Il n’a encore pas recommencé l’école et va devoir faire face à son beau-père qui fait tout pour lui mener la vie dure. Brighton est une station balnéaire qui a été très cotée par les bourgeois londoniens il y a plusieurs décennies ; maintenant, c’est « plutôt mort ». Surtout qu’il n’a pas le droit de franchir le lotissement et son seul loisir est le skateboard : il tente tant bien que mal de le maitriser… mais finit bien souvent la tronche contre le bitume.
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C’est après une énième journée à se morfondre que Mark découvre que l’appartement du sous-sol semble habité, la porte est ouverte. La vieille dame l’ouvre en grand et lui demande de lui changer son ampoule. De fil en aiguille, il est invité à venir boire le thé et à manger un demi-biscuit infect. Pour contrebalancer la prise de bec entre Mark et David, la vieille dame souhaite lui donner du réconfort en lui livrant un secret. Elle lui fait visiter des quartiers inconnus : la demeure des domestiques. Et oui, cette vieille maison ne renferme un appartement au sous-sol que depuis quelques années seulement, avant il s’agissait de l’endroit où « vivait » le personnel.
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De retour chez lui pour y passer la nuit, Mark surprend des murmures, de minuscules bruits qui proviennent de la cloison de l’ancien escalier des domestiques. Sont-ce des fantômes, son imagination débordante ou son rêve si réaliste ?

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)°º•. Nous voilà entrés de plain pied dans l’univers écroulé d’un adolescent qui n’a rien demandé. Mark, avec un moral au fond des chaussettes, erre sur la plage (seulement celle devant le lotissement) en maudissant son skateboard. On va découvrir avec cette histoire, l’apprentissage de la vie… et ses perceptions !
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Ce livre est un instant de vie très bien capturé. On aimerait réellement rentrer davantage dans le côté « fantastique », mais ce n’est pas le but du roman. Pour ceux qui veulent de la magie dans tous les sens, il vaut mieux passer son chemin… tout comme les chercheurs de fantômes en puissance. Il est davantage question de ce petit bonhomme et de sa maturité.

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L’histoire est poignante, les ambiances sont superbes. Le pilier central du roman repose sur la grande place faite aux émotions et on se projette facilement aux côté de Mark, dans ces lieux si bien décrits. Le livre ne fait pas office de source à terreur mais d’atmosphères finement créées. Et puis, le suspense est relativement fort… A-t-il rêvé ? Qu’y-a-t-il derrière cette porte des quartiers des domestiques ?
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Le scenario n’est pas vraiment original mais le récit est bien conté et Marshall Smith se montre belle plume. La fin me semble quelque peu précipitée, et comme tout lecteur insatisfait éternel, j’aurai véritablement voulu que le mystère soit plus long et qu’il soit abordé plus en profondeur !

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)°º•. Michael Marshall Smith, né en 1965 en Angleterre vit actuellement aux Etats-Unis. Il s’éclate plutôt en « horreur » mais devient très vite populaire dans le royaume de la SF où il prend un malin plaisir à mélanger les genres et à se jouer des étiquettes, pour le plus grand bonheur de ses fans.

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L’illustration d’Anne-Claire Payet, présentée par Milady est bien « calibrée ». C’est grâce à elle, que ce livre – qui m’était totalement inconnu au bataillon – m’a fait de l’œil. « Les Domestiques » était présenté sur un support spécial par la médiathèque et son petit format – A6 de trois cent pages – avait tout pour me séduire !

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)°º•. Extrait :

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[La vieille dame] déposa une tasse de thé à côté de lui. Elle ne ressemblait à aucune des tasses à thé qu’il avait vues auparavant. Le liquide était d’un brun sombre, presque rouge.
_ Voilà.
_ Est-ce que c’est… un genre de thé spécial ?
_ Non, dit-elle en se laissant doucement retomber dans l’autre siège. C’est seulement fort la plupart des gens font leur thé bien trop léger. Et à quoi est-ce que ça sert ? Si vous voulez du thé, buvez du thé. Voilà ce que j’en dis.

A côté de la tasse, elle déposa une assiette sur laquelle était posé le contenu de son sac en papier brun. Il s’agissait d’un gâteau, mais d’un genre auquel Mark n’était pas habitué. Il pensait pourtant avoir vu des choses comme ça à vendre au Point de Rencontre. Le gâteau avait été soigneusement coupé en deux. Mark prit l’une des parts et y mordit prudemment. Il était dur, il avait un goût de farine et était garni de petits raisins. Ca ne collait pas avec l’idée qu’il se faisait de quelque chose de bon.
_ Très bon, dit-il en le reposant.
_ Continue, rétorqua-t-elle. Tout n’est pas bon à la première bouchée.
Cela ressemblait désagréablement au sermon que David lui avait fait à l’étage, avant qu’il s’enfuie. Et Mark se redressa sur son siège.
_ Oh, trésor, dit la vieille dame, est-ce que j’ai dit quelque chose de mal ?

Ils restèrent ainsi un moment. Mark reprit le gâteau et y mordit encore. Le goût était toujours bizarre, comme venu d’un temps où les gens mangeaient des trucs parce qu’ils étaient obligés de manger, et pas parce qu’ils espéraient en retirer du plaisir. La guerre peut-être, déduisit Mark, lorsque les choses avaient été en général de moins bonne qualité. En revanche, il aimait le thé fort. Et les troisième et quatrième bouchées de gâteau – il avait entre-temps revu son niveau d’exigence à la baisse – n’avaient pas été aussi mauvaises. Les raisins, au moins, étaient bons.

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 Les Tocades d’Eiram, Mes Imaginaires (SBM), Welcome to Nebalia (Nébal) ont aussi passé la porte des quartiers des domestiques.

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