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Posts Tagged ‘petit être’

GAIMAN Neil – Stardust

30 avril 2013 51 commentaires

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Stardust Neil GaimanTitre : Stardust
Auteur : Neil GAIMAN
Plaisir de lectureetoile 3 Livre sympa peu s’en faut

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Il existe un petit muret dans la ville de Wall qui s’ouvre sur une prairie : un pays féérique. Le passage y est interdit sauf une fois tous les neuf ans, sur une foire des plus magiques. Dustan Thorn part y faire un tour et fricotter. Un bébé nait de son union : Tristran. Il grandit à Wall et tout amoureux, il fait une promesse absurde à sa Victoria : récupérer l’étoile qu’ils ont vu tomber. Mais il n’est pas le seul à être attiré par cet astre en perdition.

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)°º•. Si Tristran Thorn se révèle le personnage principal de cette histoire, les personnages dits « secondaires » ont tout aussi d’importance. On y retrouve certaines figures-personnalités assez classiques de la fantasy. Nous croisons bien évidemment le petit peuple : licorne, sorcières, fées, nain, pirates. J’ai particulièrement aimé les sept frères à la conquête du bijou pour régner sur Stormhold. .

Bien qu’ils soient tous aussi sympathiques les uns que les autres, ils n’ont pas tiré la corde de l’empathie chez moi. Il m’est agréable de suivre leurs aventures mais d’un œil lointain et non pas grâce à une proximité ressentie.

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Stardust)°º•. Ce livre est un conte de fée et il commence en bonne et due forme par « il était une fois ». Gaiman prend au pied de la lettre : en fantasy, tout est possible. L’histoire est poétique, remplie de magie. L’auteur suit un fil rouge : la quête de Tristran mais plusieurs bifurcations entrent en jeu. L’univers est campé malgré les divers sentiers empruntés. .

La visualisation est réelle : la lune mère, les arbres qui parlent, les différentes peuplades. La géographie des lieux est également bien réussie ; je pense notamment au nom des monts. Les références sont nombreuses et j’avoue que sans les notes, je n’aurai absolument pas percutées de moi-même car il s’agit avant tout de la culture britannique. La trame de l’histoire est assez originale dans le désir de récupérer une étoile tombée personnifiée. La conclusion s’avère pourtant douce-amère. .

Je ne me suis pas réellement ennuyée, ni même l’ai trouvé inintéressant mais j’ai eu du mal à adhérer au roman. A mes yeux, il manque une deuxième vitesse à ce véhicule, une carence en matière de punch. Ceci dit, ce livre plaira à un public plus jeune (celui qu’il vise) et devrait même s’apprécier en lecture à voix haute. .

De l’adaptation cinématographique de Matthew Vaughn, je n’en avais que des souvenirs diffus – et la mémorable scène avec De Niro – mais de sentiment général assez agréable. Je l’ai donc revisualisée pour en conclure que je l’ai trouvée plus réussie que le livre, mea culpa.  Sans aucun doute car il y a plus d’actions que pour le format papier.

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« Stardust » s’avère un livre jeunesse parfait pour que le jeune public fasse ses premiers pas en fantasy ; l’histoire est bien ficelée et les émerveillera. Bien qu’il séduira aussi le public adulte, on peut se faire piéger par une certaine lenteur et les personnages bien que sympathiques n’arriveront pas à décrocher notre cœur de manière irrémédiable.

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Dans le chaudron :

- Odd et les géants de glace
- CoralineNeverwhere : qui n’est pas un livre jeunesse mais mon coup de cœur Gaiman
Peter pan de J.M. BarrieLe secret du quai 13 d’Eva Ibbotson

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Souvenir de lecture : oui, oui. Dans mon livre, il s’appelle bien Tristran et non Tristan.

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Defi valeriacr0Challenge Jeunesse YACe livre était le choix d’avril pour le Valériacr0. Valériane l’avait choisi car la féérie est sympa quand il fait froid, car il y a des fées dans le dedans et parce qu’elle voulait aussi avoir mon avis sur ce livre qu’elle avait déjà lu. Il figure aussi à ma liste du challenge jeunesse – young adult.

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Book en stock (Dup), Bulle de livre (Snow), Chaplum, Clair obscur (Endea), Le boudoir de Méloë, Les lectures de Cachou, Lilyn Kirjahylly (Miss Spooky Muffin), Lis tes ratures (Lyra Sullyvan), Livr0ns-n0us, Mes lectures de l’imaginaire (Olya), Mon coin lecture (Karine), Parchments of Sha’ (Shaya), Petites madeleines (Faelys), Sous le feuillage (Lael) ont aussi rencontré Yvaine.

CITRIQ

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Pic : Warmp-up par Aerion-the-Faithful. .

COSTE Nadia – Fedeylins, L’ombre des pères

25 janvier 2013 26 commentaires

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L ombre des peres Fedeylins Nadia CosteTitre : L’ombre des pères (Fedeylins, tome 4)
Auteur : Nadia COSTE
Plaisir de lecturecoeur notation Livre avec entrée au Panthéon

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Cahyl doit effectuer sa quête : rejoindre le Rajmalaya et rencontrer le peuple fondateur. C’est le dernier espoir de la survie pour les Fedeylins des Rives du monde. Accompagné de Sperare, son chemin initiatique en plein désert est semé d’embûchse : arrivera-t-il jusqu’au bout… et revenir avec la solution ?

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)°º•. Le goderive Glark est absent de ce tome, haute responsabilités obligent. Cahyl s’en va donc avec son fidèle ami Sperare : avant les premières foulées de la quête, on sent déjà que le chemin sera long et une certaine tension s’installe pour nos deux personnages. En sus de la petite taille de nos protagonistes, le désert se révèle un lieu hostile. Avec curiosité et surtout un peu de peur, nous croiserons bon nombre de prédateurs : le mode de communication, leur fonctionnement et leur danger sont des faits qu’ils devront détecter, apprendre très vite pour réagir en conséquence.
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Même si Cahyl a gagné en confiance lors des précédents tomes, on imagine très bien sa difficulté à savoir que faire : angoisses personnelles, tension de groupe et utilisation ou non d’empathie ; tout est une question de finesse et de feeling qui parfois est envahie aussi par  un flot de réactions plus brutes comme la survie. A chaque épreuve, on se demande si Cahyl arrivera à sauter l’obstacle et continuer.

Ombre des peres extrait 02

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L ombre des peres 01)°º•. L’ombre des pères est le dernier volet de la saga « Fedeylins » : c’est à la fois avec un grand plaisir que je retrouve Cahyl mais aussi une certaine appréhension à lire ce dernier tome. Mon flair à découvertes a bien fonctionné pour deux faits principaux mais ne m’a pas gâché la lecture. C’est toujours avec plaisir que je lis ces pages, leur tendre épopée.
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Cet univers composé d’abord pour les plus jeunes, les primaires à l’aise ou les collégiens : Nadia Coste développe beaucoup de valeurs fondamentales et nobles. Un récit qui fait aussi travailler l’imagination, tant par la création du vocabulaire que dans le côté visuel des décors, des physiques aussi des personnages. Cet environnement est créé avec beaucoup de douceur et demeure néanmoins réaliste.
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Les ouvertures de chapitre sont toujours agréables et bien pensées. Ce tome fait place au cheminement dans le désert comme l’ultime étape pour Cahyl, tant dans l’épreuve physique que sur la volonté aussi de se trouver (et sa place dans la société). Tout au long de ce cycle, on développe une grande empathie pour le personnage principal : on avance avec lui, on le voir grandir et s’affirmer. Le lecteur reste satisfait car nous découvrons la réponse à toutes nos questions. La fin, même si quelque peu prévisible pour les lecteurs endurcis, est particulièrement convaincante et bien trouvée.

Nadia Coste nous promet  « Jivana », un cycle indépendant en deux tomes se déroulant dans le même univers. A vos tablettes.

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« L’ombre des pères » clôture la saga « Fedeylins » par la dernière quête menée par Cahyl : sauver les siens en cherchant une solution viable. Cette voie initiatique amènera le personnage principal dans ses derniers retranchements et à de grands questionnements. Sous une plume douce et précise, Nadia Coste amène le quid de l’expression « être fedeylin, c’est accepter ».

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)°º•. Biographie
Nadia Coste est née en 1979 et est maman de trois « larveylins ». Après sa mauvaise expérience d’un IUT métiers du livre, elle se tourne vers des études de commerce et intègre un service administratif de banque. Lors de ses loisirs, elle découvre la fantasy par son auteur préférée, Robin Hobb. L’écriture fait alors partie intégrante de sa vie. Nadia Coste commence à attaquer un sérieux sujet en 2004, les Fedeylins. Après six ans de réécriture, les éditions Gründ décident de la suivre dans cette aventure. La magnifique couverture est de David Revoy.
Son blog, le site officiel de la tétralogie.

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Ombre des peres extrait 01

saga fedeylins

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Dans le chaudron :
¤ Les rives du monde, tome 1
¤ Aux bords du mal, tome 2
¤ Sous la surface, tome 3
¤ Langue de chat : interview de Nadia Coste.

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Souvenir de lecture : Des pepzys, toujours tu te méfieras.

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Ansible (Spooky), Book en stock (Dup), Les chroniques d’Arwen ont aussi goûté à la chaleur intenable en plein Dor.

CITRIQ

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Challenge Jeunesse YA

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Hop une petite entrée au challenge jeunesse-young adult.

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Cette lecture a été réalisée en partenariat avec les éditions Gründ.

Pic : Kilimandjaro par David Pluth pour NGS.

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FEIST Raymond E. – Faërie

31 octobre 2012 50 commentaires

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Titre : Faërie
Auteur : Raymond Elias FEIST
Plaisir de lecture Livre fantas… tique

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Phil, grand écrivain décidé de quitter la vie agitée d’Hollywood pour retourner dans sa région natale, vers Pittsville. Gloria et leurs enfants, Gabbie, Sean & Patrick emménagent très vite dans la maison du vieux Kessler acquise pour une bouchée de pain. La propriété s’étend sur plusieurs hectares et comprend le pont du troll au fond des bois. Phil retrouve sa mère spirituelle, l’ancienne universitaire Aggie et même Gabbie qui rechignait un peu à passer son été ici, rencontre Jack. Mais ce tableau idyllique est très vite envahi par les ombres, notamment quand les jumeaux et leur chien Pas-de-pot traversent pour la première fois le pont. Ils ne sont que les premiers à être la proie de créatures fantastiques et d’autres puissances inconnues.

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)°º•. La famille Hastings se compose d’une famille presque trop parfaite aux yeux des lecteurs, que ce soit dans la description de leur caractère ou dans leur comportement. Phil, bien que n’étant toujours pas passé à l’ère des ordinateurs, s’avère être un écrivain brillant, un illustre réalisateur et maints fois récompensé. Ce qui n’est pas forcément le cas de Gloria qui n’a pas réellement enflammé les planchers de théâtre ; mais elle demeure une femme aimante et une mère protectrice.
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Gabbie, jeune rentière est la fille de Phil née d’un précédent mariage. Si au début, on s’attend à ce qu’elle tape un scandale parfait pour une publication dans Vogue, elle redevient très vite une jeune femme responsable. Elle rencontre le protégé d’Aggie Grant : le doctorant Jack  Cole avec qui elle tisse des liens très forts. Mais il n’est pas le seul à être charmé par son physique. Les jumeaux Patrick & Sean sont un peu plus clichés dans le sens où le premier est fort et téméraire, le second est très effacé et timide. Il en convient qu’ils sont plutôt crédibles dans leur rôle de jeunes garçons de 8 ans, tant pour les « oui, oui » répondus aux conseils de leur mère – alors qu’ils n’en pensent pas moins – que pour leur incapacité à prendre correctement des messages téléphoniques, parce que bon, « les jeux vidéos, c’est trop cool ». Ils vont être les premières victimes des créatures et ce sont eux aussi qui vont faire face aux plus dures épreuves.
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On croisera souvent Mark et Gary, deux collaborateurs d’un même cabinet qui sont ravis de pouvoir fréquenter la bibliothèque de M. Kessler laissée en l’état dans la vieille maison. Ils souhaitent compulser tous les documents qu’ils y trouveront mais se feront surprendre par quelque découverte. Enfin, il y a le vieux Barney qui lui sait. Il sait beaucoup de choses, mais personne ne daigne l’écouter. Il se révèlera être une aide précieuse dans les derniers retranchements et possède d’ailleurs une pierre-à-fées.

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)°º•. Pour son histoire, Raymond Feist ne présente pas un univers édulcoré à la poudre de perlimpinpin, mais sert un véritable monde sombre et dangereux. Même si les légendes me sont parfois méconnues, nous mettons les pieds sur un tapis de folklore. L’environnement – paysages, bâtiments – est très peu décrit pour laisser une place optimum aux ambiances lugubres.
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Raymond Feist nous entraine à la rencontre du peuple : petit, bon ou mauvais. Pour ce livre-ci, nous allons côtoyer les sentiments maléfiques du petit peuple. On se rend compte que les créatures féériques ne sont absolument pas fréquentables. Personne n’échappe à ces êtres diaboliques, même pas les petits enfants de 8 ans. Il va sans dire que le roman peut faire ressortir les peurs de son enfance ; l’histoire prend des tournants un peu malsains voire qui font peur.

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)°º•. Ce roman fantastique date de 1988 et n’a pas pris une seule ride. L’écriture se révèle subtile, très travaillée et le roman se lit facilement.

Le fort pouvoir d’attraction de cette histoire réside dans le mélange du réalisme au folklore. La vie quotidienne est mélangée à des scènes surnaturelles. Ce qui fait sa force peut aussi être un petit point faible dans le sens où certains moments paraissent plus lents, un peu trop enfantins à mon goût ; mais cela représente à peine 10% de la totalité du roman puisqu’il s’agit-là de moments plus calmes pour que la tension monte progressivement.
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La sexualité est exploitée dans ce récit, on peut même parler de violence sexuelle. C’est pourquoi certaines scènes peuvent se révéler choquantes. Ce livre ne doit absolument pas être considéré comme un livre jeunesse, surtout si le lecteur n’a jamais eu de premiers frissons via un livre classé « horreur » pour jeunesse.
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Il va de soi que l’angoisse est latente, que le suspense peut se révéler « de fou ». Il ne s’agit pas de verser dans de l’horreur gratuite ou dans des moments sanglants, mais la chair de poule nait parfois à la lecture de certains passages. C’est un livre dont on ne se sépare pas, jusqu’au dénouement.
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Ce roman est totalement envoutant car nous voyons l’ombre rôder dès les premières pages et s’imposer sur ces feuilles d’écriture innocentes. On est très vite aspiré par l’histoire et les interventions de différents narrateurs sont justement dosées. Cela pourrait être une histoire à laquelle on y croirait dur comme fer.

Si vous souhaitez lire ce livre, commencez par vous procurer une pierre-à-fées.

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En un tour de main, Feist nous présente un one shot des plus particuliers où le petit peuple montre ses aspects les plus terrifiants et s’en prend puissamment aux êtres humains. Ce livre fait monter un suspense certain tout au long de ses pages et c’est avec les yeux écarquillés – et parfois cachés sous la couette – qu’on dévore cette histoire.

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)°º•. Biographie
Né en 1945 à Los Angeles, Raymond Elias Feist tire sa notoriété mondiale grâce aux chroniques de Krondor comptant pas moins de 28 ouvrages. Son site.

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Souvenir de lecture : « Ah, ce passage, c’est un peu craignos quand même » [...] « Oké, celui-là, c’est encore pire ! »

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Audouchoc (Théoma), Au fil de mes lectures (La Liseuse), E-maginaire, Imagin’erre, La bibliothèque Malounienne (Malou), Lanylabooks, Lectures d’une dévoreuses de livres… (Nini), Mes imaginaires (SBM) ont aussi rencontré la Chose sous le Pont du Troll.

CITRIQ
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Une participation au Challenge Halloween, un peu effrayante mais idéale pour ce 31 octobre !

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Pic : Couverture anglaise par Geoff Taylor, des détails à voir ici.

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VALLS DE GOMIS Estelle – Brume

20 septembre 2012 12 commentaires

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Titre : Brume
Auteur : Estelle VALLS DE GOMIS
Plaisir de lecture Livre à découvrir

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A travers ce recueil, Estelle Valls de Gomis nous livre quelques unes de ses nouvelles, parues dans des anthologies, accompagnées de deux inédites. Au cœur du XIXe siècle, nous partons sur les traces de Feuilledor, découvrons la disparition de Pissenlit et lisons les derniers mots de Poe.

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)°º•. Cette fois, nous ne croisons pas de beaux hommes ténébreux, glabres et parfois habillés d’une chemise à jabot (comme c’est souvent le cas dans « Le cabaret vert ») ; mais ne soyez pas déçus car nous faisons de belles rencontres, celle de Pissenlit, celle de Feuilledor, quelques créatures fantastiques et d’autres personnages sans nom. On croisera tout de même quelques vampires, même s’il s’avère être au second plan.

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)°º•. Je n’aime pas les nouvelles. Et avec cette courte phrase et la présente chronique que vous lisez, alors vous vous dites qu’il y a quelque chose, là, pour que j’ai lu ce recueil. Et vous avez raison. Les nouvelles en général ne me plaisent pas, car j’ai à peine le temps de prendre ma valise à la main qu’on arrive à la gare terminus du voyage (à commencer par celles de Neil Gaiman dans « Les choses fragiles » (ça s’appelle tendre le bâton pour se faire battre)). Seule Estelle Valls de Gomis me transporte dans son imaginaire en quelques mots et sait me déposer en douceur.
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Dès les premiers mots, grâce à la nouvelle « Brume » on entre de plain pied dans le fantastique. Mais une grande question alors se pose : doit-on dévorer ou grappiller ce petit livre de 122 pages ? Ce qui est sûr, c’est qu’il est à lire, lové(e) dans son canapé, proche de sa bibliothèque, un jour d’automne (n’y voyez pas de vécu personnel, non). Sur le contenant et non le contenu, juste un petit mot car j’apprécie grandement ce format « romantique », 11*20 cm.
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On y trouve avec délice sa plume – comme pour Le cabaret vert, Les gentlemen de l’étrange ou encore Lancelot ou le chevalier trouble – ; certains lecteurs la trouvent assez alambiquée mais tout est une affaire de sensibilité. Si j’apprécie énormément les écrits de Guy Gavriel Kay (mon auteur préféré), c’est bien d’Estelle Valls de Gomis dont je me sens la plus proche.

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Le point d’orgue reste à mon goût la superbe description des lieux qui plus est, très visuelle ; le récit est assez frais dans son ensemble. Elle parsème ses nouvelles de clins d’œil et la thématique abordée est très évocatrice de l’anthologie dans laquelle l’écrit est publié. On y trouve quelques traces de tristesse, des pointes d’humour, des pieds de nez et même une fin douce amère. Petit point à souligner et pas forcément à argumenter, toutes les nouvelles sont écrite à la première personne du singulier, le « je » (sauf « Turquoise ») et toutes mettent en scène des hommes (sauf « Double, rouge, impair et passe… »). J’aime à croire qu’on y découvre parfois quelques détails de la vie d’Estelle ou de sa façon de penser ; mais sans aucun doute le fruit de mon imagination débordante de lectrice… on y croise pourtant son chien.

Allons tout de go, j’avoue tout, j’ai quelques préférences parmi ces nouvelles : Double, rouge, impaire et passe… ; Cuisse de nymphe et Brume.
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Notons que ce recueil est publié en autoédition mais je suis ravie de l’entreprise d’Estelle pour nous livrer ce recueil sans quoi nous serions passés à côté de ce petit livre bien agréable.
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Au sommaire :
. Brume (inédit)
. Trépassez devant, je vous suie(in Charlotte Bousquet éd. Plumes de Chats, éditions Rivière Blanche, 2009)
. Le Manoir dans le cimetière (in Lucie Chenu éd., (Pro)créations, éditions Glyphe, 2007)
. Les derniers mots de Poe (inédit)
. Le Baiser de la Fée Verte (in Alain Pozzuoli éd., Tatouages : une histoire et des histoires, éditions Les Belles Lettres, 2005)
. Turquoise (in Léa Silhol éd., Emblèmes hors-série #2 : Les Fées, éditions Oxymore, 2004)
. Cuisse de nymphe (in revue Monk n°2 : Ils se déshabillèrent parmi les tombes, 2007)
. Double, rouge, impair et passe… (in revue Monk n°1 : Rouge, 2007)
. La Disgrâce de Lord St Reeve (in revue Univers VI, Outremonde.fr, 2008)
. L’Oiseau-Tonnerre (in magazine Elegy n°45, 2007)
. En attendant Louis (in Charlotte Bousquet éd., Le Crépuscule des loups, Le Calepin Jaune Editions, 2008)

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Par ce recueil, Estelle Valls de Gomis nous livre quelques nouvelles prenantes. Elles nous emmènent dans différents lieux à la rencontre de personnages intrigants. Quelque peu doux amer, à la touche non moins sympathique, le recueil « Brume » est un joli tracé d’une plume aux belles arabesques.

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)°º•. Biographie
Estelle Valls de Gomis est née en 1973 et une vertueuse de l’étrange et des vampires. Ces derniers ont d’ailleurs l’objet de sa thèse universitaire « Le Vampire au Fil des Siècles ». « Le Cabaret vert » est son troisième recueil, il intègre la nouvelle « Circé et la malédiction du Déméter » qui a reçu le Prix Merlin de la meilleure nouvelle 2007. Cette femme très touche-à-tout (auteur, traductrice, illustratrice) est à découvrir.
Son site, son blog.

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Des extraits sont lisibles ici.
Pour acheter le livre, c’est par là.
(non, je ne touche aucune commission)

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Dans le chaudron :
¤ Le cabaret vert,
¤ Les gentlemen de l’étrange,
¤ Quelques mots empruntés pour constituer un chœur de lectrices.
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Souvenir de lecture : Pauvre, pauvre petit Pissenlit.
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COSTE Nadia – Fedeylins, Sous la surface

17 avril 2012 23 commentaires

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Titre : Sous la surface (Fedeylins, tome 3)
Auteur : Nadia COSTE
Plaisir de lecture Livre avec entrée au Panthéon

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Bien que Cahyl ait trouvé un sentiment de paix, il se demande toujours quel est son dessein et comment il va pouvoir évoluer dans la vie avec sa position actuelle. Alors que de grandes interrogations l’envahissent, le profil d’une mission se dessine. Celle-ci est relativement énigmatique et pour en comprendre son sens, il va s’investir dans la recherche d’informations et grappiller des données. Malheureusement, cette charge n’est pas aussi confidentielle qu’il le pensait et il s’aperçoit très vite qu’on souhaite lui mettre des bâtons dans les roues.

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)°º•. Nous retrouvons avec plaisir Cahyl qui s’assume davantage mais qui se surprend aussi. S’il fait preuve de sérénité en extérieur ; il bout secrètement. Il cherche perpétuellement un sens à sa vie et se sent aussi un peu perdu.
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Le soutien de ses amis est toujours inconditionnel même si Glark s’avère moins présent en raison de ses nouvelles responsabilités mais Sperare lui voue une amitié sans frontière même si pour ma part, je me méfie encore de lui. Naï sera aussi une aide précieuse : elle prend d’ailleurs des risques qu’elle ne peut contrôler et j’ai été étonnée qu’elle aille parfois contre les us et coutumes de son peuple alors que ils sont inscrits dans leurs traditions – voire même leurs gènes – depuis la nuit des temps, quand bien même elle posséderait une once de sédition.
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C’est avec ravissement que nous retrouvons tout un tas de personnages secondaires croisés dans les précédents tomes, ils seront d’ailleurs accompagnés par de nouveaux protagonistes tout aussi intéressants. La rencontre avec les Grands Blancs est un de mes passages préférés car leur portrait dressés correspondaient exactement à mes attentes, je ne peux donc qu’aimer Camulugh.

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)°º•. Sur fond de jeu de chasse au trésor, Cahyl devenu Fedeylin est tant à la recherche d’indices pour sa tâche que de pistes pour sa propre quête identitaire.
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J’ai fortement apprécié ce volume car nous avons accès à une connaissance plus approfondie sur leur société : sa hiérarchie, son histoire, mais aussi son fonctionnement ; notamment avec la visite à la Gabda Mar et le registre des pontes. Nous assistons à un panorama sur leur civilisation : leurs us et coutumes, leurs traditions, leurs attentes, leur vie et leur destin. D’ailleurs, comment ne pas voir les tablettes comme des livres et leurs rangements comme des bibliothèques ?

Nadia Coste nous entraine aussi dans la direction de l’amour dans cette société où la sexualité est totalement inexistante.

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)°º•. Comme pour les tomes précédents, Nadia Coste nous sert un univers tout en douceur. Exit les scène de combat sans fin ou de violence sanglante ; si les tensions existentielles sont fortes, nous restons toujours dans une sorte de cocon où la prise de conscience de soi, son estime et son reflet dans les yeux des autres sont révérés.
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On y découvre toujours une histoire simple et accessible et qui se lit facilement sans décrocher. Dans ce tome, on se pose énormément de questions et même si elles restent pour l’instant sans réponse, le lecteur évolue dans ce récit. J’ai tout particulièrement apprécié de voir une autre facette de ce monde avec la remise en cause des fondements et de la société et de la hiérarchie. Les ouvertures de chapitres se révèlent très bonnes, notamment celle de la complainte du voile (chapitre 15) même si parfois, elles exposent un peu trop le contenu de la partie. Enfin, je suis tiraillée par l’envie de connaître la fin et la mélancolie de quitter cette saga.

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C’est une toute nouvelle vision du monde des Fedeylins que nous découvrons avec ce troisième tome « Sous la surface ». Si Cahyl a mûri et se pose encore beaucoup de questions, il est toujours autant sollicité. Bien qu’il œuvre en solo, c’est avec plaisir qu’on part à la découverte du village. Nous passons d’agréables moments à récolter les informations en suivant Cahyl et le suspense monte crescendo quant à la réussite de la mission. Un univers tout doux où la richesse et l’importance de l’individu sont mises à l’honneur.

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)°º•. Biographie
Nadia Coste a 31 ans et est maman de trois « larveylins ». Après sa mauvaise expérience d’un IUT métiers du livre, elle se tourne vers des études de commerce et intègre un service administratif de banque. Lors de ses loisirs, elle découvre la fantasy par son auteur préférée, Robin Hobb. L’écriture fait alors partie intégrante de sa vie. Nadia Coste commence à attaquer un sérieux sujet en 2004, les Fedeylins. Après six ans de réécriture, les éditions Gründ décident de la suivre dans cette aventure. La magnifique couverture est de David Revoy.
Son blog, le site officiel de la tétralogie.

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Dans le chaudron :
¤ Les rives du monde, tome 1
¤ Aux bords du mal, tome 2
¤ L’ombre des pères, tome 4
¤ Langue de chat :  interview de Nadia Coste.

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Souvenir de lecture : Moi aussi je veux aller à la recherche des tablettes ! Ou alors avoir un lumignion des fedeylins chez moi.
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Cette lecture a été appréciée avec Dup, Heclea & Iluze dans le cadre du « mois de« .
Sur la bloggosphère, vous pouvez trouver l’avis d’Ansible (Spooky).
CITRIQ

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Pic : White koi or carp swimming par Crazyinsanefangirl.

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COSTE Nadia – Fedeylins, aux bords du mal

13 septembre 2011 26 commentaires

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Titre : Aux bords du mal (Fedeylins, tome 2)
Auteur : Nadia COSTE
Plaisir de lecture Livre avec entrée au Panthéon

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Cahyl et Glark se retrouvent avec la liberté devant eux. Et c’est dans la forêt aux multiples dangers qu’ils entrent. Les tracas du quotidien sont amplifiés : l’hésitation s’installe, la peur aussi. A fleur de peau, l’équilibre entre eux deux est prêt à basculer à tout moment. Malgré leur très grande amitié, leurs cultures différentes annoncent une vie périlleuse. Au cours de leur errance, ils arrivent aux frontières du Monde connu. Continuer, oui. Mais jusqu’où ?

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)°º•. « Aux bords du mal » commence exactement à la minute près où le premier tome s’est arrêté. Cahyl & Glark s’aventurent dans les premiers mètres de la forêt et vont très vite dépasser les limites de la connaissance des territoires par les Fedeylins, notamment celle du très grand explorateur Lamehy III.
Cahyl, notre petit fedeylin sans destin est accompagné de son ami Glark, un gorderive sans qui il n’aurait pas survécu. C’est son premier ami, le meilleur et pour toute la vie, quoi. Et forcément, nous qui les suivons pour le deuxième tome déjà, sommes encore plus attachés à notre combo de choc.
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Ils vont rencontrer de drôles de créatures, on pourrait même parler de « personnages » au sens premier du terme tellement leurs personnalités sont édifiantes. Je pense notamment à Geiliger et Keusch. Leur rencontre est assez stupéfiante et elle a créé en moi, une sorte de malaise. On apprendra d’ailleurs que dans la culture des Fedeylins, on différencie araignée et aranae. Il y aura également Sperare : cette bestiole volante a été éjecté de son biome car le prophète de leur communauté ne l’a pas déclaré vainqueur et qu’il se voit refuser la succession du roi. Mais il semble qu’on ne sache pas tout… Et plein d’autres bébêtes toutes aussi – disons – sympathiques.

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)°º•. L’empathie de Cahyl est au cœur de ce tome, vision encore floue dans les premières pages, elle prend de plus en plus d’importance. Elle va cependant lui jouer des tours et entrainer une sorte d’hébétude lancinante. Nadia Coste a réalisé un beau tour de main, car l’empathie fonctionne aussi pour nous : on a peur et même mal avec lui et pour lui. Au programme deux sentiments pour le lecteur : peur et ébahissement. On avance autant à tâtons que nos deux protagonistes. Ancrée dans la culture fedeylin, l’expression « être fedeylin, c’est accepter » va tout de même aider Cahyl à prendre – un peu – de recul, à respirer et à mieux avancer.

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)°º•. Le chemin initiatique un peu forcé de notre binôme va être ourlé d’hésitation. Comme bien souvent dans les multilogies, on retrouve nos personnages perdus dans l’immensité psychologique (et géographique aussi dans cette histoire) qui les entoure.
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J’avoue que mon côté « zombie fan » ou « warrior girl » n’améliore pas ma patience et il m’arrive parfois de dire au détour d’une page « gogogogogo ». Bien que l’histoire soit toujours aussi bien ficelée, j’avoue avoir une petite préférence pour le tome 1 tout simplement parce que l’univers était nouveau, parce que la vie et les sentiments de Cahyl m’ont particulièrement touchée et que je trouvais le point de départ de l’intrigue original (pour une fois qu’un « héros » n’a pas justement pas de destin tout tracé…).
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Mais croyez-le, de l’action et de l’aventure, il y en a ; cela devrait convaincre les réticents du premier tome qui trouvaient qu’il manquait un peu de peps. D’ailleurs, la grande partie dédiée à la bataille est relativement gore : Nadia Coste nous épargne pas du tout les scènes sanglantes et les détails si imagés : oui il m’est arrivé d’exprimer quelques « eeeerk » bien sentis. Ajoutez à ceci des méchants vraiment méchants et vous obtenez un deuxième tome vraiment bien réussi !
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La lecture est plus aisée grâce aux courts chapitres. Chacun intègre un petit texte de « citation » : extraits de journal, de livre, proverbes et poésie me plaisent toujours autant.

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Ce deuxième tome intègre un période d’hésitation qui mettra à mal notre duo de copains-pour-toujours. Sous cette fausse accalmie, les questions et les malaises envahissent nos protagonistes jusqu’à l’explosion et la découverte de choses stupéfiantes. La dernière centaine de pages proposera des combats épiques… et une fin très très très cliffhanger. Vous êtes prévenus.

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)°º•. Quand Nadia Coste nous a dévoilé l’illustration du tome « Aux bords du mal », j’avoue j’avais un peu de mal car je ne les visualisais pas du tout comme ça. Mais on s’y fait, pensez-vous donc. Ce tome est accompagné d’annexes sur les cinq castes, c’est plein de plaisir en sus.

Ce manuscrit a été aussi bêta-lu par le collectif CoCyclics. La saga ne compte pas moins de 2,5 millions de signes, pas moins de 4 tomes. Le premier tome « Les rives du monde » est paru le 10 mars 2011, celui-ci sortira le 6 octobre 2011. Le tome 3 « Sous la surface… » est attendu pour mars 2012 et le dernier « L’ombre des Pères » pour octobre 2012. Il va falloir être patient !

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)°º•. Biographie
Nadia Coste a 31 ans et est maman de trois « larveylins ». Après sa mauvaise expérience d’un IUT métiers du livre, elle se tourne vers des études de commerce et intègre un service administratif de banque. Lors de ses loisirs, elle découvre la fantasy par son auteur préférée, Robin Hobb. L’écriture fait alors partie intégrante de sa vie. Nadia Coste commence à attaquer un sérieux sujet en 2004, les Fedeylins. Après six ans de réécriture, les éditions Gründ décident de la suivre dans cette aventure. La magnifique couverture est de David Revoy.
Son blog, le site officiel de la tétralogie.

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)°º•. Extrait

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Dans le chaudron :
¤ Les rives du monde, tome 1
¤ Sous la surface, tome 3
¤ L’ombre des pères, tome 4
¤ Langue de chat :  interview de Nadia Coste.

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Souvenir de lecture : Geiliger & Keusch sont mes amiiiis. /modeautopersuasion ON.

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Cette lecture a été réalisée en partenariat avec les éditions Gründ.

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Les graines de lotus reçues avec le service presse du premier tome ont poussé, très fort, très vite. Mais elles n’ont pas survécu à la mise en « mare », créée plus rapidement que le projet initial pour les accueillir.

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Pics : #01 Guardian of the Forest par shut-buh-leh ; #02 Ca pousse ; #03 Feuille en formation ; #04 Sur le départ.

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COSTE Nadia – Fedeylins, les rives du monde

21 janvier 2011 39 commentaires

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Titre : Les rives du monde (Fedeylins, tome 1)
Auteur : Nadia COSTE
Plaisir de lecture Livre avec entrée au Panthéon

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Ouf ! Ca y est. Il vient d’arriver sur la berge… Après le déchirement de sa bulle, il a eu du mal à ne pas se noyer au fond de la mare. Maintenant il a rejoint son Monde. Cahyl. Oui, Cahyl se prénomme-t-il. Après son premier bain, Cahyl va se présenter aux Pères Fondateurs. Ces derniers vont lui indiquer sa caste, rôle indéniablement important au sein de leur société. Une marque sur l’os derrière l’oreille gauche lie chaque fedeylin à son destin. Et Cahyl est presque comme tout fedeylin, mais c’est ce presque qui fera de lui tout une différence. Cahyl est un non-marqué.

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)°º•. Les fedeylins sont des petits êtres hauts de quelques centimètres. Ils habitent au bord de la mare, leur Monde. Ils deux ennemis principaux : les migrateurs, ces horribles monstres volants blancs et noirs et les gorderives, avec leur bouche spectaculaire. Avec ces derniers, un pacte de non agression a été signé il y a de cela plus de 300 ans. Leur société s’organise autour de mères pondeuses. Les bulles déposées sur le lotus de ponte sont fécondées par les cinq Pères Fondateurs. Après cinq ans de maturité, les bulles se fendent et les petits larveylins rejoignent coûte que coûte le rivage. Les pertes entre les bulles non fécondées et les larveylins qui se noient sont importantes. Grâce à leur marque, ils sont répartis dans l’une des cinq castes : récolteurs, bâtisseurs, prieurs, transmetteurs et créateurs. Dans cette société réglée comme du papier à musique, chacun a un rôle défini, un destin tracé depuis que leur marque a été apposée. Leur vie est remplie d’embûches : en plus des attaques des migrateurs, ils doivent supporter les rigoureux hivers. Au rythme de Dor, et des lunes blanche et rousse, Nooma et Olyne ; les fedeylins accomplissent leur destin. Les larveylins deviendront des mudeylins pour plus tard, devenir les adultes fedeylins. Mais les tragédies, comme les moments d’allégresse, tout est à vivre. Tout est à accepter. Etre fedeylin, c’est accepter.
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Cahyl est un petit mâle très éveillé. C’est par ses mots, ses paroles, ses pensées que nous découvrirons le Monde. Pas facile de se noyer dans la masse quand l’élément le plus important de notre identité manque à l’appel. De nature plutôt posée, Cahyl possède un caractère agréable, sa vision des choses est relativement juste et il se met sans cesse en question. C’est grâce à sa fine intelligence qu’il va pouvoir naviguer dans ces eaux troubles.
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Cahyl partage son secret avec sa famille, sa mère Delyndha et ses sœurs (plus vieilles d’une ponte) Andara et Melyna. Cahyl, seul enfant de Delyndha né lors de la dernière ponte, se sent et est exclu de la société : les autres fedeylins trouvent son comportement étrange. Bien qu’aucun ne soit son ami, il est un peu plus proche de Dhimel et Brevael, ses voisins, et plus tard d’Alwin, de Wardan et de Naïlys. Lors de la cérémonie des bulles, le Père Fondateur l’a envoyé à la caste des transmetteurs : a-t-il caché la non-marque de Cahyl ou s’est-il trompé ? Pour sa survie, Cahyl va devoir se fondre dans un fonctionnement où il ne pense pas avoir sa place. Qu’arrivera-t-il à la cérémonie du Mudeylin ? Les Pères Fondateurs se rendront-ils compte qu’il est imposteur ? Quel chemin suivra-t-il pour ce destin déjà scellé ?
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Cependant, ce n’est qu’auprès de Glark, un ami bien étrange, qu’il se sent un peu « lui ». Il partage avec Glark ses ennuis, ses tracas, ses joies et une confiance mutuelle. Glark a trois pompons au bout de ces bras ; il a cet aspect gluant un peu repoussant et une large bouche qui pourrait s’étendre de l’oreille droite à gauche s’il en était muni. Glark et Cahyl sont différents mais une amitié forte grandit entre eux. Néanmoins, les rencontres avec Glark devront rester secrètes si Cahyl veut passer inaperçu.

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)°º•. Les personnages demeurent « humains », nous ne sommes pas dans une fantasy avec des héros super-musclés et des princesses super-gaulées. Ils sont complexes, pas stéréotypés et évoluent véritablement au sein de ce premier tome. Comment ne pas tomber amoureux d’êtres dont on imagine aisément leur aspect duveteux, leur peau de soie et leurs ailes de mousseline ?
Une des plus grandes forces de ce livre est que Cahyl, notre personnage principal est là, bien réel et non pas niais ni trop enfantin. On se délivre un peu de ces livres jeunesse qui impliquent et s’enferment dans un carcan avec des enfants que nous trouvons peu dégourdis, un poil trop innocents et pas assez réalistes. Ses réactions sont étroitement liées à son expérience. Son caractère est savamment dosé, on ne peut être que compatissant à son égard.
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L’originalité de ces larveylins est qu’ils naissent certes avec un inné mais aussi un acquis indéniable grâce aux Pères Fondateurs qui leur enseignent les connaissances de leur peuple dès que leur bulle est fécondée. A travers les yeux de Cahyl, nous prenons connaissance des mœurs de cette société dictatrice de bonheur. Cette structure sociale est divisée en castes et est en perpétuelle survie. De nombreux thèmes sont abordés dans ce livre : la différence, l’affiliation, l’amour, l’amitié, la violence, la recherche d’identité, le destin.
Tout est conté naturellement, avec cette facilité d’accéder à leur quotidien, d’effleurer des mystères, de comprendre cette empathie et de toucher un peu leur bonheur.
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Cette histoire nous est racontée à la première personne, Cahyl en est notre narrateur. Le rythme appréciable nous permet de tâtonner et de connaître le Monde grâce à Cahyl. On s’accroche aux pages, on a peur au coin du papier et on palpite à l’unisson avec le cœur de Cahyl. La plume de Nadia Coste est fluide, posée et efficace. Un équilibre se développe entre descriptions et action, le récit fait preuve d’une grande profondeur.

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Pour ce livre, je n’ai pas ressenti les désavantages d’un livre jeunesse avec un jeune personnage un poil trop naïf, une quête trop abracadabrante et des épreuves aisément relevées. Peut-être cela est-il dû à la volonté de Nadia Coste de se diriger d’abord vers l’écriture d’un roman pour adultes. Et enfin (et ô soupir de satisfaction), ce premier tome d’une tétralogie n’est PAS un tome d’introduction. On a beaucoup à se mettre sous la dent et c’est pour notre plus grande joie. Nadia Coste ne frustre pas le lecteur en lui baratinant des petites péripéties bénignes, elle dessine une trame générale et nous y implique dès les premières pages. Aussitôt la naissance de Cahyl… on entre dans le bain ! On s’attache irrémédiablement à lui.
J’aimerai tant vous décrire tout ce qu’il m’a plu, m’attarder sur les détails savoureux, les petits plus où se cache peut-être un secret. Mais autant tout garder secret et vous laisser le plaisir d’une lecture intacte. Vous l’aurez compris, ce premier tome est un très gros coup de cœur !

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Ce tome est découpé en courts chapitres, très appréciables. Chaque début de partie propose un extrait des textes de principes, de philosophie ou d’Histoire des Fedeylins. Ce manuscrit a été bêta-lu par le collectif CoCyclics. La saga ne compte pas moins de 2,5 millions de signes, pas moins de 4 tomes, tous déjà écrits et a connu en vérité 8 versions.
Ce livre est à paraître pour le 10 mars 2011. Le tome 2 « Aux bords du mal » sortira en octobre 2011, le tome 3 « Sous la surface » pour mars 2012 et le dernier « L’ombre des Pères » pour octobre 2012. Il va falloir être patient !

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)°º•. Biographie
Nadia Coste a 31 ans et est maman de trois « larveylins ». Après sa mauvaise expérience d’un IUT métiers du livre, elle se tourne vers des études de commerce et intègre un service administratif de banque. Lors de ses loisirs, elle découvre la fantasy par son auteur préférée, Robin Hobb. L’écriture fait alors partie intégrante de sa vie. Nadia Coste commence à attaquer un sérieux sujet en 2004, les Fedeylins. Après six ans de réécriture, les éditions Gründ décident de la suivre dans cette aventure. La magnifique couverture est de David Revoy.
Son blog, le site officiel.

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)°º•. Extrait
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Dans le chaudron :
¤ Aux bords du mal, tome 2
¤ Sous la surface, tome 3
¤ L’ombre des pères, tome 4
¤ Langue de chat, interview de Nadia Coste

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Souvenir lié à cette lecture
: J’étais en phase, j’avais envie de douceur pas d’horribles zombies (pour une fois !). Prête à accueillir ce roman, et à m’y plonger littéralement dedans. Les pages ont défilé, défilé… Comment, c’est déjà terminé ?

Un autre avis disponible chez Book en Stock (Dup).
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Cette lecture a été réalisée en partenariat avec les éditions Gründ.
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Un superbe service presse…
Mes graines de lotus, poussent, poussent, mais n’ont pas toujours « éclos » :)
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Pics : #01 Green Elf par Laiquendi ; #02 Water Lily Fairy par Irenbel ; #03 Photo du service presse reçu.

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TENOR Arthur – Le Félin ~ Le Sorcier de Brocéliande

26 juin 2009 7 commentaires

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Titre : Le Sorcier de Brocéliande (saga Le Félin, agent secret médiéval)
Auteur : Arthur TENOR
Plaisir de lecture Livre à découvrir
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Me voici avec un petit roman (si court, 160 pages !) qui ne paye pas de mine. Cet exemplaire est corné, il a voyagé, il a été trimballé malgré lui, mais tellement aimé ! Digne d’une lectrice consciencieuse, voici dans mes mains, un livre qui a tant plu à son propriétaire et qui a une très grande valeur de sa dédicace. Je vous emmène au temps du Félin…

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)°º•. En terres d’Auvergne, Hugues de Montbrisac souffre le martyr sous des douleurs inquiétantes et mystérieuses, serait-ce réellement des coliques frénétique s? L’alchimiste, Maitre Pirus se révèle désemparé car il ne peut soigner son fidèle seigneur.

Un aigle arrive sur ces entrefaites et délivre un message à Maitre Pirus : voilà maintenant cinquante ans, ce dernier avait défié en duel final un sorcier misérable, Barabas Obscurum. Ils s’étaient tous deux querellés au sujet de la primauté des sciences occultes ou de la magie blanche ; Sir Hugues avait mis fin à cette scène en défenestrant Obscurum.

C’est aujourd’hui que Obscurum vient réclamer son dû: une promesse est une promesse. Une équipe d’Auvergnats se forme : Maitre Pirus l’alchimiste, Isabeau de Montbrisac, fille tant aimée de Sir Hugues et pour les protéger Yvain le Bréa dit le Félin un chevalier et son écuyer Gilles. Ils s’en vont alors en Petite Bretagne, retrouver leur hôte Sir Monfoënan pour affronter le cruel Obscurum. Ce dernier n’a pas dit son dernier mot; habitué aux sciences occultes, il voit en Damoiselle Isabeau, la chance inouïe d’accroître ses pouvoirs et satisfaire son dieu. Il est prêt à tout – et surtout à la triche – pour gagner son duel et assouvir ses besoins personnels.

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)°º•. Notre bande auvergnate se compose d’un sir bien mal au point, Hugues de Montbrisac. Il espère bien que le Maitre Pirus, Isabeau, le Félin et son écuyer résoudront le mystère qui entoure ses douleurs.

Maitre Pirus, alchimiste de métier n’aurait jamais cru que des paroles lancées innocemment à 152 le conduirait aujourd’hui à mettre sa vie en jeu. Tout jeunot à l’époque, il s’en veut terriblement d’avoir eu la tête brûlée.

Isabeau Montbrisac, damoiselle et fille unique du sir Hugues, se joint à l’aventure avec engouement. Ce n’est certainement pas la place d’une telle personne, mais Isabeau, elle, s’en fout. Heureusement, elle requiert de talents qui ne seront pas de trop !

Gilles, est l’inestimable écuyer du Félin. Avec la tête dans la lune, cette aventure se révélera être pour lui, une bien belle mission-catastrophe !

Le chevalier Yvain Bréa, appelé le Félin se retrouve agent secret bien malgré lui. Pour protéger toute la petite troupe mal troupée, il va devoir faire face à bien des dangers. Habillé d’une belle armure, personne ne se doute qu’elle regorge de 1001 secrets et autres gadgets. Ses gants possèdent en outre, des griffes rétractiles et le Félin est reconnaissable à son heaume en forme de tête de panthère ! Notre protagoniste ne va laisser personne indifférent dans cette bien belle épopée.

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)°º•. Ce roman, à lire à partir de 9 ans ne laisse pas la place aux longueurs. Les actions s’enchainent rapidement, et les dialogues sont nombreux. C’est un véritable bonheur que je retrouve à chaque fois avec les livres jeunesse: le suspens est maintenu. Il arrive à nos pauvres personnages, une aventure pas très rigolote qui se détériore à cause de nos bras cassés. Arthur Ténor arrive à mélanger action et humour dans un cadre idéal !
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Comme nous sommes au moyen-âge, Arthur Ténor nous a concocté un récit un peu médiévalisé, sans pour autant tomber dans la lourdeur littéraire, nous avons quelques expressions comme « avant peu » « a none », « en nos terres », etc. Le vocabulaire de certains outils ou techniques médiévales est tout gentiment expliqué en astérisque en pied de page. (de quoi s’amuser en se culturant).
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Bref, non seulement j’ai été tenue par l’histoire mais je me suis retrouvée à glousser plusieurs fois; car l’humour est présent par petites touches, quelques fois pas très fine (ou très terre à terre, mais ce qui a le don de me faire sourire), mais tellement agréables que je relisais les phrases juste par plaisir.
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Vous allez atterrir dans un Brocéliande comme vous ne l’avez jamais vu. Certes, le petit peuple et autres dames du lac sont présents, les objets abracabrants tels que les Fioles Renversantes, les Hurlantes-de-l’Epouvantes et les Bâtons-de-feu, aussi. Mais ce Brocéliande là, est complètement loufoque ! Vous comprendrez qu’ici, on peut avoir des pincements au nombril, des chats bretons dans la gorge; que les damoiselles peuvent avoir le regard-qui-tue et que Lancelot, franchement… il est vraiment moche !
Le livre est ponctué de plusieurs illustrations… une pour chaque début de chapitre. Le livre n’en comptant pas moins de 16, c’est un vrai bonheur de les zieuter !

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)°º•. Biographie

Christian Esplaf est considéré comme un auteur de littérature de jeunesse. Ancien instituteur, il écrit maintenant pour toutes les tranches d’âge et est aussi réputé pour ses récits historiques (les deux guerres mondiales, le siècles des lumières,le moyen-âge…). Auteur auvergnat, il se décrit comme « explorateur de l’imaginaire » et a remporté le Prix Jeunesse du Salon du Livre d’Histoire de Senlis en 2006 pour La Table de feu. « Le Félin, agent secret médiéval » s’avère être une série de plusieurs livres dont « Le sorcier de Brocéliande » demeure le plus connu.
Le blog de l’auteur.

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)°º•. Extraits

_ Ma parole, s’inquiète l’alchimiste, on les croirait capables de nous attaquer, et commes des harpies, de nous réduire en charpie.
_ Très jolie rime, le félicite le chevalier. Rassurez-vous mon cher ami, j’ai dans mes fontes… ici, assez de Hurlantes-de-l’épouvante, pour les chasser… séance tenante !
_ Hum, pas mal.

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Un petit personnage rondouillard trottine à leur rencontre. Tout essoufflé, il s’incline et se présente:
_ Messires, soyez les bienvenus au manoir du grand Barabas Obscurum ! Je suis Sigu, son humble bras droit qui l’assiste en tout et dont il ne peut se passer, soit dit en passant modestement. Suivez-moi, mes bons seigneurs.
Il exécute une génuflexion grotesque, et le voici qui se remet à trotter, à reculons !
_ On ne tourne jamais… pff, pff… le dos à un visiteur…pff, pff… de grande marque, explique-t-il en soufflant.

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_ Qu’y a-t-il? s’enquiert Yvain.
_ Eh bien… j’ai cru voir…Dites-moi, sire Yvain, cette boisson âcre que nous a servie notre hôte, le chouchou-quelque chose.
_ Le chouchen.
_ Oui, c’est cela.

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Précisément, [le savant] demande au châtelain s’il sait comment entrer en contact avec des druides.
_ Voilà quelques lustres, j’en ai connu un, explique-t-il, aussi sage qu’un chêne centenaire. Malheureusement, depuis je n’en ai plus jamais revu et ce serait un vrai bonheur de pouvoir échanger avec ces esprits éclairés.

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_ Mais bien sûr ! répond le baron. Cela ne pose aucun problème, car ici les druides nous aussi familiers que chez vous les…les…
_ Cochons? suggère l’écuyer du Félin, sans arrière-pensée.
_ Oh ! Gilles, en voilà une comparaison ! le tance Isabeau.
Le pauvre garçon rougit comme une pivoine, mais leur hôte le sauve en éclatant de rire. Puis il annonce:
_ Demain, nous irons voir rien moins que le druide Suprême, Gwineventer Le Gouëzec !
_ A vos souhaits, marmonne Gilles, facétieux.
Cette fois, c’est son chevalier qui lui fait les gros yeux.

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PULLMAN Philip – Le Miroir d’Ambre

29 janvier 2009 6 commentaires

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Titre : Le miroir d’ambre (A la croisée des mondes, tome 3)
Auteur : Philip PULLMAN
Plaisir de lecture Livre avec entrée au Panthéon
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A leur séparation, Will avait juré retrouvé Lyra, enlevée par Mme Coulter. Quand il la retrouve et la tire de son sommeil, elle lui annonce qu’une mission plus périlleuse encore les attendent. La sauvegarde des mondes parallèle est menacée, les forces obscures se démènent, de nouveaux personnages font leur entrée sur scène ; et parmi tout cette agitation, Lyra & Will doivent trouver à tout prix Lord Asriel.

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Et voilà comment finir en apothéose. Le livre est sublime, et les émotions ressenties sont très fortes du côté du lecteur. On est navré de quitter tous nos personnages, de ne plus suivre leurs épopées et nous n’avons qu’une envie, dire « encore ! ». Voilà une trilogie qui met sans dessus-dessous et la profondeur des divers thèmes est indéniable. En gros, chapeau l’artiste !
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Récompense :
• Le prix Whitbread (Whitbread Book of the Year Award)

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Dans le chaudron :
¤ A la croisée des mondes – Les royaumes du nord, tome 1
¤ A la croisée des mondes – La tour des anges, tome 2
¤ Lyra et les oiseaux

CITRIQ

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PULLMAN Philip – La tour des Anges

29 janvier 2009 4 commentaires

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Titre : la tour des anges (A la croisée des mondes, tome 2)
Auteur : Philip PULLMAN
Plaisir de lecture Livre avec entrée au Panthéon
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Lyra fait la rencontre de Will Parry ; le porteur de l’étrange Poignard Subtil qui permet de decouper des fenêtres entre leurs deux mondes : celui de Lyra et Cittàgaze où règnent les Spectres, créatures mangeuses d’âmes. Leur but est de retrouver le père de Will qui s’est caché sous une fausse identité. Malheureusement, c’est sans compter sur les méfaits de Madame Coulter qui kidnappe Lyra pour de sombres destins. Grâce à l’aide de deux anges, Balthamos et Baruch, Will continue et sa quête, recherche Lyra et se voit propulser malgré lui sur le devant de la scène.
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Ce livre est le deuxième tome de la trilogie de « A la croisée des mondes ». Pullman atteint un niveau supérieur avec ce deuxième roman. L’écriture est toujours recherchée et puissante. Il soulève des thèmes chers à notre société actuelle et remet en cause les fondements (scientifiques, religieux, …). Ce roman est un puits de réflexion où Pullman nous offre une version kaléidoscopée de la vie. Pullman ne nous sert pas une version réchauffée du tome 1 mais nous amène encore et toujours sur des voies insondables et nous suivons les yeux grands ouverts l’évolution des personnages au niveau de leur caractère, de leurs visions et de leurs objectifs.

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Dans le chaudron :
¤ A la croisée des mondes – Les royaumes du nord, tome 1
¤ A la croisée des mondes – Le miroir d’ambre, tome 3
¤ Lyra et les oiseaux

CITRIQ

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PULLMAN Philip – Les Royaumes du Nord

29 janvier 2009 15 commentaires

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Titre : Les royaumes du nord (à la croisée des mondes, tome 1)
Auteur : Philip PULLMAN
Plaisir de lecture Livre avec entrée au Panthéon

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Au sein de Jordan College d’Oxford, un étrange hasard a fait confier aux Erudits les plus libres de cette Angleterre aux allures du XIXe siècle, la vie d’une toute jeune fille Lyra Belacqua. L’univers confiné où cette dernière vit, est un monde où les scientifiques sont théologiens et où la discipline la plus honorable semble être la «théologie expérimentale ». Alors que son oncle Lord Asriel revient à cette magnifique université pour partager ses découvertes, Lyra cachée dans le salon interdit, ne se doute pas que les paroles qu’elle entendra la mèneront bien plus loin qu’elle ne puisse l’imaginer. Lyra, rebelle au fort caractère, et son daemon Pantalaimon rêvent d’aventures, de palpitations aux couleurs boréales et de connaître autre chose que ces rues pavées.

Un étrange phénomène s’ébruite parmi les rangs des Erudits et semblent toucher tout ce monde intellectuel, la Poussière. Alors que les « Enfourneurs », kidnappeurs d’enfants sévissent, Roger le compagnon de jeu de Lyra est enlevé. Alors que Lyra remet ses connaissances en question et souhaite à tout prix retrouver son ami, elle se voit partir avec la charmante Madame Coulter de son plein gré pour devenir son assistante auprès d’enfants. Aux dernières heures précédant son départ, le Maître de Jordan College lui donne un précieux aléthiomètre.

Pourquoi le Pole Nord convoite-t-il tous les fantasmes ? Pourquoi Pantalaimon et Lyra ne peuvent-ils à peine être séparés de quelques mètres ? Pourquoi la séduisante Madame Coulter prend-elle Lyra sous sa protection ? Qu’a voulu faire découvrir Lord Asriel ? Quel est vraiment ce phénomène de Poussière ? Qui a enlevé Roger ? A qui est véritablement destiné l’aléthiomètre ? Quelle est la destinée de cette enfant orpheline ?

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Lyra âgée de seulement 11 ans est une personne fière et de fort caractère. Elle passe son temps sur les toits de Jordan College en compagnie de son ami des cuisines, Roger ; quand elle n’est pas entrain de courir les rues et de livrer bataille contre les briquetiers. Lyra a un daemon du nom de Pantalaimon. Ils sont reliés télépathiquement et ne peuvent se séparer de plusieurs mètres. Ils partagent leur vie, leurs sentiments et leurs émotions car ils ne sont qu’une et unique personne. Pantailamon peut encore se métamorphoser en divers animaux car Lyra n’a pas atteint l’âge adulte. Un jour, il prendra une forme définitive qui représentera la personnalité de Lyra. Pantalaimon semble plus peureux, moins habile au parler et plus prudent que Lyra. Cette petite demoiselle a une vie peu enrichissante et fuit sa gouvernante ; elle aime la liberté, échafauder des plans et faire des bêtises. Elle est particulière, un peu différente et ne s’en offusque pas. Malgré le fait qu’elle chérisse la vie qu’elle mène, elle rêve de fabuleuses traversées et de grandes épopées.

Entraînée par sa curiosité, elle ne se doute pas qu’elle va tracer son avenir en écoutant des secrets échangés, tapie dans l’obscurité d’une armoire. Bien à elle de sauver Lord Asriel d’un empoisonnement prémédité par le Maître de Jordan College. Dans le même laps de temps, Roger aurait été enlevé par les Enfourneurs et Lyra ne supporte pas de le laisser aux griffes de terribles malfaiteurs et décide de voler à son secours. Aux lendemains de son espionnage, une fulgureuse femme se propose d’emmener Lyra vivre avec elle. La jeune fille est si heureuse d’échapper à sa vie monotone, qu’elle ne se pose pas de questions quant au demeurant. Cependant, à l’aube, le Maître de Jordan College l’invite personnellement chez lui pour lui remettre un étrange instrument. Ses dernières paroles lui demanderont de prendre soin de cet étrange objet.

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Alors que certain s’évertueront à gonfler l’hérésie de Pullman successeur de Tolkien (A croire qu’en fantasy, ils le sont tous…), ou d’autres vous compteront les points positifs par rapport à la « platitude » de Rowling, je m’arrêterai juste sur l’écriture de ce tome (et un peu de la trilogie).

Dès le premier tome, nous avons pour nous accompagner des personnages profonds. Pullman les peint et les dépeint de sa plume, boucles et hampes délicates : ils sont vivants. Les personnages évoluent de manière considérables au long de la trilogie et c’est avec grandes émotions que nous partageons leurs sentiments et leurs pensées. Les personnages restent toutefois ambigus, la traditionnelle dualité « du bien et du mal » est atténuée, estompée et surtout trompeuse. Les gitans, les panserbjorns, les sorcières se mêlent, se démêlent… et finissent pas s’emmêler. Quel est cet ours alcoolique répondant au nom de Iorek Byrnson, pourquoi Serafina Pekkala est-elle une sorcière si vieille ?

Le style de Pullman est recherchée, l’écriture est riche, imagée et documentée (et pour cause !). Il nous entraine inlassablement dans un univers semblable au notre et pourtant si différent… Il bouscule les repères, surprend, choque, « émotionne ». On vit à côté de Lyra, on sent son cœur battre et les pages défilent. Vous dévorez, le premier, le deuxième puis vient le troisième : le tout crescendo et dans le plus grand art, qu’est l’écriture.

Il est vrai que les points concernant la religion sont nombreux, qui remet sans doute en cause quelques fondements. Mais pour avoir lu les Chroniques de Narnia, le « travail » effectué est bien mieux réalisé où l’on ne tombe point dans les clichés d’après-guerre et les croisades évangélistes. Il ne s’agit pas de dispenser un cours de religion, mais d’introduire doucement une vision plus… « kaléidoscopée ». Pour moi, ce thème particulier n’est pas à mettre en avant au vu des prouesses réalisées. Faut-il encore prouver que les livres destinés aux enfants plaisent tout autant aux « moins jeunes » ? Je pense qu’il y a autant de niveaux de lecture que de lecteurs, cette œuvre peut être considérée plus sombre et réfléchie que vous ne pourriez le penser.

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La biographie de Monsieur (Source) :
Orphelin de père dès son plus jeune âge, car son père, pilote de chasse de la R.A.F ., est tué en février 1954, au large du Kenya, Philip Pullman et son frère sont élevés par leurs grands-parents maternels dans le Norfolk, tandis que leur mère travaille à Londres.C’est en découvrant à l’école la ‘Ballade du Vieux Mari’ de Coleridge, que Philip Pullman commence à être attiré par l’écriture. Bien plus tard, lors de sa dernière année à l’université, à travers la lecture du roman de Mikhaïl Boulgakov, ‘Le Maître et Marguerite’, il découvre le genre du réalisme fantastique dont son travail s’inspirera. Après divers métiers, dont celui d’apprenti bibliothécaire, il mène à bien un projet de roman, un ‘thriller métaphysique’, qu’il publie et pour lequel il obtient un prix. Devenu instituteur à Oxford, il se met à écrire des pièces de théâtre pour ses élèves, qui seront la première ébauche de ses romans pour enfants. Il écrit ses premières histoires policières fantastiques, puis les romans s’enchaînent. Dès 1985, il commence une série policière dont l’héroïne, Sally Lockhart, doit beaucoup au célèbre Sherlock Holmes, de Conan Doyle. Mais c’est avec la trilogie ‘A la croisée des mondes’, qu’il a mis sept ans à écrire, que Philip Pullman connaît son plus grand succès.

Avec ce premier tome :

• Prix des Incorruptibles, catégorie 4e-3e.
• Prix du meilleur livre de l’année aux États-Unis.
• Prix « Guardian » de la fiction pour la jeunesse et Carnegie Medal, en Grande-Bretagne.
• Philip Pullman a obtenu pour son œuvre le prix de littérature à la mémoire d’Astrid Lindgren 2005.

La trilogie « A la Croisée des Mondes » (His Dark Materials) :
– Les Royaumes du Nard (Northern Lights)
– La Tour des anges (The Subtle Knife)
– Le Miroir d’ambre (The Amber Spyglass)

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Extraits :

« Par bien des côtés, Lyra était une barbare. Ce qu’elle aimait par-dessus tout, c’était escalader les toits du collège avec Roger, le marmiton, son meilleur ami, et cracher des noyaux de prune sur la tête des Érudits qui passaient en dessous, ou imiter les ululements de la chouette derrière une fenêtre, pendant que se déroulait un cours ; ou encore courir à toute allure dans les rues étroites de la ville, voler des pommes sur le marché, ou livrer bataille. De même que Lyra ignorait tout des courants souterrains qui régissaient la politique de Jordan College, les Érudits, pour leur part, auraient été incapables de percevoir le foisonnement d’alliances, de rivalités, de querelles et de traités qui constituaient une vie d’enfant à Oxford. Des enfants qui jouent, quoi de plus agréable à regarder ! Qu’y avait-il de plus innocent, de plus charmant ?

En vérité, Lyra et ses camarades se livraient une guerre dans pitié. (…) Cette rivalité, vieille de plusieurs centaines d’années, était aussi profonde que jubilatoire.
Pourtant, elle-même disparaissait quand les autres ennemis se faisaient menaçants. Parmi eux figurait un adversaire permanent ; il s’agissait des enfants des briquetiers qui vivaient près des carrières d’argile, méprisés par les enfants des collèges aussi bien que par ceux de la ville. L’année précédente, Lyra et certains enfants de la ville avaient conclu une trêve pour lancer une attaque sur les briquetiers, bombardant les enfants des carrières avec des boules de terre glaise et détruisant le château tout mou qu’ils avaient construit, avant de les rouler pendant un bon moment dans cette substance visqueuse près de laquelle ils vivaient, si bien qu’à la fin du combat, vainqueurs et vaincus ressemblaient à un troupeau de golems vociférants. »

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 « Il changea de diapositive encore une fois. La photo suivante avait été prise de nuit elle aussi, mais sans clair de lune cette fois.

On voyait un petit groupe de tentes au premier plan, se détachant faiblement sur l’horizon bas, et à côté, un empilement désordonné de caisses en bois, avec un traîneau. Mais le principal intérêt de cette photo résidait dans le ciel. Des rayons et des voiles de lumière pendaient tels des rideaux, en boucles et en guirlandes, retenus par des crochets invisibles, à des centaines de kilomètres d’altitude, ou bien flottant en biais, portés par le courant de quelque vent inconcevable. (…)
– Pardonnez mon ignorance, dit le vieux Préchantre, de sa voix tremblante, mais si j’ai su un jour ce qu’était l’Aurore, je l’ai oublié. S’agit-il de ce qu’on appelle les Lumières du Nord ?

- Oui. Elle possède plusieurs noms. Elle est composée d’orages de particules chargées et de rayons solaires d’une intensité et d’une force extraordinaires, invisibles en eux-mêmes, mais qui provoquent cette radiation lumineuse lorsqu’ils entrent en contact avec l’atmosphère. Si j’avais eu le temps, j’aurais fait teinter cette photo pour vous montrer les couleurs, du vert pâle et du rose essentiellement, avec une touche pourpre tout en bas de cette formation semblable à des rideaux. Il s’agit là d’un cliché réalisé avec une émulsion ordinaire. Je vais maintenant vous montrer une photo prise avec l’émulsion spéciale.
Il retira la diapositive. (…)

Pendant ce temps, Lord Asriel glissait une autre photo dans le chariot de la lanterne. Elle montrait la même scène. Mais, comme avec les deux photos précédentes, la plupart des détails visibles à la lumière ordinaire étaient ici beaucoup plus sombres, à l’instar des rideaux rayonnant dans le ciel.
Toutefois, très haut au-dessus de ce paysage morne, Lyra apercevait une forme compacte. Elle constata que, comme elle, les Érudits assis près de l’écran se penchaient en avant pour mieux voir. Plus elle regardait cette photo, plus son étonnement croissait, car là, dans le ciel, on distinguait bel et bien les contours caractéristiques d’une ville : des tours, des dômes, des murs… des bâtiments et des rues suspendus dans le vide ! Elle faillit pousser un petit cri d’émerveillement.

L’Érudit Cassington dit :
– Ca ressemble à… une ville.

- Exactement, répondit Lord Asriel.
– Une ville d’un autre monde, assurément ? dit le Doyen, une note de mépris dans la voix.

Lord Asriel l’ignora. Un mouvement d’excitation parcourut certains Érudits, comme si, ayant rédigé des traités sur l’existence de la Licorne, sans jamais en voir une, on leur présentait un spécimen vivant qui venait d’être capturé. »

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« – Cette lumière, là, demanda l’Aumônier, elle monte ou elle descend ?
Elle descend, répondit Lord Asriel, mais ce n’est pas de la lumière, c’est de la Poussière.
De la manière dont il avait prononcé ce dernier mot, Lyra imagina de la Poussière avec un P majuscule, comme s’il ne s’agissait pas de poussière ordinaire.
D’ailleurs, la réaction des Erudits confirma son impression, car les paroles de Lord Asriel provoquèrent soudain un silence général, suivi de quelques hoquets d’incrédulité. »

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Dans le chaudron :
¤ A la croisée des mondes – La tour des anges, tome 2
¤ A la croisée des mondes – Le miroir d’ambre, tome 3
¤ Lyra et les oiseaux

CITRIQ
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