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PRATCHETT Terry – Disque-monde – Accros du roc

30/11/2017 14 commentaires

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Couverture du livre Accros du roc de Terry PratchettTitre : Accros du roc (Les annales du Disque-monde, tome 16)
Auteur : Terry Pratchett
Plaisir de lecturenote : 4 Livre à découvrir
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Nore Noresson, Kreskenn Kelenn, Magma alias Lias Trapp se retrouvent pour former un groupe : puisque ce dernier frappe sur ses cailloux, ils vont jouer de la musique de roc.

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Il suffit d’un adepte déchainé par son guitare pour obtenir un public en délire. La Guilde des Musiciens veut mettre fin au succès de ce groupe officieux et importun. Mais tout le monde adhère, les femelles lancent leurs sous-vêtements sur scène et même les mages laissent tomber les robes longues.
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« Accros du roc » proposent deux histoires en parallèle. On suivra aussi Suzanne qui va retrouver la trace de sa famille et devoir assumer le rôle qui lui est attribuée. Elle est si discrète que personne ne la voit réellement.

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Le troll souleva un gros sac de cuir posé devant lui. « C’est ça moi je joue », dit-il. Un certain nombre de gros cailloux ronds dégringolèrent par terre. Lias en ramassa un et lui donna une chiquenaude. Bam, fit le caillou.
« De la musique avec des kailloux ? s’étonna Kreskenn. Komment vous l’appelez ?
— On l’appelle Ggrouhauga, répondit Lias. Ça veut dire : musique faite avec du roc. (…)
— K’est-ce ke vous faites avek ?
— Je les cogne ensemble.
— Et après ?
— Comment ça, « et après » ?
— K’est-ce ke vous faites une fois ke vous les avez kognés ensemble ?
— Je les cogne encore », répondit Lias, batteur dans l’âme.

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On croisera donc les mages de l’Université de l’Invisible d’Ankh-Morpork et notamment son archichancelier Mustrum Ridculle. La Mort sera aussi de la partie et Planteur n’aura pas froid aux yeux. Trolls, nains, humain aux allures elfiques ne seront pas en reste.
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Bien que les instruments soient hantés par des esprits de la Musique, le lecteur n’a pas besoin d’être un spécialiste pour y voir un bon nombre de références musicales. Une majorité est dédiée à des groupes rock, exemple : Laide Zibeline, les houes, Au malheur des hommes et I2.

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« Accros du roc » a bien mieux fonctionné sur moi que « Les Zinzins d’Olive-Oued », tome où les personnages étaient accros au cinéma (je m’étais ennuyée avec l’intrigue). Ici, il y a des passages qui se partagent émotions et franches rigolades. C’est une critique sur les thèmes de la vie, de la mort et de l’oubli. Et il faut dire que les jeux de mots de Patrick Couton sont à applaudir des deux mains.

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— Moi, je souffle dans tout ce que je peux me mettre en bouche, assura Nore.
— Ah bon ? fit Kreskenn. Il chercha un compliment poli. Vous devez faire beaucoup d’heureux.

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Il y a les gens du jour et les créatures de la nuit.
Et il importe de se rappeler que les créatures de la nuit ne sont pas simplement les gens du jour qui veillent tard parce qu’ils s’imaginent ainsi davantage dans le coup et plus intéressants. Il faut beaucoup plus qu’une couche épaisse de mascara et un teint pâle pour franchir la ligne de démarcation.
L’hérédité peut arranger les choses, bien entendu.

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Il existait bel et bien une rivière dont, d’après la légende, une seule goutte d’eau privait un individu de sa mémoire.
Beaucoup supposait qu’il s’agissait de l’Ankh dont l’eau se boit, voire se découpe et se mâche. Un verre d’Ankh priverait sûrement son consommateur de sa mémoire, ou du moins lui causerait des désagréments qu’il n’aimerait en aucune façon se rappeler.
À vrai dire, il existait une autre rivière qui avait cette faculté. Bien entendu, il y avait un os. Nul ne savait où elle se trouvait car les voyageurs qui tombaient dessus crevaient toujours de soif.
La Mort porta son attention ailleurs.

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Livre Accros du roc de Terry Pratchett avec l'illustation complète de Josh Kirby

Couverture du livre Accros du roc de Terry Pratchett. A gauche : illustration de la hardcover aux éditions Orion. A droite, illustration de Marc Simonetti pour les éditions Pocket

Illustrations de Paul Kidy : elles représentent la Mort de Terry Pratchett dans le livre "Accros du roc"

Illustration de la Mort et sa guitare par Marc Simonetti en référence au livre "Accros du roc" de Terry Pratchett

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Logo défi Valériacr0Cette lecture a été sélectionnée par Valériane pour le mois de novembre lors de notre défi Valériacr0. Il s’avère que le précédent tome avait aussi été lu grâce à elle en  avril.

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Hilde (Le livroblog) a aussi poussé un cri quand la harpe de Kreskenn Kelenn fut brisée.

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Illustrations : #01 Illustration de Josh Kirby ; #02 Illustration de la ‘hardcover’ de Orion Publishin Group ; #04 et #05 Illustrations de Paul Kidby ; #03 et #06 Illustrations de Marc Simonetti.

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PRATCHETT Terry – Les annales du Disque-monde ~ Nobliaux et Sorcières, tome 14

26/10/2016 21 commentaires

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Nobliaux et Sorcieres Terry Pratchett Les annales du Disque-monde tome 14Titre : Nobliaux et Sorcières (Les annales du Disque-monde, tome 14)
Auteur : Terry Pratchett
Plaisir de lectureetoile 5 Livre fantas… tique
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Dans quinze journées, c’est le premier jour de l’été. Ce sera aussi le mariage de Magrat. En attendant de se vouer au règne avec Varence II, elle tourne sur les titres de pré-Majesté, presque-Majesté et bientôt-Majesté. C’est le cadet des soucis des sorcières, puisque les Nobliaux aimeraient bien eux aussi être de la partie.

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L’unité de base de la sorcellerie, c’est la sorcière, mais l’unité permanente de base, ainsi que précédemment signalé, c’est la chaumière.
Une chaumière de sorcière répond à une architecture très particulière. Elle n’est pas exactement bâtie, mais assemblée au fil des ans à mesure que s’ajoutait des chantiers de réfection, comme une chaussette composée entièrement de reprises. La cheminée se vrille comme un tire-bouchon. Le toit de chaume est si vieux que des arbres petits mais vigoureux y poussent, les planchers rappellent des montagnes russes et grincent la nuit comme un clipper par gros vent. Si deux murs au moins ne sont pas étayés par des madriers, il ne s’agit pas d’une vraie chaumière de sorcière, seulement du logis d’une vieille bique timbrée qui lit l’avenir dans les feuilles de thé et parle à son chat.

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Sur la ligne temporelle, l’histoire est la suite de Mécomptes de fées ; nous nous trouvons toujours au royaume de Lancre. DONC on récapitule : un mariage en prévision, des mages de l’université invisible qui sont en partance, la MORT qui fait une apparition, des apprenties sorcières qui font n’importe quoi, une brèche ouverte et bientôt l’invasion d’elfes. Mais ce n’est pas tout : il y ait aussi question d’un nain, de la mort de Mémé Ciredutemps et de la présence d’une licorne. Le tout dans un seul et même tome.

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Nounou Ogg regarda sous son lit au cas où un homme s’y cacherait. Ben quoi, on ne savait jamais.

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MOURIER Davy – La Petite Mort ~ Le domaine des vieux, tome 3

05/11/2015 12 commentaires

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La petite mort tome 3 Le domaine des vieux Davy MourierTitre : Le domaine des vieux (La Petite Mort, tome 3)
Auteur : Davy Mourier
Plaisir de lectureetoile 5 Livre fantas… tique
Tome 1, tome 2
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La Petite Mort est devenue grande ; le monde des adultes lui ouvre maintenant les bras. Avec tout ce que cela comprend de menues joies : les impôts sur le revenant, le droit de succession et les responsabilités du métier. Il n’y a pas que l’administration qui lui tombe dessus, l’amour aussi.

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Le domaine des vieux details couvertureLe domaine des vieux, composé de 96 pages est le point d’orgue de cette trilogie morbide. Comme les tomes 1 et 2, elle possède elle aussi une couverture en peau de pêche (qui garde toujours les traces de doigts).
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La Petite Mort est devenue adulte et bénéficie du package complet : femme et enfant… qui s’avère d’ailleurs déjà prêt pour la succession. Les problèmes avec le Grand Tout perturbent son quotidien et un fugu – poisson-ballon – squatte le canapé. L’âge adulte est tout sauf marrant et notre héroïne préférée prend tout de pleine face : le poids de la société et ce qu’elle incombe et sa propre résignation.
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MOURIER Davy – La Petite Mort ~ Le secret de la licorne-sirène, tome 2

15/10/2014 27 commentaires

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La petite mort - le secret de la licorne-sirene tome 2 Davy MourierTitre : Le secret de la licorne-sirène (La Petite Mort, tome 2)
Auteur : Davy Mourier
Plaisir de lectureetoile 4 Livre à découvrir
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La Petite Mort grandit. Toujours accompagné par Ludovic, il entre au lycée. Mais avec cette nouvelle étape dans la vie, arrivent de terribles révélations.

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Papa mort Davy Mourier)°º•. Dans la continuité du premier tome, nous accédons aux chapitres 4 à 6. Ce livre de 96 pages s’appuie sur le même fonctionnement : l’histoire de la Petite Mort, de strips de trois cases le plus souvent, entrecoupés d’interludes avec HelloKittu et de fausses pages de publicité.
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MOURIER Davy – La Petite Mort

14/11/2013 22 commentaires

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La petite mort Davy MourierTitre : La Petite Mort
Auteur : Davy MOURIER
Plaisir de lectureetoile 5 Livre fantas… tique
Tome 2, tome 3

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Papa Mort et Maman Mort ont donné naissance à la Petite Mort. Celle-ci mène une vie normale, elle rêve de devenir fleuriste, elle a un animal de compagnie, elle va à l’école… mais elle apprend aussi à faucher les gens, ce qui complique pas mal les relations avec ses camarades. Tout au long de l’album, nous suivons son quotidien.

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la petite mort 05)°º•. Pas ce genre de Petite Mort.
Ce personnage est cher au cœur de Davy, la petite mort symbolise sa Catharsis (ici, une représentation dramatique pour purger sa peur) qui est née après l’infarctus de son papa, toujours en vie. Il a développé ce protagoniste sur son blog même si le trait a un peu changé avec la publication de cette bande dessinée. On s’attache très vite à elle, dès les premières cases en réalité car on voit son évolution un peu forcée, à entrer dans le sillon de sa vie pour qu’elle entreprenne sa formation de Faucheuse. Sa situation est aux deux extrêmes au vu de son futur métier et le fait qu’elle fréquente une école avec des enfants humains et bien vivants. Les personnages sont un poil ridicule, ce qui cadre parfaitement à l’humour noir.

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la petite mort 01)°º•. Cette BD de 96 pages propose des gags en quelques cases, majoritairement en noir et blanc. Le dessin soigné prend, on apprécie la profondeur du récit, avec quelques sarcasmes bien sentis mais aussi des moments plus tristes. Je suis très bon public de la dérision, avec un grand D. Ce livre condense beaucoup d’humour… mais vous ne serez le lecteur parfait que si vous l’aimez bien noir, rempli de cynisme. Mais la sensibilité est bien présente, quand je parlais de « moments plus tristes », j’en ai la larme à l’œil. .

Les chutes de ces petites histoires sont élégantes et l’ensemble de l’ouvrage est travaillé. En entre-coupures, se glissent des fausses publicités avec Hello Kittu, les petits gags sur Buzz Aldrin (le deuxième homme qui a posé le pied sur la lune) croqué d’une autre manière que la Petite Mort, mais aussi des petits entractes sur Séphi, son chat. .

Davy Mourier fait un clin d’œil à ses amis, avec la participation de Monsieur Poulpe, Bérengère Krief, Kyan Khojandi et Alexandre Astier. Il signe la préface de manière magistrale. Utiliser sur le quatrième de couverture le nom de la préface signée est un argument de vente qui me hérisse le poil. A la fin de l’ouvrage- galerie à la fin de l’ouvrage de gens qui ne font surtout pas des illustrations.

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la petite mort 10)°º•. Je connais Davy Mourier par ses multiples projets ‘vidéo’, d’abord sur Nolife puis avec le collectif du Golden Show, mais hontàmoi par pour ses projets BD. Ici, il décrasse des thématiques universelles, la mort bien sûr, mais aussi la vie, la maladie, la différence, la société de consommation et même l’amour. .

La petite cerise sur le gâteau, c’est la réalité augmentée ! Grâce à vos super pouvoirs, ou à défauts vos Smartphones et tablettes, on obtient des petits suppléments via une application gratuite de scan. Ces petits bonus insolites se concentrent des vidéos du making of de Davy Mourier et d’autres surprises que je meurs d’envie de vous parler, mais que ça serait s*laud de vous gâcher la surprise ici. De préférence, il vaut mieux lire la BD en entier puis profiter de ces petits à-côté, et surtout, ô surtout, commencez par le pentacle sur la page de garde. Oui, c’est ludique et oui, j’ai surkiffé.
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Je fais joujou !

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Bon, on finit par le livre en lui-même ? C’est un très bel objet que tu peux utiliser comme doudou. Sa belle couverture est toucher « peau de pêche »… mais elle garde toutes les traces de gros doigts dégueu. L’avantage, c’est qu’à l’inverse de roman habillé ici, on manipule moins une bande dessinée, le toucher velours n’a donc pas de raison de peler. La couverture est sobre, tant sur le dessin que la typo utilisée et même qu’elle brille sur certains détails. Moi, aimer. Et puis le quatrième de couverture est parlant « en prenant cet album, tu as enclenché un processus maléfique : si tu ne lis pas cette BD entièrement, tu auras un an de malheur. »

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« La Petite Mort », c’est 96 pages de bandes dessinées teintées d’humour noir. Ce personnage au cartable Hello Kittu est tout mignon… même s’il apprend à faucher des vivants. On aime partager son quotidien, ses soucis d’enfant, ses jeux partagés avec son chat Séphi. Mais la vie n’est pas si facile… quand on est la mort. Caustique, certainement, triste également, ce récit happe le lecteur pour le faire sourire en trois cases, parfois un peu plus. Un livre qui se dévore !

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la petite mort 03 la petite mort 06.

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Souvenir de lecture : Mais elle est trop mignonne, cette Petite Mort ! .

Dans le chaudron :
¤ Le secret de la licorne-sirène, tome 2
¤ Le domaine des vieux, tome 3
Pour de l’humour bien noir :
¤ Le chat noir et autres nouvelles d’Edgar Allan Poe
¤ La triste fin du petit Enfant Huître et autres histoires de Tim Burton
Si vous aimez la mort comme personnage :
Cycle de La Mort des Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett

 

logo Halloween 2013

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Et hop, une entrée au challenge Halloween. C’est d’ailleurs grâce au Petit monde d’Isa que j’ai découvert cette BD.

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CITRIQ

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VALLS DE GOMIS Estelle – Brume

20/09/2012 6 commentaires

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Titre : Brume
Auteur : Estelle VALLS DE GOMIS
Plaisir de lecture Livre à découvrir

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A travers ce recueil, Estelle Valls de Gomis nous livre quelques unes de ses nouvelles, parues dans des anthologies, accompagnées de deux inédites. Au cœur du XIXe siècle, nous partons sur les traces de Feuilledor, découvrons la disparition de Pissenlit et lisons les derniers mots de Poe.

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)°º•. Cette fois, nous ne croisons pas de beaux hommes ténébreux, glabres et parfois habillés d’une chemise à jabot (comme c’est souvent le cas dans « Le cabaret vert ») ; mais ne soyez pas déçus car nous faisons de belles rencontres, celle de Pissenlit, celle de Feuilledor, quelques créatures fantastiques et d’autres personnages sans nom. On croisera tout de même quelques vampires, même s’il s’avère être au second plan.

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)°º•. Je n’aime pas les nouvelles. Et avec cette courte phrase et la présente chronique que vous lisez, alors vous vous dites qu’il y a quelque chose, là, pour que j’ai lu ce recueil. Et vous avez raison. Les nouvelles en général ne me plaisent pas, car j’ai à peine le temps de prendre ma valise à la main qu’on arrive à la gare terminus du voyage (à commencer par celles de Neil Gaiman dans « Les choses fragiles » (ça s’appelle tendre le bâton pour se faire battre)). Seule Estelle Valls de Gomis me transporte dans son imaginaire en quelques mots et sait me déposer en douceur.
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Dès les premiers mots, grâce à la nouvelle « Brume » on entre de plain pied dans le fantastique. Mais une grande question alors se pose : doit-on dévorer ou grappiller ce petit livre de 122 pages ? Ce qui est sûr, c’est qu’il est à lire, lové(e) dans son canapé, proche de sa bibliothèque, un jour d’automne (n’y voyez pas de vécu personnel, non). Sur le contenant et non le contenu, juste un petit mot car j’apprécie grandement ce format « romantique », 11*20 cm.
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On y trouve avec délice sa plume – comme pour Le cabaret vert, Les gentlemen de l’étrange ou encore Lancelot ou le chevalier trouble – ; certains lecteurs la trouvent assez alambiquée mais tout est une affaire de sensibilité. Si j’apprécie énormément les écrits de Guy Gavriel Kay (mon auteur préféré), c’est bien d’Estelle Valls de Gomis dont je me sens la plus proche.

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Le point d’orgue reste à mon goût la superbe description des lieux qui plus est, très visuelle ; le récit est assez frais dans son ensemble. Elle parsème ses nouvelles de clins d’œil et la thématique abordée est très évocatrice de l’anthologie dans laquelle l’écrit est publié. On y trouve quelques traces de tristesse, des pointes d’humour, des pieds de nez et même une fin douce amère. Petit point à souligner et pas forcément à argumenter, toutes les nouvelles sont écrite à la première personne du singulier, le « je » (sauf « Turquoise ») et toutes mettent en scène des hommes (sauf « Double, rouge, impair et passe… »). J’aime à croire qu’on y découvre parfois quelques détails de la vie d’Estelle ou de sa façon de penser ; mais sans aucun doute le fruit de mon imagination débordante de lectrice… on y croise pourtant son chien.

Allons tout de go, j’avoue tout, j’ai quelques préférences parmi ces nouvelles : Double, rouge, impaire et passe… ; Cuisse de nymphe et Brume.
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Notons que ce recueil est publié en autoédition mais je suis ravie de l’entreprise d’Estelle pour nous livrer ce recueil sans quoi nous serions passés à côté de ce petit livre bien agréable.
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Au sommaire :
. Brume (inédit)
. Trépassez devant, je vous suie(in Charlotte Bousquet éd. Plumes de Chats, éditions Rivière Blanche, 2009)
. Le Manoir dans le cimetière (in Lucie Chenu éd., (Pro)créations, éditions Glyphe, 2007)
. Les derniers mots de Poe (inédit)
. Le Baiser de la Fée Verte (in Alain Pozzuoli éd., Tatouages : une histoire et des histoires, éditions Les Belles Lettres, 2005)
. Turquoise (in Léa Silhol éd., Emblèmes hors-série #2 : Les Fées, éditions Oxymore, 2004)
. Cuisse de nymphe (in revue Monk n°2 : Ils se déshabillèrent parmi les tombes, 2007)
. Double, rouge, impair et passe… (in revue Monk n°1 : Rouge, 2007)
. La Disgrâce de Lord St Reeve (in revue Univers VI, Outremonde.fr, 2008)
. L’Oiseau-Tonnerre (in magazine Elegy n°45, 2007)
. En attendant Louis (in Charlotte Bousquet éd., Le Crépuscule des loups, Le Calepin Jaune Editions, 2008)

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Par ce recueil, Estelle Valls de Gomis nous livre quelques nouvelles prenantes. Elles nous emmènent dans différents lieux à la rencontre de personnages intrigants. Quelque peu doux amer, à la touche non moins sympathique, le recueil « Brume » est un joli tracé d’une plume aux belles arabesques.

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)°º•. Biographie
Estelle Valls de Gomis est née en 1973 et une vertueuse de l’étrange et des vampires. Ces derniers ont d’ailleurs l’objet de sa thèse universitaire « Le Vampire au Fil des Siècles ». « Le Cabaret vert » est son troisième recueil, il intègre la nouvelle « Circé et la malédiction du Déméter » qui a reçu le Prix Merlin de la meilleure nouvelle 2007. Cette femme très touche-à-tout (auteur, traductrice, illustratrice) est à découvrir.
Son site, son blog.

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Des extraits sont lisibles ici.
Pour acheter le livre, c’est par là.
(non, je ne touche aucune commission)

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Dans le chaudron :
¤ Le cabaret vert,
¤ Les gentlemen de l’étrange,
¤ Quelques mots empruntés pour constituer un chœur de lectrices.
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Souvenir de lecture : Pauvre, pauvre petit Pissenlit.
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COLIN Fabrice – A vos souhaits

31/01/2011 47 commentaires

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Titre : A vos souhaits
Auteur : Fabrice Colin
Plaisir de lecture :  Livre fantas…tique

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A Newdon, il existe deux religions : le quarteck et les trois Mères. La première est un jeu relativement brutal mais qui plait énormément, la deuxième regroupe trois divinités la Mort, la Magie et la Nature et reste une croyance jusque là, toute relative.

John Moon vient de mettre fin à sa carrière pitoyable d’entraineur des Ogres de Chelsey. Il se retire chez lui au 33 Finnigan Road où il invente… les séances de psychanalyse. Il héberge ses deux amis, Vaughan Oriel, un elfe nullard en magie qui vient de rater ses examens pour la troisième fois et Gloïn McCough, un nain capable de faire crever une plante rien qu’en la regardant.

Soudain, tout bascule : le baron Mordayken libère le Diable de son caveau, la Reine Astoria disjoncte avec des envies monumentales, les zombies font pression sur le gouvernement pour des droits politiques particuliers de morts-vivants, Gloïn fait pousser des graines pourries, Oriel est investi de magie toute puissante, les trois Mères arrivent sur terre, deux demeurent introuvables. Pour couronner le tout, John Moon reçoit en première patiente sa propre mère, une vaporeuse Léonore et un petit dragon domestiqué qui se prend… pour la Mort.

Entre amours impossibles, grandes beuveries et morts ratées, entrez dans un Newdon déjanté !
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Si ce résumé vous semble emberlificoté, c’est normal.
Il est très difficile de vous faire un état des lieux d’entrée au vu de toutes les intrigues emmêlées, sans trop vous en révéler.

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)°º•. Alors que le Diable est en ville, cherchant un moyen pour ouvrir les Portes de l’Enfer, nos trois acolytes et bras cassés John Moon, Gloïn McCough et Vaughan Oriel partent au pub du coin pour s’envoyer quelques pintes de bière tranquillement. Cependant, le destin en a décidé autrement et il choisit nos trois compagnons ainsi qu’un dragon domestique pour juste sauver le monde. Notre quatuor d’antihéros va se faire entrainer malgré eux par les événements.

La galerie de personnages de « A vos souhaits » est fantasque et possède un gros potentiel comique.

John Moon est l’incarnation du cynisme désabusé. Il tente coûte que coûte de se suicider sans succès. Après une carrière catastrophique en tant qu’entraineur sportif de troisième zone, il en vient à la psychanalyse. Il fait partie de la Fédération Omnisciente pour la Libération d’une Irréalité Eventuelle et il va avoir une place de choix parmi ces théâtromanes. Sa maison est tenue par une gnome répondant au nom de Prudie. Cette dernière est fort appréciée par Gloïn McCough. Végétarien de son état, comme tout bon nain qui se respecte, Gloïn est un contre-exemple des talents nainesques. Il lui est impossible de faire pousser une plante et même pire, il la réduit à l’état de cendres pourries en quelques secondes. Vaughan Oriel, la belle gueule aux cheveux violets a un petit cerveau non doué : il recommence pour la troisième fois sa première année à l’école de magie.

Gravitent autour d’eux, Gryphius un petit dragon domestiqué qui semble pourtant pouvoir cracher du feu et… parler ; le baron Mordayken grand disciple du Diable, créchant dans un manoir qui a perdu toute sa beauté d’antan ; la Reine Astoria de 400 livres et autant de mauvaises intentions et Horatius, ogre puissant, ex-joueur de Chelsey et grand chevalier devant l’éternel John Moon.

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)°º•. Fabrice Colin nous livre une histoire mélange de fantasy & steampunk. L’univers est très victorien. Il nous propose un récit débridé mais également de très belles descriptions, un tantinet sérieuses pour appuyer le côté mélodramatique des événements. La narration est menée tambour battant, l’écriture est très riche et fluide. L’utilisation des chapitres courts sans saut de page est plaisante et donne un bon tempo. Fabrice Colin propose aussi une mise en page particulière (notamment du texte barré) et alterne sur plusieurs types d’écriture : la forme de journal, la troisième personne et la première personne en narrateur avec Moon. L’effet melting pot est réussi.

L’intrigue principale est un peu légère, des secrets se découvrent avec 3km d’avance mais le principal objectif de ce livre ne se trouve pas ici, mais dans le bon temps pris en lisant. Bien qu’un certain manque de profondeur se fasse sentir, le livre demeure enthousiaste, drôle et léger. Nous avons un véritable regret que tout se déroule si vite et que nous quittons nos personnages en un claquement de doigt.

Au niveau de l’humour, on ne tombe pas dans la facilité. Fabrice Colin tire beaucoup du comique de situation. Les références et les jeux de mots à d’autres livres, grands thèmes sont nombreux mais difficilement tous identifiables (du moins, par moi). Le détournement d’expression est savoureux, les dialogues sont fantasmagoriques & transcendants et les situations cocasses. On donne dans l’humour nonsense très apprécié par les British. Bref, l’histoire est absurde mais cohérente ; pour notre plus grand plaisir.

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)°º•. Né en 1972, Fabrice Colin est considéré comme un auteur français talentueux et prolixe en littérature de l’imaginaire (romans jeunesse, adultes, nouvelles). Il connait un succès certain, et sait jouer sur divers registres. Et pour ne rien enlever à l’affaire, il est – parait-il – plutôt bel homme.
Son blogson site.
Il y a fort fort longtemps, on parlait d’une susceptible sortie de « A vos amours », qui est toujours très attendue. Mais alors, Monsieur Colin, que faites-vous ?
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Vous aussi vous avez remarqué la nouvelle couverture ?
C’est bien évidemment celle de David Oghia, réalisée dans le cadre des 10 ans de Bragelonne (il a aussi réalisé celle d’Ayesha). Il était temps ! J’avoue, je ne trouve ni l’ancienne de Bragelonne ni celle de J’ai Lu satisfaisantes.
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)°º•. Extrait

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Un petit mot sur cette magnifique lecture commune. En proposant ce livre, j’avoue, je ne m’attendais pas à un tel engouement. Nous étions finalement beaucoup (13 pour nous porter bonheur) et le système d’échanges via mail pouvait poser a priori des soucis de gestion. Cependant, il suffit d’un peu d’organisation pour que tout roule comme sur les roulettes.

J’aime beaucoup – et encore toujours – les lectures communes car elles nous permettent de poser quelques grandes hypothèses, de pointer des détails que nous n’aurions pas vus seul et d’autres éléments d’explication. La troupe était motivée et ces échanges furent un grand plaisir !

Découvrez l’avis des autres participants : Bartimeus, Cœur de Chêne, Endea, Julien, Laure, Lelf, Lhisbei, Olya, Pauline, Phooka & Tortoise.

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Et pour finir, petit cadeau bonus, notre interview de Fabrice Colin :
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Pourquoi ce livre s’intitule-t-il « A vous souhaits » ? Y’a-t-il une histoire particulière liée à ce choix ?

Pas vraiment. Je cherchais une formulation liée à la magie, quelque chose d’un peu léger : « A vos souhaits », c’est l’expression ultime de la pensée magique. On peut difficilement trouver plus primaire.
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Quel mardi doit-on se tenir prêt pour la parution de « A vos amours » ?  De quoi ou de qui parlera ce livre ?

A vos amours est prévu depuis une petite dizaine d’années. Pour l’heure, j’en ai écrit trois chapitres. J’ignore s’il verra jamais le jour.
Le roman raconte la vie de John Moon après les succès que l’on sait.  Notre héros est marié, et sa belle-famille lui pose pas mal de problèmes. Pour ne rien arranger, il veut faire du cinéma. Il y tient, douloureusement.
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Je sais que dans le cochon tout est bon, mais tout de même pourquoi une telle obsession ?

Aucune idée. Si on commence à réfléchir à ce genre de trucs, le monde s’écroule.
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Le personnage de John Moon est-il la représentation de quelque chose ou de quelqu’un en particulier?  Une référence spéciale au batteur de The Who, vous sachant fan de rock ?

John Vincent Moon est un personnage d’un récit de Borges dont j’ai spectaculairement oublié le titre. Il y a aussi des références à Joyce dans A vos souhaits, mais personne ne les voit.
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Concernant le prénom de Prudie, est ce que son prénom vient de l’adjectif prude, car elle a pas l’air très dégourdie pour gérer l’attention que lui porte Gloïn, ou alors est ce que ça vient plutôt de l’adjectif prudente, dans le sens où elle prend vraiment toutes les précautions nécessaires pour John, et où elle est très attentive à lui ? Ou alors peut être que son nom a une autre origine, ou simplement votre imagination ?

Honnêtement ? Je ne me souviens pas. Mais votre analyse, et l’attention que vous semblez porter aux noms et à leur possible signification cachée, me comble de joie.
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Histoire de pinailler, quel est le nom de la deuxième goule du baron Mordayken dont il s’aide pour entreprendre de délivrer le Diable? Parce qu’une petite incohérence s’est glissée dans les deux éditions, et il semblerait que Mordayken ait un bug sur le brave Nozdriov…

On appelle ça une contamination prosaïque : le réel et ses imperfections s’invite dans une mécanique romanesque censément irréprochable. Je suis absolument navré.
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L’elfe qui rate son examen de première année peut-il être une référence prémonitoire à Jean Sarkozy ?

Je ne suis pas sûr que j’aimerais détenir ce genre de pouvoir. Mais Jean Sarkozy mériterait assurément un roman à lui seul. Enfin, disons une nouvelle.
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Pourquoi les dragons sont-ils tenus en laisse ? Avez-vous un grief contre cette espèce ?

Les dragons sont les symboles de l’imagination naïve, de la colère injustifiée et de la fantasy en général : évidemment, qu’il faut les tenir en laisse ! On pourrait aussi leur donner des calmants.
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Le Quartek n’est pas un sport comme les autres… D’où vient-il, de quel sport existant ou imaginé par un autre, vous êtes vous inspiré ?

Le Quartek est un gros bordel : un mélange de Blood Bowl, de football américain et de cour de récréation. A ce stade, si j’ose dire, on ne parle plus d’inspiration, mais de chaos assumé.
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Ce livre peut se lire comme une référence à Terry Pratchett, comparaison facile pour l’humour et la fantasy, Mais y’a-t-il d’autres références ou dédicaces au travers de « A vos souhaits » ?

Je n’ai jamais lu Pratchett, mais je suppose que la référence est inévitable : humour, fantasy => Pratchett. Les références sont plutôt à chercher du côté de P.G. Wodehouse et de mon amour immodéré pour l’Angleterre – son humour tordu et sa grisaille tenace.

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PRATCHETT Terry – Mortimer

10/01/2009 Aucun commentaire

Titre : Mortimer (Les Annales du Disque-Monde, tome 4)
Auteur : Terry PRATCHETT
Plaisir de lecture Livre fantas… tique

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La Mort (sic. de sexe masculin) est fort fatigué de son métier. Il se démène alors pour faire entrer dans son monde, un apprenti, Mortimer ; qui n’avait pas demandé à connaître sa fille, ni devoir subir les mets infectes du cuisinier. Comment ce dernier va-t-il pouvoir assister la Faucheuse sans intervenir dans le meurtre d’une jeune et jolie princesse ?

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La Mort, personnage récurrent des Annales du Disque-Monde mesure 2,10 mètres et est accoutrée d’une longue robe noire. Difficile de passer à côté d’elle, surtout en entendant sa voix grave et masculine. Oui, la mort est un mâle, et il cherche cette fois-ci à comprendre le terme « s’amuser » que les humains de leur vivant, emploient si souvent. Ce roman est attachant et nous entrons de plain pied dans l’univers de la mort et faisons connaissance aux personnes qui l’entourent : Albert, sa fille bien vivante Ysabell. Mortimer, n’ayant rien demandé à personne se retrouve apprenti de la Mort et tente quand même de rester bien en vie. Situations cocasses et surtout inversées, la Mort prend la part belle du gâteau.
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Dans le chaudron :
¤ La huitième couleur, tome 1
¤ Le huitième sortilège, tome 2
¤ La huitième fille, tome 3
¤ Au guet !, tome 8
¤ Eric, tome 9
¤ Le faucheur, tome 11
¤ Mécomptes de fées, tome 12

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CITRIQ

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