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Articles taggués ‘folklore’

CAUSSARIEU Morgane – Rouge venom

11/06/2019 4 commentaires

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Couverture du roman rouge venom de Morgane CaussarieuTitre : Rouge venom, tome 2
Autrice : Morgane Caussarieu
Plaisir de lecture Livre sympa
Tome 1

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Les cadaver sanguisugus doivent trouver un moyen d’arrêter leur prédateur, ennemi numéro 1. Faruk et Barbie sont complètement paumés : qu’attendent-ils de la (non) vie ? Leurs acolytes ne leur facilitent pas la tâche, chacun visant un objectif différent. Il faut trouver un vaccin : une bactérie d’un vampire originel pourrait-elle être une solution ? Il leur faut donc rechercher Gabriel… et se confronter à Sa personne.

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Rouge venom est la suite directe de Rouge toxic. Si vous souhaitez découvrir cette histoire, je vous invite à commencer… par le premier tome ; sous peine d’être spoilé∙e dès les premières lignes (le premier paragraphe !).
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C’est avec entrain qu’on retrouve les personnages de Rouge toxic. Le duo atypique que forment Faruk et Barbie est toujours secondé par les acolytes peu piqués des vers. A contrario du premier tome, tous les personnages passent par la narration à la première personne. Les chapitres s’alternent et s’enchainent, c’est le point fort pour faire vite avancer l’histoire. La multiplication des points de vue apporte des éléments nouveaux. Tous ont une façon de parler, qu’on reconnait par l’utilisation d’un vocabulaire propre et d’un style familier bien marqué.
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C’est un plaisir de retrouver Morgane Caussarieu et ses personnages. La cible « jeune adulte » (young adult) ne lui permet pas de s’attarder sur certaines scènes contrairement à ses autres romans ; notamment Je suis ton ombre que j’ai dévoré. Mais l’hémoglobine est présente par litres entiers. Le tome est plus animal et un poil plus trash même si l’on reste sur un niveau bas/acceptable concernant l’aspect horrifique.
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L’autrice maîtrise les codes liés aux vampires. Pour répondre à la problématique de l’intrigue, elle revient à leurs origines. Elle stipule que « Les gentils vampires n’existent pas » et ne peuvent donc pas échapper à leur nature. Avec « Rouge venom » elle arrive à nous faire aimer les vampires méchants, comparaison plus flagrante face à l’indécision de Barbie et Faruk. Les vampires ne peuvent échapper à leur nature et pourtant Morgane Caussarieu évite toute forme de manichéisme.
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L’atmosphère se révèle plus lourde. Les addictions – alcool, sang, sexe – ont un poids plus important aussi. Le tout est bordé d’un humour noir des plus appréciables. J’ai été un peu gênée par la pusillanimité des personnages – j’y vais, j’y vais pas, j’y vais… – qui pourtant, montre bien l’expectative dans laquelle ils sont plongés. Les actions s’enchaînent et le roman se lit très vite.

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L’encre sous la peau [de l’Ancien] avait étonnamment bien tenu et n’avait pas trop diffusé, pour un type qui avait quoi… mille ans ? Deux mille ? C’était rassurant, mes tatouages ressembleraient encore à quelque chose dans quelques siècles, si je survivais jusque-là. On dit souvent que ça vieillit mal, sauf que moi, à l’époque où je les avais faits, j’étais plutôt du genre autodestructeur et no future, pas encore au courant que je risquais de vivre pour l’éternité.

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Mise en scène du roman "Rouge venom" de Morgane Caussarieu avec des éléments noirs et rouges

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SPJUT Stefan – La chasseuse de trolls

14/05/2019 6 commentaires

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Couverture de "La chasseuse de trolls" de Stefan Spjut, roman paru aux éditions Actes sudTitre : La chasseuse de trolls (Susso, tome 1)
Auteur : Stefan Spjut
Plaisir de lecturenote : 4 Livre à découvrir
Lire les premières pages

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Susso est cryptozoologue et rêve de voir un troll. Alors quand une grand-mère aperçoit un étrange être à travers les carreaux de la fenêtre, Susso fonce jusqu’à ce patelin pour installer un appareil photo à déclencheur par mouvement pour espérer capturer un cliché. Peu de temps après sa visite, le petit-fils venu faire un tour chez sa mamie disparait. Il est connu que les trolls sont particulièrement attirés par les enfants. D’ailleurs, le triste événement rappelle la disparition locale de Magnus voilà vingt-cinq ans.

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La cryptozoologie est l’étude des animaux dont l’existence ne peut pas être prouvée de manière irréfutable. Ce sont les trolls qui passionnent Susso. D’ailleurs, elle leur consacre un site web et rêve d’en voir un de ses propres yeux.
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Dans ce récit, Stefan Spjut nous emmène au contact des habitants. Il prend son temps pour nous lier aux personnages et cela fonctionne. Au fur et à mesure de la lecture, on apprend à connaître les brisures personnelles des personnages.

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On plonge aussi bien dans une partie du folklore scandinave que dans les profondeurs de la forêt. L’ambiance froide est bien retranscrite tout comme la puissance de la nature. Le point central est le peuple des stallos, mieux connus sous le nom de trolls. Ces créatures sont accusées de quelques maux, notamment le kidnapping.
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Les trolls ne sont pas en dehors de la civilisation, comme un lointain mirage mais évoluent au sein de la société : dans le garage des voisins, dans la parcelle forestière d’à côté. Ce qui fait naître un intérêt croissant pour que nous espérions nous aussi, en tant que lecteurs, croiser un troll par les yeux de la protagoniste.

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« La chasseuse de trolls » est le premier tome d’une trilogie nommée « Susso ». Je pensais qu’il s’agissait d’un one-shot. La fin est ouverte et m’a paru un peu étrange mais pas assez pour me convaincre d’une suite ; surtout que je ne connais pas les codes de la littérature suédoise et me suis dit que c’était peut-être une clôture habituelle. À vrai dire, j’aurais aimé savoir qu’il s’agissait d’une trilogie avant de commencer le livre.
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L’atmosphère est marquante car lourde et tout aussi riche. Elle peut s’avérer oppressante à certains moments mais absolument rien d’insupportable, j’estime qu’on est loin du sentiment de malaise permanent.

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Le roman est singulier : ce polar prend une direction fantastique.

La base est policière avec l’enlèvement d’un enfant et l’impact du fantastique nous amène à toujours douter de la réalité. On remet en cause les éléments donnés car ce sont les personnages qui les rapportent : a-t-il vraiment vu ça ? N’exagère-t-il pas la situation ?
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J’ai aimé l’alliance de la modernité de la Suède et de la mythologie scandinave. Ma plongée a été immédiate grâce au réalisme, celui du quotidien : le kilométrage à effectuer et cette fatigue cumulée : sur la route, la neige à gérer, les personne à contacter avant d’arriver chez eux (logique), son entourage à prévenir.
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L’alternance entre deux points de vue permet de garder un certain équilibre. Une partie du jeu consiste à replacer les éléments dans la chronologie, ce qui permet de comprendre ce qui est arrivé. J’ai aimé les indices distillés, la rupture de rythme choisi par l’auteur. Plusieurs récits s’entrecroisent : on ne se trouve pas sur une balade bien balisée. Il faut chercher, s’interroger et se demander avec quelle intensité intervient le surnaturel.

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Couverture du livre La chasseuse de trolls aux éditions Libri Kiadó Couverture du roman La chasseuse de trolls de Spjut aux édiitons forlaget oktober

Mise en scène du livre "La chasseuse de trolls" de Stefan Spjut : plaid pour la neige, une cage pour la chasse et un ruban rouge pour la recherche et le sang

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Cunéipage (Sylvie Sagnes) s’interroge elle aussi sur les dimensions des stallos.

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Illustrations : #01 Couverture des éditions Libri Kiadó ; #02 Couverture des éditions Forlaget Oktober.

CAUSSARIEU Morgane – Rouge Toxic

09/04/2018 11 commentaires

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Couverture du livre "Rouge toxic" de Morgane Caussarieu, publié aux éditions actuSFTitre : Rouge Toxic
Autrice : Morgane Caussarieu
Plaisir de lecture Livre sympa
Lire les premières pages
Tome 2

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Faruk est un buveur de sang, drogué. Une mission lui a été assignée et il lui est vital d’obtenir la récompense promise. Barbara, Barbie de son surnom, a des priorités tout aussi importantes mais bien différentes, comme faire profil bas au lycée.

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La personnalité des deux protagonistes repose sur deux archétypes lycéens. En plus, ils sont tous deux soumis au poids de la figure paternelle et vont devoir rapidement s’émanciper. Ils possèdent un passé et n’arrivent donc pas tels des coquilles vides dans cette histoire.
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Survivre au lycée est tout aussi difficile que de survivre dans les mauvais quartiers en Louisiane. En attendant, l’histoire prend les siens – de quartiers – en Nouvelle-Orléans. Une part du folklore s’éveille, notamment la magie vaudou avec Maman Gédé, le Baron Samedi et le mythe vampirique. D’ailleurs ma lecture m’a amené à m’informer car je confondais souvent Baron Samedi et Papa Legba.

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La plume est toujours mordante. Morgane Caussarieu est moins trash que dans ses précédents romans car elle a adapté son écriture au lectorat ciblé. Alors que ses écrits étaient d’une violence insoutenable pour certains lecteurs, « Rouge Toxic » permet d’être captivé·e par un récit plus modéré. Il s’agit d’un roman de vampire, donc avec un lot d’hémoglobine et quelques goths qui trainent dans les parages et qui se réunissent dans les toilettes (Ah, cela vous intrigue, hein ?)

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Le récit se construit en point de vue alternés entre Barbie et Faruk. L’histoire a été prévisible pour moi. Et s’il ne me restait qu’à dérouler la pelote, j’ai su remarquer la qualité de la laine (métaphore décalée, bonjour). Ma lecture relève plutôt du divertissement que de l’exaltation.
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Morgane Caussarieu maîtrise les codes de la créature légendaire : elle s’amuse des clichés, fournit des clins d’œil à des références et écrit quelques contre-pieds aussi. Le roman qualifié pour « jeune adulte » (young adult) est très rythmé. Concernant les sentiments, on est davantage sur de la séduction que sur de la romance à proprement parlé (donc tout à fait acceptable si vous avez le même profil de lectrice que moi). L’autrice n’oublie pas non plus d’inclure une touche humoristique et conclut avec une fin ouverte.
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La couverture attirante a été réalisée par Alexandra V. Bach.

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Allisonline, Blog-O-Livre (BlackWolf)Hilde (Le livroblog) Les lectures de MarieJuliet, ont aussi traîné leurs guêtres au Mission High School.

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ILLIANO Rozenn – Notre-Dame de la mer

08/12/2016 8 commentaires

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notre-dame-de-la-mer-rozenn-illianoTitre : Notre-Dame de la mer
Autrice : Rozenn Illiano
Plaisir de lectureetoile 4 Livre à découvrir
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Après l’hospitalisation de sa grand-mère, Nellig se rend en Bretagne afin de s’occuper de la maison. Elle est bloquée sur les lieux par une tempête imminente, elle en profite tout de même pour se balader et (re)sentir la mer qui fait refluer de nombreux souvenirs. Mais le séjour ne se déroule pas sous les meilleurs auspices.
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Le froid est une étreinte, le sel une drogue, le vent une promesse.
Je deviens la mer.
Un rire étrange qui voulait naître sur mes lèvres s’étouffe de lui-même.
Puis je reviens à moi.

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La plume de Rozenn Illiano est une valeur sûre pour moi. Comme pour chacun de ses écrits, l’univers est amené avec finesse. La plongée dans l’ambiance est immédiate. C’est comme si elle nous demandait de fermer les yeux et de créer un monde sous nos paupières par les simples mots qu’elle énoncera doucement de sa voix chaude.

Un écrit de cette autrice est un texte à découvrir, une expérience à vivre. Lire la suite…

HAUCHECORNE Anthelme – Le Carnaval aux Corbeaux

30/03/2016 21 commentaires

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Le carnaval aux corbeaux Anthelme Hauchecorne Le nibelung tome 1Titre : Le Carnaval aux Corbeaux (Le Nibelung, tome 1)
Auteur : Anthelme Hauchecorne
Plaisir de lectureetoile 4 Livre à découvrir
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Ludwig Poe, 13 ans, est enfant unique. Il est fasciné par le surnaturel et tente de communiquer avec l’au-delà. Lors de la semaine de Totenwoche, un étrange carnaval s’installe à Rabenheim. Étrangement, c’est à ce moment-là que le jeune garçon découvre une lettre laissée par son père, disparu depuis longtemps. Avec l’aide de son ami Gabriel Grimm, il remonte la piste des quelques mots couchés sur le papier.

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Le Carnaval aux Corbeaux arrivee

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)°º•. Ce roman chorale se base sur trois arcs narratifs : Ludwig Poe, fervent défenseur du paranormal ; Gabriel, son meilleur ami, un enfant lambda – qui ne possède aucune compétence – issu de la généalogie Grimm ; Julia, sa mère, plus mature mais aussi plus terrorisée par les actions de son fils qui ne semble pas avoir de garde-fou.
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Les personnages secondaires sont aussi hauts en couleur : curieux, saugrenus et décalés. Les créatures bizarroïdes sont de la partie tout comme des machines farfelues. Un vrai bestiaire barré.

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Le Carnaval aux Corbeaux certificat Borvganum

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