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PEVEL Pierre – Les Lames du Cardinal

26/04/2018 11 commentaires

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Couverture "Les lames du cardinal" de Pierre Pevel : tome 1Couverture de la trilogie "Les lames du cardinal" de Pierre Pevel : tome 2 titré l'alchimiste des ombresCouverture de la trilogie "Les lames du cardinal" de Pierre Pevel : tome 3 nommé le dragon des arcanesTitres : Les Lames du Cardinal tome 1, L’alchimiste des ombres tome 2, Le dragon des arcanes tome 3

Auteur : Pierre Pevel
Plaisir de lecture Livres sympa

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1633, Richelieu veille sur le présent et le devenir de la France. Afin de renforcer sa gouvernance, il reforme la compagnie des Lames du Cardinal. Les dragons menacent le royaume et il devient vital de contrecarrer leurs plans.

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Le roman s’ouvre sur le Cardinal Richelieu en train de caresser son dragonnet domestique tout en réglant quelques menues affaires étatiques. De l’équipe des Lames, je n’en détaillerai pas les membres qui la composent pour vous laisser les découvrir. Ces hommes sont des élites, la crème de la crème ; c’est pourquoi ils « reprennent du service ». Pierre Pevel intègre des personnages sans que l’on connaisse leur véritable identité pour mieux brouiller les pistes. Dans l’ensemble, j’ai trouvé qu’ils étaient souvent définis par un seul trait de caractère ; celui qui va servir l’intrigue. J’ai trouvé dommage que la globalité de leur personnalité ne soit pas mieux exploitée.

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C’est l’intégration des dragons qui a suscité tout mon intérêt. Il existe trois types de descendants : ceux qui servent de moyen de transport, ceux qui deviennent des familiers et ceux de forme humaine. Ce sont ces derniers qui cherchent à mettre la main sur toute l’Europe. Entre autres, on apprend que la santé d’un individu dépend de l’équilibre de quatre humeurs : le sang, la bile, la phlegme et l’atrabile. Il en existe une cinquième, l’obâtre, propre à la race des dragons. Est liée le problème de la ranse, une maladie transmise par les dragons ou provoquée par les effets nocifs de leur magie.

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Cette trilogie est un hommage aux romans de cape et d’épée. Le soupçon de magie dans un récit réel entraine un mélange équilibré pour de la fantasy historique qui tient la route.
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Tous les éléments s’y trouvent : complots, trahisons, alliances nouées, désunions, périls, rebondissements, duels, jeux, alcool, traquenards, amours impossibles et héros sauvés in extremis. Le rythme des actions s’enchainent sans forcément avoir la possibilité de les apprécier à leur juste valeur. La lutte entre les clans, noir et blanc fait aussi une place à quelques individus « gris ».
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Ceci dit, j’ai trouvé que la magie impactait bizarrement l’univers ; par exemple, les informations de priorité absolue circulent encore à cheval sous la forme de lettre plutôt qu’à dos de dragon – wyverne – moyen de transport sûr et rapide. Le chapitrage varie d’un livre à l’autre et la longueur des parties est un peu étonnante.

Le récit se lit d’une traite jusqu’à la fin qu’on peut qualifier de grandiloquente. Cependant, j’ai trouvé que le thème des dragons était peu creusé. Et quand bien même j’essaie de dédaigner l’aspect « romans à succès », je pense que j’ai été influencée et m’attendais à un récit qui allait davantage m’entraîner dans un univers où le thème des dragons aurait été plus creusé. La trilogie reste une lecture plaisante.

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Illustration de Loïc Muzy de la trilogie "Les lames du Cardinal" de Pierre Pevel Illustrations de Loïc Musy pour le jeu de rôle "Les Lames du Cardinal" aux éditions Sans détour

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Souvenir de lecture : Livres gagnés lors des deux ans de blogging de Bouch’ (en 2014) (oui, bon…)

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Logo défi Valériacr0Pour le mois d’avril, Valériane souhaitait me faire avancer dans mon défi « Fin de série« … en me faisant commencer (hum ?) une série. On ne peut pas réellement parler de « nouvelle série » puisque je l’ai acquise il y a quelques années. Comme il s’agit d’une trilogie entièrement publiée – depuis plusieurs années, on a compris – j’ai décidé de m’auto-challenger en ne lisant non pas le premier tome comme l’avait choisi ma binômette mais toute la série.

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Lutin82 (Albédo) s’est aussi promenée dans un Paris draconien.

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Illustrations de Loïc Musy pour le jeu de rôle « Les Lames du Cardinal » aux éditions Sans détour

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CAUSSARIEU Morgane – Rouge Toxic

09/04/2018 8 commentaires

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Couverture du livre "Rouge toxic" de Morgane Caussarieu, publié aux éditions actuSFTitre : Rouge Toxic
Autrice : Morgane Caussarieu
Plaisir de lecture Livre sympa
Lire les premières pages

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Faruk est un buveur de sang, drogué. Une mission lui a été assignée et il lui est vital d’obtenir la récompense promise. Barbara, Barbie de son surnom, a des priorités tout aussi importantes mais bien différentes, comme faire profil bas au lycée.

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La personnalité des deux protagonistes repose sur deux archétypes lycéens. En plus, ils sont tous deux soumis au poids de la figure paternelle et vont devoir rapidement s’émanciper. Ils possèdent un passé et n’arrivent donc pas tels des coquilles vides dans cette histoire.
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Survivre au lycée est tout aussi difficile que de survivre dans les mauvais quartiers en Louisiane. En attendant, l’histoire prend les siens – de quartiers – en Nouvelle-Orléans. Une part du folklore s’éveille, notamment la magie vaudou avec Maman Gédé, le Baron Samedi et le mythe vampirique. D’ailleurs ma lecture m’a amené à m’informer car je confondais souvent Baron Samedi et Papa Legba.

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La plume est toujours mordante. Morgane Caussarieu est moins trash que dans ses précédents romans car elle a adapté son écriture au lectorat ciblé. Alors que ses écrits étaient d’une violence insoutenable pour certains lecteurs, « Rouge Toxic » permet d’être captivé·e par un récit plus modéré. Il s’agit d’un roman de vampire, donc avec un lot d’hémoglobine et quelques goths qui trainent dans les parages et qui se réunissent dans les toilettes (Ah, cela vous intrigue, hein ?)

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Le récit se construit en point de vue alternés entre Barbie et Faruk. L’histoire a été prévisible pour moi. Et s’il ne me restait qu’à dérouler la pelote, j’ai su remarquer la qualité de la laine (métaphore décalée, bonjour). Ma lecture relève plutôt du divertissement que de l’exaltation.
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Morgane Caussarieu maîtrise les codes de la créature légendaire : elle s’amuse des clichés, fournit des clins d’œil à des références et écrit quelques contre-pieds aussi. Le roman qualifié pour « jeune adulte » (young adult) est très rythmé. Concernant les sentiments, on est davantage sur de la séduction que sur de la romance à proprement parlé (donc tout à fait acceptable si vous avez le même profil de lectrice que moi). L’autrice n’oublie pas non plus d’inclure une touche humoristique et conclut avec une fin ouverte.
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La couverture attirante a été réalisée par Alexandra V. Bach.

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Allisonline, Hilde (Le livroblog) ont aussi traîné leurs guêtres au Mission High School.

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COMBREXELLE Anthony – Presque Minuit

24/01/2018 8 commentaires

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Couverture du livre "Presque minuit" de l'auteur Anthony Yno Combrexelle. Elle représente un cadran d'horloge doré sur un fond sombreTitre : Presque Minuit
Auteur : Anthony « Yno » Combrexelle
Plaisir de lecture Livre sympa
Feuilleter les premières pages
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Moignon, Allumette, Bègue, Morve, Boiteux et Pleurs sont orphelins et devenus gamins des rues. Détrousseurs réguliers, ils dérobent le mauvais objet à la mauvaise personne. À l’ouverture de l’exposition universelle de 1889, il ne fait pas bon de s’attirer les foudres de créatures inconnues. Leur mésaventure va les obliger à traverser tout Paris.

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Les orphelins portent tous des surnoms qui leur correspondent mais parfois je les confondais ; ce qui n’a pas facilité ma compréhension des premières pages. En revanche, j’ai très bien compris l’objet de leur filouterie et j’ai été immergée facilement dans l’univers.
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Anthony Combrexelle nous entraîne dans les rues de Paris en 1889. La Belle Époque invite aisément le steampunk entre ces pages. Il sera aussi question d’éther, de sorcières et d’automates. Ici, je considère le steampunk comme léger puisque le récit ne repose pas sur de grosses machineries rutilantes ni de machines à vapeur boulonnées. Je n’ai pas relevé la présence d’éléments anachroniques si ce n’est l’objet volé (bien qu’il n’existe pas dans notre époque non plus) (enfin, pas à ma connaissance).
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Cet aspect industriel fait de cuivre, de bois et de cuir forge forme un environnement intéressant pour dérouler une (en)quête fantastique et dangereuse. La course-poursuite est parsemée de cambriolage, de fusillade, et de combat au corps à corps. Les orphelins apprennent très vite qu’on ne joue pas impunément avec le temps.
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Ce roman jeunesse repose sur un récit rythmé. Anthony Combrexelle propose une aventure qui se lit d’une traite. Dans un univers qui tient d’aplomb, on profite instantanément de l’écriture d’un auteur qui connait ses classiques et en joue. Cette histoire est chouette et ne repose pas que sur une course contre la montre (hinhin).

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Le logo du livre Presque Minuit d'Anthony Combrexelle est une horloge steampunk dorée

La couverture de Presque minuit, livre d'Anthony Combrexelle brille au soleil La couverture du livre presque minuit écrit par Anthony Combrexelle est en relief

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GAIMAN Neil – Des choses fragiles

04/05/2010 24 commentaires

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Des choses fragiles GaimanTitre : Des choses fragiles – Nouvelles et merveilles
Auteur : Neil Gaiman
Plaisir de lecture : etoile 3 Livre sympa peu s’en faut

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Avec ce recueil de nouvelles et autres merveilles, Neil Gaiman met l’accent sur les idées. Ces petites choses fragiles, quelques fois minuscules, quelques fois tarabiscotées, peuvent être mises sur papier pour répondre généralement à une demande. Neil Gaiman a voulu leur donne un foyer intemporel au sein de cet ouvrage.

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)°º•. Ces 31 nouvelles et poèmes sont toutes aussi différents les uns que les autres. Ils ont été écrits dans un cadre limité car Neil Gaiman ne les invente que sur commande. Les thématiques généralement en sont précises et sont écrites en vue de figurer dans des revues, dans des anthologies, pour ses enfants ou pour des événements. C’est sans aucun doute la richesse de ce recueil car l’hétérogénéité est de mise et est une agréable surprise pour le lecteur.

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Le côté bordélique présenté par l’auteur est sympa : il organise ses nouvelles selon ses propres envies et il ne tient qu’à nous de lire ce livre comme il nous chante : il n’y a pas d’obligation de lire les nouvelles les unes à la suite des autres, mais est privilégiée la pioche. La lecture de cette mosaïque est facilitée par la présence d’une introduction rédigée par Neil Gaiman qui permet, en outre d’expliquer la genèse de chaque récit.

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Des choses fragiles 01Neil Gaiman propose ici plusieurs univers, merveilleux et horreur s’y côtoie. Il est quelque fois, difficile de s’introduire dans un monde si singulier. J’avoue que les nouvelles lugubres n’ont pas eu mes préférences et à l’inverse, certaines ont simplement retenu mon attention dont notamment ‘la présidence d’Octobre’, ‘l’heure de la fermeture’ et ‘le jour de l’arrivée des soucoupes’. La seule nouvelle qui est un véritable coup de cœur pour moi s’avère être ‘le cartographe’ qui se situe en réalité dans l’introduction ! L’intérêt de bouquin se trouvera pour moi, dans l’interview de l’auteur présentée en annexe. Le reste m’aura quelque peu ennuyée et j’ai déjà oublié certains récits. Pour le coup, avec ce livre, je reste sur ma faim.
De Gaiman, je sais apprécier ses romans, mais en tant que nouvelliste, je passe allègrement mon chemin. Au vu des gratifications littéraires reçues, il va s’en dire que je ne suis pas faite pour ce « genre ».
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Neil Gaiman se plait à être nouvelliste car cela lui permet d’offrir un support à certaines de ses idées. Il y a des thématiques qu’il ne souhaite pas aborder sous la forme de roman. Il indique qu’il préfère passer quelques heures, un week-end ou une semaine sur une thématique d’horreur pour une nouvelle plutôt que 18 à 24 mois pour un roman.
Notons par ailleurs que les nouvelles et autres récits ont reçu de belles récompenses :
– Prix Hugo de la meilleure nouvelle en 2004.
– Prix Locus de la meilleure nouvelle en 2003, 2004 et 2005 !

Mention spéciale à la couverture, qui vraiment, traduit fort bien le contenu…

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)°º•. Gaiman, Neil de son petit prénom n’est plus à connaitre, tout le monde a déjà entendu parler de lui – du moins, j’ose espérer –. C’est un auteur britannique vivant aux USA et qui a fait son petit trou dans les rideaux du devant de la scène de la littérature fantastique (reprenons notre souffle). Comics, romans et nouvelles, Neil Gaiman a plus d’un tour dans son sac.
Son site/blog, son twitter.

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Dans le chaudron :
¤ Coraline,
¤ De bons présages,
¤ Neverwhere.
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Au fil de mes lectures (La liseuse) et Raison & Sentiments (Matilda) en parlent aussi.
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BLANCK Jean-Sébastien – Chronique du bon roi Philibert

05/03/2010 6 commentaires

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Chronique du bon roi Philibert BlanckTitre : Chronique du boi roi Philibert
Auteur : Jean-Sébastien Blanck
Illustrateur : Jonathan Bousmar
Note : etoile 3 Livre sympa

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Proches de la France, existent deux royaumes, Neustrie et Austrasie, où respectivement règnent Adalbéric et Philibert. Ces deux rois fainéants sont sans pouvoir ni autorité. Le véritable seigneur demeure le maire du Palais.

Et en monarchie Philibertenne, c’est Pépin, son oncle qui siège. Cependant, le Roi Philibert a le don de formuler des songes fantastiques lors de ces nuits. Afin d’être adulé par son peuple, il décide de les lui raconter. C’est son bouffon Clodomir, surnommé « Crieur de rêves » qui se met ardemment à la tâche. Pour sublimer le tout et être davantage apprécié, le Roi Philibert annonce que ses songes sont en fait… des prophéties. Et au grand plaisir de la foule, il décide d’en réaliser quelques unes.

Emporté dans son élan, le Roi Philibert dépense des fortunes au risque que le royaume devienne sans le sou. Il s’attire la jalousie de Pépin son oncle et de l’Abbé Saint Arnauld. Ses rêves deviennent de plus en plus démesurés et un drame se trame…

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Chronique du bon roi Philibert 01)°º•. Cette chronique est découpée en petits chapitres et expose une fresque médiévale étonnante.
La complicité avec les lecteurs se créé dès les premières pages quand le narrateur les prend à partie et les tutoie. Le vocabulaire reste relativement simple et les propos sont relativement fins et peu choquants pour raconter la guerre, la lutte du pouvoir, la jalousie et le complot.
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Édité dans la catégorie « Histoires d’en rêver » des éditions Alzabane, l’album permet de stimuler l’imagination des 9-12 ans. Comme toute bonne histoire de jeunesse qui se respecte, il faut y trouver une belle morale en dernières lignes. Jusqu’où et que sacrifier pour ses rêves en reste le thème principal.
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Cependant, j’émets une retenue certaine : si les enfants prennent un raccourci tendancieux mais non moins réaliste, on arrive au fait qu’il ne faille pas raconter ses rêves sous peine d’être puni ?
Un peu limite quand on sait la place importante que prennent rêves et cauchemars dans la vie d’un enfant, surtout qu’ils sont assujettis à une imagination débordante et que ressurgissent certaines peurs… Mais je suis la seule lectrice à trouver ce point litigieux.

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)°º•. Par contre, grand bonheur à la découverte des illustrations.
Chaque illustration peint à la mode moyenâgeuse chaque décor, personnage et détail. Les aquarelles sont truffées de détails, certains burlesques. Et c’est un immense plaisir que de contempler de fond en comble chaque page pour trouver ces petits ornements délicieux.
A chaque double page, dessins et textes se mélangent adroitement et proposent une composition différente de la page précédente.

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Chronique du bon roi Philibert 03  Chronique du bon roi Philibert 02

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)°º•. Biographies
¤ Jean Sébastien BLANCK ; Né en 1970, à Paris, il est un auteur de contes et fables. Il créé en 2007, Alzabane Editions dont il est le principal auteur.
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¤ Jonathan BOUSMAR. Par Alzabane Editions : Né en 1984, il est l’un des jeunes talents de l’illustration jeunesse de Bruxelles. Par son sens du détail, du comique et de la caricature, il s’inscrit avec succès dans le genre de la caricature sociale et de la tradition de Daumier.
Son site web est vraiment à découvrir !

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A partir de 10 ans (9 ans si accompagnée)
Reliure cousue
52 pages, 20 illustrations
Format 13×15 cm

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 Chaise longue et bouquins et Histoire de lectures ont aussi crié leurs rêves.

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RICE Anne – L’heure de l’ange

17/02/2010 24 commentaires

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Couverture du roman "L'heure de l'ange" d'Anne Rice : aile blanche sur fond noirTitre : L’heure de l’ange
Auteur : Anne Rirce
Plaisir de lecture : etoile 3  Livre sympa

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Lucky le Renard. Perfectionniste de son état, dénué de sentiments, Lucky achève toujours ses missions de manière rapide et professionnelle. C’est pour les gentils, qu’il travaille. Enfin, qu’il essaye de se persuader. Le FBI et Interpole n’arrivent pas à le nommer : ils restent pour eux, un mode opératoire. Sous les ordres de l’Homme Juste, il tue froidement ses cibles avec une précision et une délicatesse extraordinaires.

Difficile de croire avec les besognes abattues, qu’il y a réellement un homme derrière cette ombre… alors qu’il se révèle passionné de luth et lecteur fébrile de livres traitant sur le sujet du moyen-âge. Lucky le Renard n’existe pas : connu sous diverses identités anonymes, connu comme une simple image floue des caméras de surveillance par le FBI et Interpol, Lucky vit sa vie… sans témoin.

L heure de l ange 01Actuellement résidant en Californie, le cœur de Lucky bat à l’unisson avec Mission Inn et San Juan Capistrano. Il se perd dans la contemplation de leurs églises et cathédrales, dans ces petits détails médiévaux, dans leur reconstruction et dans leur Histoire au fil du temps. Il aurait voulu être prêtre. Dès son enfance, il se voit plutôt dominicain bien que les prédications franciscaines l’attirent tout aussi. Cependant, bouleversé par la découverte du luth lors d’un opéra, Lucky à 12 ans, veut profiter des plaisirs de la vie et devenir un homme du monde.

Son plus grand plaisir est certainement « sa » suite à Mission Inn : il y va chaque fois qu’il peut : admirer la fresque plafonnière, profiter du lit à demi-baldaquin, jouer du piano à queue ou simplement s’asseoir à la magnifique table de granit. En ce moment, Lucky a peu de repères, il ne croit pas en Dieu, et se surprend à espérer pouvoir emmener ses livres historiques s’il devait aller en prison.

Ce matin, il reçoit un appel téléphonique de l’Homme Juste. Sa prochaine mission se déroule à Mission Inn, dans SA suite. Difficile de voir ce chez-lui se transformer en lieu d’une tâche professionnelle. Quelque peu ébranlé, il va devoir encore tuer. Mais la proximité entre son semblant d’intimité et sa charge le trouble plus que de raison.

Lucky, lui toujours si discret et invisible aux yeux des autres, se retrouve épié par d’étranges yeux bleus. Malchiach, propriétaire du regard azuré lui parle de son passé. Lucky ou Toby O’Dare, quelle différence ? Déconcerté, Lucky ne sait plus à quels saints se vouer…

Malchiach lui propose un pacte : sauvegarder des vies plutôt que de les voler. Se retrouver, se réinventer… et aider autrui. Le voilà catapulté au XIIIe siècle , au cœur de la juiverie de Norwich, à défendre un couple des persécutions d’émeutiers chrétiens.

Etrange rêve ou douce folie ?
L’heure de l’ange est capable de l’emmener… bien loin.

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L heure de l ange 02)°º•. Qu’il soit Toby O’Dare ou Lucky le Renard, il n’en reste pas moins indifférent.
Dès les premières pages, on approche Lucky le Renard dans son quotidien : sans nous révéler quoi que ce soit vis-à-vis de sa personne ou de son histoire, il va nous conter ce qu’il l’aime, le passionne ou ce qui l’irrite.
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C’est un bonheur de se balader au chant de sa description de ces lieux saints vénérés, de leur prodigiosité ou de leurs fonctions extraordinaires. C’est par rapport aux choses, que Lucky se dévoilera : la présentation des fresques tant aimées, du son de la chaussure sur les pierres bancales ou encore de la fraicheur des arches de divers endroits.
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L’histoire est majoritairement contée par Lucky le Renard, à la première personne du singulier. Pourtant, tour à tour, ce sont les autres personnages qui vont devenir narrateur au cours d’un ou plusieurs chapitres. Et c’est finalement grâce à ces morceaux assemblés que Luky le Renard va quitter cette enveloppe anonyme pour devenir quelqu’un à nos yeux.
Petit à petit on se rapproche de sa personnalité et de son passé pénible, à cette personne blessées aux idéaux noyés, à cette figure solitaire. Irrémédiablement, on s’attache à lui.

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L heure de l ange 03)°º•. Comme toujours,  Anne Rice nous transporte littéralement : commencer un de ses livres, c’est être plongé directement en son cœur, c’est entrer naturellement dans son univers, c’est être happé par l’histoire. Il en convient que le travail de traduction y est aussi dans la réussite de cette immersion totale.
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Elle nous entraine tour à tour à différentes époques, actuellement, vingt ans en arrière ou encore au XIIIe siècle. Invariablement, elle nous emmène dans différent lieux, avec la vieille Europe et la Nouvelle Orléans, si chères à son cœur.
Le tourbillon est mené d’une main de maitre : tous les aspects – lieux, époques, personnages – nous révèlent judicieusement par petites touches, l’aspect psychologique.
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Le thème principal et non moins très fort se concentre sur la civilisation juive médiévale, avec les relations entre chrétienté et judaïsme à une époque ou les persécutions des révoltés démarraient au quart de tour.

La grande présence de la religion ne doit pas rebuter ; bien que soient mis en avant les ordres des mendiants (prêcheurs dominicains et franciscains), les confessions chrétienne et juive, le livre est ouvert à et compréhensible par tout le monde.

Il existe des lecteurs qui n’aiment ou ne poursuivent pas leur lecture, au premier mot de « religion » rencontré ; qu’ils soient d’une autre confession que celle présentée ou athés (ou agnostiques). Cependant, avec l’heure de l’ange, on peut se rendre compte que ces religions révèlent un fond de toile intéressant pour une histoire captivante.
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Le travail de recherches, bien qu’utilisé naturellement pour le roman, se ressent. Les documents pris en appui sont nombreux et quelques uns sont cités en bas de page et à « la note de l’auteur » en fin de livre. Cette fonction est d’autant plus importante à l’histoire qu’elle l’enveloppe d’une véritable authenticité et permet au lecteur de pénétrer les pages. de notre nouvel amour, Lucky.

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Bon, en soit, l’histoire m’a plu. Bon, en soit, on attend forcément « mieux » d’Anne Rice. Elle nous a habitué dans ses romans fantastiques, à mêler le monde réel avec celui plus invisible. Elle a su nous emmener dans des intrigues très bien ficelées, avec un travail d’écriture époustouflant qui demande généralement et imagination débordante et efforts « techniques » pour un roman quasiment parfait. Ici, la deuxième partie du roman est un peu plus lâche que la première et un peu décevante. Certaines « solutions » s’avèrent un peu tirées par les cheveux et le rythme, mollasson. Alors sont-ce de réels défauts, ou une projection du lecteur qui veut toujours « plus », toujours « mieux » de la part de l’auteur ?

La seule chose qu’on pourrait reprocher à ce roman est sa brièveté. 270 malheureuses pages se révèlent bien trop courtes ! Surtout lorsqu’on est habitué à un tome de deux tiers supérieurs à celui-ci… qui prend sa place au sein d’une trilogie.

Anne Rice qui a déclaré être athée prend un chemin différent dans sa vie personnelle avec l’envie de « glorifier » Dieu. Et c’est avec « l’heure de l’ange » sans aucun doute que ce tournant s’inscrit dans sa vie d’écrivain.

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Anne Rice nous entraine en différents lieux et époques pour nous offrir un roman sur l’univers des anges, de leurs relations particulières avec les humains. Le thème de la civilisation juive médiévale est le bâti de l’histoire. Menée joliment, l’histoire de Lucky le Renard se découvre par petites touches. Mais malheureusement, avec cette nouvelle trilogie, elle ne comble pas nos espérances, elle se perd un peu en chemin et rend le tout un peu brouillon.

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Anne Rice)°º•. Biographie
Anne RICE, écrivain américain aux 100 millions de livres vendus, devient un des auteurs « actuels » les plus lus. Auteur des célèbres trilogie des vampires et trilogie des sorcières Mayfair, elle a écrit pas moins 22 de romans fantastiques, de nouvelles ou encore de livres à thème religieux. Elle est notamment connue pour ses histoires mêlant l’épique au style baroque et aux intrigues de différentes époques.

¤ Pour une fois, on ne pourra rien reprocher à des éditions françaises dans un titre traduit, judicieusement et sans faux-pas par rapport au titre anglais « Angel Time : The Songs of the Seraphim ». L’heure de l’ange

¤ Notons aussi que la couverture des Editions Michel Lafon est superbe : Une aile blanche sur un grand aplat noir et mat. Avec un vernis sélectif pour le nom d’Anne Rice. D’accord, l’aile est jolie, cependant, tout petit regret de la retrouver seule, en illustration à côté du titre du chapitre.

est un concept à découvrir entre les pages…

Je ne manquais jamais de m’aventurer dans le restaurant pour déjeuner. La piazza était magnifique, avec ses hauts murs percés de fenêtres arrondies et de terrasses semi-circulaires ; je sortais le New York Times, que je lisais tout en déjeunant à l’ombre de dizaines de parasols rouges.
Mais l’intérieur du restaurant n’était pas moins attirant, avec ses murs recouverts de carreaux de faïence bleu vif et ses arches beiges artistement peintes de plantes grimpantes. Le plafond à solives figurait un ciel bleu avec des nuages et même de minuscules oiseaux. Les portes de plein cintre à meneaux étaient couvertes de miroirs, tandis que d’autres laissaient passer le soleil venant de la piazza. Le bavardage des gens rappelait le murmure d’une fontaine.
Je me promenais, dans les couloirs sombres, sur des tapis poussiéreux, de styles différents. Je m’arrêtais dans l’atrium devant la chapelle Saint-François, contemplant l’embrasure lourdement sculptée, chef-d’œuvre en ciment moulé de style churrigueresque. Cela me réchauffait le cœur d’entrevoir les préparatifs de mariages, inévitablement luxueux et apparemment interminables, avec leurs buffets dressés dans de l’argenterie sur des tables drapées de nappes autour desquelles s’affairait le personnel.
Je montais jusqu’à la plus haute véranda et, appuyé sur la balustrade en fer laquée de vert, baissais les yeux vers la piazza du restaurant et l’énorme horloge située en face. J’attendais souvent son carillon, qui sonnait tous les quarts d’heure. Je voulais voir ses gros chiffres bouger lentement.
Un élément très puissant m’attire vers l’horlogerie. Quand je tuais quelqu’un, j’arrêtais sa montre. Et que font les horloges, les pendules, les montres, sinon mesurer le temps dont nous disposons pour devenir quelqu’un, découvrir en nous quelque chose dont nous ignorions la présence ?

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HOLSTEIN Eric – Petits arrangements avec l’éternité

10/02/2010 12 commentaires

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Petits arrangements avec l eternite HolsteinTitre : Petits arrangements avec l’éternité
Auteur : Eric Holstein
Plaisir de lectureetoile 3 Livre sympa

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Aujourd’hui, ou presque. Paris. Ils vivent heureux. Eugène s’extasie devant les acquisitions d’art de sa nouvelle demeure. Grace s’admire le silicone de seins refaits à neuf ; mais en mieux. Slawomir cuve sans aucun doute un Lafite Rothschild à l’ombre de son pont. Sauf que… Grace n’a pas pu s’empêcher de révéler leur petit secret à Lashandra, son ex golden boy indien. Et lui, veut être de la partie. Question emmerdement, Grace se pose là. Eugène ne supporte plus son ex et Slawomir est près à cracher sa goulée. Les voilà traqués par les Gin Ko Shikari qui rêvent de les éradiquer, ils font face à une secte de javellisés à l’éther et les ancêtres se réveillent. Bienvenue chez les vampires holsteiniens !

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)°º•. Eugène traine sa peau d’appartement en appartement. Il a un goût prononcé pour l’Art peinturesque. Il choisit ses demeures en fonction de leur prestige : bien souvent quand ses propriétaires sont absents. Il découvre parmi les trésors cachés, une superbe machine à écrire rose. C’est le coup de foudre, il la vole. C’est d’ailleurs grâce à ses écrits que nous pouvons lire ce livre… Il vivait une vie heureuse avant que Grace ne réapparaisse encore une fois dans son sillage. Grace, c’est la femme de la campagne, venue à la ville pour démontrer son talent et qui finit par vendre ses charmes. Eugène l’a alors révélée et commence un long calvaire de devoir la supporter, car « l’éternité c’est long, surtout vers la fin ». Siliconée puissance dix, Grace a révélé leur mystère commun à son plein-de-pognon actuel. Lashandra, indien d’origine et épilé des valseuses de son état, veut être dans le coup. Et quoi de mieux d’être prêt à tout pour obtenir l’inimaginable.
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Nos deux compères sont donc obligés de soutirer un peu d’aide de l’Ancien, Slawomir. Ce dernier ne s’intéresse qu’à la boisson de (très grande) qualité. Il cuve généralement sous le pont, la nuit et radote toujours les mêmes inepties quant à la fausse découverte de l’héliocentrisme par son grand concurrent, Copernic.
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Histoire de corser le tout, ils vont être attaqués par les Gin Ko Shikari, littéralement les tueurs d’ombre, une secte hindoue décidée à éradiquer les vampires. Sur ce problème-là, s’ajoute des vampires d’autres lieux, qui se shootent à l’Ether et qui sont rappelés par les Ancêtres, eux-mêmes réveillés par la couillonnade de Grace. Ça promet !
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Oui, vous l’aurez compris, cela promet pas mal d’actions : des bagarres dans tous les coins, des courses poursuites qui n’en finissent plus et des plans et stratagèmes dans tous les sens. Qu’on le sache, les bagarres sont un tantinet répétitives et tiennent en beaucoup de pages. Sincèrement, elles ne servent pas du tout la plausible dynamique du récit. Quand à l’intrigue, elle est relativement passable. Ne vous attendez à une histoire gargantuesque d’imagination, les vampires holsteiniens sont peut-être un peu « nouveau genre », mais c’est bien tout. Le côté loufoque n’est pas très réussi, j’ai eu la chance de connaître et de lire du Christopher Moore et son sot de l’ange. A côté de ce petit bijou humoristique et farfelu, Holstein n’arrive qu’à la deuxième place et loin derrière. Quant à la fin, je la trouve trop grandiose, du too much qui finit en « pan dans ta gueule », dommage.
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Petits arrangements avec l eternite Holstein jacquette

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)°º•. La stéréotypie des personnages n’aide en rien à leur attachement.
D’accord, Eugène éveillé dans le début du vingtième siècle est un argoteur de première, quelque peu amateur d’art mais sans aucun doute profiteur. Grace, née vampire dans les années 30 utilise son côté garce et son côté bombé façon silicone pour harponner les crésus. Slawomir est un clochard alcoolique qui tourne encore autour du principe que la Terre est au centre de l’univers ; et enfin Eddie qui se désigne lui-même par son unique aspect bestial.
Alors oui, leur stéréotype est clairement handicapant.
Ceci dit, ma toute petite préférence va à Maximilien : vampire très imposant de pas son physique et son aura noire et impénétrable ; il est, en sus, plutôt grande gueule et sûr de lui. Un vampire qui impose de toutes ces manières ne peut que forcer mon respect… et obtenir mon admiration.
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Cependant, les vampires holsteiniens sont un peu nouveau genre, car ils…
– ne sont pas sexy : ils rotent, pètent et cuvent leur alcool,
– ne sont pas morts, mais bien vivants et immortels,
– ne dorment pas dans des cercueils à longueur de journée,
– ne craignent pas les crucifix, ni l’ail et pas spécialement la lumière,
– ne se nourrissent pas de notre sang mais de nos émotions et souvenirs,
– sont plus rapides et plus forts que les humains,
– naissent « humain » avec un potentiel pour devenir vampire ou non.

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)°º•. En ce moment (et ce, depuis plusieurs mois), les « vampires » sont un instrument marketing… ayant le vent en poupe. Le grand tort que je reprocherai au livre d’Holstein est finalement d’utiliser « forcément Paris », car « forcément Paris », c’est forcément le « lieu saint » des vampires. La place « in », la place « obligée ». Sauf qu’on aurait pu s’en passer. A ceci est couplé, un certain devoir d’y intégrer des grands noms dans les vampires. Le procédé est déjà connu et on n’en a quelque peu abusé : les vampires peuvent être des gens anonymes, non ?
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Le livre est lui aussi un peu stéréotypé : l’histoire est narrée car ils sont les récits d’Eugène.  C’est un roman raconté à la première personne par le protagoniste. D’accord, certains lecteurs ont adoré mais pour ma part, j’ai trouvé le style trop racoleur et limite ennuyant. Nous y est livré, des confessions un peu mi-figue mi-raisin, raplapla et prévisibles. Le rythme est tout simplement bancal.
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Venons à la partie la plus détestable de mon point de vue. Ce roman est-il un dictionnaire des expressions familières ? J’ai carrément failli décrocher dès les premières pages. En plus du vocabulaire dépassé et vulgaire, Holstein truffe son histoire d’un argot facile et des expressions « qui tuent » de jeunz.
Bref, ce roman, c’est quand même un « trop plein » : plein d’argot, plein d’ironie, plein d’humour pas drôle (même au 26e degré), plein de Christopher Moore mal copié.
Ceci dit, trouvons un point positif : le roman est composé de chapitres relativement courts, chouette, du coup, il se lit relativement vite !
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Bref : c’est un roman avec une version de vampires qui diffère un peu mais pas assez creusée ; sans une intrigue formidable, avec pas mal de bagarres si vous aimez le genre. Il se lit bien pour passer un peu de bon temps mais ne comptez pas sur lui pour entrer dans votre panthéon personnel littéraire.

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Des bagarres, il y en a. De l’intrigue pas folichonne aussi. Mais on peut y ajouter également, de l’argot à ne plus en finir, des vampires nouvelles génération qui ne craignent ni les crucifix, ni l’ail et encore moins la lumière.
Dommage que le concept des mangeurs de souvenirs & d’émotions n’ait pas été un poil développé, dommage que les vampires soient malgré tout coincés dans leur propre portrait, dommage que le livre ressemble à un dictionnaire des expressions familières. Sinon, cela peut passer pour un bon roman de « feuilleton », un poil décalé.

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)°º•. Co-responsable du site ActuSF, Eric Holstein n’est pas inconnu du milieu, au vu de ses quelques nouvelles publiées ici et là. Avec « Petits arrangements pour l’éternité », il signe son premier roman chez Mnémos.

 

Faut comprendre qu’on n’est pas des tueurs. On ne se nourrit pas de votre sang mais de votre temps. De vos instants. En fait, on ne vous fait même pas mal. L’analogie est sans doute un peu approximative, mais je n’en vois pas de meilleure. Et puis soyons réalistes. Vous imaginez sérieusement qu’on pourrait vivre depuis si longtemps parmi vous en laissant derrière nous un tas de cadavres exsangues ? Ou pire, si toutes nos victimes devenaient des bêtes assoiffées de sang ? C’est ridicule.

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Les halos que vous exsudez sont des fanaux qui colorent la nuit des émanations de vos émois. Le sang de la colère, l’incarnat de la gêne ou le carmin de la passion, le noir de la haine, le vert opale de l’ennui, le violine de la peur qui vire à l’indigo sombre lorsque vient la terreur. Celle, par exemple, que nous vous inspirons quand nous vous attaquons. C’est elle que l’on voit s’emparer de vous, teinter votre nimbe avant que nous ne plongions dans votre cou pour humer les instants que nous vous dérobons.

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Critic Blog, Mes Imaginaires (SBM), Journal semi-littéraire (Angua) ont aussi affaire avec ces vampyres.
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Lu dans le cadre du Challenge 1% littéraire et celui du Dark Side Challenge.

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LE GUIN Ursula – Terremer – Le sorcier de Terremer, tome 1

03/08/2009 9 commentaires

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Titre : Le sorcier de Terremer (Terremer, tome 1)
Auteur : Ursula Le Guin
Plaisir de lecture Livre sympa peu s’en faut

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Sur l’île de Gont, Ged, jeune garçon apprend les rudiments du Noble Art. Un puissant sorcier répondant au nom d’Ogion le prend alors sur son aile. Il juge alors les connaissances de notre jeune cabris comme insuffisant et l’envoie à l’école de magie de Terremer, sur l’île de Roke afin de se parfaire. A la suite d’une anicroche avec un élève, Ged quelque peu présomptueux délivre une Chose du Royaume des Ténèbres. Sa propre vie étant en danger en permanence, Ged se retrouve bien malgré lui une proie sombrement traquée.

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)°º•. Le décor que plante l’univers de Terremer, s’appuie sur un monde océanique : il est composé d’un archipel d’une centaine d’îles. Nous pouvons séparer d’ailleurs ce monde en plusieurs parties: la civilisations hardique, la terre des dragons, celles des barbares kargades et enfin les îles sauvages. Ursula Le Guin nous entraine d’un monde médiéval fantastique complètement indépendant de notre propre monde.
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Ged, surnommé l’Epervier par Ogion relève, de mon point de vue, de certains orgueil et jalousie. Il demeure quelque peu impatient, et se révèle bon élève. Cependant, j’ai beaucoup de mal à m’attacher à ce personnage que je trouve même indifférent. Tout lui réussi et il n’est pas rongé de remords. Comment s’enticher d’un jeune homme impétueux qui se vautre dans la réussite? Même dans son « malheur », il s’en trouve chanceux. Finalement, je considère que Ged paie très peu pour ses erreurs… Notons par ailleurs que son caractère s’affirme tout au long du texte et il devient plus humble dans son rôle de futur-sorcier-compétent-et-humain.
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Vespe et Jaspe sont les deux élèves que Ged fréquentera le plus à l’école de magie de Roke. Pour moi, le coté binaire de Vespe = ami, Jaspe = ennemi est trop visible et facile. Ces deux personnages limite indissociables ne donneront aucun relief dans l’histoire, et je suppose (?) que cet aspect prendra plus d’importance dans les tomes suivants.
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La Chose du Royaume des Ténèbres, connue sous le petit nom de l’Ombre se révèle magnifiquement forte. Plus que tout au monde de Terremer. Sauf que de mal en pis, sa force diminue au point de ne devenir plus rien. Traqueuse et traquée, son rôle reste superficiel dans le Sorcier de Terremer.

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 )°º•. Ce cycle « classique » est un des plus importants et des plus populaires d’Ursula Le Guin. Écrit durant la fin des  années 60’s et le début des années 70’s, nous pouvons y noter un certain décalage.
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Revenons sur le concept de la magie. Il est appréciable de voir qu’Ursula Le Guin interprète et propose une vision calibrée de cette dernière. A Terremer, la magie, ça s’apprend. Elle est surtout rationnelle: il faut apprendre à maitriser ses pouvoirs. Le Guin en propose même une logique presque scientifique, elle n’est pas considérée comme force surnaturelle (voire innées comme dans certaines œuvres littéraires); il faut que l’humain fusionne avec la magie. Cela peut s’expliquer par une maitrise des éléments naturels. La donnée la plus importante de cet ensemble est la connaissance du véritable nom des choses et des êtres. C’est pourquoi l’apprentissage y est primordial.
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Le style narratif est très dense. L’écriture est rapide, du type des nouvelles: le personnage vieillit de beaucoup (11 ans en 10 chapitres), les actions quand elles ne sont pas survolées se déroulent en une demi-douzaine de pages. On aimerait tant en apprendre plus sur son apprentissage à l’école, ou sa rencontre avec le couple de seigneurs… La lecture en devient désagréable, nous n’avons pas le temps de s’installer dans l’histoire, de profiter des aventures et de prendre un peu de recul.
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Finalement, Terremer repose sur le principe de « contes »: la réalité est un peu bancale: certains faits sont inexplicables. On peut alors se demander si le pacte avec le lecteur est réellement tenu puisque certains éléments deviennent invraisemblables et ne favorisent pas un univers cohérent.
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Pour  moi, l’histoire est tout simplement trop rapide. Le gentil est TRÈS fort et gentil, bien sûr. Mais tout lui réussit: les aventures en deviennent tellement lisses. Que ce soit l’opposition si claire du bien au mal, ou les sentiments éprouvés par le personnage principal, il n’en demeure pas moins qu’ils sont autant de points négatifs du livre. Malgré tout, la carte du « épique » n’est pas réellement au rendez-vous… et j’apprécie énormément. Je n’ai jamais pris plaisir à lire les batailles et même pire, c’est en m’y forçant. Les rencontres avec l’Ombre restent mes passages préférés où l’œil quitte le numéro de page et boit comme du petit lait les lignes écrites. Je résumerai qu’il manque une certaine substance au roman pour que je m’y attache et l’apprécie. Le manque de crédit n’avantage pas l’histoire (espérons que les romans suivants rattrapent le tout).

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Selon le livre « J’écris des contes et des nouvelles » de Louis Timbal-Duclaud, nous avons:
(Merci El JC)
Le héros : Ged
Le mandant : Ogion
L’objet : La connaissance / La puissance / La magie
L’adjuvant : Vesce
L’ennemi : L’ombre

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)°º•. Ursula Le Guin, née en 1929 d’un père anthropologue et d’une mère écrivain (parait-il, c’est important). Elle réalise des études dans le domaine « littéraire » et propose une thèse sur les idées de la mort dans la poésie de Ronsard, qui, plus tard, lui ouvrira les portes pour des publications de littérature imaginaire. Ses œuvres sciences-fictives seront plus connues, mais Terremer, de fantasy, lui fera une joie d’être connue et appréciée par ses lecteurs et remportera même en novembre 2002 un World Fantasy Award.
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J’ai eu la malchance d’avoir dans les mains la troisième édition, par Robert Laffont. J’avoue que je n’accroche pas du tout: c’est même un ratage en force pour moi. Elle aurait été réalisée par Jackie Paternoster, une artiste très controversée…
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Côté adaptation, Robert Lieberman a réalisé un téléfilm « Terremer, la prophétie du sorcier », en 2004. En 2006, c’est Gorō Miyazaki (fils de Hayao Miyazaki, l’illustre) qui se tente à un film d’animation « Les Contes de Terremer ».
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Terremer est composé des livres suivants :
. Le Sorcier de Terremer (tome 1)
. Les Tombeaux d’Atuan (tome 2)
. L’Ultime Rivage (tome 3)
. Tehanu
. Les Contes de Terremer (recueil de nouvelles)
1. Le trouvier
2. Rosenoire et Diamant
3. Les os de la terre
4. Dans le Grand Marais
5. Libellule

. The Word of Unbinding et La règle des noms (préquelles)

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)°º•. Extraits

Les créatures revinrent à l’attaque: bête difformes venues d’époques lointaines, bien avant l’oiseau, le dragon ou l’homme. Le jour les avait oubliées depuis longtemps…

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Cette chose n’avait pas de corps, elle était aveugle au soleil, c’était une créature d’un royaume sans lumière où il n’existe ni lieu ni temps. Elle devait ramper et le poursuivre à tâtons à travers les jours et les océans du monde, et ne pouvait prendre une forme visible que dans les rêves et les ténèbres. Pour l’instant, elle n’avait pas de substance, pas d’être que la lumière pût éclairer, comme le chant la Geste de Hode : L’aube crée et la terre et la mer, des ombres elle tire des formes, et renvoie les rêves au royaume des ténèbres.

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La lecture de ce livre s’est réalisée dans le cadre du Cercle d’Atuan : Imagine…erre (Arutha),  La Bibliothèque de Craklou, Mes lectures de l’imaginaire (Olya), Martlet, Sherryn, Quadrant Alpha (El JC), Tortoise’s times tree.

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ROWLING J.K. – Les Contes de Beedle le Barde

16/05/2009 11 commentaires

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Titre : Les contes de Beedle le Barde
Auteur : J.K. Rowling
Plaisir de lecture Livre sympa peu s’en faut

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Peut-être avez-vous entendu parler des « Contes de Beedle le Barde »? Si vous êtes un(e) harrypottermaniac, vous savez que le tome 7 « Harry Potter et les reliques de la mort » en parle… y figurent non seulement ses références mais également un conte dans son intégralité, que, d’ailleurs Hermione lit. Si vous êtes quelqu’un avec les esgourdes ouvertes à tout piaulement, vous le savez aussi. Sinon, voici un livre de Rowling issu de son univers Harry Potter. Ça vous aide, bien, hein?
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Remontons en arrière, le 10 janvier, j’étais partie l’acheter. Oui, mesdames & messieurs, l’acheter ! Et quand j’ai lu les premières pages, alors que je m’étais expressément déplacée en pleines rues bondées de personne en quête de soldes, je l’ai reposé, oui, oui, car les premières pages de lecture m’avaient carrément déplu.
Au chaud à la maison, j’avais lu quelques critiques sur le net qui n’ont fait que me conforter dans mon idée. Donc, j’ai attendu, et attendu, et attendu, que la bibliothèque en achète quelques exemplaires et les relâche en prêts.

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)°º•. Un certain sorcier, inconnu au bataillon, Beedle le Barde, nous a fait la joie de nous transmettre ses contes. Issu du XVe siècle, il est fervent défenseur des Moldus (personnes n’ayant pas de pouvoirs) ou du moins ayant une grande sympathie pour eux; physiquement, il ressemble à Albus Dumbledore… avec une barbe blanche bien plus longue.
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Cinq petits contes sont proposés :

Le sorcier et la marmite sauteuse : à la mort de ses parents, un jeune sorcier compte bien faire comme il l’entend: condescendant à souhait, il rejette les voeux de son père quant à l’apport d’aide aux Moldus. Il ne se doute pas un seul instant, que son héritage, la marmite de son père, compte bien n’en faire qu’à sa tête, elle aussi…

La Fontaine de la Bonne Fortune : La fontaine de la Bonne Fortune est magique, protégée par de puissants charmes au cœur d’un jardin introuvable. Durant le jour le plus long de l’année, seule une personne, riche ou pauvre, vieille ou jeune, en dents cariées ou en genoux cagneux, est autorisée à se baigner dans ses eaux pour devenir riche à vie. Trois sorcières se lient d’amitié et font le serment de s’aider coûte que coûte; cela était sans compter l’invitation surprise d’une quatrième personne…

Le Cœur Velu du Sorcier : Beau, riche et surtout condescendant, voilà un tout jeune sorcier qui a su utiliser la magie pour s’éviter tout désagrément amoureux. Cependant, il surprend une conversation entre deux de ses gens qui le plaignent d’être sans femme alors que la vie lui sourit. Blessé par ces propos, il décide de chercher la femme parfaite qui surpassera toutes les autres. Au profit d’un banquet de séduction, il ne se doute pas que la réponse aux questionnements de la belle fille se fera à leurs propres dépens.

Babbitty Lapina et la souche qui gloussait : »N’est pas magicien qui veut » n’est certainement pas la pensée de ce monarque. Il décide d’engager un sorcier afin d’apprendre toutes les ficelles. Il est loin d’imaginer que ce dernier n’est autre qu’un charlatan, et qu’un digne représentant de la magie les surveille secrètement et prendra bientôt parti…

Le Conte des Trois Frères : Trois sorciers, au détour d’une rivière, arrivent à déjouer le plan machiavélique de la Mort et créent un pont pour l’enjamber. Vexée d’être privée de trois âmes, la Mort leur propose un cadeau à chacun. Cependant, n’est pas aussi si sage qui veut, face à la Mort…

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)°º•. Ce recueil pour enfants est à l’origine, réservé aux petits sorciers. Et heureusement (?), J.K. Rowling nous fait le grand honneur de le publier, pour nous, pauvres petits moldus sans pouvoir magique !
Qu’on se le dise, il n’y a pas besoin de pré-requis (sur l’univers d’Harry Potter) pour lire ce livre, ouf ! Néophyte, bienvenue !

Ce livre est un équivalent de nos contes (de fées) pour enfants: les histoires sont tour à tour touchantes et terrifiantes. Des contes frisant le ridicule-culcul-la-praline en côtoient d’autres, carrément morbides.
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Inhérent à tout conte, le mot d’ordre est de véhiculer des principes moraux. Même chez les sorciers, nous retrouverons l’idée du Bien: il ne s’agit pas d’avoir le plus de pouvoirs, mais de savoir les utiliser au mieux. En gros, la morale du BienBeauBon avant tout !
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Alors, oui, il y a des choses appréciables, à savoir qu’il est possible d’y trouver également les commentaires d’Albus Dumbledore (alors directeur de Poudlard, l’école de sorciers) écrits sur chacun des cinq petits contes. J’ai apprécié les petits détails dévoilés sur le monde d’Harry Potter. Ils se rattachent à cet univers, et il est plaisant de frôler (et seulement de frôler) de l’archi-bout de la pulpe du doigt, la bulle créée par Rowling. J’aime le plaisir ressenti lors de la lecture de ce « off » des petits contes : que ce soient les fausses références historiques ou bibliographiques. Par exemple, savoir que les trois sorts interdits l’ont été pour la première fois en 1717; lire un extrait de la version édulcorée de ces cinq petits contes écrits par Beatrix Boxam…

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Cependant, le sentiment le plus fort et qui reste après lecture, c’est qu’on reste sur sa faim. Clairement, ils ne valent pas nos bons vieux contes de Grimm, de Perreault ou d’Andersen: la mièvrerie est quasi-permanente, les contes se résument en une dizaine de pages (plus petits que des A5 avec des marges de 3cm). Sans oublier qu’on ne touche pas réellement la magie que distille Rowling dans les sept volumes de la vie d’Harry Potter. L’exaltation n’est pas au rendez-vous, on survole les pages, on soupire et on termine le livre en une heure top chrono.

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)°º•.  Ce petit livre tout en couverture bleutée et en relief, se compose d’environ 130 pages. Il est rangé dans un étui en carton… mais on emprunte à la bibliothèque ou non. Le carton a disparu, et c’en est pas bien grave !

Ces contes, au nombre de 7 exemplaires au monde, existent sous forme manuscrits (et non tapuscrits) et illustrés par Rowling. Si,si. Ils sont reliés et ornementés par des orfèvres d’Edimbourg. Il y a même eu un exemplaire mis aux enchères sur Amazon (tu trouveras de belles photos ici). Bref, soit tu payes 2,714 millions d’euros pour te payer les ornements en argent, soit tu te contentes d’une illustration de Rowling embellie par Jean Claude Gotting pour la modique somme de 12,90€.

Venons-en aux illustrations… j’vais peut-être paraitre pour une grosse saleté (ôuiii) mais je ne les trouve pas géniales. Même si elles sont signées Rowling herself, cela n’apporte aucune valeur ajoutée. (ni même me faire sauter au plafond, en passant).Oui c’est mignon. Mais sans plus… On peut s’essayer au dessin mais pas se faire prévaloir comme la plus grande artiste de tous les temps (Rowling ne l’a jamais fait, ses fans, si). Ils sont jolis, cela agrémente la lecture, mais elles ne cassent pas des briques.

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Bref, si vous souhaitez faire une bonne action (pas forcément trouver en ce recueil, LE livre que toute bibliothèque se doit d’avoir), vous pouvez acheter ce livre pour 12,90€. Ainsi, les fonds récoltés sont reversés à l’association caricative Children’s High Level Group, créée par Rowling et et la députée Emma Nicholson of Winterbourne. Elle a pour objectif d’améliorer les conditions de vie de jeunes en difficulté et faire entendre leur voix.

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Dans le chaudron :
¤ Harry Potter à l’école des sorciers, tome 1
¤ Harry Potter et la chambre des secrets, tome 2
¤ Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban, tome 3
¤ Harry Potter et le coup de feu, tome 4
¤ Harry Potter et l’ordre du Phénix, tome 5
¤ Harry Potter et le prince de sang mêlé, tome 6
¤ Harry Potter et les reliques de la mort, tome 7

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Marque ta page (Pimpi) et Mon coin lecture (Karine) ont aussi parlé.

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PAOLINI Christopher – L’Héritage ~ Eragon, tome 1

04/02/2009 16 commentaires

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Titre : Eragon (L’héritage, tome 1)
Auteur : Christopher Paolini
Plaisir de lecture Livre sympa

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Dans un autre temps, une autre époque… et peut-être si proche, l’Alagaësia est dominée par l’Empire. Eragon, jeune habitant de Carvahall, ne se doutait pas qu’il rencontrerait l’étrangeté dans la forêt. Lors de sa dernière excursion, il découvre une pierre précieuse, lisse et d’un magnifique bleu. Un dragon ancestral nait et adopte Eragon. Un couple inséparable qui va devoir combattre l’Empire et son roi démoniaque qui règne sur tout le pays…

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)°º•. Existence des Dragons

Ce n’est pas une personne, de quelle que race que soit qui choisit son dragon. C’est ce dernier, à travers la coquille de son œuf qui choisit la personne digne de lui… Il est donc impossible de percer le mystère du choix d’un Dragonnier. Dragons souffrent comme souffre la Terre, ils en sont les gardiens. Ce ne sont pas que des animaux, mais des êtres doués de raison, d’intelligence, bref, d’une personnalité (bien trempée ?)
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Les dragonniers, plus forts que n’importe quelle autre race, ne pouvaient être détruits si facilement. Ils se réunirent en Confrérie, afin d’allier leurs forces… Cependant, à l’apogée de leur puissance, ils se détruisirent entre eux.
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Au temps où fleurissaient le bonheur et la bonne entente dans les cités, les dragonniers bénéficiaient d’un entrainement intense et qualifié. Ils étaient invincibles… Bien que Galbatorix suivit cet apprentissage, sa dragonne mourut d’une flèche fichue dans son cœur. La démence était née dans l’esprit de Galbatorix. Ce dernier exécuta un long périple afin de rejoindre la Confrérie des Dragonniers pour les prier de leur donner un second œuf. Dans sa folie, il entraina d’autres membres et causa la perte de tous.

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)°º•. L’Histoire

L’Histoire est assez riche en ce qui concerne les peuplades. Différentes races s’y côtoient et s’y mélangent : elfes, nains, hommes, urgals, ombres et tant d’autres. Eragon est bien entouré avec Saphira, Murtagh, Brom, Garrow et Roran (sa famille). Cependant, ce dernier doit prendre en main sa destinée, choisir un camp et surtout trouver sa propre quête. Les dragonniers ont une histoire différente des autres, il n’existe pas vraiment d’alliances. Ces hommes sont doués, possèdent des qualités surhumaines, ont la vie éternelle. Toutefois, le dragon n’est pas un animal ordinaire, ils détiennent une dignité, une personnalité, une entité à part entière.
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Nous remarquons dans l’histoire que la psychologie et la télépathie tiennent une grande place ; une forte liaison de chaire et mentale lie le dragon et son dragonnier.
Existe-t-il une bipolarité du monde en Alagaësia ? Pas si sûr ! Il existe le Camp du mal (avec l’Empire), le peuple, les Vardens (nains et humains), le royaume des nains, celui des elfes. Mais pouvons-nous parler d’une alliance véritablement établie ? Il existe une fragilisation à l’intérieur de ladite alliance que Galbatorix, depuis Urû’Baen n’hésitera pas à utiliser…

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)°º•. Ecriture

Christopher Paolini est un jeune écrivain. Né en 1983, fan de Tolkien, il commence à écrire sa trilogie à l’âge de 15 ans… Pas dupes, les parents, éditeurs littéraires, font de ce futur business, une histoire de famille ! (pour garder les droits d’auteur) Bien que découvrant quelques difficultés de conter et de raconter, de tenir en alerte son lecteur, Christopher Paolini possède une écriture prometteuse. Nous nous attachons assez facilement à l’un des personnages mais je regrette que les portraits ne soient pas plus précisés et détaillés permettant de s’immerger dans ce roman.

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)°º•. Grimoire

Le livre présente une carte magique proposant la position des lieux, tous les sites ne sont pas indiqués, mais permet un très bon repère. (pour l’Histoire racontée, pour les périples effectués). J’apprécie particulièrement la disponibilité de différents dictionnaires en fin de livre : tous les mots ne sont pas traduits, et nous sommes fiers de pouvoir en retenir quelques uns (répertoire de l’ancien langage, répertoire du langage des nains, répertoire du langage des Urgals).

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L’histoire est assez riche ; différentes races s’y côtoient et s’y mélangent. L’écriture demeure bancale : Paolini rencontre quelques difficultés pour conter et pour raconter, de tenir en alerte son lecteur : espérons que les prochains tomes seront plus prometteurs. Malheureusement, le portrait des personnages mériterait d’être davantag travaillé ; entrainant une immersion mitigée du lecteur dans le roman.

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