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GREGORY Daryl – L’éducation de Stony Mayhall

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Couverture du roman "L'éducation de Stony Mayhall" écrit par Daryl Gregory et publié aux éditions PocketTitre : L’éducation de Stony Mayhall
Auteur : Daryl Gregory
Plaisir de lecture Livre fantas… tique

Lire les premières pages

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Alors que Wanda effectue un trajet en voiture remplie de ses trois filles, Alice, Chelsea et Junie, elle est obligée de s’arrêter à un passage enneigé car un cadavre l’empêche de passer. Alors qu’elle le dégage, elle découvre serré contre le corps, un bébé qui remue. Ramené à la ferme, Wanda l’adopte et l’on suit alors dans sa vie, cet être surnommé Stony.

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Comment ? Je n’avais pas encore lu ce magnifique titre, dites-vous ?

Il est vrai que je l’avais repéré à sa sortie. Et puis j’ai attendu au point d’assister à la parution au format poche. Et puis j’ai décidé de patienter encore avant que Valériane ne me l’offre pour mon anniversaire en janvier dernier. Je savais qu’il s’agissait d’un indispensable (un must have… ou un must-read) et je pense que cela me réconfortait d’avoir une telle pièce dans ma liste d’envies. Quitte à faire différemment, j’ai aussi lu en ordre antéchronologique la bibliographie de l’auteur : « Nous allons tous très bien, merci » et « Afterparty ».

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Dans la littérature zombie, accéder au point de vue du zombie est un type de narration plusieurs fois abordé. Ceux que j’ai lus : Melanie (Celle qui a tous les dons), Andy (Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère… et retrouvé l’amour), Maddy (Zombies don’t cry), R. (Vivants) et Johannes van der Linden (Zombie Nostalgie).

De mes lectures, je pense que c’est Stony le plus convaincant car on le suit dès les premiers instants et sur une longue période. De plus, l’atypisme se focalise sur l’aspect plus psychologique des zombies.

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Le livre se compose de plusieurs parties, en commençant par celle où il va évoluer au sein de sa famille monoparentale composée de trois sœurs mais aussi avec son voisin du même âge, Kwang. On poursuit avec la deuxième partie où Stony est « poussé » de sa vie reculée à cause d’un drame pour rencontrer une communauté où il y sert ses valeurs. La tonalité s’assombrit au fil des parties.
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Stony grandit avec tous les affres et les petits bonheurs de la vie ; il est choyé par une famille aimante. Son enfance peut être qualifiée heureuse dans cette ferme isolée. La galerie présentent des personnages féminins forts ; d’autres personnes incapables d’accepter les différences ; des MV (mort-vivant) comme ils se surnomment et des souffleux comme ils surnomment les humains qui respirent.
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Le postulat de départ présente un nouveau-né zombie avec la particularité qu’il va grandir physiquement. C’est la première fois que ce phénomène est observé dans cette société. L’humanisation du zombie est réussie car ils sont capables de sentiments et d’interactions élaborées. Les zombies réfléchissent, argumentent, défendent leurs opinions politiques, leurs conditions de « non vie » et leur possible évolution au sein de la société. Les zombies sont morts mais ils restent encore des humains.

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C’est par un angle habile et éclairé que Daryl Gregory propose une histoire sensible, humaine, politique, physique et philosophique. Tout un panel de thèmes s’y trouve : amitié, amour et tendresse, solidarité & entraide, trahison, peur et déception. Sous le point d’orgue de l’altérité (avec presque un A majuscule), l’auteur traite du poids de la religion et de la foi, de l’acception des autres, de la tolérance. En traduction, c’est un condensé de l’oppression humaine et des événements qui marquent notre Histoire.
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Daryl Gregory a déjà montré un intérêt pour les « freaks », ces personnes considérées comme des monstres par la majorité de la société ; alors qu’ils sont en réalité, bien plus apaisés que ceux qui les pointent du doigt. À travers des enjeux colossaux, le récit tend vers l’importance du poids d’un individu standard grâce à sa force et ses victoires.
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L’auteur créé une proximité entre son héros aux chairs mortes et le lecteur ; notre empathie vibre tout au long du récit. C’est une histoire humaine remarquable. La narration se construit tantôt à la première tantôt à la troisième personne du singulier.

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« L’éducation de Stony Mayhall » est différent des stéréotypes habituels et on remarquera que l’auteur s’amuse des codes qu’il maîtrise ; je dirai même que le roman fait un clin d’œil aux amateurs du genre (si l’on considère qu’un roman peut cligner des yeux, bien entendu). L’hémoglobine est bien présente dans le récit mais loin d’être dégoulinante ou servant des scènes gores.

Le récit ne tombe pas dans le ridicule et ne frôle pas non plus le deus ex machina. L’intrigue se révèle aussi fascinante que complexe. Elle est teintée par l’ironie et l’humour, bien évidemment.

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Aurélien Police a reçu le prix Wojtek Siudmak du graphisme au Grand Prix de l’Imaginaire 2015 pour l’ensemble de ses couvertures réalisées en 2014 et notamment celle de « L’éducation de Stony Mayhall », paru originellement aux éditions Le Bélial’.

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Couverture illustrée par Aurélien Police du roman L'éducation de Stony Mayhall par l'auteur Daryl Gregory

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Blog-O-Livre (Blackwolf), CunéipageLa Prophéties des ânes (Cornwall), Le dragon galactique (Tigger Lilly), LupaUn papillon dans la Lune, Welcome to Nebalia ont aussi tracé autour d’eux, des cercles de protection avec de la farine.

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  1. 12/06/2018 à 15:11 | #1

    Il faudra que je le lise celui-là un jour, même si les zombies c’est pas mon truc. La couverture du grand format est juste ma-gni-fique !

    • Acr0
      18/06/2018 à 18:55 | #2

      L’avantage est que tu peux faire ton marché pour sélectionner la crème de la littérature zombie grâce aux chroniques des blogopotes 🙂 Ah, je suis assez fondue du travail d’Aurélien Police. Cette couverture-ci a clairement une tonalité « True Detective ».

  2. 14/06/2018 à 20:04 | #3

    C’était la première fois que je lisais un roman du point de vue « zombiesque » et j’ai été vraiment fascinée ! Pour reprendre les dernières lignes de ma chronique de l’époque, et qui illustrent ce que j’ai ressenti : Daryl Gregory nous apprend à éprouver de l’empathie pour ce qui nous terrorise, il brouille avec subtilité la ligne de démarcation entre beauté et monstruosité […]
    Je suis résolument fan du travail d’Aurélien Police *_*
    Merci et bravo pour ce beau billet, porteur de bons souvenirs ravivés !!!

    • Acr0
      18/06/2018 à 19:06 | #4

      Merci 🙂 Daryl Gregory est une chouette plume : j’aime son envie à nous présenter des « monstres ». As-tu lu d’autres de ses écrits ?

  3. 17/06/2018 à 22:48 | #5

    Ahhhhhhhhhhh enfin! :-p
    J’ai adoré ce livre, tellement à part.

    • Acr0
      18/06/2018 à 19:21 | #6

      J’approuve, il est réussi ! Même si depuis sa sortie, je me suis intéressée à d’autres romans « zombiesques », son originalité convainc toujours autant (du moins, moi).

  4. 18/06/2018 à 12:01 | #7

    J’ai attendu longtemps aussi pour le lire et il est vraiment très très chouette ! (Et la couverture du grand format donne envie de l’avoir en grand format et pas en poche…)

    • Acr0
      18/06/2018 à 19:22 | #8

      Je suis bien de ton avis concernant la couverture : mais heureusement, dessous, cela reste le même texte 😉

  5. 18/06/2018 à 20:40 | #9

    @Acr0
    Oui, j’ai lu « Nous allons tous très bien, merci », 200 pages vraiment scotchantes, dans cette même veine du monstrueux qui lui va si bien justement 😉
    J’ajoute aussi ta chronique à la mienne, merci pour le lien 🙂

  6. 19/06/2018 à 22:15 | #11

    Mais OH ! Comment ai-je fait pour passer à côté de celui-ci ? Tu en parles merveilleusement bien AcrO, il me le faut ! (Bon, on va peut-être attendre que le déménagement soit passé, mais… Quoique !)

    • Acr0
      30/06/2018 à 11:43 | #12

      Que d’énergie ! Je vous souhaite un déménagement avec autant de douceur que possible. Ah, découvrir la plume de cet auteur avec Stony, c’est une bonne stratégie je pense 🙂

  7. 04/07/2018 à 16:56 | #13

    Héhé!
    Bien bien ta chronique!
    C’était un livre qui m’avait bien plu (que tu m’avais pioché pour un de nos défis, et dans lequel tu m’avais laissé un petit mot 😉 c’était sooooo cute!!

    Je ne suis pas une assidue des romans zombies, et celui-ci était vraiment pas mal, comme tu dis du point de vue de l’angle choisi.
    Ca m’a donné aussi envie de découvrir un peu plus cet auteur.

    • Acr0
      05/07/2018 à 12:56 | #14

      Merci 🙂 Ah, il me semblait bien que tu l’avais lu ! Mais je n’ai pas retrouvé ta chronique 🤔 C’était une lecture intense !

  8. 05/07/2018 à 14:29 | #15

    ….. j’avais chopé un joker pour cette chronique……
    SHAME! 🙂

    • Acr0
      05/07/2018 à 22:28 | #16

      Ah, c’est pour ça. Cela me rassure. Je ne suis donc plus bigleuse 🤓

  9. 06/07/2018 à 10:01 | #17

    Ca doit être repris dans le grand répertoire de mail FAIL 🙂
    AHAHHA

    • Acr0
      07/07/2018 à 12:13 | #18

      Il y avait donc une bonne raison que cela arrive (je sors)

  10. 10/07/2018 à 14:45 | #19

    LOL t’insinues que j’ai toujours une bonne excuse pour justifier mes retards?!?! 🙂

    • Acr0
      16/07/2018 à 21:07 | #20

      Je n’insinuais rien 🙂 Je parlais de ta fausse manipulation durant laquelle tu as effacé des informations.

  11. 17/07/2018 à 09:34 | #21

    AAAAhhh! okay!!!
    euh…… (oui oui c’était ça en fait)…. non j’déconne, c’est juste ma flemmingite aiguë 🙂
    je vais un peu faire un topo de tout ce qui est « en retard » et dont j’ai envie de parler…. (c’était le rôle du « journal de bord »…. il a dû tomber à l’eau celui-là… je pense que mon dernier récap c’était mars 2017…. SHAME!
    rholalala, clair qu’il faut que je bosse mes contenus.

    • Acr0
      17/07/2018 à 14:04 | #22

      Shame on you ! Parce qu’OUI, chaque page de ton journal de bord est un plaisir à lire.

  12. 17/07/2018 à 14:28 | #23

    @Acr0
    ya du vent sur le bateau…. elles s’envolent 🙂

    (allez je vais faire un effort)….

  1. 11/06/2018 à 21:56 | #1
  2. 11/06/2018 à 21:57 | #2
  3. 10/07/2018 à 16:31 | #3