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STROUGATSKI Arkadi & Boris – Stalker, pique-nique au bord du chemin

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Titre : Stalker, pique-nique au bord du chemin
Auteurs : Arkadi & Boris STROUGASKI
Plaisir de lecture Livre à découvrir

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Des visiteurs sont venus, ont vu et surtout sont repartis sans prendre contact avec les humains. De leur excursion, ils ne laisseront que des objets variés répartis sur six zones différentes du globe terrestre. Les stalkers viennent piller ces artéfacts à leurs risques et périls car les secteurs sont hautement dangereux, pour un commerce bien particulier.

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)°º•. Les stalkers sont “ceux de l’impossible”, ce sont ces hommes qui rentrent dans la zone pour récupérer ces objets détritus laissés par les visiteurs afin de les revendre au marché noir ou au ministère militaire. Par extension, les “stalkers” désignent ceux qui entraient dans la zone contaminée de Tchernobyl en 1986 pour aller éteindre le réacteur, mais là, il ne s’agissait pas d’une fiction.
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Tout au long de ce livre, nous suivrons Redrick Shouhart dans la zone de Harmont. D’abord laborantin, il sert très vie de guide dans la zone. C’est d’ailleurs à travers ses yeux qu’on la découvre pour la première fois. Par la suite, la contrebande s’agrandira notamment avec le Charognard, un vétéran chez les Stalkers. Le mouvement appelé le Stalkerisme touche toute la population : que ce soit par contrainte de ramener de l’oseille à la maison, par vie de famille (ces femmes et ces enfants) ou par enjeux stratégiques et politiques. On comprend alors que le rôle de Stalker est très destructeur et que ces hommes sont l’ombre d’eux-mêmes. D’autres personnages feront également leur apparition Kirill, Cirage et Richard Nounane ; figures indispensables de l’environnement de Redrick, du fonctionnement des Stalkers et de la vie autour de cette Zone.
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Il va sans dire que ce non-contact avec les extraterrestres, totalement absents du roman a largement contribué à l’ambiance de l’histoire, pour ma lecture. On ne sait rien ; pas plus, pas moins.

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)°º•. Les six Zones, traces de la visite de ces entités extraterrestres, sont interdites : pièges et maladies sont au rendez-vous et le danger guette à chaque pas. Néfastes, elles semblent évoluer au cours du temps.
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La tension est plus que palpable quand on arrive sur les passages du roman concernant l’exploration de la zone de Harmont. L’inspection est exprimée sans filtre. Cette foutue zone qui fait peur à tout le monde pique la curiosité. Elle dépasse l’entendement de tout le monde, même des stalkers. C’est sans aucun doute l’élément le plus brut de l’histoire. On sent le secret, on se demande ce que renferme ce territoire et notamment ce qu’est la gelée de Sorcière. Ce n’est d’ailleurs pas le seul artéfact dont nous entendrons parler : zinzines, argile gazeuse, éclaboussures noires et creuses. C’est sur ce dernier objet que je me suis longuement attardée relisant avidement le texte pour le visualiser, et voir à quoi il pouvait servir.
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L’univers est donné au compte-goutte par les frères Strougatski et à la fin du livre j’avais envie de rester explorer encore la zone en compagnie de Red. Sur fond d’exploration de zone supra dangereuse, les auteurs nous enverront sur les thèmes de la condition humaine et de l’autodestruction.

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)°º•. Texte majeur en Science-Fiction, “Stalker” est paru en 1972 d’abord clandestinement. Cependant, il a bien vieilli et même s’il n’y a pas de rapport, on ne peut que le rapprocher de la catastrophe de Tchernobyl en 1986. Il a alors une influence totalement considérable dans l’imaginaire populaire des pays de l’est.
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Ce court roman – d’environ 200 pages – bénéficie d’une très bonne traduction lorsque l’on sait que la structure des phrases de la langue russe est complexe et que la façon de penser intervient aussi dans l’écriture. Le langage châtié est bien retranscrit alors que le ton caustique, un peu claquant plaira aux lecteurs. L’écriture est un peu morcelée, nerveuse et percutante. Le roman demeure âpre, noire, pessimiste… mais aussi fascinant.
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Ce récit se compose de quatre chapitres, tous étant des nouvelles qui intègrent une ellipse entre chaque ; il n’y a pas réellement de fil conducteur. Le premier chapitre écrit à la première personne nous plonge illico dans cette aventure : on est happé. Le fatalisme et le désabusement transparaissent de manière flagrante entre ces lignes.
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L’histoire propose une forte dose d’intensité sur les passages de l’exploration de la zone, un peu moins sur le reste. Il se termine cependant relativement brutalement. Beaucoup de questions naissent sans qu’on n’y trouve quelle que réponse que ce soit. Le roman reposerait alors sur un concept peu connu – du moins par moi – par lequel l’ignorance permettrait aux russes de pallier la superficialité de la vie humaine (rien que ça). Finalement, l’aventure commence quand on ferme le livre pour une pause, ces interrogations nous envahissent tout comme ces hypothèses que l’on trace avant de continuer notre lecture.
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Ce livre “diffère” et a donc su m’intriguer mais il ne me semble pas m’avoir emmenée assez loin (quelles motivations, quelles psychologies et quid de la zone ?) ; j’ai été laissée dans le flou, un peu au bord de la route du pique nique pour que je puisse le considérer comme un chef d’œuvre.
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)°º•. Biographie
Les frères Strougatski, Arkadi (1925-1991) & Boris (1933-) sont des écrivains soviétiques de science-fiction. Ils écrivent et publient clandestinement leurs œuvres avant d’être acceptées par la politique de liberté d’expression – la Glasnot – dans les années 1980. Considérés comme grande référence dans la littérature, ils cherchent à développer leur concept d’idéal sans oublier de mettre à mal le régime soviétique.
Le roman est porté à l’écran par Andreï Tarkovski en 1979, et ne se laisse pas trop regarder, parait-il. Le roman a aussi fait l’objet d’un jeu vidéo éponyme (mais en majuscules et avec des points dans le dedans : S.T.A.L.K.E.R.)
La superbe couverture est signée Lasth.

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Cette lecture a été lue avec Cachou, Julien “Naufragés”, Maëlig, Spocky & Thom pour être mise en commun aujourd’hui.
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Souvenir de lecture : comme quoi, il existe des trucs pas cools sur le mode “sorcière”, la gelée par exemple.

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(cultureguu), Fantasy au petit-déjeuner (Salvek), Les singes de l’espace (Gaëtan), Lorhkan, Magm3 (Matteo), Mes ailleurs (El Jc), Quoi de neuf sur ma pile ? (Gromovar), Welcome to Nebalia (Nebal), Zone Imaginaire Fluctuante (Seb) n’ont pas été indifférents à la lecture de ce livre.

CITRIQ
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Ce livre entre aussi en ligne de mire du Challenge Fins du Monde et du Challenge des chefs d’oeuvre de la SFFF.

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Pics : #01 Stalker unit par Gavade ; #02 Night Stalker par Ezrianna.

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About these ads
  1. 23 octobre 2011 à 08:32

    J’ai eu le même impression que toi. Rester au bord du chemin.

    • 23 octobre 2011 à 19:07

      Oui, j'ai lu ça... moi j'ai tout de même apprécier les scènes dans la zone.

  2. 23 octobre 2011 à 09:11

    Oui, moi aussi.
    Mais je pense que je suis passé à côté de l’essence du roman… Ce sera pour une prochaine relecture !^^

    • 23 octobre 2011 à 19:08

      J'espère pour toi ;)

  3. 23 octobre 2011 à 10:40

    Bonjour ! Rien à voir avec ton billet, mais je suis en train de lire un livre génial (900p tout de même, premier tome d’une trilogie – je crois): Fils des Brumes, de Brandon Sanderson. Je ne l’ai pas vu dans ton index, donc si tu as l’occasion de le lire, je te le conseille ^^

    • 23 octobre 2011 à 19:08

      C'est gentil, merci :) On me l'a déjà conseillé, donc c'est bon signe :) On m'a aussi conseill Elantris, comme le dit Gromovar.

      • 24 octobre 2011 à 15:30

        Je pense le lire après Fils des Brumes :)

  4. 23 octobre 2011 à 11:14

    Moi, Fils des Brumes je te le déconseille vivement. Elantris est bien mieux.

    • 23 octobre 2011 à 19:09

      Tu me le déconseilles car tu n'as pas aimé ? Ou tu me le déconseilles car c'est bien mais Elantris c'est encore mieux ?

      • 23 octobre 2011 à 19:14

        La magie y est un peu too much pour être crédible. Ca fait un peu manga.

        • 24 octobre 2011 à 10:35

          Je vois ! Il ne me reste plus qu'à lire pour savoir :D

  5. 23 octobre 2011 à 11:17

    Ou Warbreaker que Mélanie Fazi vient de traduire, dès qu’il sortira.

  6. Ankya
    23 octobre 2011 à 15:07

    Gromovar>> mais heu ;) je lirai Elantris également. Mais je maintiens, fils des brumes est sympa (j’en suis au tiers du livre, mon avi va peut être changer)

    • 23 octobre 2011 à 19:10

      J'attends avec impatience ton avis final ;)

      • 29 octobre 2011 à 20:34

        Eh bien, je l’ai terminé ce matin (pas encore écrit mon billet) et… coup de cœur ! Bon après, je ne lis pas beaucoup de fantasy (du moins pas autant que toi) et ne connais pas les classiques du genre. Mais j’ai été touchée par les personnages et les situations. Il me tarde que la suite sorte en poche !

    • 23 octobre 2011 à 19:15

      Ils n’ont pas encore fait des bonds de géants sur les pierres magiques ?

      • 24 octobre 2011 à 15:34

        Ce sont des barres de bronze, j’adore ^^
        là j’ai passé la moitié, j’adore toujours :D

      • 24 octobre 2011 à 16:55

        Je m’insurge et crie au scandale ! :D

        Fils-des-Brumes est une excellente trilogie portée par un superbe premier tome qui m’a mis sur les fesses plusieurs fois. Le deuxième est un peu en deçà, mais le troisième prend une tournure cataclysmique. Je comprends qu’on puisse trouver ça un poil too much, mais j’ai vraiment passé un excellent moment, non dénué de réflexions d’ailleurs.

        Par contre, je n’ai pas (encore) lu Elantris, qui est sur ma PAL.

        • 24 octobre 2011 à 20:28

          Il va falloir que je lise cette trilogie alors pour suivre votre conversation :D

  7. 23 octobre 2011 à 18:14

    Contente qu’il t’ait plu. Ce ne fut pas mon cas, mais c’est entièrement dû à une spécificité bien con de ma part: je déteste le réalisme social, et j’ai vraiment eu l’impression d’être dans un roman de ce genre bien plus que dans un récit de SF. Du coup, impossible pour moi de rentrer dedans…

    • 23 octobre 2011 à 19:11

      Oui, j'ai lu ta chronique... effectivement, si tu déjà allergique au réalisme social, ça n'aide pas. Et je comprends tout à fait. J'ai aimé, mais il y a un grand manque quand même.

  8. 24 octobre 2011 à 19:14

    j’avais déjà envie de le lire (depuis un an, woups, déjà!), j’ai passé mon chemin pour la lecture commune par gros manque de temps, mais j’ai plus que jamais envie de lui faire intégrer ma PAL…

    • 24 octobre 2011 à 20:29

      J'espère qu'il te plaira quand même un peu plus qu'à moi ;)

  9. Val
    26 octobre 2011 à 19:11

    Ben moi, j’suis pas restée au bord du chemin…J’ai plutôt l’impression d’être encore dans la zone :)
    bonne soirée !

    • 2 novembre 2011 à 20:03

      Apparemment, quand je lis les chroniques soit on accroche... soit, non ;)

  10. 1 novembre 2011 à 09:55

    Comme toi, j’ai trouvé que l’exploration de la Zone était sous exploitée et pas assez présente dans l’histoire. Du coup j’ai été un peu déçue par ce livre, mais je ne regrette pas de l’avoir lu, pour me faire ma propre opinion et pour avoir lu une première oeuvre Russe.

    • 2 novembre 2011 à 20:04

      Saletés de frères Strougatski qui nous frustrent :P

  11. 4 novembre 2011 à 17:14

    Je connaissais le film, dont j’avais vu quelques extraits, et j’avais beaucoup aimé…. Je note, comme ça dès que j’ai un peu de temps, je fonce sur ce livre! :)

    • 7 novembre 2011 à 16:11

      Ah j'ai trouvé plutôt des gens qui n'avaient pas apprécié le film...

  1. 24 octobre 2011 à 22:05
  2. 6 novembre 2011 à 13:40
  3. 9 novembre 2011 à 12:22
  4. 31 octobre 2012 à 15:51
  5. 21 novembre 2012 à 16:34
  6. 21 décembre 2012 à 15:16
  7. 29 avril 2014 à 15:36

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