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LE GUIN Ursula – Terremer – Le sorcier de Terremer, tome 1

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Titre : Le sorcier de Terremer (Terremer, tome 1)
Auteur : Ursula LE GUIN
Plaisir de lecture Livre sympa peu s’en faut

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Sur l’île de Gont, Ged, jeune garçon apprend les rudiments du Noble Art. Un puissant sorcier répondant au nom d’Ogion le prend alors sur son aile. Il juge alors les connaissances de notre jeune cabris comme insuffisant et l’envoie à l’école de magie de Terremer, sur l’île de Roke afin de se parfaire. A la suite d’une anicroche avec un élève, Ged quelque peu présomptueux délivre une Chose du Royaume des Ténèbres. Sa propre vie étant en danger en permanence, Ged se retrouve bien malgré lui une proie sombrement traquée.

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)°º•. Le décor que plante l’univers de Terremer, s’appuie sur un monde océanique : il est composé d’un archipel d’une centaine d’îles. Nous pouvons séparer d’ailleurs ce monde en plusieurs parties: la civilisations hardique, la terre des dragons, celles des barbares kargades et enfin les îles sauvages. Ursula Le Guin nous entraine d’un monde médiéval fantastique complètement indépendant de notre propre monde.
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Ged, surnommé l’Epervier par Ogion relève, de mon point de vue, de certains orgueil et jalousie. Il demeure quelque peu impatient, et se révèle bon élève. Cependant, j’ai beaucoup de mal à m’attacher à ce personnage que je trouve même indifférent. Tout lui réussi et il n’est pas rongé de remords. Comment s’enticher d’un jeune homme impétueux qui se vautre dans la réussite? Même dans son « malheur », il s’en trouve chanceux. Finalement, je considère que Ged paie très peu pour ses erreurs… Notons par ailleurs que son caractère s’affirme tout au long du texte et il devient plus humble dans son rôle de futur-sorcier-compétent-et-humain.
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Vespe et Jaspe sont les deux élèves que Ged fréquentera le plus à l’école de magie de Roke. Pour moi, le coté binaire de Vespe = ami, Jaspe = ennemi est trop visible et facile. Ces deux personnages limite indissociables ne donneront aucun relief dans l’histoire, et je suppose (?) que cet aspect prendra plus d’importance dans les tomes suivants.
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La Chose du Royaume des Ténèbres, connue sous le petit nom de l’Ombre se révèle magnifiquement forte. Plus que tout au monde de Terremer. Sauf que de mal en pis, sa force diminue au point de ne devenir plus rien. Traqueuse et traquée, son rôle reste superficiel dans le Sorcier de Terremer.

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 )°º•. Ce cycle « classique » est un des plus importants et des plus populaires d’Ursula Le Guin. Écrit durant la fin des  années 60’s et le début des années 70’s, nous pouvons y noter un certain décalage.
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Revenons sur le concept de la magie. Il est appréciable de voir qu’Ursula Le Guin interprète et propose une vision calibrée de cette dernière. A Terremer, la magie, ça s’apprend. Elle est surtout rationnelle: il faut apprendre à maitriser ses pouvoirs. Le Guin en propose même une logique presque scientifique, elle n’est pas considérée comme force surnaturelle (voire innées comme dans certaines œuvres littéraires); il faut que l’humain fusionne avec la magie. Cela peut s’expliquer par une maitrise des éléments naturels. La donnée la plus importante de cet ensemble est la connaissance du véritable nom des choses et des êtres. C’est pourquoi l’apprentissage y est primordial.
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Le style narratif est très dense. L’écriture est rapide, du type des nouvelles: le personnage vieillit de beaucoup (11 ans en 10 chapitres), les actions quand elles ne sont pas survolées se déroulent en une demi-douzaine de pages. On aimerait tant en apprendre plus sur son apprentissage à l’école, ou sa rencontre avec le couple de seigneurs… La lecture en devient désagréable, nous n’avons pas le temps de s’installer dans l’histoire, de profiter des aventures et de prendre un peu de recul.
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Finalement, Terremer repose sur le principe de « contes »: la réalité est un peu bancale: certains faits sont inexplicables. On peut alors se demander si le pacte avec le lecteur est réellement tenu puisque certains éléments deviennent invraisemblables et ne favorisent pas un univers cohérent.
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Pour  moi, l’histoire est tout simplement trop rapide. Le gentil est TRÈS fort et gentil, bien sûr. Mais tout lui réussit: les aventures en deviennent tellement lisses. Que ce soit l’opposition si claire du bien au mal, ou les sentiments éprouvés par le personnage principal, il n’en demeure pas moins qu’ils sont autant de points négatifs du livre. Malgré tout, la carte du « épique » n’est pas réellement au rendez-vous… et j’apprécie énormément. Je n’ai jamais pris plaisir à lire les batailles et même pire, c’est en m’y forçant. Les rencontres avec l’Ombre restent mes passages préférés où l’œil quitte le numéro de page et boit comme du petit lait les lignes écrites. Je résumerai qu’il manque une certaine substance au roman pour que je m’y attache et l’apprécie. Le manque de crédit n’avantage pas l’histoire (espérons que les romans suivants rattrapent le tout).

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Selon le livre « J’écris des contes et des nouvelles » de Louis Timbal-Duclaud, nous avons:
(Merci El JC)
Le héros : Ged
Le mandant : Ogion
L’objet : La connaissance / La puissance / La magie
L’adjuvant : Vesce
L’ennemi : L’ombre

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)°º•. Ursula Le Guin, née en 1929 d’un père anthropologue et d’une mère écrivain (parait-il, c’est important). Elle réalise des études dans le domaine « littéraire » et propose une thèse sur les idées de la mort dans la poésie de Ronsard, qui, plus tard, lui ouvrira les portes pour des publications de littérature imaginaire. Ses œuvres sciences-fictives seront plus connues, mais Terremer, de fantasy, lui fera une joie d’être connue et appréciée par ses lecteurs et remportera même en novembre 2002 un World Fantasy Award.
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J’ai eu la malchance d’avoir dans les mains la troisième édition, par Robert Laffont. J’avoue que je n’accroche pas du tout: c’est même un ratage en force pour moi. Elle aurait été réalisée par Jackie Paternoster, une artiste très controversée…
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Côté adaptation, Robert Lieberman a réalisé un téléfilm « Terremer, la prophétie du sorcier », en 2004. En 2006, c’est Gorō Miyazaki (fils de Hayao Miyazaki, l’illustre) qui se tente à un film d’animation « Les Contes de Terremer ».
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Terremer est composé des livres suivants :
. Le Sorcier de Terremer (tome 1)
. Les Tombeaux d’Atuan (tome 2)
. L’Ultime Rivage (tome 3)
. Tehanu
. Les Contes de Terremer (recueil de nouvelles)
1. Le trouvier
2. Rosenoire et Diamant
3. Les os de la terre
4. Dans le Grand Marais
5. Libellule

. The Word of Unbinding et La règle des noms (préquelles)

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)°º•. Extraits

Les créatures revinrent à l’attaque: bête difformes venues d’époques lointaines, bien avant l’oiseau, le dragon ou l’homme. Le jour les avait oubliées depuis longtemps…

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Cette chose n’avait pas de corps, elle était aveugle au soleil, c’était une créature d’un royaume sans lumière où il n’existe ni lieu ni temps. Elle devait ramper et le poursuivre à tâtons à travers les jours et les océans du monde, et ne pouvait prendre une forme visible que dans les rêves et les ténèbres. Pour l’instant, elle n’avait pas de substance, pas d’être que la lumière pût éclairer, comme le chant la Geste de Hode : L’aube crée et la terre et la mer, des ombres elle tire des formes, et renvoie les rêves au royaume des ténèbres.

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La lecture de ce livre s’est réalisée dans le cadre du Cercle d’Atuan : Imagine…erre (Arutha),  La Bibliothèque de Craklou, Mes lectures de l’imaginaire (Olya), Martlet, Sherryn, Quadrant Alpha (El JC), Tortoise’s times tree.

CITRIQ

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Catégories :LE GUIN Ursula Étiquettes :
  1. 21 novembre 2012 à 16:19

    Ca c’est ce que j’appelle une chronique !
    Même si nous sommes des jumeaux cosmiques, Arutha et moi formons dans cet univers deux entités distinctes (enfin par moment) ! ;o)). Pour le schéma narratif donné je l’ai puisé dans un ouvrage de Louis Timbal-Duclaud : « j’écris des contes et des nouvelles ». Le petit exemple que je donne concernant les intervenants classiques d’un conte n’est qu’une partie de l’analyse disséquée tout au long de cet ouvrage fort intéressant.

    Posté par El Jc, il y a 3 ans

  2. 21 novembre 2012 à 16:19

    Je confirme ce que dit El Jc : ce n’est pas moi qui aie décrit le schéma narratif du conte. Je n’ai fait que demander à El Jc ce qu’il entendait par conte. Merci quand même ;o)
    Et je confirme également que tu as fait un sacré boulot avec ta chronique. Bravo.
    A+

    Posté par arutha, il y a 3 ans

  3. 21 novembre 2012 à 16:19

    je sais bien que vous êtes différents, mais j'étais persuadée avoir lu le pseudo d'Arutha sur le forum avec le schéma :D En tout cas, merci à vous, j'ai corrigé l'erreur et indiqué la référence ;)
    Merci pour les compliments, et je jetterai un oeil sur le livre.

  4. 21 novembre 2012 à 16:20

    Je confirme, la couverture est vraiment…( disons le franchement) horrible et j’ai eu la malchance de tomber sur cette édition aussi. J’espère que j’aimerais ce livre un peu plus que toi car ça fait un moment que je l’ai dans ma PAL et je n’ai pas encore réussis à m’y mettre même si j’avais lu les première pages en bibliothèque et qu’elles m’avaient bien plu.

    Posté par Eirilys, il y a 2 ans

    • 21 novembre 2012 à 16:20

      Tu me diras ça, alors :)

  5. 21 novembre 2012 à 16:21

    Déjà en 2009 tes chroniques étaient complètes et très intéressantes ^^
    Pour ma part j’ai beaucoup aimé, mais je suis d’accord avec toi sur le fait que certains passages sont trop rapidement survolés.

    Posté par endea, il y a un an

    • 21 novembre 2012 à 16:21

      Heureusement, elle sait convaincre de bien nombreux lecteurs ;)

  6. 22 novembre 2012 à 00:16

    J’étais allée au ciné voir l’animé de Goro Miyazaki, mais j’étais très fatiguée ce soir-là, du coup je m’étais endormie! Donc soit je revois l’animé, soit je me lance dans les livres… Mais comme ce n’est pas un 5 étoiles, je vais peut-être partir sur l’option « animé », pour la facilité.:)

    • 23 novembre 2012 à 09:39

      Je ne savais même pas qu'il y avait eu une adaptation !

  1. 28 novembre 2012 à 10:06
  2. 7 novembre 2013 à 20:08
  3. 23 juin 2014 à 13:07
  4. 27 juin 2014 à 11:20
  5. 15 septembre 2014 à 09:02
  6. 30 septembre 2016 à 11:56

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