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Articles taggués ‘science-fiction’

WILLIAMS Tad – Autremonde

30/09/2016 12 commentaires

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Autremonde tome 1 Tad WilliamsTitre : Autremonde
Série composée de 8 tomes : Autremonde, L’ombre de la cité d’or, Le fleuve entre les mondes, Les voiles d’illusion, Les exilés du rêve, La montagne de l’éternité, Le chant des spectres, Les dieux de lumière.
Auteur : Tad Williams
Plaisir de lectureetoile 5 Livre fantas… tique
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Renie est professeure à l’institut polytechnique de Durban. Elle enseigne aux étudiants – comme !Xabbu, nouvellement arrivé – les connaissances concernant les systèmes de communication. Ces derniers ont été développés au point où il est possible que le système nerveux d’un être humain soit branché à la Réalité Virtuelle. Soudainement, son frère Stephen, enfant passionné de jeux en ligne sombre dans un coma inexpliqué.
Dans le même temps, un univers virtuel nommé Autremonde est découvert et son réalisme dépasse celui de la Vie de tous les jours. Certains joueurs – qui se promènent grâce à leur simul – sont capturés et conduits dans la cité d’or pour comparaitre devant la Confrérie.

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« Autremonde »… le Net le plus ultra ?

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La saga de Tad Williams se compose de 4 volumes en anglais – et 8 en français – publiés entre 1996 et 2001. Je lisais pour la troisième fois le premier et relisais pour la seconde fois le tome 2 (j’en veux !). La saison estivale était parfaite pour me motiver à la lire d’une traite, surtout que je l’avais inscrite dans mes objectifs de défi Fin de série. Et puis, entre temps, je me suis lancée dans une lecture commune avec Eirilys sur « La trilogie du roi Kelson » de Katherine Kurtz (beau pavé de 1165 pages) donc je me suis finalement plongée dans la série surtout durant le mois de septembre.
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autremonde-illustrationL’univers est clairement du cyberpunk. Le récit ne perd pas une ride : le monde technologique avancé se partage entre la VTJ (Vie de Tous les Jours) et la RèV (Réalité Virtuelle). À y regarder de plus près, Tad Williams intègre que peu de descriptions technologiques à son récit si ce n’est des descriptions d’objets technologiques existants, il mixe le tout et paf, les éléments paraissent cohérents. Quelques expressions viennent pailleter le récit « une neurocanule », « un simul », « être fenfen », « C’est pas chizz ».
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On se balade dans la fin du XXIe siècle où la civilisation ultra technologique n’a pas encore  noyé les minorités ethniques – et leur vie minimaliste – comme les Bushmen, issus du peuple indigène d’Afrique Australe. On visite plusieurs mondes virtuels, ce qui peut être redondant pour certains lecteurs mais chacun s’avère original, comme s’il fonctionnait de manière indépendante et chaque excursion est accompagnée de son lot d’actions et de révélations. Les valeurs de la réalité sont aussi présentes : défendre l’existant avant d’extrapoler vers de futures sphères ; ce qui demande bien plus d’investissement.
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Le noyau dur de personnages est bien campé ; les protagonistes ont entre 12 et plus de 100 ans et c’est assez étonnant de les voir se supporter sur le mode de la communauté. Vous ferez la rencontre de Renie, !Xabbu, Orlando, Fredericks, Christabel, M. Sellars, Long Joseph Sulaweyo, Jeremiah, Paul Jonas, Martine et Beezle. Lire la suite…

HOWEY Hugh – Phare 23

11/09/2016 12 commentaires

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Phare 23 Hugh HoweyTitre : Phare 23
Auteur : Hugh Howey
Plaisir de lectureetoile1 Livre à oublier
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Il est gardien de la balise 23, comme d’autres de ses homologues. Ce réseau de balises permet à travers la Voie Lactée d’amener une aide à la navigation aux vaisseaux. C’est un boulot ingrat car solitaire. Des naufrageurs débarquent alors sur le phare, son phare à lui, le 23.

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Quand je ne suis pas à la chasse aux grincements et aux craquements, je passe la majeure partie de mon temps là-haut dans le phare. Je sais qu’on n’est pas censé l’appeler comme ça, mais ça va, quoi. Tout au bout d’un tunnel construit à l’écart du reste de la balise se trouve une petite niche entourée de hublots. C’est dans ce truc-là qu’on a installé l’émetteur d’ondes gravitationnelles, le centre opérationnel de la balise : tout le reste n’est là que pour assurer son fonctionnement, moi compris.

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Ce livre-ci, j’aurais voulu l’aimer. Il faut dire que j’avais beaucoup apprécié ma lecture de sa trilogie Silo. J’avais aimé entrer dans cet univers, me prendre au jeu et tourner les pages, tenue par un suspense certain.
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Les réactions du gardien de la balise 23 me rappellent celles de Sam Bell dans le film Moon de Duncan Jones sorti en 2009 (oui, je compare un livre… à un film) (mais j’ai adoré ce long-métrage) (et j’ai le droit, si je veux) ; mais elles ne sont pas absolument identiques. Lire la suite…

Categories: HOWEY Hugh Tags:

PRIEST Christopher – La fontaine pétrifiante

27/07/2016 8 commentaires

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La fontaine petrifiante Christopher PriestTitre : La fontaine pétrifiante
Auteur : Christopher Priest
Plaisir de lectureetoile 5 Livre fantas… tique
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Peter Sinclair se plonge dans l’écriture après avoir perdu son père, son travail, son logement puis sa petite amie. Isolé dans la campagne anglaise, des amis lui ont prêté un cottage pour s’adonner à sa nouvelle lubie. Sa sœur vient pourtant le sauver d’une situation qui se dégrade, cette aide sociale saura-t-elle lui apporter un véritable soutien ?

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Il y a plus de vérité dans la fiction, parce que la mémoire est fautive.

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La fontaine petrifiante Christopher Priest couverture americaineParmi ses tracas du moment, Peter Sinclair ne sait pas s’il doit accepter le traitement : son billet à la Loterie Collago est gagnant. Il pourrait bénéficier de l’athanasie : un procédé médical qui régénère le corps et donne alors accès à l’immortalité, à un nombre rare de personnes.
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FINK Joseph & CRANOR Jeffrey – Bienvenue à Night Vale

05/07/2016 16 commentaires

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Bienvenue a Night Vale Joseph Fink et Jeffrey CranorTitre : Bienvenue à Night Vale
Auteurs : Joseph Fink et Jeffrey Cranor
Plaisir de lectureetoile 2 Livre à regrets
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Nichée au cœur du désert, Night Vale est une ville paisible où les habitants dorment sur leurs deux oreilles, quand ils n’écoutent pas la radio. Diane s’inquiète de ne pas revoir son collègue de travail, mais toute l’équipe semble ne plus se souvenir de lui. Elle doit également gérer un adolescent au tempérament houleux et qui change de physique régulièrement – et elle n’aime pas vraiment quand il s’affuble de plusieurs paires d’yeux comme une araignée, les lundis après-midi. Et puis, il y a ce satané papier indiquant « King City » qui refuse de quitter sa main, même quand elle est plâtrée. Décidément, certaines journées commencent plutôt mal.

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Hier soir, lors d’une conférence de presse, le Conseil municipal a rappelé à tout un chacun que le parc à chiens devait profiter à l’ensemble de la communauté, et qu’il était donc important que personne n’y entre, ne le regarde ou ne lui accorde ne serait-ce qu’une pensée. Ils ont prévu d’ajouter un nouveau système de caméras très avancé afin de garder en permanence un œil sur sa grande enceinte noire, et si quelqu’un s’avisait d’essayer de la franchir, il y serait effectivement contraint et l’on n’entendrait plus jamais parler de lui. Si vous voyez des silhouettes encapuchonnées dans le parc à chiens, non, vous n’avez rien vu du tout. Les silhouettes encapuchonnées ne présentent absolument aucun risque, et il ne faudrait pas s’en approcher coûte que coûte. Le Conseil municipal a clos la conférence de presse en dévorant une patate crue par petites bouchées, avec ses dents tranchants et ses langues râpeuses. Il n’y eut pas de questions, même si l’on a pu relever quelques hurlements consécutifs au communiqué.

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Bienvenue à Night Vale Illustration 01Avant ce roman, « Welcome to Night Vale » est un podcast américain créé par Joseph Fink et Jeffrey Cranor. Le concept : il s’agit d’une radio communautaire pour la ville fictive éponyme, dont l’animateur radio Cecil est le narrateur. Il existe une traduction bénévole française, Bienvenue à Valnuit, complètement dingue et superbement réalisée par l’Équipe des Valnuitains.
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KLOETZER Laurent – Vostok

20/04/2016 10 commentaires

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Vostok Laurent KloetzerTitre : Vostok
Auteur : Laurent Kloetzer
Plaisir de lectureetoile 4 Livre à découvrir
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Leonora n’a pas le choix : elle part en expédition à Vostok.

A Valparaíso, Juan est mandaté par une mission : craquer le code pour avoir accès au réseau Vault du cartel adverse, les Andins. Après avoir tué la seule personne qui aurait pu le lui donner, il se voit obligé de partir en direction de la base russe en Antarctique pour retrouver une copie du moyen d’authentification. Il croit en sa sœur, elle saura foncièrement l’aider. Ils n’ont que quinze jours pour trouver une solution avant de connaitre une fin définitive par la main de leur commanditaire.

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Vostok Forage 5GLe livre m’a interpellée comme l’a déjà fait souvent l’Antarctique.

Mon oncle avait déjà bien alimenté mon intérêt et mes nombreuses interrogations. Il faut dire que le bonhomme a effectué un camp d’été à la base française Dumont d’Urville puis plus tard, un hivernage à Concordia en Terre-Adélie. Elle se situe d’ailleurs à 550 kilomètres de la base russe, Vostok.

Cette dernière a été créée en 1957 avec pour principale mission, d’effectuer des forages profonds dans la calotte glaciaire. Elle connait des températures extrêmes, jusqu’à -90°C. Le thème est déjà nourri par les conditions : la dureté, le froid, l’ambiance et la solitude.

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GAIMAN Neil – Des choses fragiles

04/05/2010 24 commentaires

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Des choses fragiles GaimanTitre : Des choses fragiles – Nouvelles et merveilles
Auteur : Neil Gaiman
Plaisir de lecture : etoile 3 Livre sympa peu s’en faut

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Avec ce recueil de nouvelles et autres merveilles, Neil Gaiman met l’accent sur les idées. Ces petites choses fragiles, quelques fois minuscules, quelques fois tarabiscotées, peuvent être mises sur papier pour répondre généralement à une demande. Neil Gaiman a voulu leur donne un foyer intemporel au sein de cet ouvrage.

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)°º•. Ces 31 nouvelles et poèmes sont toutes aussi différents les uns que les autres. Ils ont été écrits dans un cadre limité car Neil Gaiman ne les invente que sur commande. Les thématiques généralement en sont précises et sont écrites en vue de figurer dans des revues, dans des anthologies, pour ses enfants ou pour des événements. C’est sans aucun doute la richesse de ce recueil car l’hétérogénéité est de mise et est une agréable surprise pour le lecteur.

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Le côté bordélique présenté par l’auteur est sympa : il organise ses nouvelles selon ses propres envies et il ne tient qu’à nous de lire ce livre comme il nous chante : il n’y a pas d’obligation de lire les nouvelles les unes à la suite des autres, mais est privilégiée la pioche. La lecture de cette mosaïque est facilitée par la présence d’une introduction rédigée par Neil Gaiman qui permet, en outre d’expliquer la genèse de chaque récit.

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Des choses fragiles 01Neil Gaiman propose ici plusieurs univers, merveilleux et horreur s’y côtoie. Il est quelque fois, difficile de s’introduire dans un monde si singulier. J’avoue que les nouvelles lugubres n’ont pas eu mes préférences et à l’inverse, certaines ont simplement retenu mon attention dont notamment ‘la présidence d’Octobre’, ‘l’heure de la fermeture’ et ‘le jour de l’arrivée des soucoupes’. La seule nouvelle qui est un véritable coup de cœur pour moi s’avère être ‘le cartographe’ qui se situe en réalité dans l’introduction ! L’intérêt de bouquin se trouvera pour moi, dans l’interview de l’auteur présentée en annexe. Le reste m’aura quelque peu ennuyée et j’ai déjà oublié certains récits. Pour le coup, avec ce livre, je reste sur ma faim.
De Gaiman, je sais apprécier ses romans, mais en tant que nouvelliste, je passe allègrement mon chemin. Au vu des gratifications littéraires reçues, il va s’en dire que je ne suis pas faite pour ce « genre ».
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Neil Gaiman se plait à être nouvelliste car cela lui permet d’offrir un support à certaines de ses idées. Il y a des thématiques qu’il ne souhaite pas aborder sous la forme de roman. Il indique qu’il préfère passer quelques heures, un week-end ou une semaine sur une thématique d’horreur pour une nouvelle plutôt que 18 à 24 mois pour un roman.
Notons par ailleurs que les nouvelles et autres récits ont reçu de belles récompenses :
– Prix Hugo de la meilleure nouvelle en 2004.
– Prix Locus de la meilleure nouvelle en 2003, 2004 et 2005 !

Mention spéciale à la couverture, qui vraiment, traduit fort bien le contenu…

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)°º•. Gaiman, Neil de son petit prénom n’est plus à connaitre, tout le monde a déjà entendu parler de lui – du moins, j’ose espérer –. C’est un auteur britannique vivant aux USA et qui a fait son petit trou dans les rideaux du devant de la scène de la littérature fantastique (reprenons notre souffle). Comics, romans et nouvelles, Neil Gaiman a plus d’un tour dans son sac.
Son site/blog, son twitter.

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Dans le chaudron :
¤ Coraline,
¤ De bons présages,
¤ Neverwhere.
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Au fil de mes lectures (La liseuse) et Raison & Sentiments (Matilda) en parlent aussi.
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McCARTHY Cormac – La route

03/02/2010 18 commentaires

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La route McCarthyTitre : La route
Auteur : Cormac McCarthy
Plaisir de lectureetoile 4 Livre à découvrir

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Ce sont les pieds dans la cendre, que Lui et son enfant errent dans ce monde grisâtre. A la suite de l’apocalypse, leur seul but est de (sur)vivre coûte que coûte. L’homme et son enfant partent pour le sud : il n’est plus nécessaire de fuir, la mort rôde, ce n’est qu’une question de temps. Ils s’accrochent à leurs valeurs, à l’espoir de vivre encore un peu. Ils vont devoir faire face à la pénurie de nourriture et à leur pire ennemi : les autres. Leur chemin vers le sud sera pénible, à bien des titres.

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La route 01)°º•. De prime abord, l’absence d’identité des personnages est quelque peu troublante. Nous ne connaissons le nom ni de l’Homme, ni de l’Enfant. Sans aucun doute, une volonté de McCarthy de nous renvoyer à notre propre image. Et si finalement, c’était nous ?
Les échanges verbaux entre nos deux hommes seront peu nombreux : leur caractère bref rend l’histoire d’autant plus intense… le long cheminement proposé par McCarthy qui pourrait aussi valoir l’honneur de remplir de définition, le titre « Route ».
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L’homme est père d’un enfant relativement jeune (il sait tout juste écrire dans le sable et lire) porte sur ses épaules, un espoir mort dans l’œuf. Il tente tant bien que mal de ne pas se laisser bercer par de doux rêves et son ambition aussi stérile soit-elle est de rester en vie. Ils voyagent en suivant le macadam qui n’a plus de raison d’être, poussant dans le caddie, des placebos de vie. Le strict nécessaire, le peu qu’ils ont réussi à récupérer. Trouver de la nourriture devient de plus en plus difficile, au mépris de l’anthropophagie environnante, il assoit sa morale. Lui et le petit sont les gentils, il tente par tous les moyens de transmettre les valeurs d’un monde qui n’existe plus, en lesquelles il continue –ou fait semblant ?- de croire. Son plus grand garant de leur survie est son propre fils.
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L’enfant, allégorie de la vie dans ce roman, n’est pas en reste. On le devine jeunot mais la joie innocente a quitté depuis longtemps ce petit être. Il devine ce que ressent son père et l’éprouve plus que tout. Il remet son « quotidien » en cause, il pose des questions peu anodines, quelques fois détournées pour trouver des réponses. Il est d’une maturité hors du commun…
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Quand on sera tous enfin partis alors il n’y aura plus personne que la mort et ses jours à elle aussi seront comptés.

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La route 02)°º•. McCarthy nous propose un universravagé, anéanti, ardu, âpre, glaçant et rempli de désespoir. Il nous présente des personnes blessées dans un monde blessé. Dans cette adversité totale, l’homme et l’enfant ont des préoccupations « rudimentaires », répondre aux besoins vitaux : manger et boire. Accessoirement, dormir sans trop d’humidité. Dans cet espace où le temps semble s’être arrêté, les souvenirs d’une société disparue deviennent des mythes. Les survivants sont peu nombreux et sont enclins au cannibalisme. L’humanité présentée par Mc Carthy n’en a que le nom. La problématique de la condition humaine dans ce roman prend tout son sens. Tout est remis en question : la valeur des denrées, la valeur des objets et la valeur des sentiments.

Tout cela nous renvoie à nous-mêmes : que ferions-nous dans cette situation… l’impossibilité d’éviter la mort de cette manière, d’errer sans but.
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L’évolution dramatique de l’histoire est inéluctable, mais bien plus que l’importance de la fin, entre ses pages sombres se révèle beaucoup d’amour. Notons d’ailleurs qu’il restera une pièce mystérieuse de l’histoire où l’interprétation demeure tout à chacun : la force du feu qu’ils portent en eux.
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Il faut que tu portes le feu.
Je ne sais pas comment faire.
Si, tu sais.
Il existe pour de vrai le feu ?
Oui, pour de vrai.
Où est-il ?
Je ne sais pas où il est.
Si tu le sais. Il est au fond de toi. Il y a toujours été. Je le vois.

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Cormac McCarthy)°º•. Soyons honnête, le prix Pulitzer a propulsé le livre de McCarthy. Avec l’adaptation cinématographique, « La Route » a été le centre d’un buzz phénoménal de la critique littéraire. Ce ne sont pas les 170 000 lecteurs que proclame le bandeau du livre qui me donnera le petit coup de pouce pour entamer ma lecture – moi qui fuis les best seller… Quantité & Qualité ne sont pas deux critères qui vont toujours de paire.
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En attendant, ce livre étiqueté « Science Fiction post apocalyptique » n’en a que le titre dans le sens où cette définition ne le sert pas. En conviennent les critiques des bloggeurs et bloggeuses pas spécialement attachés aux lectures SFFF l’apprécient aussi.
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Cette histoire intemporelle, indéterminée et sans lieu de géographique donné propose une thématique tout aussi universelle et maintes fois, utilisée. Cependant, McCarthy a su se l’approprier : grâce à une plume quelque peu glaciale, il fait approcher une horreur plus que réaliste d’un monde de cendres.
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L’histoire en soi ne fait pas peur, elle pose énormément de questions. Elle émeut beaucoup et ne laisse pas insensible. Une sensation un peu cafardeuse reste après que le quatrième de couverture soit refermé.
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Ce récit est écrit dans un style relativement dépouillé. Chaque mot est pesé. Le tout est minimaliste : l’absence de ponctuation, l’usage excessif des « et » au sein d’une même phrase. La linéarité va même jusqu’aux discours sans guillemets, sans tirets, sans la précision des prosateurs. L’écriture en elle-même appuie la densité du roman sans saut de page, ni chapitre.
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 Il plongea et empoigna le petit et roula et se releva avec le petit qu’il tenait contre sa poitrine.

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McCarthy nous présente une histoire minimaliste où chaque mot est pesé. L’homme n’a que garant de vie, son propre fils. Ce dernier, sans enfance et mature trop tôt, le suit jusqu’au bout du monde. Ce couple intemporel traverse un paysage sombre où leur pire ennemi est la condition humaine. Par une plume glaçante, plongez au cœur d’un pays blessé où les gentils ne sont plus si nombreux que ça.

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Cormac McCarthy, écrivain américain, né Charles Mc Carthy en 1933. A reçu le National Book Award en 1992 pour « De si jolis chevaux » et le Prix Pulitzer en 1997 pour « La Route ».

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 Aucune liste des choses à faire. Chaque jour en lui-même est providentiel. Chaque heure. Il n’y a pas de plus tard. Plus tard c’est maintenant. Toutes les choses de grâce et de beauté qui sont chères à notre cœur ont une origine commune dans la douleur. Prennent naissance dans le chagrin et les cendres. Bon, chuchotait-il au petit garçon endormi. Je t’ai toi.

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 Carnet de SeL, Connivences littéraires, Les lectures de Cachou ont aussi marché sur la route.

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STURGEON Théodore – Cristal qui songe

30/11/2009 14 commentaires

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Titre : Cristal qui songe
Auteur : Théodore Sturgeon
Plaisir de lecture Livre fantas… tique

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Horty Bluett a 8 ans quand il fugue. Il vient d’essuyer une énième colère de son père adoptif et de perdre trois doigts à la suite des violences subies. Il a 8 ans, se retrouve en pleine rue, la nuit. Par hasard, il croise son amie Kay Hallowell, lui dit au revoir et la promesse de la revoir.
Et voilà un camion qui déboule, des étranges inconnus qui le prennent sous leur aile et l’embarquent vers des chemins inconnus. Propulsé dans un bar, il rencontre la bande. Ces gens marginaux, certain à la peau verdâtre, d’autres de petites tailles, l’adoptent. Après l’accord de Cannibale, le propriétaire du cirque, Horty va trainer ses savates et se construire grâce à la vie en communauté foraine. Au sein de cette famille de cœur, Horty va partager son temps, son attachement et développer son don de mémoire eidétique. Mais est-ce la seule facilité qu’il possède ? Pourquoi le directeur du chapiteau est-il surnommé Cannibale ? Pourquoi la troupe entière tremble devant lui et se bouche les oreilles aux gémissements d’étranges cristaux vivants ? Les phénomènes ne sont pas forcément « du cirque »…

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)°º•. Très vite, nous sommes plongés dans cette famille au grand cœur. La micro société que représente le cirque est peuplée de « monstres » très attachants. Ces freaks et autres énergumènes de foire apprendront la vie à Horty. Notre jeune garçon va évoluer parmi les gentils et les méchants. Une pression forte, une impression irréaliste tournent et planent autour de son noyau de vie. Heureusement, Horty garde encore son point d’attache, un diable à ressort reçu à l’orphelinat.  Horty entretient des relations très fortes avec Junky et y tient comme à la prunelle de ses yeux.
Horty c’est le gamin que tu vas voir grandir sous tes yeux que t’y crois pas ! Gentillesse et générosité sont son leitmotiv mais il va être désarçonné, rejeté à plus d’un titre.
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Le Cannibale, ex Pierre Ganneval n’est pas étranger à l’atmosphère pesante qui plane sur le cirque. Ce grand misanthrope a depuis longtemps été déçu par la cause humaine. Délaissant l’être humain dans toute sa splendeur, il s’intéresse davantage à des bizarreries scientifiques.
Le Cannibale, c’est le méchant de l’histoire. Mais méchant-méchant. Un vrai de vrai. Que t’aimerais même pas le croiser dans tes pires cauchemars. Enfin, bref, avec l’ingéniosité et la cruauté dont il fait preuve, tu vas en rester plus que baba.
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Famille recomposée de membres rejetés par toute structure sociale, le cirque se compose de freaks et autres énergumènes de foire. Nous croisons tantôt des hommes à la peau verdâtre, tantôt des hommes sans poumon, et quelques nains au physique particulier. Ces « monstres » très attachants n’en représentent pas moins une micro-société. Ce sont ces gens montrés du doigt qui vont apprendre le plus à Horty et vont lui permettre de traverser les obstacles qu’il rencontre.
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Enfin et non des moindres, des personnages pas forcément « principaux » en terme où on l’entend, mais non moins cruciaux, les Cristaux. C’est autour de ces « objets » que se forge notamment l’intrigue. Ces derniers vivent, communiquent, ressentent la douleur, sont faits « de chair, sève, bois, os et sang » et construisent des rêves épatants. Leur communication reste énigmatique, et c’est certainement bien là-dessus que naissent affabulations et machiavélisme.
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Bien que pour certains lecteurs, le Cannibale est une pâle copie mal réussie d’un vrai méchant ; je n’en démords pas, que je n’aimerai pas le croiser en vrai. Le véritable défaut, cependant mineur, réside pour moi dans le statut presque immuable de « gentil » et de « méchant » des personnages. Dommage… Cependant, et cela est sans doute le plus gros point positif de ce roman à mes yeux, la vie des Cristaux est splendide et j’admire l’imagination de Sturgeon. Leur existence atteint quelque sommet poétique et c’est un vrai délice de se délecter des paragraphes (pseudo ?) scientifiques et des envolées exaltées que l’auteur manifeste.

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)°º•. Bien sûr, plusieurs thèmes sont abordés par cette histoire et la plus grande réside en l’image forte de l’humanité et de ses valeurs. La marginalité montre la double facette indispensable de vivre et survivre. Dans le bouquin, on en arrive presque à la lutte du bien contre le mal. Mais il n’en demeure pas moins que pour (sur)vivre, il faut alors avoir la faculté d’adaptation. Marche ou crève en quelque sorte… J’ajouterai qu’on retrouve même une vision poétique voire une hymne à la différence.
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Une de mes plus grandes interrogations au fil des pages a été de me demander quand l’horreur (et secondairement la méchanceté) allait arriver. Sturgeon a su mettre en place des atmosphères en très peu de temps, et qui enveloppent entièrement le lecteur. Souvent on tâtonne, on reste dans la brume. Et grâce à une intrigue plus que palpitante, on se questionne beaucoup. Sturgeon a su distiller avec succès les informations, garder de grands mystères ; actes qui participent au « pourquoi ? » général.
Dans le cadre de la lecture commune du Cercle d’Atuan, les débats ont été riches et passionnés, les différentes théories qui entourent Horty, Junky et les Cristaux (ainsi que le rôle des personnages secondaires) ont eu la belle part de nos bavardages. Il va sans dire que les interprétations des écrits ont été différentes d’une personne à l’autre. Relativement jouissif !
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El Jc a très bien définit la plume de Sturgeon via le forum,  « aspect humaniste et bouleversant et ce avec une grande économie de mots ». La fluidité du style n’est pas en reste et le charme étrange du bouquin participe à accrocher à l’histoire. On apprend aussi, que c’est le roman le plus réussi et le autobiographique de Sturgeon, car il se vouait à la culture physique plus jeune, dans l’objectif de devenir acrobate. Malheureusement, la vie en a décidé autrement…

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Sturgeon nous délivre une histoire très palpitante où le thème de la différence est servie sur plateau. Confiné aux abords de la vie de phénomènes de foire, le lecteur est entrainé dans un monde où les atmosphères sont prenantes, où l’on reste dans un endroit brumeux et quelque peu cruel. Nous suivons le trépidant d’Horty qui bien malgré lui, se retrouve au centre d’étranges affaires. La vision des Cristaux, leur existence et leur fonctionnement demeurent le point d’orgue magnifique de ce récit. Oserez-vous plonger dans ce livre énigmatique ?

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)°º•. Biographie
via Wikipedia
Théodore Sturgeon, de son vrai nom Edward Hamilton Waldo ou Edward Waldo, est né le 26 février 1918 et mort le 8 mai 1985. C’est un écrivain américain de fantastique et de science-fiction, dont le talent s’est exprimé à travers de nombreuses nouvelles et quelques romans.

Plus que son style, l’ambiance et les thèmes abordés dans ses écrits font de cet auteur un cas particulier dans l’univers de la SF et du fantastique. Certains parlent à juste titre d’un univers « Sturgeonien ». On retrouve dans ses écrits des traces d’événements de sa propre vie qu’il a explorée d’une manière presque « thérapeutique » pour en faire quelques chefs d’œuvres, où l’humain prime toujours…

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¤ Adaptation :
La chaîne américaine de télévision HBO de 2003 à 2005 a diffusé un feuilleton de 24 épisodes en deux saisons inachevées. Ce dernier repose sur deux romans de Sturgeon et se nomme  « Carnivale » (fête foraine). La référence à l’auteur a été volontairement mise de côté afin que le public ne soit pas assujetti aux préjugés de la littérature sturgeonienne qui avait créé des scandales dans les années 1950 (le thème de la différence, on en parlait quelques paragraphes au dessus). Sans oublier que des références aux œuvres originelles, l’adaptation n’en garde plus grande trace afin de mieux coller aux envies d’un public qu’on voulait massif.

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¤ Extrait :

Horty poussa doucement Junky sur le pupitre e pressa un bouton usé sur le côtté du cube de bois. Violemment d’abord, puis en hésitant sur son ressort rouillé et enfin avec une sortie de défi triomphant, Junky émergea de sa prison. C’était un diable à ressort, reliquat d’une génération aux mœurs innocentes. Il avait une tête de polichinelle dont le nez crochu tout écaillé rejoignait presque le menton pointu. Dans la mince fente qui les séparait s’étalait un sourire chargé d’expérience.
Toute la personnalité de Junky (et c’était la raison principale de l’affection que lui portait Horty) résidait dans ses yeux. Ils semblaient faits d’une sorte de verre teinté, moulé ou taillé à arêtes mousses, qui, même dans une chambre obscure, avait un reflet, un scintillement étrange et complexe. Maintes et maintes fois Horty avait cru constater qu’ils possédaient une espèce de rayonnement propre – mais il n’avait jamais pu en être tout à fait sûr.
_ Bonsoir, Junky, murmura-t-il.

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45788423_pLa lecture de ce livre s’est réalisée dans le cadre du Cercle d’Atuan : Chimère, El Jc, Olya, Ryuuchan, Spocky, Tigger Lilly, Vert.
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Mes Imaginaires (SBM) en parle aussi, Nebal a rédigé un bien bel article sur Sturgeon.

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CONEY Michael – Le chant de la Terre ~ La locomotive à vapeur céleste, tome 2

14/08/2009 8 commentaires

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Titre : La locomotive à vapeur céleste (Le chant de la Terre, tome 2)
Auteur : Michael Coney
Plaisir de lecture Livre à découvrir
Tome 1, tome 3, tome 4, tome 5

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Le Chant de la Terre est supposé extrait d’un chant épique qui relate l’Histoire de l’humanité, plus quelques autres, et qui a tant proliféré au fil des temps qu’il faudrait plus d’un siècle pour le réciter en entier. Nous ne disposons donc que de fragments en cinq volets, La Grande Course de chars à voiles, La Locomotive à vapeur céleste, Les Dieux du grand loin, Le Gnome et Le Roi de l’île au sceptre. Le cycle conte la mésaventure d’un presque dieu, Starquin le Cinq-En-Un, qui, se promenant dans l’univers des aléapistes, autrement dit des possibles, se trouva piégé quelque part dans l’espace par les champs de mines d’une guerre interstellaire future. Malgré ses pouvoirs, il risque d’y périr d’inanition au bout de quelques millénaires si l’histoire ne peut être réécrite afin de le libérer.

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)°º•. Pour ce tome-ci, l’histoire est contée par Alain-Nuage-Bleu. Le récit de l’ancienne terre se situe cette fois en l’année Cyclique 143624. Afin que les divers auditeurs suivent l’épopée, « on » dit que c’est une légende : il est d’autant plus facile de suivre l’histoire en se persuadant que cela n’a jamais existé, qu’il ne faut plus y repenser ni s’y appesantir. Le Chant de la Terre est l’histoire de l’humanité ; il se compose de récitatifs et autres chants.
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Hormis le fil conducteur de notre histoire chanteresque, il faut ajouter une superposition de différentes histoires de personnages ; comme une sorte de nouvelles d’un chapitre qui s’immisce dans la trame du livre pour mieux nous englober. Nous connaitrons les légendes des Parangons, des Loups du Malheur, des Abeilles du possible et du Marais de Soumission avec nos cinq Peurs. Finalement, cet univers repose essentiellement sur un entrelacs de mondes, pour notre plus grand bonheur.
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Aux côtés des Didons, de l’Etre Tout Puissant, des Essences de Rêves, des ex Gardiens d’Hommes, du Peuple du rêve, des Spécialistes, des Cuidadors et des Capitaines-psy, nous découvrirons la naissance des Spécialistes avec l’affaire de justice de Ratona III vis à vis de son métier. Pendant quelques pages, nous vivrons au temps de l’an Cyclique 91 137 où Moredecai N Whrist soutenait la Spécialiste (alors que dans le tome 1, c’est un très ancien institut scientifique qui en porte juste le nom). Nous côtoierons les Cuidadors dans leur mission de Dôme:  ils dédient leur vie à recréer de Vrais Humains, vont-ils y arriver?
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Sur cette jolie trame de fond, interviennent aussi moult personnages.
Bien que nous ne voyons pas Starquin le Cinq en Un à l’œuvre (et notamment son échappée de ces dix mille ans d’incarcération), nous comprendrons mieux ses intentions… il manipule le monde entier, les différentes races et petit à petit, il monte son stratagème. Dans la Locomotive à Vapeur Céleste, nous réalisons davantage les liens indirects, les imbrications des actes parmi d’autres et le tissage de la magnifique toile.
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L’autre tripotée de personnages ultra méga importants se nomme la Triade. Nous suivrons la naissance de celle-ci par leur rencontre. Elle se compose du Vieillard, de l’Artiste et de la Fille-sans-nom. La Triade remplira son Dessein mais également les quêtes personnelles de chacun d’entre eux. Le Chant de la Terre les cite ainsi :

Venez entendre parler de la Trinité, au légendaire renom,
Le Vieillard et l’Artiste et la Fille-Sans-Nom !

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Une myriade de personnages secondaires sont tout aussi intéressants tels que le Seigneur Cri, Taupin, Eloïse, Roller, Long John Silver (sisi), les Bjorn-Serkrs (chasseurs d’ours) et autres Marylin. Il serait malvenu de ne point citer la Locomotive comme personnage à part, qui mérite le détour…
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Tout ce beau petit monde ne serait rien sans l’Arc-en-Ciel, ordinateur puissant et planétaire, je cite « ce répertoire organico-mécanico-électronique, raisonné et planétaire de l’intelligence et du savoir humain« 

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)°º•. Dans ce tome du Chant de la Terre, le récit se focalise sur ce 143e millénaire avec la naissance de la Triade et de leurs premières actions. Cependant, il est difficile de rentrer dans un tel monde « SF »; la découverte simultanée de différentes actions et déroulement de l’histoire (avec quelques flash back marqués) déroute allègrement. Il faut quelque fois s’accrocher, continuer la lecture, car elle vaut réellement le coup
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Chaque petit épisode est une brique dans la construction du récit. Nous ne connaissons pas tous les tenants et les aboutissants et évoluons finalement, au rythme des personnages. Toutes actions ont une influence les unes sur les autres. L’échiquier se met en place et nous entr’apercevons les tendances et futurs pour préparer la grande aventure de Starquin. Ce dernier peut par ricochet utiliser les souhaits. Ici, l’inventivité de Coney se traduit en français par le souhait et le sur-hait, je cite :
Note du traducteur: « to bigwish » et « to smallwish », deux néologismes de l’auteur, que nous tâchons de transposer par le couple « sur-haiter » et « sou-haiter », le premier étant bien sûr pure invention à partir de l’étymologie du deuxième (« souhaiter » de « subtus »: sous et « haitare »: ordonner, promettre).
Cette conception est un des nerfs de la guerre de la Locomotive à Vapeur Céleste et sera non seulement appréciable mais également fondamentale pour l’histoire qu’Alain-Nuage-Bleu nous relate.
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D’autres thèmes sont développés comme courir après des chimères, ici nous noterons qu’il est plus important de chercher que de trouver. Seront appréhendés également l’idée de la Pensée Intérieure et de la Croyance (aller où bon nous semble du moment que l’on y croit). Sans oublier que les aléapistes ont ici aussi une influence digne de ce nom.
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Je définissais les aléapistes comme cec i:
Et comme un « bonus », tu peux même apprendre les « aléas ». Ce genre d’hypothèses de vie, où telle action aurait été préférée à une autre, ou le non choix entraîne également un destin différent. Ce sont les « aléapistes », ces bifurcations permettent d’entrevoir ce que les personnages auraient pu devenir/faire. Il est très intéressant de découvrir en soulevant ainsi le pan, les voies de vie de ces personnages qu’ils ont refusées, fermant définitivement des bouts de vie imparfaits.
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Dans la Locomotive à Vapeur Céleste, une métaphore est digne d’être relevée :

Dans le Grand-Loin, il y a un arbre qui s’appelle l’ « Hydre Phare », et qui s’étend sur mille kilomètres à travers l’espace, si énorme que sa seule masse suffit à affecter l’orbite de sa planète. Je veux que tu imagines le Temps encore plus immense que l’Hydre Phare. Chaque branche, chaque brindille, représente une possibilité où ta vie future peut inscrire son cours ou un autre, selon ce que tu fais, ou ce que d’autres font. Les possibilités sont infinies, et chacune d’entre elles s’appelle une « aléapiste ».

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Bien qu’à première vue, nous pourrions voir des similitudes avec « le meilleur des mondes » d’Adous Huxley, il n’en est rien. Michael Coney a toujours un style très prenant de par l’invention des mots et l’utilisation de l’italique pour appuyer certaines pensées. Ce tome-ci à proprement parlé n’est pas la suite des aventures intrépides de nos personnages d’un Brésil méconnu. Il s’agit de concevoir cet univers sous un autre angle, tout aussi intéressant ! Abstraction faite d’un immersion quelque peu difficile dans un récit très riche (en personnages, lieux et actions), la Locomotive à Vapeur Céleste reste une lecture très appréciable que je conseillerai.

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Voici un deuxième tome tout aussi incroyable que le premier. Nous plongeons dans cet univers qui semble infini pour s’approcher au plus près des différentes races et personnages qui l’habitent. Nous partons à l’aventure avec la Triade tout en apprenant les légendes. Ce livre est d’une très grande richesse et la première difficulté d’immersion passée, c’est un véritable bonheur littéraire de SF qui s’ouvre à nous !

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)°º•. Biographie

Michael Coney, écrivain britannique né en 1932 s’est mis à sa quarantaine à écrire de la Science Fiction. Il a tout d’abord reçu le prix British Science-fiction en 1977 pour son roman « Brontomek ». Ce n’est que durant les années 1980, qu’il commence à écrire le grand cycle « Le Chant de la Terre »; cette œuvre originale et présentant une certaine sensibilité contemporaine a été récompensée en 1987 par le Prix Aurora.
Avant sa mort en 2005, Michael Coney a publié sur son site web plusieurs romans et des récits inédits pour en faire don à ses lecteurs.

Notons enfin que la couverture des Éditions Laffont reprend le modèle d’anciennes collections basées sur un mélange de futurisme et de psychédélique. Par ailleurs, c’est aspect chromé qui en a fait sa renommée. Espérons que l’esthétique reprise pour ces éditions saura séduire les nostalgiques.

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)°º•. Extraits

Et les Vites pleuraient.
Assis à demi estompés, ils clignaient des paupières à qui mieux mieux, et c’était étrange de voir les larmes ruisseler sur ces gueules évanescentes tout comme des larmes normales, juste aussi lentes et régulières. Les Vites étaient assis là à vieillir, sacrifiant leurs quelques précieuses heures de vie à la contemplation du chef-d’œuvre de Manuel, dont la beauté les faisait sangloter. Et pourtant – tel est le propre de l’art – ils n’étaient pas satisfaits. L’un d’eux, qui tentait de communiquer avec Manuel, leva la main. Pour cette femelle d’âge mûr, parler était un véritable supplice : chaque syllabe prononcée lui coûtait subjectivement un mois. Mais son message parvint au garçon. Pour la première fois, une Vite avait parlé. Elle en mourut, emportée au seuil de la vieillesse par une maladie inconnue qui évolua en deux secondes. Elle avait dit : il y faut plus d’amour.

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Polysitiens, Parangons, Humains Sauvages, Vrais Humains, néoténites, Peuple de Rêve… On à a peine concevoir l’extrême diversité des espèces et variétés humaines développées au cours de l’histoire – surtout à l’époque actuelle, lorsque tant de ces variétés ont disparu.
Il y eu la Première Espèces : fruit de l’union du singe et du Parangon, connue comme l’Homme Primitif.
Puis, il y eut la Seconde Espèce, répartie en trois variétés :
Vrais Humains,
Humains Sauvages, adaptés à un air pauvre en oxygène,
Polysitiens, adaptés à un air riche en oxygène.
et la Troisième Espèce, les Spécialistes, en variétés innombrables.
Ensuite, il y eut la Quatrième Espèce, représentée par deux variétés, dont la première était des néoténites. Ce n’est ni le lieu ni le moment de parler de la deuxième de ces espèces, car le Chant de la Terre se doit de garder un certain mystère.
Et, finalement, il y eut la Cinquième Espèce que Manuel et Zozula connaissent sous le nom de Vites.
Telles étaient les formes de l’Homme.

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Un duo de choc

Un livre à dévorer
(ici en l’occurrence, par un chat)

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CONEY Michael – Le chant de la Terre ~ La grande course de chars à voiles, tome 1

08/06/2009 12 commentaires

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Titre : La grande course de chars à voiles (Le chant de la Terre, tome 1)
Auteur : Michael Coney
Plaisir de lecture :  Livre à découvrir
Tome 2, tome 3, tome 4, tome 5

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« Le Chant de la Terre est supposé extrait d’un chant épique qui relate l’histoire de l’humanité, plus quelques autres, et qui a tant proliféré au fil des temps qu’il faudrait plus d’un siècle pour le réciter en entier. Nous ne disposons donc que de fragments en cinq volets, La Grande Course de chars à voiles, La Locomotive à vapeur céleste, Les Dieux du grand loin, Le Gnome et Le Roi de l’île au sceptre. »
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La grande course de chars à voiles nous propulse dans un monde où la technologie a été oubliée car elle a failli conclure sa fin. Sous les préceptes des grands Chihuahuas, les différentes peuplades nichées au cœur d’un Brésil méconnu, tentent de survivre à cette jungle.
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Les moyens de locomotion demeurent de grands chars à voiles qui se déplacent sur des rails de bois. Avec l’interdiction formelle d’utiliser des métaux, qui renfermeraient une certaine violence pour l’humanité, les chars à voiles restent lents et des transports instables. Chaque année se voit rythmée par la grande course de chars à voiles. Cette dernière bien qu’adulée, ne fait que mettre en exergue les tensions d’ores et déjà accumulées entre les deux peuples (Félinos et Vrais Humains) qui se partagent difficilement rails de bois & pays. Cependant, les exemples Chihuahuas prônant le respect des espèces, vont être très vite remis en cause…

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)°º•.  Ce livre pourrait même plaire à ceux-qui-aiment-la-fantasy-et-presque-rien-que-ça, genre moi. La preuve, cela m’a séduit !
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Par contre, comme tu vas lire sur le net partout, partout, l’avènement tant attendu de la libération de Starquin Le grand, mon enfant, il va te falloir attendre au moins la lecture du prochain tome pour ça. Parce que le coco, tu n’en apprends que le nom dans ce roman, et qu’en plus au début tu vas te demander si tu vas plutôt l’appeler Starqu’un ou plutôt Starqueen. Et puis, tu ne sais même pas si c’est un dieu ou un démon. Alors avant de le connaitre et ne serait-ce qu’imaginer sa libération, toi futur lecteur, tu vas commencer par apprécier les personnages de ton tome.
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Et oui, car la Grande Course de Chars à Voiles est une introduction à ce monde fantastique. Il aurait fallu plus d’un livre pour l’approcher, mais ici tu vas connaitre les diverses espèces, connaitre les déclinaisons de spécimens et bien sûr tous les sentiments qui régissent cet univers. Tu en auras à te mettre sous la dent, crois-moi !

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De plus, des flashback sont disponibles en rayon : et oui, si l’on veut comprendre la vie la vraie, des personnages, quelques flash back bien pensés te seront nécessaires.
Il est possible d’éprouver quelques difficultés à suivre les différentes actions. Ce n’est que par un saut de ligne qu’elles sont interrompues, et non pas par des « parties » distinctes. Bien sûr, elles existent avec un titre qui en dit un peu trop à mon goût mais elles ne débutent pas sur une nouvelle page, le texte est continu. Quelques mots espagnols sont présents ici ou là, mais faciles à interpréter. On rencontre également de l’italique qui a permis à l’auteur d’appuyer certains mots ou idées.

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Et comme un « bonus », tu peux même apprendre les « aléas ». Ce genre d’hypothèses de vie, où telle action aurait été préférée à une autre, ou le non choix entraîne également un destin différent. Ce sont les « aléapistes« , ces bifurcations permettent d’entrevoir ce que les personnages auraient pu devenir/faire. Elles sont suffisamment nombreuses pour nous rendre curieux, mais point trop pour ne pas nous noyer. Mais si tu connais Michael Coney, tu sais qu’il aime exploiter ce genre de principe narratif : la trame et les chemins « qui auraient pu ». Il est très intéressant de découvrir en soulevant ainsi le pan, les voies de vie de ces personnages qu’ils ont refusées, fermant définitivement des bouts de vie imparfaits.

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Voilà comment ce livre a pu me séduire. Les différents aspects que je n’apprécie pas dans la Science Fiction s’effacent pour laisser libre court à l’imagination : il « suffit » de suivre les aventures des uns et des autres, de comprendre la problématique d’un monde qui se cherche et qui se trouve être en proie à de plus grandes problèmes qu’il n’ose définir. La dimension des peuples est la plus importante du livre, mais également la plus élaborée et soignée. La capacité de Coney a nous faire entrer dans son monde est tout simplement phénoménale. J’ai su apprécier le principe narratif du « et si… » avec les aléas proposés. Bref, une très belle découverte !

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)°º•.  Au début, avant tout, a posteriori, dans un univers parallèle, maintenant (rayez la mention inutile), il existe l’Arc-en-ciel ; c’est un ordinateur géant inventé aux alentours du 52e millénaire. Son but est de chapeauter le tout.
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Il y a fort fort longtemps (an cyclique 143642), un institut scientifique a joué avec les gènes et a créé cinq espèces d’humains : les Vrais Humains (toi, moi, eux,…), les Humains Sauvages, les Néoténites, les Spécialistes (les Félinos, les Nou n’Ours, etc.) et les Cuidadors. Se greffent les Didon, les Loups du Malheur, et autres oiseaux. A force de vouloir faire une étude poussée d’un livre, on ne fait que dissuader les lecteurs potentiels, et croyez-moi, ce n’est guère mon envie.
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Notons quand même, la présence quasi inévitable de Karina. Croisement entre Vrai Humain et chat, est née la race des Félinos : souplesse, beauté, inclémence et férocité. Elle rencontrera une multitude de personnages tel le Capitaine Tonio, son fils Raoul, un Cornac et son baleinier…
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Ce roman est un véritable tapisserie où chaque fil représente un personnage : l’entremêlement de ces derniers crée une fresque abondante & intrigante. Les personnages se croisent et s’entrecroisent et nous proposent une véritable myriade des caractères.
Leur destin n’est pas scellé, mais leurs différents choix sont déjà dessinés : tout est sagement pondéré par les Exemples des Chihuahuas. Ces derniers pestent contre la technologie et imposent de grandes valeurs éthiques aux différents peuples. Cependant, l’équilibre n’est pas atteint et tout mouvement de la balance engendre une infinité d’enchaînements.

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)°º•. Biographie
Michael Coney, écrivain britannique né en 1932 s’est mis à sa quarantaine à écrire de la Science Fiction. Il a tout d’abord reçu le prix British Science-fiction en 1977 pour son roman « Brontomek ». Ce n’est que durant les années 1980, qu’il commence à écrire le grand cycle « Le Chant de la Terre »; cette œuvre originale et présentant une certaine sensibilité contemporaine a été récompensée en 1987 par le Prix Aurora.
Avant sa mort en 2005, Michael Coney a publié sur son site web plusieurs romans et des récits inédits pour en faire don à ses lecteurs.
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Notons enfin que la couverture des Éditions Laffont reprend le modèle d’anciennes collections basées sur un mélange de futurisme et de psychédélique. Par ailleurs, c’est aspect chromé qui en a fait sa renommée. Espérons que l’esthétique reprise pour ces éditions saura séduire les nostalgiques.
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La grande course de chars à voiles représente l’ouverture du cycle « Le Chant de la Terre ». Sont disponibles par la suite : la Locomotive à vapeur céleste, les Dieux du Grand-Loin, le Gnome,  le Roi de l’île au sceptre.

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Chatperlipotte (Katell) en parle aussi.

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Pic : Little sharpener par LinkyQ.

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