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Langue de chat : Interview de Nadia Coste

22/01/2011 14 commentaires

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Bien le bonjour !

Sous l’appellation « langue de chat », en référence à l’expression « donner sa langue au chat », et au compagnon idéal de toute SFFFiste (lectrice de Science-Fiction, Fantasy, Fantastique), je vous propose l’interview de Nadia Coste (auteur de « Fedeylins » ) qui a bien voulu répondre à mes petites questions…
Voici le tout tout premier interview de cette auteur 🙂

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¤ Bonjour 🙂
Ce n’est plus un secret, le premier tome des Fedeylins sort le 10 mars 2011, pourrais-tu nous le présenter ?

Bonjour !
Eh bien, « Les Rives du Monde » est le premier tome d’une tétralogie qui suit l’histoire de Cahyl, un fedeylin presque comme les autres (et c’est le presque qui va tout changer !). Si chaque fedeylin naît avec une marque, Cahyl lui, n’en a pas. Cela voudrait donc dire qu’il n’a pas de destin… mais dans son peuple, on apprend à accepter, quoi qu’il arrive. La question est donc de savoir si Cahyl acceptera cette différence… ou pas.

C’est une histoire que j’ai écrit au départ pour les adultes, mais les thèmes et les personnages peuvent toucher les adolescents dès 13 ans (surtout ce premier tome qui est très initiatique). Dans ce premier tome, on plonge dans la découverte du monde et de la culture fedeylin, dans une ambiance lumineuse où chacun est heureux (en apparence).

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¤ Comment est né Cahyl ?

Dans une bulle !
Plus sérieusement, le personnage de Cahyl est né d’une envie de travailler le thème du destin, très classique en fantasy, mais à l’envers. Et si, au lieu d’avoir un héros au destin formidable, tout le monde avait un destin, sauf lui ? D’autres questions se sont ajoutées (autour de l’empathie ou de la place des mâles en tant que reproducteurs dans la société, par exemple) et ça a été mon point de départ pour creuser les réflexions et l’univers.

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¤ Pourriez-vous nous livrer un petit secret à propos de ce Monde ?

Il n’y a pas de lotus ! Mais, qui sait, je vais peut-être glisser une petite allusion dans un des tomes à venir !
Un autre secret ? En réalité, la société fedeylin est une dictature du bonheur…

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¤ Une tétralogie est une forme peu usitée au niveau des multilogies, quelles raisons à ce choix ?

Quand j’ai commencé à réfléchir au monde et à l’histoire, je pensais ne faire qu’un seul volume. Et puis j’ai posé ce que j’appelle la trame détaillée, c’est-à-dire à peu près une phrase par chapitre, et là, je me suis rendue compte que ça allait être très long.

À force d’avancer dans la préparation (j’ai travaillé pendant un an avant d’écrire une seule ligne du texte), j’ai vu que quatre grandes parties se dégageaient, avec la possibilité de fractionner en tomes.

Lors de l’écriture, le tome 4 s’est avéré plus court que ce que je pensais, et je l’ai accolé au tome 3. Mais il y  avait une sorte de déséquilibre qui ne me satisfaisait pas : ça ne pouvait pas être une trilogie. Alors j’ai regroupé également les tomes 1 et 2 ensemble, en pensant faire moins peur aux éditeurs si je proposais un projet en deux volumes (grave erreur, deux tomes de 800 pages chacun font tout de même très peur lorsqu’il s’agit d’un auteur inconnu !).

Finalement, lorsque Xavier Décousus, mon éditeur chez Gründ, a lu l’ensemble de l’histoire, il m’a convaincu de revenir à la structure initiale des quatre parties et m’a apporté le regard qui manquait pour équilibrer les deux derniers tomes. J’ai encore un peu de temps pour les retravailler dans ce sens, puisqu’ils ne sortent qu’en 2012 !

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¤ Proposer une tétralogie aux éditions a-t-elle été une force pour toi ?

Eh bien, comme je le disais, un projet aussi volumineux fait peur, surtout venant d’un auteur inconnu. Un éditeur qui s’engage sur un roman prend des risques et publier un premier roman francophone en est déjà un grand ! Alors si en plus c’est une multilogie… On ne sait pas si l’auteur va aller au bout de son histoire, si la qualité va être constante sur l’ensemble du cycle, si le premier tome va plaire assez pour éditer les suivants… Enfin, je ne suis pas éditrice mais je comprends que ces aspects sont à prendre en compte !

Dans mon cas, les quatre tomes étaient écrits, et nous avons travaillé dès le départ sans attendre les retours sur le tome 1 (ce qui m’a beaucoup rassurée, car, même si chaque tome a une vraie fin, il s’agit tout de même d’une histoire complète sur l’ensemble). Quelque part, ça a donc été une force car nous avons pu travailler sur la cohérence de la mise en page, les noms, les titres, etc. en pensant à tous les aspects de l’histoire. Cela nous permet également d’enchaîner le travail éditorial et de sortir les tomes assez rapidement (le tome 2, « Aux bords du mal » sortira en octobre 2011, le 3 « À travers la surface » en mars 2012 et le 4 « l’Ombre des Pères », en octobre 2012).

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¤ Depuis quand l’écriture fait-elle partie intégrante de ta vie ? Quelles personnes t’ont inspirée ?

J’écris depuis 1998. Ça n’a pas été évident pour moi (j’étais très moyenne à l’école, j’ai encore de grosses lacunes en grammaire et orthographe, je lisais très peu étant enfant… j’ai dû rattraper mon retard !) mais une fois que je me suis autorisé à écrire, je l’ai fait sérieusement.

Plus tard, je crois qu’on était en 2000 ou 2001, j’ai lu le premier tome de « L’assassin royal » de Robin Hobb. Même si j’étais déjà tournée vers l’imaginaire, c’était ma rencontre avec la fantasy. Je me souviens très bien de mon état pendant les cent dernières pages : j’étais fébrile, le tenais le livre à bout de bras, les mains crispées sans pouvoir le lâcher. Et quand je l’ai refermé, ma première réflexion a été « c’est ça que je veux faire dans la vie », faire ressentir la même émotion à des lecteurs, réussir, par mes écrits, à les projeter dans un monde où ils auront plaisir à vibrer avec les personnages. À partir de là, j’ai commencé à réfléchir à l’écriture comme un travail (c’est-à-dire avec des recherches, des corrections, une discipline pour avancer en plus du quotidien très prenant…).

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¤ Quels sont tes futurs projets ?

D’abord, profiter de la sortie des « Rives du Monde » ! Ce n’est pas tous les jours que son premier roman est publié !
Ensuite, côté écriture, je prépare une trilogie jeunesse (à partir de 8-10 ans, je pense). Le premier tome est écrit et j’attaquerai les corrections entre deux tomes de Fedeylins !
J’ai également pas mal de projets dans la tête et dans les tiroirs, il me manque juste un peu de temps pour tout concrétiser… Dont peut-être un  autre cycle (plus court) dans l’univers des fedeylins !

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¤ Un dernier petit mot ?

Je ne vous ai pas parlé de CoCyclics ! c’est un formidable collectif de bêta-lecteurs (spécialisé dans les littératures de l’imaginaire) qui s’entraident pour permettre aux jeunes auteurs d’améliorer leurs manuscrits.

À conseiller pour tous ceux qui aimeraient se lancer dans l’aventure de l’écriture sérieuse (j’ai plus progressé en trois semaines au sein du collectif qu’en trois ans a écrire seule). Sans eux, je ne sais pas si mon manuscrit aurait attiré l’œil d’un éditeur… bref, allez faire un tour sur le site (en plus, d’autres romans passés par le cycle de bêta-lecture sortent bientôt !).

Et merci beaucoup pour cette première interview !

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Un très grand merci 🙂

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Dans le chaudron :
¤ Les rives du monde, tome 1
¤ Aux bords du mal, tome 2
¤ Sous la surface, tome 3
¤ L’ombre des pères, tome 4

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Categories: COSTE Nadia, Vie de lectrice Tags:

COSTE Nadia – Fedeylins, les rives du monde

21/01/2011 23 commentaires

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Titre : Les rives du monde (Fedeylins, tome 1)
Auteur : Nadia COSTE
Plaisir de lecture Livre avec entrée au Panthéon

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Ouf ! Ca y est. Il vient d’arriver sur la berge… Après le déchirement de sa bulle, il a eu du mal à ne pas se noyer au fond de la mare. Maintenant il a rejoint son Monde. Cahyl. Oui, Cahyl se prénomme-t-il. Après son premier bain, Cahyl va se présenter aux Pères Fondateurs. Ces derniers vont lui indiquer sa caste, rôle indéniablement important au sein de leur société. Une marque sur l’os derrière l’oreille gauche lie chaque fedeylin à son destin. Et Cahyl est presque comme tout fedeylin, mais c’est ce presque qui fera de lui tout une différence. Cahyl est un non-marqué.

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)°º•. Les fedeylins sont des petits êtres hauts de quelques centimètres. Ils habitent au bord de la mare, leur Monde. Ils deux ennemis principaux : les migrateurs, ces horribles monstres volants blancs et noirs et les gorderives, avec leur bouche spectaculaire. Avec ces derniers, un pacte de non agression a été signé il y a de cela plus de 300 ans. Leur société s’organise autour de mères pondeuses. Les bulles déposées sur le lotus de ponte sont fécondées par les cinq Pères Fondateurs. Après cinq ans de maturité, les bulles se fendent et les petits larveylins rejoignent coûte que coûte le rivage. Les pertes entre les bulles non fécondées et les larveylins qui se noient sont importantes. Grâce à leur marque, ils sont répartis dans l’une des cinq castes : récolteurs, bâtisseurs, prieurs, transmetteurs et créateurs. Dans cette société réglée comme du papier à musique, chacun a un rôle défini, un destin tracé depuis que leur marque a été apposée. Leur vie est remplie d’embûches : en plus des attaques des migrateurs, ils doivent supporter les rigoureux hivers. Au rythme de Dor, et des lunes blanche et rousse, Nooma et Olyne ; les fedeylins accomplissent leur destin. Les larveylins deviendront des mudeylins pour plus tard, devenir les adultes fedeylins. Mais les tragédies, comme les moments d’allégresse, tout est à vivre. Tout est à accepter. Etre fedeylin, c’est accepter.
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Cahyl est un petit mâle très éveillé. C’est par ses mots, ses paroles, ses pensées que nous découvrirons le Monde. Pas facile de se noyer dans la masse quand l’élément le plus important de notre identité manque à l’appel. De nature plutôt posée, Cahyl possède un caractère agréable, sa vision des choses est relativement juste et il se met sans cesse en question. C’est grâce à sa fine intelligence qu’il va pouvoir naviguer dans ces eaux troubles.
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Cahyl partage son secret avec sa famille, sa mère Delyndha et ses sœurs (plus vieilles d’une ponte) Andara et Melyna. Cahyl, seul enfant de Delyndha né lors de la dernière ponte, se sent et est exclu de la société : les autres fedeylins trouvent son comportement étrange. Bien qu’aucun ne soit son ami, il est un peu plus proche de Dhimel et Brevael, ses voisins, et plus tard d’Alwin, de Wardan et de Naïlys. Lors de la cérémonie des bulles, le Père Fondateur l’a envoyé à la caste des transmetteurs : a-t-il caché la non-marque de Cahyl ou s’est-il trompé ? Pour sa survie, Cahyl va devoir se fondre dans un fonctionnement où il ne pense pas avoir sa place. Qu’arrivera-t-il à la cérémonie du Mudeylin ? Les Pères Fondateurs se rendront-ils compte qu’il est imposteur ? Quel chemin suivra-t-il pour ce destin déjà scellé ?
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Cependant, ce n’est qu’auprès de Glark, un ami bien étrange, qu’il se sent un peu « lui ». Il partage avec Glark ses ennuis, ses tracas, ses joies et une confiance mutuelle. Glark a trois pompons au bout de ces bras ; il a cet aspect gluant un peu repoussant et une large bouche qui pourrait s’étendre de l’oreille droite à gauche s’il en était muni. Glark et Cahyl sont différents mais une amitié forte grandit entre eux. Néanmoins, les rencontres avec Glark devront rester secrètes si Cahyl veut passer inaperçu.

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)°º•. Les personnages demeurent « humains », nous ne sommes pas dans une fantasy avec des héros super-musclés et des princesses super-gaulées. Ils sont complexes, pas stéréotypés et évoluent véritablement au sein de ce premier tome. Comment ne pas tomber amoureux d’êtres dont on imagine aisément leur aspect duveteux, leur peau de soie et leurs ailes de mousseline ?
Une des plus grandes forces de ce livre est que Cahyl, notre personnage principal est là, bien réel et non pas niais ni trop enfantin. On se délivre un peu de ces livres jeunesse qui impliquent et s’enferment dans un carcan avec des enfants que nous trouvons peu dégourdis, un poil trop innocents et pas assez réalistes. Ses réactions sont étroitement liées à son expérience. Son caractère est savamment dosé, on ne peut être que compatissant à son égard.
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L’originalité de ces larveylins est qu’ils naissent certes avec un inné mais aussi un acquis indéniable grâce aux Pères Fondateurs qui leur enseignent les connaissances de leur peuple dès que leur bulle est fécondée. A travers les yeux de Cahyl, nous prenons connaissance des mœurs de cette société dictatrice de bonheur. Cette structure sociale est divisée en castes et est en perpétuelle survie. De nombreux thèmes sont abordés dans ce livre : la différence, l’affiliation, l’amour, l’amitié, la violence, la recherche d’identité, le destin.
Tout est conté naturellement, avec cette facilité d’accéder à leur quotidien, d’effleurer des mystères, de comprendre cette empathie et de toucher un peu leur bonheur.
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Cette histoire nous est racontée à la première personne, Cahyl en est notre narrateur. Le rythme appréciable nous permet de tâtonner et de connaître le Monde grâce à Cahyl. On s’accroche aux pages, on a peur au coin du papier et on palpite à l’unisson avec le cœur de Cahyl. La plume de Nadia Coste est fluide, posée et efficace. Un équilibre se développe entre descriptions et action, le récit fait preuve d’une grande profondeur.

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Pour ce livre, je n’ai pas ressenti les désavantages d’un livre jeunesse avec un jeune personnage un poil trop naïf, une quête trop abracadabrante et des épreuves aisément relevées. Peut-être cela est-il dû à la volonté de Nadia Coste de se diriger d’abord vers l’écriture d’un roman pour adultes. Et enfin (et ô soupir de satisfaction), ce premier tome d’une tétralogie n’est PAS un tome d’introduction. On a beaucoup à se mettre sous la dent et c’est pour notre plus grande joie. Nadia Coste ne frustre pas le lecteur en lui baratinant des petites péripéties bénignes, elle dessine une trame générale et nous y implique dès les premières pages. Aussitôt la naissance de Cahyl… on entre dans le bain ! On s’attache irrémédiablement à lui.
J’aimerai tant vous décrire tout ce qu’il m’a plu, m’attarder sur les détails savoureux, les petits plus où se cache peut-être un secret. Mais autant tout garder secret et vous laisser le plaisir d’une lecture intacte. Vous l’aurez compris, ce premier tome est un très gros coup de cœur !

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Ce tome est découpé en courts chapitres, très appréciables. Chaque début de partie propose un extrait des textes de principes, de philosophie ou d’Histoire des Fedeylins. Ce manuscrit a été bêta-lu par le collectif CoCyclics. La saga ne compte pas moins de 2,5 millions de signes, pas moins de 4 tomes, tous déjà écrits et a connu en vérité 8 versions.
Ce livre est à paraître pour le 10 mars 2011. Le tome 2 « Aux bords du mal » sortira en octobre 2011, le tome 3 « Sous la surface » pour mars 2012 et le dernier « L’ombre des Pères » pour octobre 2012. Il va falloir être patient !

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)°º•. Biographie
Nadia Coste a 31 ans et est maman de trois « larveylins ». Après sa mauvaise expérience d’un IUT métiers du livre, elle se tourne vers des études de commerce et intègre un service administratif de banque. Lors de ses loisirs, elle découvre la fantasy par son auteur préférée, Robin Hobb. L’écriture fait alors partie intégrante de sa vie. Nadia Coste commence à attaquer un sérieux sujet en 2004, les Fedeylins. Après six ans de réécriture, les éditions Gründ décident de la suivre dans cette aventure. La magnifique couverture est de David Revoy.
Son blog, le site officiel.

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)°º•. Extrait
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Dans le chaudron :
¤ Aux bords du mal, tome 2
¤ Sous la surface, tome 3
¤ L’ombre des pères, tome 4
¤ Langue de chat, interview de Nadia Coste

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Souvenir lié à cette lecture
: J’étais en phase, j’avais envie de douceur pas d’horribles zombies (pour une fois !). Prête à accueillir ce roman, et à m’y plonger littéralement dedans. Les pages ont défilé, défilé… Comment, c’est déjà terminé ?

Un autre avis disponible chez Book en Stock (Dup).
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Cette lecture a été réalisée en partenariat avec les éditions Gründ.
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Un superbe service presse…
Mes graines de lotus, poussent, poussent, mais n’ont pas toujours « éclos » 🙂
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Pics : #01 Green Elf par Laiquendi ; #02 Water Lily Fairy par Irenbel ; #03 Photo du service presse reçu.

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