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Rencontre avec Guy Gavriel Kay ♡

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Rencontre avec Guy Gavriel Kay blog Livrement

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Vendredi 10 novembre, j’ai bravé le froid, le vent, la pluie et la nuit – en vélo ! – pour rencontrer Guy Gavriel Kay. Ce n’est qu’en début d’après-midi que j’ai su que l’auteur, accompagné de Jean-Claude Dunyach et Jean-Daniel Brèque venait à la librairie Ombres Blanches quelques heures plus tard.

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Faire découvrir Ombres blanches à Guy Gavriel Kay, lui a fait sortir les yeux comme le loup de Tex Avery.

Jean-Claude Dunyach

 

J’ai énormément apprécié ce rendez-vous car il s’agissait d’une véritable discussion. Il n’y avait pas de déroulement « bateau » et toutes les questions de Jean-Claude Dunyach étaient intéressantes. Guy Gavriel Kay est un très bon orateur – et on voit qu’il a l’habitude – car son élocution est parfaite : rythme lent, prononciation de toutes les lettres et nous pouvions facilement comprendre son trait d’humour… J’en viens aussi à souligner que la traduction de Jean-Daniel Brèque était délicieuse ; et même s’il est traducteur de profession, je suis toujours admirative d’une traduction en live aux tournures intelligentes et compréhensibles.

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Rencontre Guy Gavriel Kay, Jean-Claude Dunyach et Jean-Daniel Brèque
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Le tout s’est déroulé en petit comité, bande de chanceux que nous étions. Les échanges ont duré une heure durant lesquels on a envie de se replonger irrémédiablement dans les livres de l’auteur maintenant qu’il nous a apporté une nouvelle lumière sur ses écrits.
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Ce que j’apprécie dans la plume sont les éléments qui ont de l’importance aux yeux de l’auteur ; comme la recherche intense d’informations, réussir l’immersion dans un univers, et la finesse des détails.
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Il nous a également livrés un secret, mais je ne pourrais le communiquer sous peine d’y passer ont-ils tous trois annoncé. Je vous laisse avec quelques phrases que j’ai retenues :

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Je veux décrire le monde de façon telle que vous, lecteurs, puissiez entrer en immersion autant que je le fais. Les sens – toucher, goût, odorat, etc – doivent être travaillés pour que le lecteur ait l’impression d’y vivre. Ce sont donc des univers fictionnels que l’on a l’impression de connaître pourtant.

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Les recherches prennent un an à un an et demi et c’est la partie la plus passionnante de mon travail. Apprendre, apprendre et apprendre encore.

C’est encore le stade où j’apprends et j’adore ça. Arrive le moment où il faut ressortir tout ce qu’on a appris afin qu’il soit digne des gens et des lieux. C’est là que les choses se corsent.

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Quand on est sérieux dans son art, on se rend compte du fossé entre ce qu’on a appris et ce qu’on arrive à mettre sur papier. Le procédé de l’écriture est de diminuer ce fossé qui sépare l’idéal du réel.

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Je vais faire une confession : je n’ai jamais rédigé un seul résumé de livre de toute ma vie.
Aux éditeurs, je leur dis que j’écris un livre, que je ne peux pas en parler et qu’ils l’auront quand il sera terminé.
Je fais ça pour deux raisons :
1/ J’aime torturer mon éditeur,
2/ Aujourd’hui, il arrive de plus en plus qu’un livre fuite et les gens essaient de deviner ce que l’auteur va écrire. Et parfois, comme il y a des malins, certains vont tomber juste et je ne veux pas que les lecteurs sachent ce que j’écris.

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Guy Gavriel Kay en dédicace, blog Livrement

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Si vous suivez le blog depuis longtemps ou si nous en avons déjà parlé, vous savez que « La tapisserie de Fionavar » est mon œuvre préférée. Alors, je savais déjà que j’emportais le premier tome. C’était émouvant pour moi d’expliquer – enfin de m’exprimer en français et d’avoir autour de moi trois traducteurs pour basculer en anglais – la raison. D’abord, je l’ai remercié pour cette rencontre, puis j’ai signalé avoir apprécié tous ses livres. Mais que j’avais un attachement particulier à la trilogie sus-citée pour deux raisons : les livres étaient des survivants, ils ont résisté à un dégât des eaux puis à un incendie, et c’est l’œuvre que j’ai le plus relue de toute ma vie et qu’il y avait un effet qui ne m’est jamais arrivé avec un autre livre, mon ressenti pour les personnages a évolué. Paul que je détestais est devenu mon préféré de par son vécu et sa personnalité.
Il a été un peu abasourdi, mais je garde sa réponse pour moi. Et après avoir signé mon exemplaire, il m’a fait un clin d’œil (et oui !).

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J’avoue ne pas penser un jour rencontrer l’auteur – sauf si je me décidais à parcourir toute la France pour le voir à un festival (un jour…) – j’ai donc l’impression d’avoir eu la berlue. Ce fut le cas aussi en rencontrant Ted Naifeh.

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→ Quelques informations : au mois de janvier, les éditions L’Atalante republieront « Tigane » et probablement en août 2018, paraîtra la version française de « Children of Earth and Sky » traduit par Mickaël Cabon.

→ N’hésitez pas à découvrir l’interview de l’auteur en septembre 2015 sur le blog Book en Stock.

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Au cœur d’une histoire, il y a toujours un mystère que seul l’auteur connaît.

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Dédicace de Guy Gavriel Kay pour Livrement

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Categories: Vie de lectrice Tags:
  1. Licorne
    13/11/2017 à 16:55 | #1

    Beau reportage … c’était à Toulouse ?
    J’ai lu il y a très longtemps « La tapisserie de Fionavar », j’en garde un bon souvenir. J’ai eu l’occasion de l’écouter aux utopiales à Nantes en début de mois ! c’est un bel orateur en effet ! 😉

    • Acr0
      18/11/2017 à 16:28 | #2

      Tu penses bien que j’avais bien vu qu’il venait aux Utopiales ! Je n’étais même pas au courant qu’il partait sur plusieurs dates de rencontre dans la France après. Oui, c’était à Toulouse 🙂

  2. 13/11/2017 à 20:31 | #3

    Ah c’est toujours tellement chouette de rencontrer des auteurs de livres qui nous ont tant émus ! 🙂 Un jour je lirai très certainement du Guy Gavriel Kay, et peut-être bien la tapisserie vu que j’en ai énormément entendu parler.

    • Acr0
      18/11/2017 à 16:29 | #4

      C’est d’autant plus marquant que quelques heures avant, je ne savais même pas que je le rencontrerai alors. Après, je ne voue pas un culte à l’auteur, j’apprécie « seulement » sa plume.

  3. 13/11/2017 à 21:02 | #5

    Ah! J’ai eu la chance de rencontrer briévement l’auteur aux Utopiales. Je partage donc ton enthousiasme! 🙂

    • Acr0
      18/11/2017 à 16:30 | #6

      J’avais lu sa présence aux Utopiales… et je suis ravie qu’il soit venue jusqu’à moi 😀

  4. 13/11/2017 à 21:54 | #7

    Mais mais mais, c’est super chouette ça 🙂

  5. 14/11/2017 à 07:30 | #9

    Je l’ai rencontré aux utopiales et ce fut aussi pour moi une très belle rencontré (et emouvante car comme toi je ne pensais pas le rencontrer un jour). Je l’ai trouvé très accessible et très gentil dans son approche. Pour ma part (et malgré ma timidité ) j’ai osé lui demander une photo er j’en suis ressortie toute émue 😊

    • Acr0
      18/11/2017 à 16:32 | #10

      Oh, je suis ravie que tu aies pu le rencontrer aussi 🙂 Je sais que tu apprécies sa plume autant que moi. Dans l’ensemble, je suis admirative de ce que créent les auteurs que je lis, de cette imagination fertile, de cette écriture bien tournée. Alors, forcément, quand on rencontre une telle personne, c’est un peu magique et hors du temps aussi. Super pour la photo ! J’en ai pris quelques unes quand il discute avec Jean-Claude et Jean-Daniel. Après ma dédicace, j’ai hésité à en prendre une assis à sa table, et j’ai dit « Allez, tant pis, j’en ai assez ». Mon Amoureux m’a rattrapé en disant « Fais-le ! Tu vas regretter après ». Et zou !

  6. 14/11/2017 à 20:02 | #11

    Content que tu aies pu discuter avec ton idole 😉
    Je l’ai vu aux Utopiales mais encore rien lu de lui, du coup je vais commencer avec Les Chevaux Célestes.

    • Acr0
      18/11/2017 à 16:33 | #12

      Oh, « idole » est un mot un peu fort mais c’est vrai que j’ai apprécié rencontrer une plume que j’apprécie. Alors, bonne découverte !

  7. 16/11/2017 à 11:29 | #13

    Ahhh ça avait l’air super chouette. Tu as bien fait de te motiver!

    • Acr0
      18/11/2017 à 16:35 | #14

      Et dire que j’ai hésité 😱 Je me suis motivée en me disant : Tu préfères ne pas avoir froid/être trempée et rester au chaud maintenant ou regretter longtemps de ne pas avoir fait l’effort d’y être allée ? La réponse était toute trouvée 😉

  8. 17/11/2017 à 21:02 | #15

    Oh je suis trop contente pour toi!! Tu as bien de la chance et je suis ravie pour toi que tu aies pu le rencontrer! Mais je suis trop curieuse… moi je veux savoir ce qu’il t’a répondu!! x)
    Bon et sinon, promis je commence la trilogie bientôt (on y croit! :P)
    Bisous

    • Acr0
      18/11/2017 à 16:37 | #16

      Je l’ai su trop tard, mais l’auteur était présent aussi à la librairie Goulard d’Aix en Provence le lendemain… Oh, dis donc ! J’ai un peu la pression quand les gens me disent qu’ils vont lire La tapisserie de Fionavar grâce à moi. Je sais que les gens peuvent ne pas apprécier et que ce n’est pas ma faute, mais mine de rien, il y a quand même cette petite appréhension. D’ailleurs, je n’ai pas chroniqué les livres sur le blog (hormis d’en dire quelques mots lors de relecture dans un bilan mensuel).

  9. 22/11/2017 à 10:03 | #17

    Belle rencontre ! (et vache ça c’est du livre survivant !)
    Je n’avais jamais pu venir à bout de Fionavar, déjà parce que le tome 2 avait disparu de la bibliothèque mais aussi parce que ça ressemblait trop au Seigneur des Anneaux à mon goût… mais je me répète tout le temps qu’il faut que je lise le reste de son oeuvre !

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