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Articles taggués ‘bande dessinée’

ALMANZA Jérémie & GAUTHIER Séverine – Coeur de pierre

14/04/2013 24 commentaires

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Coeur de pierre Almanza GauthierTitre : Cœur de pierre
Auteurs : Jérémie ALMANZA & Séverine GAUTHIER
Plaisir de lectureetoile 5 Livre fantas… tique

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Une nuit d’hiver, deux enfants naissent. Le médecin est formel : le premier, un garçon, est né avec une pierre à la place du cœur ; l’équipe médicale de la seconde entend très fortement les battements : la fille est née avec un cœur d’artichaut. Ils grandissent et un jour, se rencontrent.

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Coeur de pierre 02)°º•. Après « Aristide broie du noir », reviennent Séverine Gauthier et Jérémie Almanza pour reformer un duo de choc. Pour ce one shot, ils poussent la porte du conte métaphorique sur l’amour.
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Ce récit onirique livre une histoire à cœur ouvert. Sont nommés l’amour à plus d’une facette et la lutte entre la dépression et la joie de vivre. Grâce à une ligne sensible, Séverine Gauthier offre des protagonistes au cœur sensible. Par l’absence de bulle, on classifie cette bande-dessinée comme « muette ». Ce sont des textes en rimes, et même en alexandrins qui marquent le tempo du récit. La place du non-dit est aussi très importante. L’une est tournée vers le bonheur quand l’autre est tourné vers la souffrance. L’auteure joue aussi sur les expressions cœur de pierre, cœur d’artichaut, cœur d’or.
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Le lecteur est immédiatement happé par les illustrations. Elles me font irrémédiablement penser à celles d’Éco (travail d’Almanza & Bianco). Richesse des détails et couleurs magnifiques permettent de s’évader. La consistance de chaque planche est agréable, les infinités de nuances, tout aussi. L’univers du garçon au cœur de pierre s’avère dépouillé, ravagé et est composé de tons gris. Celui de la fille au cœur d’artichaut montre beaucoup d’énergie grâce aux couleurs vives ; elle est entourée aussi d’êtres vivants (plantes, oiseaux). Almanza avoue que l’influence burtonienne est toujours là, même si c’est en filigrane. Il tente de mettre en application une leçon sur le contraste, sur la force d’une illustration détaillée si elle est précédée par une plus épurée. Il travaille toujours de la même façon : le dessin est réalisé au crayon (davantage mis en exergue pour Cœur de pierre que sur ses autres travaux), il ajoute de l’aquarelle puis les couleurs et les ambiances sont parfaites via Photoshop.

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L’enfant au cœur de pierre était né en décembre,
Et tous les médecins lors de l’auscultation
Annoncèrent aux parents qu’ils ne pouvaient entendre
Les battements du cœur de leur petit garçon.

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Coeur de Pierre 01)°º•. Aussi bien des dessins que des textes, il se dégage une grande délicatesse. La dualité des deux mondes est très bien traduite : sombre et lumineux ; ce qui reflète aussi le degré de bien-être des deux personnages. Subtil, sensible et fascinant, je ne manque pas de superlatifs pour décrire ce petit livre. La thématique de l’enfance malheureuse y prend ses quartiers : un peu de tristesse mais tellement de beauté ! La fin laisse place à l’interprétation ; qu’on ressentira chacun à sa façon.
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« Cœur de pierre » présente le même format et le même mode de narration que « Aristide broie du noir » publié en 2008. Après leur première collaboration, ils ont décidé de remettre le couvert sur un travail commun qui leur a semblé plus fluide car ils se connaissaient mieux et l’accord de leurs univers est un grand atout. Ils communiquent de la douceur et de la justesse pour une histoire intimement liée à l’émotion. Voilà un livre qui se feuillette du bout des doigts, les yeux grands ouverts.

Le livre a été publié en collection jeunesse, et s’avère pour tout public. Au vu de son petit prix par rapport à ce qu’on a l’habitude de croiser, il serait bête de résister.

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Ouvrez « Cœur de pierre » et plongez dans un monde aux couleurs contrastées et à la cadence poétique menée en alexandrins. Tant pour l’histoire que pour les illustrations, cette petite bande dessinée a tout pour séduire petits et grands. Gauthier & Almanza représentent un combo accompli pour faire naitre d’emblée des sentiments chez le lecteur.

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)°º•. Biographies
Née en 1977, Séverine Gauthier se trouve à la plume. Auteur scénariste, elle est la maman de plusieurs ouvrages. Son blog.
Côté dessinateur, c’est Jérémie Almanza qui officie. Né en 1982, il est subjugué par de nombreuses références (les romans de Roald Dahl, Max & les maximonstres et Les Contes de la rue Mouffetard). On peut voir ses productions,  .

Pour découvrir une preview de Cœur de pierre, c’est par ici.

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Souvenir de lecture : C’est beau mais triste, mais beau…

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Dans le chaudron :
¤ Eco – La malédiction des Shacklebott, tome 1
¤ Eco – La bête sans visage, tome 2
¤ Aristide broie du noir d’Almanza & Gauthier

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Bricabook (Leiloona), La bibliothèque de Noukette, Mes lectures de l’imaginaire (Olya) ont aussi déclaré le coup de cœur.

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McNAUGHT Jon – Automne

15/03/2013 10 commentaires

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Automne McNaughtTitre : Automne
Auteur : Jon McNAUGHT
Plaisir de lectureetoile 4 Livre à découvrir

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Sous une couverture élégante, nous découvrons deux petites histoires qui se déroulent dans une petite ville, Dockwood. Un matin gris, un jeune homme se rend à son travail, à la maison de retraite Elmview pour préparer les repas. Dans le quartier de Sunset Ridge, un garçon entame sa tournée de livraison de journaux. Dans les arbres, les animaux se préparent dans les doux instants de cette arrière-saison.

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Automne Jon McNaught 01)°º•. Cette bande dessinée minimaliste est du genre “contemplative” car il n’y a pas de narration, peu de paroles. Les premiers mots qui nous parviennent sont les paroles de la chanson “I don’t wanna miss a thing” d’Aerosmith.
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Je suis assez sensible à ce genre de livre qui ne raconte rien mais qui montre tout, notamment le temps qui passe, parfois avec nostalgie jamais avec accablement. Jon McNaught nous propose une chronologie de l’instant. La décomposition de chaque geste nous amène à l’ensemblage de tous ces mouvements, pour revenir à ce qui les façonne. Ainsi il faudra 12 petites cases pour voir une feuille tomber. Cette journée d’automne semble interminable, le récit ne propose pas de déboulé temporel. Le rythme est calme mais pas lénifiant ; l’auteur prend son temps. Dans un certain sens, la bande dessinée s’adresse à l’enfant qui sommeille dans chaque lecteur. L’ironie est latente mais somme toute légère.
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Ce côté apaisant place l’importance des onomatopées et autres bruits particulièrement mis à l’honneur en la saison de l’automne, je trouve. C’est une véritable symphonie qui s’ouvre à nos oreilles. L’illustrateur propose des sensations et semble prendre plaisir à les peindre.

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Automne Jon McNaught 02)°º•. Dès la couverture, on trouve le dessin très élégant. Elle subit un effet de mode, ce genre de couverture qu’on attend dans l’édition indépendante (et dont Nobrow en a fait sa spécialité). Elle a un côté assez chic, les feuilles pourraient représenter un motif de grande marque de bagagerie ; des ornements typiques du XIXe siècle. En elle-même : la couverture a un aspect tissé type “carnet” avec du vernis sélectif pour le titre.
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Malgré le déferlement des couleurs habituel de l’automne, Jon McNaught se concentre sur des couleurs sourdes aux tons dissonants bleutés/orangés. Le travail est minutieux bien que les personnages sont un peu trop naïfs à mon goût. On peut trouver jusqu’à 20 petites cases par page. Les bulles peuvent se lire à l’horizontal comme à la verticale; ceci est sans rappeler les ouvrages de Chris Ware (bien que ces derniers demandent un peu plus de concentration de la part du lecteur). Le jeu d’alternance est vraiment agréable. On se laisse facilement porté par les illustrations et tout ce que cela sous-entend. Une lecture silencieuse qui déclenche tout un pétillement dans la tête.

Notons deux faits qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre : le livre neuf est particulièrement odorant ; il a reçu le prix révélation Fauve au 41e festival de la bande dessinée d’Angoulême (2013).

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“Automne” de Jon McNaught offre une élégance graphique. Sans narration et aux petites bulles simples, l’auteur médite sur le temps qui passe. Cette arrière-saison déclenche toute une palette de sentiments. Dans un silence tout relatif, les petits bruits caractéristiques prennent place pour livrer un concert de non-dits. Un livre-objet esthétique aux couleurs sélectionnées.

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)°º•. Biographie
Né en 1985, Jon McNaught est anglais et travaille à l’université de l’Ouest de l’Angleterre en donnant des cours sur l’impression en relief et la lithographie offset.
Son site, son blog.

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Automne Jon McNaught 04

Automne Jon McNaught 05    Automne Jon McNaught 03

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Souvenir de lecture : … et une feuille tomba.

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Cette lecture a été réalisée en partenariat avec Priceminister pour son opération « La BD fait son Festival ».

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KIRKMAN & ADLARD – Walking Dead ~ Deuil & espoir tome 15, Un vaste monde tome 16

11/03/2013 10 commentaires

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deuil et espoir walking dead kirkman Un vaste monde walking dead kirkmanTitres : Deuil & espoir, Un vaste monde (Walking dead, tomes 15 et 16)
Auteurs : Robert KIRKMAN & Charlie ADLARD
Plaisir de lectureetoile 3 Livre sympa peu s’en faut
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Deuil & espoir, volume 15
La communauté d’Alexandria se remet plus ou moins difficilement des derniers événements mais tous œuvrent pour la sécurité de leurs quartiers. Les blessures ne sont pas que physiques, certains se sentent floués, des couples se brisent et d’autres se forment. Le temps de la tranquillité n’est pas encore pour maintenant avec l’arrivée d’un homme qui sait parfaitement se battre.

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Un vaste monde, volume 16
L’équipe capture l’homme difficilement maitrisable et ce dernier leur explique qu’il vient de « La colline ». Mais on n’emprunte pas impunément à la colline sans un véritable échange… sans un juste retour des choses. Rick et la troupe ont-ils bien compris tous les tenants et les aboutissants d’un tel pacte ?

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un vaste monde walking dead 01)°º•. Pour ces deux tomes, le scénario manque de punch. Même si quelques événements arrivent, nous nous installons dans un cycle qui commence à devenir prévisible (16 tomes !). La catastrophe est finalement attendue, on perd peu à peu d’intérêt.

Le volume 15 est un tome de transition au titre évocateur. Et même si la venue du mystérieux Jésus amène un peu de fraicheur (et de menace ?), on sent que le tome 16 s’essouffle et manque considérablement d’action.

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Normalement les tomes calmes est le temps de la parlotte et de l’introspection mais les personnages demeurent mieux campés psychologiquement… comme par magie. C’est une sensation assez bizarre si on retourne deux tomes en arrière où on apprenait clairement des choses qu’on sous-tendait et dont on espérait bien voir les affres sur la vie au quotidien. Soit les personnages sont très bons pour cacher leurs pires horreurs, soit ils vont beaucoup mieux grâce à de la poudre de perlimpinpin.

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On croise fortement les doigts pour espérer que Kirkman quitte sa zone de confort et l’aspect un peu répétitif pour mieux rebondir dans « terrifiant » le volume 17. La question de l’acclimatation par rapport à la mort reste la plus grande en suspens.

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)°º•. Côté illustrations, les pleines pages alimentant un événement capital sont toujours très bien léchées. Il n’en demeure pas moins que je trouve qu’il y ait quelques ratés dans la position du corps, dans les expressions de visage. Maggie et Glenn perdent énormément de leur identité physique au cours des tomes. Les traits de Rick semblent parfois grossiers. Certains passages sont réellement bâclés.

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deuil et espoir walking dead 01

Là, ils sont censés être très en colère.

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« Deuil & espoir » ainsi que « Un vaste monde » ne transcendent pas le lecteur et il faudra se montrer patient pour en savoir davantage sur la question de l’acclimatation concernant la mort. Parfois, comportement et traits de dessin des personnages sont un peu en deçà de ce que nous présente en général le combo Kirkman-Adlard. Le scénario est un peu plus faiblard, mais on l’espère, pour découvrir un coup de punch au volume 17.

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)°º•. Biographies
Robert Kirkman né en 1978 est un auteur de comics, apparemment ultra méga connu surtout pour « Walking Dead », « Invicible » et « Marvel Zombies ». Charlie Adlard, né en 1966 est connu en Angleterre pour nombre de ses travaux dans la revue « 2000 AD ». Evidemment, son notoriété va croissante avec le succès de Walking Dead.
Leurs sites officiels : Robert Kirkman & Charlie Adlard.

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un vaste monde walking dead 02  deuil et espoir walking dead 02

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Dans le chaudron :
¤ Passé décomposé, tome 1
¤ Cette vie derrière nous, tome 2
¤ Sains et sauf ?, tome 3
¤ Amour et mort, tome 4
¤ Monstrueux, tome 5
¤ Vengeance, tome 6
¤ Dans l’œil du cyclone, tome 7
¤ Une vie de souffrance, tome 8
¤ Ceux qui restent, tome 9
¤ Vers quel avenir ?, tome 10
¤ Les chasseurs, tome 11
¤ Un monde parfait, tome 12
¤ Point de non-retour, tome 13
¤ Piégés !, tome 14

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Souvenir de lecture : Oui bon, et si on passait au suivant ?

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Ces deux volumes ont été croqués en lecture commune avec ma copinette Valeriane.
Nevertwhere (Vert) parle du tome 15, Délivrer des livres (Hérisson08) du tome 16 ; Spocky, du tome 15 et du tome 16.

CITRIQ

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BIANCO Guillaume – Billy Brouillard ~ Le chant des sirènes, tome 3

22/01/2013 10 commentaires

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Billy Brouillard Le chant des sirenes Guillaume BiancoTitre : Le chant des sirènes (Billy Brouillard, tome 3)
Auteur : Guillaume BIANCO
Plaisir de lectureetoile 4 Livre à découvrir

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Cet été, Billy Brouillard et sa petite sœur se retrouvent chez Mémé Sardine. Ils passent du bon temps à la poursuite de leurs chimères. Billy fait la connaissance de Prune, sa voisine et prétendue Sirène de son état. Cette dernière tombe malade et lui explique qu’elle a été enlevée par des monstres aquatiques. Malheureusement, Billy Brouillard a perdu son don de trouble-vue depuis qu’il chausse quotidiennement sa paire de lunettes. Sans lui, il ne peut voir le monde tel qu’il est réellement, pleins de créatures et de mystères. Va-t-il pouvoir la sauver à temps ?

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Billy Brouillard Le chant des sirenes 01Guillaume Bianco se fait plaisir et c’est toute une symphonie qu’il propose au lecteur, dédiée à notre enfance et à ce temps béni où l’imagination était plus que fertile et faisait partie intégrante de notre quotidien. Son charivari n’a rien à envier au chant des sirènes : dans un tourbillon de pages, l’auteur-illustrateur nous donne des extraits de la Gazette du bizarre, nous glisse dans la poche la carte des Abysses infernaux. Des articles sur les « philtres et sortilèges de la magie amoureuse » en passant par des chants, des petites histoires et même de la correspondance : rien ne manque à ce livre illustré où chaque page est bourrée d’humour. C’est avec une paire d’œil malicieuse que nous découvrons tant l’histoire de Billy Brouillard que toutes ces petites annexes à l’univers.

On y retrouve évidemment des dessins à la plume, une numérotation des pages avec le nombre imprimé à l’envers, des pages noires pour le récit mais aussi toute la peuplade de la mer, fantôme et goule également et tout un régiment de démons des 5 ou 6 cerclez des Enfers.

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C’est le temps pour Billy Brouillard de remettre son super tricot à capuche en soie de vermicolle pour sauver Prune-la-sirène des monstres marins. Bien qu’un peu trouillard, il plonge dans son périple où mille et un obstacles l’attendent. Pour ce nouvel opus, Guillaume Bianco s’adresse toujours à notre âme d’enfant et il n’est pas avare ni en idées, ni en facéties.

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Guillaume Bianco, né en 1976 est dessinateur et scénariste en bandes dessinées. Il est le papa de la série Eco, aussi. Il est plus facilement à découvrir sur son blog. Par ailleurs, Tonton Casquette s’est invité sur son blog et s’est plongé dans « Le chant des sirènes ».

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Billy Brouillard Le chant des sirenes 05

Billy Brouillard Le chant des sirenes 06  Billy Brouillard Le chant des sirenes 02

Billy Brouillard Le chant des sirenes 04  Billy Brouillard Le chant des sirenes 03

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Dans le chaudron :
¤ Dédicaces de Guillaume Bianco,
¤ Eco tome 1, tome 2.
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Souvenir de lecture : Mais quand reviendra la fille aux Chats ?

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Noukette a aussi retenu son souffle en rencontrant la petite pieuvre au nom intraduisible pour l’oreille humaine sous peine de voir cette dernière exploser en un geyser de sang.

CITRIQ

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Cette lecture a été réalisée en partenariat avec Babelio et Soleil.

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KIRKMAN & ADLARD – Walking Dead ~ Point de non-retour tome 13, Piégés ! tome 14

18/12/2012 6 commentaires

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Point de non retour Walking Dead KirkmanPieges Walking Dead KirkmanTitres : Point de non-retour, Piégés ! (Walking Dead, tomes 13 et 14)
Auteurs : Robert KIRKMAN & Charlie ADLARD
Plaisir de lectureetoile 4 Livre à découvrir

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Point de non-retour, volume 13
Rick et toute la troupe essaient de faire leur place parmi la communauté proche de Washington. Il leur est difficile de se plier aux règles sans être méfiant envers ces nouvelles personnes. Le retour à la vie-presque-tranquille est difficile et bientôt quelques contrariétés éclatent au grand jour.

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Piégés !, volume 14
A la suite d’un décès marquant, Rick prend les commandes de la communauté. Cette dernière n’est pas entrainée aux situations extrêmes, les coups de feu partent et ont été entendus très loin sur la plaine. C’est une horde entière de zombies qui débarque au portail de la collectivité.

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Point de non retour Walking dead 01)°º•. Le tome 13 « Point de non-retour » est très calme… ce qui permet à Kirkman de proposer un focus sur Michonne et Abraham (en plus de Rick, cela va de soi). On se rend compte que le rôle de Carl est de plus en plus élaboré… du haut de ses 8 ans (ou presque). Il est vrai qu’on n’en sait finalement que très peu sur le ressenti des enfants. On ne peut pas vraiment compter sur Kirkman pour parler de Sophie mais il nous fait apparaitre parfois Carl comme un enfant gâté… sentiment qui suppose qu’un monstre est caché sous le lit.
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Durant le tome 14, on a du zombie, plein de zombies ; et ça fait du bien. Par contre, les pertes seront lourdes. Hop, cela suppose un nouveau rebondissement… mais Kirkman nous laisse sur un cliffhanger assez flou, on peut formuler plusieurs hypothèses quant au devenir du petit groupe.

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Pieges Walking Dead 01)°º•. Il aura fallu pas moins de 10 tomes avant que je me fasse au style de Charlie Adlard. Quelques imperfections sont encore à lister, mais dans l’ensemble, cela va mieux dans le sens où je vois moins « de détails » sautant aux yeux. (Les onomatopées non traduites sont toujours d’actualité). Parmi les bonus du tome 13, j’ai beaucoup aimé la couverture américaine du #76. J’ai aimé la page 33 du tome 13 qui pourtant n’est pas folichonne, mais on sent cette lassitude et la formulation à voix haute ; la page 43 du tome 14 où le suspense est à son comble. Et en double page, dans les deux tomes, c’est la 48/49 que j’ai le plus appréciée.
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Maintenant, parlons du point d’orgue de ce tome 14 : l’accélération scénaristique est bien menée grâce à la neige qui tombe plus drue à chaque case avec l’alternance des scènes : celle de l’action dans le camp, brute avec beaucoup de monde et où le manque de sécurité est flagrant et celle d’une discussion sérieuse en tête-à-tête à l’intérieur d’une maison, passablement en sureté. Le rythme soutenu est crescendo et c’est un tour de main dont je peux féliciter Adlard. Un des meilleurs des 14 tomes lus, à mon sens. Malgré quelques prévisions faciles à deviner, le tome est encore plus prenant après « l’accident ».

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)°º•. Dans « Point de non-retour », on sent que les sentiments sont exacerbés, les personnages se méfient de tout et de tous, même s’ils restent relativement « confiants » envers leur petit groupe initial. Ce tome très très calme permet d’aborder quelques sentiments mais trop peu développés à mon goût. La violence physique et le poids moral priment ; les rapports humains sont au centre. Malgré quelques ellipses, je trouve que les règlements de situation sont trop rapides pour être convaincants (choix de leader, cas de violence conjugale).

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« Piégés ! » est un tome sous adrénaline, la tempête après le calme du tome 13, un fonctionnement scénaristique redondant dans cette saga. Les nombreux rebondissements nous font tourner les pages très vite. On se frotte à une horde et on est pris par surprise du sentiment naissant : l’espoir. Le livre renferme très peu de temps morts, tout s’enchaine à la perfection comme une mécanique bien huilée. On savoure et ce n’est qu’ensuite qu’on pense « Oh, les pauvres, quand même ».

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Si « Point de non-retour » est pratiquement à la limite de nous perdre dans des sentiments peu développés et quelques aspects d’histoire qui trainent en longueur, « Piégés ! » saura susciter un regain de plaisir : zombies à tout-va, enchainement rapide et bien emmené niveau actions. Quelques pertes humaines au programme, normal, donc.

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)°º•. Biographies
Robert Kirkman né en 1978 est un auteur de comics, apparemment ultra méga connu surtout pour « Walking Dead », « Invicible » et « Marvel Zombies ». Charlie Adlard, né en 1966 est connu en Angleterre pour nombre de ses travaux dans la revue « 2000 AD ». Evidemment, son notoriété va croissante avec le succès de Walking Dead.
Leurs sites officiels : Robert Kirkman & Charlie Adlard.

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 Point de non retour Walking dead 02  Pieges Walking Dead 02

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Dans le chaudron :
¤ Passé décomposé, tome 1
¤ Cette vie derrière nous, tome 2
¤ Sains et sauf ?, tome 3
¤ Amour et mort, tome 4
¤ Monstrueux, tome 5
¤ Vengeance, tome 6
¤ Dans l’œil du cyclone, tome 7
¤ Une vie de souffrance, tome 8
¤ Ceux qui restent, tome 9
¤ Vers quel avenir ?, tome 10
¤ Les chasseurs, tome 11
¤ Un monde parfait, tome 12

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Souvenir de lecture : Valériane avait tout deviné. Qu’elle est forte !

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Ces deux volumes ont été croqués en lecture commune avec ma copinette Valeriane.
Nevertwhere (Vert) vous parle des tomes 13 à 15 et Spocky du tome 13 et aussi du tome 14.

CITRIQ

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Et voilà la dernière chronique pour le challenge Fins du monde.

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GRIFFON Guillaume & Céka – Billy Wild

11/11/2012 4 commentaires

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Titre : Billy Wild (Intégrale)
Auteurs : Céka & Guillaume GRIFFON
Plaisir de lecture Livre à découvrir

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1787, une tête mise à prix : Billy Wild.
Billy Wild n’a pas toujours été un cow-boy solitaire. Quand il est tout jeune et encore tout miséreux, Linus, charlatan de renom a décidé de le protéger. Et pour cela, il lui a fait boire un élixir. Mais un pacte a toujours deux parties… Billy Wild part à la recherche de Linus pour étancher sa soif de vengeance.

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)°º•. Quand il était la tête de turc des enfants du village, Billy Wild n’était encore que Hans Güt. Linus est un bonimenteur qui sillonne les routes pour vendre ses potions. Il choisit de sauver Hans Güt et lui donne un élixir à boire ; un breuvage aux conséquences étonnantes. Billy a déjà envoyé 237 âmes en enfer quand nous faisons sa connaissance. Très filiforme, il n’en demeure pas moins concentré sur son objectif. Il rencontre par ailleurs les 12 cavaliers, les grandes crapules du désert.

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)°º•. L’atmosphère du western est très bien représentée dans sa symbolique : les longs regards, les colts à la ceinture, les ondulations au léger vent que ce soit le foulard ou une mèche de cheveux. Il n’y a pas de doute. Globalement, le livre est assez macabre, la noirceur est omniprésente, c’est pourquoi les auteurs qualifient leur livre de « western gothique ».  Le noir s’invite sur les illustrations mais aussi en tant que fond sur la page même du livre.
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Le crayon acéré, tout est taillé à la serpe. Les visages sont déformés, les têtes monstrueuses et les expressions grimaçantes. Les détails sont tous marqués : muscles, mâchoires, on y verrait presque les restes du repas pris entre les dents. Concernant Billy, j’ai trouvé que son physique très mince me rappelait par certains côté les créatures de la nuit de Ted Naifeh.
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Les planches bénéficient d’un découpage intelligent, les bulles sont peu présentes afin de laisser place au non-dit. La fluidité de lecture s’en trouve améliorée.
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)°º•. Cette intégrale de 220 pages referme un diptyque en deux temps : au niveau du scénario, les deux tomes sont assez différents l’un de l’autre. Les illustrations sont à couper le souffle, et la voix off de cette histoire n’est autre que celle de Billy. Les dialogues réduits au strict minimum favorisent cette ambiance oppressante. Tout est travaillé pour que le lecteur reste dans le ton et soit emporté par le rythme. Cet ouvrage se lit vite, trop vite ?
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On assiste à quelques bains de sang et à une intrigue à une seule clef, je m’attendais à davantage mais le scénario reste efficace. J’ai beaucoup aimé l’introduction du fantastique, cette pointe inattendue et étonnante. En bonus, nous avons le droit à une galerie de dessins d’autres auteurs, des recherches de couvertures et à quelques illustrations supplémentaires.

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Par cette intégrale, entrez dans le monde de Billy Wild. Terreur de western, il ne laisse aucun de ses ennemis indemnes. Mais sa chasse à l’homme l’emmène vers de sombres détours. Laissez-vous entrainer dans l’univers sombre de Céka & Griffon pour découvrir des illustrations saisissantes au scénario performant.

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)°º•. Biographies
Scénariste par passion, Céka né en 1965 est un auteur français avec plus d’une cinquantaine d’ouvrages à son actif. Il partage son temps entre la presse et l’édition. Son site.
Né en 1975, Guillaume Griffon abandonne très vite la comptabilité pour s’aventurer en école de dessin. Il travaille aux US à Walt Disney World pendant 1 an et demi pour revenir dans l’hexagone ; la rencontre avec Céka donne Billy Wild.

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Pour lire les premières pages de l’intégrale, c’est par ici.

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Souvenir de lecture : Fabuleuse galerie des 12 cavaliers.

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Bar à Bd (Mo’), La bibliothèque du Dolmen (Joëlle), Le grenier à livres (Choco), Livr0ns-n0us ont été embarqués immédiatement entre les pages.

 CITRIQ

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Une dernière participation pour le challenge Halloween et une nouvelle entrée par celui de Fins du Monde.

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NAIFEH Ted – Courtney Crumrin et le royaume de l’ombre, tome 3

09/11/2012 4 commentaires

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Titre : Courtney Crumrin et le royaume de l’ombre (Courtney Crumrin, tome 3)
Auteur : Ted NAIFEH
Plaisir de lecture Livre avec entrée au Panthéon
Tome 1, tome 2, tome 4, tome 5, tome 6 ; hors série 1, hors série 2
Rencontre avec Ted Naifeh en dédicace

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Coutney Crumrin sème l’horreur et le désespoir et a brisé le cœur de son oncle Aloysius. Tous les samedis, elle doit se rendre à Radley Hall suivre le cours supplémentaire de Mme Crisp. Ces nouvelles séances se font en compagnie des enfants de la communauté des sorciers et autres magiciens. Alors qu’ils s’intéressent à l’Histoire de la communauté et surtout à sa fondation, Templeton prend en filature cette gamine qu’il considère comme trop dangereuse.

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)°º•. Malgré la présence d’autres enfants qu’on pourrait estimer « comme elle », Courtney est toujours exclue. Naifeh base ce tome sur la psychologie de Courtney : elle voit dans les actes des autres gamins, la supériorité qu’elle a voulu parfois imposer grâce à ses connaissances. On retrouve finalement une Courtney au moral assez miné.
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Du côté des personnages, on en recroise certains comme le gobelin en chef mais aussi la duchesse effroyable. La visite de Gobelin-ville nous fera rencontrer plein de nouvelles créatures dont le Seigneur du Royaume de l’ombre. A Radley Hall, on se focalisera sur Blake Trianne, Vanya et les deux petits mignons trop choupinets Joey et Connie. Nous ferons aussi la connaissance de Malcom, surnommé si gentiment « Tronche de cul » le meilleur ami de l’ancien quartier de Courtney ainsi que de Débile 1er et son second (Pete & Troy).

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)°º•. Comme toujours, je me régale du travail soigné de Ted Naifeh : je trouve les ambiances particulièrement convaincantes. Le mal-être de Courtney se diffuse durant tout le livre. L’auteur nous propose une atmosphère oppressante. J’ai trouvé que l’utilisation des bulles noires pour certains hauts-placés de Gobelin-Ville était du plus bel effet.
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Le royaume de l’ombre est dans la continuité de la saga et la cohérence avec les deux tomes précédents. Nous faisons face à une certaine mélancolie pour nombre de personnages ; Courtney, les gamins de Radley Hall, le Seigneur et la Duchesse. A l’inverse, les parents sont vus comme plus soucieux et Courtney fait même preuve d’une certaine tendresse à leur égard. Heureusement, le tome se termine sur une lueur d’espoir… Courtney part avec son oncle Aloysius en « vacances » pour le tome 4.
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Ted Naifeh tisse son univers sous nos yeux ébahis et je me demande encore comment naissent ces personnages dans son imaginaire ?

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Pour ce troisième opus, Ted Naifeh nous investit dans le mal-être de la protagoniste, que ce soit par l’histoire ou par les illustrations. Tout est teinté d’une certaine mélancolie alors que Courtney doit courir après les erreurs d’autrui et ne pas se laisser piéger par Templeton. Tout n’est pas rose à Hillsborough, mais l’histoire est toujours aussi prenante pour le lecteur.

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)°º•. Biographie
Je ne peux cette fois, que vous partager la biographie qu’on retrouve en fin de livre, écrite par lui-même.
« Ted Naifeh est un appétissant et assez beau morceau de mec, heu, de mortel entrant à peine dans sa troisième décennie ici-bas. Il est installé à San Francisco, où les choses de la nuit ne se distinguent désormais plus des humains, et c’est comme ça qu’il les aime. Ted a gagné sa vie en chroniquant les vies de toutes sortes de choses à la fois sombres et belles ».
Son site

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Dans le chaudron :
¤ Courtney Crumrin et les Choses de la nuit, tome 1
¤ Courtney Crumrin et l’assemblée des sorciers, tome 2
¤ Courtney Crumrin et les effroyables vacances, tome 4
¤ Courtney Crumrin et l’apprentie sorcière, tome 5
¤ Courtney Crumrin et le dernier sortilège, tome 6
¤ Courtney Crumrin : portrait du sorcier en jeune homme, premier hors série
¤ La ligue des gentlemen ordinaires, second hors série
¤ Gloomcookie
¤ Rencontre avec Ted Naifeh

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Souvenir de lecture : On a quand même de la peine pour ce Seigneur. Non ?

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Olya (Mes lectures de l’imaginaire) a aussi lu ce troisième tome ; Edelwe (Lectures et Farfafouilles), Lael (Sous le feuillage) Mo’ (Bar à bd), Munin (Hu&Mu) vous parlent de l’intégrale réunissant les trois premiers tomes ; JainaXF vous touche quelques mots sur les quatre premiers tomes.

CITRIQ

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Et encore une petite participation pour le Challenge Halloween.

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