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STROUGATSKI Arkadi & Boris – Stalker, pique-nique au bord du chemin

23 octobre 2011 40 commentaires

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Titre : Stalker, pique-nique au bord du chemin
Auteurs : Arkadi & Boris STROUGASKI
Plaisir de lecture Livre sympa peu s’en faut

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Des visiteurs sont venus, ont vu et surtout sont repartis sans prendre contact avec les humains. De leur excursion, ils ne laisseront que des objets variés répartis sur six zones différentes du globe terrestre. Les stalkers viennent piller ces artéfacts à leurs risques et périls car les secteurs sont hautement dangereux, pour un commerce bien particulier.

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)°º•. Les stalkers sont “ceux de l’impossible”, ce sont ces hommes qui rentrent dans la zone pour récupérer ces objets détritus laissés par les visiteurs afin de les revendre au marché noir ou au ministère militaire. Par extension, les “stalkers” désignent ceux qui entraient dans la zone contaminée de Tchernobyl en 1986 pour aller éteindre le réacteur, mais là, il ne s’agissait pas d’une fiction.
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Tout au long de ce livre, nous suivrons Redrick Shouhart dans la zone de Harmont. D’abord laborantin, il sert très vie de guide dans la zone. C’est d’ailleurs à travers ses yeux qu’on la découvre pour la première fois. Par la suite, la contrebande s’agrandira notamment avec le Charognard, un vétéran chez les Stalkers. Le mouvement appelé le Stalkerisme touche toute la population : que ce soit par contrainte de ramener de l’oseille à la maison, par vie de famille (ces femmes et ces enfants) ou par enjeux stratégiques et politiques. On comprend alors que le rôle de Stalker est très destructeur et que ces hommes sont l’ombre d’eux-mêmes. D’autres personnages feront également leur apparition Kirill, Cirage et Richard Nounane ; figures indispensables de l’environnement de Redrick, du fonctionnement des Stalkers et de la vie autour de cette Zone.
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Il va sans dire que ce non-contact avec les extraterrestres, totalement absents du roman a largement contribué à l’ambiance de l’histoire, pour ma lecture. On ne sait rien ; pas plus, pas moins.

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)°º•. Les six Zones, traces de la visite de ces entités extraterrestres, sont interdites : pièges et maladies sont au rendez-vous et le danger guette à chaque pas. Néfastes, elles semblent évoluer au cours du temps.
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La tension est plus que palpable quand on arrive sur les passages du roman concernant l’exploration de la zone de Harmont. L’inspection est exprimée sans filtre. Cette foutue zone qui fait peur à tout le monde pique la curiosité. Elle dépasse l’entendement de tout le monde, même des stalkers. C’est sans aucun doute l’élément le plus brut de l’histoire. On sent le secret, on se demande ce que renferme ce territoire et notamment ce qu’est la gelée de Sorcière. Ce n’est d’ailleurs pas le seul artéfact dont nous entendrons parler : zinzines, argile gazeuse, éclaboussures noires et creuses. C’est sur ce dernier objet que je me suis longuement attardée relisant avidement le texte pour le visualiser, et voir à quoi il pouvait servir.
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L’univers est donné au compte-goutte par les frères Strougatski et à la fin du livre j’avais envie de rester explorer encore la zone en compagnie de Red. Sur fond d’exploration de zone supra dangereuse, les auteurs nous enverront sur les thèmes de la condition humaine et de l’autodestruction.

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)°º•. Texte majeur en Science-Fiction, “Stalker” est paru en 1972 d’abord clandestinement. Cependant, il a bien vieilli et même s’il n’y a pas de rapport, on ne peut que le rapprocher de la catastrophe de Tchernobyl en 1986. Il a alors une influence totalement considérable dans l’imaginaire populaire des pays de l’est.
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Ce court roman – d’environ 200 pages – bénéficie d’une très bonne traduction lorsque l’on sait que la structure des phrases de la langue russe est complexe et que la façon de penser intervient aussi dans l’écriture. Le langage châtié est bien retranscrit alors que le ton caustique, un peu claquant plaira aux lecteurs. L’écriture est un peu morcelée, nerveuse et percutante. Le roman demeure âpre, noire, pessimiste… mais aussi fascinant.
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Ce récit se compose de quatre chapitres, tous étant des nouvelles qui intègrent une ellipse entre chaque ; il n’y a pas réellement de fil conducteur. Le premier chapitre écrit à la première personne nous plonge illico dans cette aventure : on est happé. Le fatalisme et le désabusement transparaissent de manière flagrante entre ces lignes.
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L’histoire propose une forte dose d’intensité sur les passages de l’exploration de la zone, un peu moins sur le reste. Il se termine cependant relativement brutalement. Beaucoup de questions naissent sans qu’on n’y trouve quelle que réponse que ce soit. Le roman reposerait alors sur un concept peu connu – du moins par moi – par lequel l’ignorance permettrait aux russes de pallier la superficialité de la vie humaine (rien que ça). Finalement, l’aventure commence quand on ferme le livre pour une pause, ces interrogations nous envahissent tout comme ces hypothèses que l’on trace avant de continuer notre lecture.
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Ce livre “diffère” et a donc su m’intriguer mais il ne me semble pas m’avoir emmenée assez loin (quelles motivations, quelles psychologies et quid de la zone ?) ; j’ai été laissée dans le flou, un peu au bord de la route du pique nique pour que je puisse le considérer comme un chef d’œuvre.
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)°º•. Biographie
Les frères Strougatski, Arkadi (1925-1991) & Boris (1933-) sont des écrivains soviétiques de science-fiction. Ils écrivent et publient clandestinement leurs œuvres avant d’être acceptées par la politique de liberté d’expression – la Glasnot – dans les années 1980. Considérés comme grande référence dans la littérature, ils cherchent à développer leur concept d’idéal sans oublier de mettre à mal le régime soviétique.
Le roman est porté à l’écran par Andreï Tarkovski en 1979, et ne se laisse pas trop regarder, parait-il. Le roman a aussi fait l’objet d’un jeu vidéo éponyme (mais en majuscules et avec des points dans le dedans : S.T.A.L.K.E.R.)
La superbe couverture est signée Lasth.

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Cette lecture a été lue avec Cachou, Julien “Naufragés”, Maëlig, Spocky & Thom pour être mise en commun aujourd’hui.
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Souvenir de lecture : comme quoi, il existe des trucs pas cools sur le mode “sorcière”, la gelée par exemple.

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(cultureguu), Fantasy au petit-déjeuner (Salvek), Les singes de l’espace (Gaëtan), Lorhkan, Magm3 (Matteo), Mes ailleurs (El Jc), Quoi de neuf sur ma pile ? (Gromovar), Welcome to Nebalia (Nebal), Zone Imaginaire Fluctuante (Seb) n’ont pas été indifférents à la lecture de ce livre.

CITRIQ
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Ce livre entre aussi en ligne de mire du Challenge Fins du Monde et du Challenge des chefs d’oeuvre de la SFFF.

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Pics : #01 Stalker unit par Gavade ; #02 Night Stalker par Ezrianna.

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